L'expression "fils de pute" dans le monde de la NBA: Analyse et Contexte

L'expression "fils de pute", bien que vulgaire, a trouvé une place regrettable dans le discours public, y compris dans le monde du sport professionnel comme la NBA. Cet article examine l'utilisation de cette insulte, ses implications et le contexte sociopolitique dans lequel elle est employée.

La banalisation de l'injure est préoccupante. Le propre d'une injure, exutoire de la colère, hygiène indispensable du langage, c'est son pouvoir d'effraction, sa rareté. Devenue machinale, elle s'émousse. Mais elle trahit un niveau de rage sociale, d'appauvrissement du vocabulaire, de mépris de l'autre et de soi-même qui est préoccupant.

Si la routinisation de l'injure n'était que l'apanage des voyous, elle resterait bornée à un petit groupe, comme jadis l'argot des charretiers ou des poissardes.

Pourquoi manifestants, policiers ou sportifs mettent-ils un genou à terre ?

Colin Kaepernick: Au cœur de la controverse

L'un des exemples les plus marquants de l'utilisation de cette expression concerne Colin Kaepernick, l'ancien quarterback des 49ers de San Francisco.

C'est en 2016 que Kaepernick a fait ce geste pour la première fois pendant l'hymne national pour protester contre les violences policières faites aux Noirs. Un mouvement suivi par de nombreux joueurs.

En août 2016, celui-ci s'était agenouillé pour protester contre plusieurs meurtres de Noirs par des policiers blancs. Kaepernick, 29 ans, est sans équipe depuis l'expiration de son contrat en mars.

Habitué aux polémiques, le footballeur-paria de la NFL déclenche une nouvelle fois les passions. Vendredi dernier à l’US Open de New York, il a eu droit à une ovation lorsqu’il est venu assister à un match des sœurs Williams avec sa nièce et le footballeur Eric Reid, désormais aussi sans contrat. Trois jours plus tard, il se retrouve au cœur de la nouvelle campagne de publicité de Nike.

L’ex-quarterback des 49ers de San Francisco est devenu la bête noire de la NFL après avoir osé poser le genou à terre lors de l’hymne national pour protester contre les violences policières à l’égard des Noirs. C’était en septembre 2016. Il a entraîné dans son sillage d’autres protestataires.

Un récent sondage réalisé pour NBC News et le Wall Street Journal révèle l’ampleur du fossé parmi les Américains: 43% des sondés appuient les gestes de protestation, mais 54% les jugent inappropriés. Un chiffre qui atteint les 88% chez les républicains.

Sans contrat depuis janvier 2017, le joueur s’était fait plutôt discret ces derniers mois. Il gardait toujours l’espoir de retrouver une équipe.

Il soupçonne ses 32 propriétaires de s’être ligués contre lui pour l’empêcher de signer un nouveau contrat et poursuivre sa carrière.

En trois jours, le destin du quarterback a peut-être changé. Celui-là même qui l'avait traité "de fils de pute" pour ses agenouillements.

Au grand dam de Trump, donc, qui, outre son insulte proférée, avait vociféré en 2017 que ceux faisant l'affront au drapeau devraient être licenciés.

Après le drame de George Floyd, survenu à Minneapolis le 26 mai, LeBron James a posté un montage photo opposant l'agenouillement de Kaepernick à celui du policier blanc, qui s'est appuyé sur le cou de cet homme noir pendant 8 minutes et 46 secondes.

A présent se font entendre des voix réclamant sa réhabilitation sportive.

Sept mois plus tard, ce qui rapproche Kaepernick de nouveau de la sphère NFL, dont on le croyait définitivement éloigné, c'est, ironie du sort, ce fameux genou à terre qui lui a coûté si cher.

Depuis, le geste de Kaepernick a été repris dans les rues du monde entier, lors des manifestations contre l'injustice raciale. Y compris par des policiers aux Etats-Unis.

S'il ne joue pas bien, ce serait injuste" de lui donner sa chance, a ajouté le président américain.

A ce moment-là, Kaepernick était déjà au chômage. Et depuis aucun club ne l'a recruté.

Le quarterback est alors entré en conflit contre la NFL, alléguant que les propriétaires de franchises - dont certains sont des partisans de Trump - ont conspiré pour l'empêcher de poursuivre sa carrière.

Après un arrangement à l'amiable finalement conclu début 2019 avec la ligue, celle-ci a organisé en novembre un entraînement pour qu'il essaie de convaincre des équipes de l'engager. En vain.

D'abord, rejouer au haut niveau après près de quatre ans d'absence serait pratiquement sans précédent. Dans l'histoire récente, seul l'exemple de Michael Vick est comparable. Agé de 29 ans, il avait rejoint les Philadelphia Eagles en 2009, après deux ans passés en prison. Il ne fut titulaire qu'une fois.

"Manquer trois saisons c'est interminable. Kaepernick devrait être, au mieux, un remplaçant, voire le troisième choix. Je ne sais pas ce qu'il peut offrir. La seule façon de le savoir est qu'une équipe le mette vraiment à l'essai", estime Judy Battista, du site NFL Network.

Or, pour l'heure aucun club n'a franchi le pas, même si l'entraîneur des Los Angeles Chargers Anthony Lynn a estimé qu'"il faudrait être fou" pour ne pas le faire.

Drew Rosenhaus, un agent qui représente plus de 170 joueurs, se dit lui convaincu que Kaepernick trouvera une équipe. "Je pense qu'il sera signé. Donnez-lui une chance. Il la mérite."

Reste à savoir où en est l'intéressé avec le football américain, lui qui avait exhorté les équipes "à cesser de fuir la vérité" après son entraînement infructueux.

En 2017, alors que Donald Trump sème la polémique avec son décret anti-musulman, l’équipementier recourt aux stars du basket LeBron James et Kevin Durant, ainsi qu’à Serena Williams dans un clip autour de la tolérance qui critique le projet.

Nike a décidé de prendre des risques, sachant qu’il pourrait s’attirer les foudres du président des Etats-Unis. L’an dernier, Donald Trump n’avait pas hésité, lors d’un meeting, à traiter le footballeur-rebelle de «fils de pute qu’il faut écarter du terrain».

Cette fois, il est d’abord resté mesuré. Au Daily Caller, il a qualifié la publicité de «terrible message», tout en relevant que l’Amérique était un pays de libertés. Je me demande s’ils avaient évalué ça.

Banalisation de l'injure et ses implications

Cette insulte, aussi répandue à l'école que dans la rue, signifie en premier lieu l'inquiétude généalogique, l'angoisse, fréquente pour les déracinés, de ne pas savoir d'où ils viennent, qui est leur père et donc leur patrie.

Si ta mère n'est qu'une traînée, tu es toi-même le fruit du hasard, un être inutile et vain qui n'est pas sûr de ses ancêtres.

Quant à l'épithète "enculé", elle stigmatise la passivité de l'homme bestialisé, réduit à l'état de femelle offerte (dans la Rome antique, le maître avait le droit de sodomiser ses esclaves. L'inverse était considéré comme un renversement dramatique des hiérarchies).

Mais elle contamine toutes les strates de la société, dans le sport, bien sûr, dans la jeunesse dorée comme la jeunesse déshéritée, et jusqu'aux plus hauts sommets de l'Etat : on se souvient du malheureux "Casse-toi, pauvre con !" de notre président.

Quand les élites se mettent à parler comme la racaille, la nation devient une seule plèbe, du haut en bas, unie par un même état d'esprit, une même vulgarité qui contamine les rapports humains.

Défaite de la civilité, de la politesse censées brider l'agressivité et contraindre hommes et femmes à emprunter d'autres voies.

Cette violence verbale, à tous les niveaux, conjure surtout l'absence d'avenir et la banqueroute où s'enfonce notre société. Nous nous conduisons comme une bande de malfrats qui ont raté leur coup et commencent à s'entredévorer, à se déchirer pour compenser leur faillite.

La grossièreté n'est pas qu'un manque d'éducation ou de contrôle sur soi : elle est aussi un symptôme d'échec collectif.

Michael Jordan et la Compétition Obsessionnelle

Compétiteur devant l’éternel quitte à parfois en devenir obsessionnel, Michael Jordan est un personnage complexe sur le plan humain. Si seuls ceux qui le côtoient peuvent se targuer de le connaître à la perfection, une chose est claire : MJ est rancunier.

Motivé par la victoire et rien d’autre durant chaque jour de son existence, MJ a passé sa quinzaine d’années dans la ligue à tenter d’entraîner ses coéquipiers dans son sillage, et dans sa folie compétitrice.

Dans les années 1990, Jordan était si obsédé par la victoire qu’il a plusieurs fois été accusé d’utiliser une prétendue amitié avec des adversaires pour mieux les vaincre. L’anecdote la plus célèbre remonte aux Finales 1993, quand His Airness a acheté un bijou à 20.000 dollars à l’un de ses meilleurs amis, Charles Barkley.

Si Barkley et Jordan sont restés proches durant les années 1990, Sir Charles n’ayant évidemment pas eu connaissance de la phrase de MJ, la relation s’est brutalement rompue il y a 10 ans. Lors d’une émission, Barkley a en effet critiqué Jordan pour sa gestion de la franchise des Hornets, alors nommée Bobcats.

La dernière chose que j’ai entendue c’est : « Va te faire foutre fils de pute, t’es censé être mon pote ». Je lui ai dit : « Mec, je dois faire mon job ». Et on ne s’est plus jamais parlés depuis. C’était il y a environ 10 ans.

S’il n’en perd pas des nuits de sommeil pour autant, Charles Barkley ne cache pas depuis plusieurs années désormais qu’il aimerait renouer avec son vieil ami. Michael Jordan, lui, continue de faire la sourde oreille et d’être muet sur le sujet.

Ben Simmons: Déclin et Vulgarité

Encore auteur d’une saison très décevante à Brooklyn, et déjà âgé de 26 ans (!), Ben Simmons a vu sa cote littéralement s’écrouler dans le monde de la NBA ces dernières années. Quelle carrière a plus rapidement pris du plomb dans l’aile que celle de Ben Simmons ?

Encore surnommé « Baby LeBron » il y a quelques années, lorsqu’il excellait du côté de Philadelphie, « Ben Ten » n’est plus que l’ombre de lui-même. Sans grand espoir de rebondir, même si ses plus ardents défenseurs en rêvent, l’ancien joueur des Sixers suscite désormais au mieux l’indifférence, et au pire le mépris.

Signe que le pauvre Ben Simmons n’a plus beaucoup de soutien, les internautes se sont majoritairement délectés de cette déclaration.

Plus au fond du trou que jamais, et désormais ouvertement insulté par un exécutif de la ligue, Ben Simmons semble parti pour rebondir et retrouver ne serait-ce qu’un peu de sa superbe d’antan. Saura-t-il faire taire ses détracteurs, dont celui-ci particulièrement vulgaire, en 2023-24 ?

L'affaire "Air Jordan": En 1984, la marque devient le sponsor officiel du basketteur Michael Jordan et commercialise des chaussures Air Jordan, en rouge et noir. Immédiatement, la NBA les interdit, argumentant que tous ses joueurs doivent porter des baskets blanches.

Mais Nike n’obtempère pas. La marque a refusé d’obéir, quitte à payer 5000 dollars d’amende par match.

Plusieurs employées ont porté récemment plainte pour harcèlement et discriminations, provoquant une valse de départs parmi ses dirigeants.

Pour beaucoup, le «coup» de Nike reste avant tout de la récupération et une formidable opération marketing, même si la marque a perdu des points à la bourse.

Colin Kaepernick devrait encore gagner en visibilité ces prochains jours. Une nouvelle basket sera prochainement créée à son nom.

Kobe Bryant: Adieux d'une Légende

C’est l’un des plus grands athlètes de l’histoire. Quintuple champion NBA, 17 fois All Star, Kobe Bryant rangera ses baskets au placard le 13 avril 2016 - soyons honnêtes, les Lakers, derniers de la conférence Ouest, n’ont aucune chance de se qualifier pour les playoffs.

Du coup, cette fin de saison régulière fait office de tournée d’adieux pour le Black Mamba, qui a répondu aux questions téléphoniques des journalistes de la presse étrangère, lundi. Avec, jusqu’au bout, un professionnalisme à toute épreuve et une patience infinie pour un exercice à se taper la tête contre le parquet.

Que Kobe compte-il faire après avoir raccroché ? Envisage-t-il une carrière de consultant ou d’entraîneur ? Ou explorer une voie artistique, alors qu’il s’est dit passionné de « storytelling » après le documentaire Kobe Bryant’s Muse ?

Donald Trump et les Sportifs: Un Rapport Tumultueux

Avec Donald Trump, c'est presque un jour, une insulte. Cette semaine, il a ainsi traité Kim Jong-Un de "Rocket Man", à la tribune de l'Onu. Mais le dictateur nord-coréen n'a pas été le seul à faire les frais des "mots doux" du président des Etats-Unis.

Le locataire de la Maison-Blanche ne goûte guère à l'habitude que certains joueurs ont pris depuis 2016 de refuser de se lever pour chanter l'hymne national, joué avant chaque match, en geste de protestation contre les violences policières à l'encontre des noirs américains. A la place, certains posent un genou à terre. Pas du goût du président qui les a traités de "f*** de p***". Tout simplement.

Ce vendredi, Steven Curry, joueur des Golden State Warriors, vainqueur de la finale du Championnat de basket-ball (NBA), expliquait qu'il déclinerait une éventuelle invitation du président, une vieille tradition pour les équipes titrées dans l'un des grands championnats professionnels ou universitaires. "C'est évident, on ne va pas se précipiter pour prendre une décision dont il faut mesurer la signification", a-t-il dit sur la chaîne sportive ESPN, alors que la réception n'avait jusqu'ici pas été annoncée officiellement.

"Aller à la Maison Blanche est considéré comme un grand honneur pour une équipe du championnat. Stephen Curry hésite, donc l'invitation est retirée", a tweeté samedi le président américain à l'adresse du meneur-vedette des Warriors.

"Si un joueur veut avoir le privilège de gagner des millions de dollars dans la NFL ou les autres sports, il ne devrait pas être autorisé à manquer de respect à notre beau et grand drapeau (ou notre pays). Il devrait se lever pour l'hymne national, sinon, IL EST VIRE", dit-il en reprenant sa célèbre phrase "You're fired".

Lebron James a twitté : "T'es un clochard. Stephen Curry a dit qu'il ne viendrait pas. Donc il n'y a pas d'invitation. So therefore ain't no invite. Going to White House was a great honor until you showed up! #Restedanstoncouloir. Et je doute qu'il fasse autant le bonhomme s'il appelait ces joueurs des fils de p*** en face".

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