Joueurs NBA Espagnols: Liste et Évolution

Alors que la France compte de nombreux représentants en NBA, l'Espagne, malgré ses succès dans les compétitions de jeunes, n'en a que quelques-uns. Découvrons ensemble la situation actuelle et l'histoire des joueurs espagnols en NBA.

La situation actuelle: Saison NBA 2023-24

Seulement trois Espagnols évoluent en NBA cette saison:

  • Santi Aldama (Memphis Grizzlies)
  • Usman Garuba (Golden State Warriors)
  • Ricky Rubio (Cleveland Cavaliers)

Un paradoxe existe, car les résultats des Espagnols dans les compétitions de jeune sont chaque été excellents et des joueurs comme Izan Almansa (2,08 m, 18 ans), Baba Miller (2,11 m, 19 ans) et Aday Mara (2,21 m, 18 ans) sont promis en haut du premier tour de la prochaine draft. Le meneur de jeu Juan Nunez (1,92 m, 19 ans), déjà en sélection avec les A, pourrait également y être inclus.

Parmi ces trois joueurs, seul Santi Aldama est assuré de jouer régulièrement. Garuba a signé un contrat à double sens avec Golden State après un parcours complexe via Houston et Atlanta. Quant à Rubio, sa santé mentale reste une préoccupation après son absence à la Coupe du Monde.

Un regard sur l'histoire

L'Espagne et la NBA, c'est une longue histoire qui a pris son envol avec Fernando Martin en 1986 et qui a connu son apogée lors de la saison 2016-17 avec 11 joueurs. Le déclin a alors commencé et avec seulement trois représentants, l'Espagne enregistre son plus faible contingent depuis 18 saisons.

L'équipe d'Espagne championne du monde en 2006

Les départs vers la NBA et les clauses de sortie

Plusieurs joueurs du club espagnol ont rejoint la NBA depuis dix ans et, à chaque fois, il a fallu payer une clause de sortie. Le Real Madrid a encaissé des sommes importantes grâce à ces départs:

  • 2014: Nikola Mirotic (Bulls) - 2.5 millions de dollars
  • 2016: Sergio Rodriguez (Sixers) - 3 millions de dollars
  • 2020: Facundo Campazzo (Denver) - 6 millions de dollars
  • 2021: Gabriel Deck (Thunder) - 1.3 million de dollars
  • 2021: Usman Garuba (Rockets) - 3 millions de dollars

L'équipe d'Espagne en NBA: Quel niveau?

Quel niveau aurait l'Espagne, qui affronte la France ce soir, si elle jouait en NBA ? La réponse est impossible à donner, car il faudrait déshabiller certains clubs pour habiller la Roja, mais nous vous offrons ici des éléments de compréhension. A vous d'en débattre.

Les équipes nationales comptent douze joueurs, celles de NBA quinze maximum. Juan-Antonio Orenga pourrait ajouter à son groupe actuel l'ailier Fernando San Emeterio (72 capes), le pivot Guillermo Hernangomez (2,09 m) et l'intérieur d'origine monténégrine Nikola Mirotic. Le nouveau Bull ne peut pas participer à la Coupe du monde car la FIBA n'accepte qu'un naturalisé par équipe, la place étant occupée par Serge Ibaka. Un souci qui n'existe pas en NBA.

Ce groupe ressemblerait furieusement à un effectif NBA. Sept joueurs sont sous contrat avec une franchise : Pau et Marc Gasol, Ibaka, Rubio, Calderon, Claver et Mirotic. Les cinq premiers sont titulaires. Trois autres ont joué en NBA : "Rudy" (9,1 points en 4 saisons) et Navarro (1 saison à 10,6 points) sont revenus d'eux même en Liga ACB, alors que le passage de Sergio (Rodriguez) a été gâché par les blessures. Sergio Llull a le niveau pour y jouer et Alex Abrines a été drafté en 2013.

Au delà de l'expérience, il y a le niveau. Très élevé. Les frères Gasol ont été All Stars (Pau 4 fois, Marc 1) et retenus dans la 2nd All NBA Team. Pau a été double champion avec les Lakers, Ibaka deux fois meilleur contreur et Marc élu meilleur défenseur en 2013.

Et cela va au delà de la NBA. Sept joueurs ont été champions du monde en 2006 et deux fois champions d'Europe, Navarro a gagné deux Euroligues, épreuve dont Rudy, Reyes et les deux Sergio étaient encore finalistes en mai.

Forces et Faiblesses de l'Espagne face au modèle NBA

Dès qu'on confronte la NBA au basket international se pose invariablement la question des capacités athlétiques et de la vitesse. Sur le dernier point, pas de souci à se faire. L'Espagne peut jouer très vite, en attaque comme dans le repli défensif. Elle peut se le permettre car son banc est long, avec des rotations de qualité. Si manque athlétique il y a, il est sectorisé. Le relatif déficit de poids à la mène est compensé par le collectif. En revanche, elle manque d'un poste 3 puissant, capable d'offrir du répondant à des joueurs comme LeBron, Durant ou Anthony. Mais ce type de joueur est très rare.

L'Espagne est une équipe expérimentée. Cela veut dire qu'elle est âgée. Pau, Navarro et Reyes ont 34 ans, Calderon 32. Une saison NBA = 82 matches de 48 minutes plus les play-offs. Pau le peut encore, sans doute, mais Navarro ? Là aussi l'importance des rotations - de leur existence mais aussi de leur bonne utilisation - est primordiale. Il existe un modèle qui touche à la perfection : San Antonio. Mais l'effectif des Spurs est encore plus profond. Et Gregg Popovich n'a pas d'équivalent.

Les Franchises NBA changent très souvent d'entraîneur. En NBA, Juan Antonio Orenga serait soumis à une pression très différente de celle des compétitions FIBA. A-t-il le niveau requis ? Difficile de répondre. A part une saison avec l'Estudiantes, il a travaillé avec les sélections de jeunes et comme adjoint de Scariolo. De toute manière, il faudrait étoffer le staff. Ce qui tombe bien car il existe des coaches espagnols de haut niveau, notamment Xavi Pascual, à la tête du Barça depuis 2008.

Points forts de l'Espagne

Comme cela est déjà apparu dans la comparaison poste pour poste des effectifs espagnols, et français, la raquette espagnole n'a pas d'équivalent dans le monde des sélections, mais on peut se demander si elle en a une en NBA. D'autant qu'au trio Pau-Marc-Ibaka, il faudrait cette fois ajouter Mirotic, l'un des meilleurs joueurs de l'Euroligue ces dernières années, un intérieur qui sait shooter. A première vue, certaines franchises sont aussi très fournies dessous... parfois en Espagnols.

Parmi les quatre joueurs qui peuvent évoluer à la mène pour l'Espagne, aucun n'est un specimen physique, puissant du haut du corps et véloce du bas, comme les affectionne la NBA. Mais ils sont complémentaires et surtout très talentueux. Rubio était le 4e passeur (8,6) et le 2e intercepteur (2,3) de la NBA cette saison. Certes, il ne sait pas shooter mais ce n'est pas si grave car Calderon était le 5e plus adroit à 3 points (45%). Et les deux Sergio sont deux des joueurs les plus percutants du circuit.

Enfin, et c'est l'essentiel, l'équipe d'Espagne telle qu'elle existe aujourd'hui, dispose d'une expérience énorme et d'un coeur qui l'est tout autant. Favorite de 99% de ses matches, elle ne fait que très peu d'erreurs par manque de concentration ou pêché de supériorité - malgré son attitude souvent arrogante. Elle dispose de tout ce que les Américains appellent les intangibles, ces caractéristiques morales qui séparent les joueurs moyens des bons, et les solistes des champions.

EuroBasket 2025: La liste élargie de l'Espagne

Championne d’Europe en titre, la Roja a annoncé sa liste élargie pour préparer l’EuroBasket 2025 (27 août - 14 septembre). Avant de passer la main, Sergio Scariolo a dévoilé une liste élargie pour préparer le championnat d’Europe, sans d’anciens cadres comme Sergio Llull, Alex Abrines, Usman Garuba ou encore le retraité Rudy Fernandez.

Parmi les 15 joueurs appelés, on retrouve un seul NBAer : Santi Aldama (Memphis Grizzlies). Et 8 autres champions d’Europe en 2022 (Brizuela, le naturalisé Lorenzo Brown, Diaz, les frères Hernangomez, Lopez-Arostegui, Parra et Pradilla). Du reste, le staff fait appel à des joueurs d’expérience (Abalde, Puerto, Sima, Yusta) et deux jeunes prometteurs (Eli Ndiaye et Sergio De Larrea).

Les Espagnols commenceront leur préparation à Madrid le lundi 28 juillet. Ils joueront notamment deux matches de préparation contre la France (le 14 août à Badalone et le 16 août à Paris) puis contre les champions du monde allemands (le 21 août à Madrid et le 23 août à Cologne).

Sergio Scariolo, entraîneur de l'équipe d'Espagne

Préparation pour l'EuroBasket 2025: Matchs contre la France

Sergio Scariolo avait bien pris soin de se placer en victime quasi expiatoire avant le premier des deux France-Espagne au programme de la préparation à l’EuroBasket 2025. "Nous voulons voir l’écart qui nous sépare de la France et quelles sont les armes que nous pouvons utiliser pour le réduire. Sur le papier il est très important…"

Les fans de la Roja devaient, peut-être, partager son avis et ne se sont pas bousculés dans les travées du Pabellon Olimpico de Badalone pour pousser une sélection en reconstruction et privée de son seul élément NBA, Santi Aldama.

Un parterre clairsemé qui a assisté à un début de rencontre brouillon, marqué par une maladresse globale et une collection d’approximations (10 balles perdues en cinq minutes). Mais lorsque les Bleus ont corrigé le tir, leur pression défensive a poussé régulièrement les Espagnols à la limite des 24 secondes tandis que, de l’autre côté du terrain, Sylvain Francisco lançait des raids meurtriers pour servir ses coéquipiers ou conclure lui-même. Un 10-2 pour clore le premier quart-temps plaçait les Bleus solidement en tête. L’écart atteindra les +15 avec des stops, de la course et du franchissement du cinq sorti du banc.

Une supériorité accompagnée de passages fréquents sur la ligne des lancers-francs, en particulier de Guerschon Yabusele (12 tentés en première mi-temps) mais également de quelques coupables erreurs qui empêchaient les Bleus d’exploiter pleinement leur écrasante domination athlétique. Par séquences les locaux se montraient plus menaçants mais Francisco reprenait ses slaloms et Okobo ses finitions.

Toujours en phase de réflexion quant à l’identité des 12 joueurs à emmener à l’EuroBasket, Frédéric Fauthoux lançait Théo Maledon et Nadir Hifi, restés sur le banc lors du premier acte (Isaïa Cordinier est resté en civil, souffrant d’une contusion au poignet). Les deux hommes seront d’ailleurs les seuls à scorer lors de six minutes compliquées offensivement. Comme souvent c’est dans sa capacité à voler des ballons et à courir que les Bleus trouveront leur second souffle (58-47). Mais ils peinaient en revanche à contenir Willy Hernangomez près du cercle, la précieuse capacité de dissuasion d'Alexandre Sarr étant annihilée par les fautes.

Jamais complètement menacée, jamais complètement rassurée, la France gardait le contrôle tout en vendangeant quantité d’opportunités de loin (5/29 à trois-points), au point de, en crise de confiance, refuser des tirs ouverts. Son bourreau de la finale 2022, Juancho Hernangomez, sortait enfin de sa torpeur pour forcer un money-time tendu.

Pour la première fois depuis son légendaire succès en quart de finale de la Coupe du Monde, à Madrid, en 2014, l’Équipe de France a battu l’Espagne.

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