Dražen Petrović, né le 22 octobre 1964 à Šibenik en Yougoslavie et mort le 7 juin 1993 à Ingolstadt en Allemagne, est un joueur de basket-ball croate ayant remporté quatre Euroscar Award et deux Mr. Europa. Considéré comme l'un des meilleurs joueurs européens de tous les temps, Dražen Petrović, surnommé « Mozart » en raison de son génie précoce, est mort accidentellement il y a 30 ans, le 7 juin 1993.
Comparé dès son plus jeune âge à Mozart pour sa précocité et son talent unique, Drazen Petrovic a comme lui consacré chaque instant de sa vie à sa seule passion. Malheureusement, le virtuose croate a poussé le mimétisme en nous quittant lui aussi prématurément.

Statue de Dražen Petrović devant le Musée Olympique de Lausanne.
Les débuts en Yougoslavie
Dražen Petrović naît le 22 octobre 1964 à Šibenik en Yougoslavie. Sa mère, Biserka Petrović, a grandi dans cette ville du bord de la Krka. Dans les années 1950, elle y rencontre Jole Petrović, venu à Šibenik pour suivre des études de droit. Ils se marient en 1958 et ont un premier fils en février 1959 qu'ils prénomment Aleksandar. Jole Petrović est un homme respecté dans la région, chef de police désigné par les autorités yougoslaves.
Le jeune Dražen grandit dans une Yougoslavie communiste qui offre plus de libertés à sa génération qu'à celle de ses parents. Né avec une luxation de la hanche, il doit porter une ceinture pour élargir ses jambes, un objet qu'il abandonne après avoir appris à marcher normalement. Dans les rues de Šibenik, Dražen découvre le basket-ball en suivant son frère sur les terrains de rue - esquivant même ses cours de guitare pour s'y rendre - et à ses entraînements où il s’incruste, allant jusqu'à proposer de lui porter son sac pour le suivre. Sportif talentueux, Aleksandar est un modèle pour de nombreux jeunes du quartier et plus encore pour son frère cadet.
Inspiré par la sélection d'Aleksandar en équipe nationale cadette de Yougoslavie à l'été 1975, Dražen s'entraîne inlassablement et ne lâche pas sa passion pour le basket-ball. À 11 ans, il est touché par un souffle cardiaque et un médecin local lui conseille d'arrêter toute activité sportive. Contre-ausculté par une spécialiste à Belgrade, Dražen est rassuré par la cardiologue qui lui annonce que ce problème n'est que temporaire. Cet événement renforce néanmoins l'attachement du jeune Petrović pour le sport qu'il a failli perdre.
Toujours à onze ans, Dražen rejoint le club local du Šibenka Šibenik où il évolue dans les catégories de jeunes avec Neven Spahija. Petrović est surclassé et joue dans la même équipe que Spahija, trois ans plus âgé que lui, en troisième division régionale contre des adultes. Si au départ, ils enchaînent les défaites, les enfants trouvent des solutions pour rendre les rencontres de plus en plus compétitives et s'améliorent. En 1979, l'équipe première de Šibenik est promue en première division yougoslave et recrute un nouvel entraîneur, Zoran Slavnić, qui est également joueur.
Ce dernier évalue les jeunes talents du club et est intrigué par le jeune frère d'Aleksandar Petrović contre qui il a joué. Après l'avoir vu en équipe de jeunes, Slavnić offre une place dans l'équipe principale du club au jeune Dražen, âgé de seulement 15 ans. Son objectif est de lui offrir l'expérience des entraînements de haut niveau bien que peu de minutes sur le terrain. Champion olympique au poste de meneur, vedette nationale, Slavnić est un mentor idéal qui commence sa carrière d'entraîneur. Chaque jour, ils s'affrontent sur les terrains d'entraînement et l'apprenti apprend rapidement de son aîné.
Au début de la saison, bien que Petrović n'ait pas encore joué, l'entraîneur déclare aux médias qu'il a trouvé en lui un joueur qui sera meilleur que Dragan Kicanović ou lui-même. La saison suivante est différente, désormais âgé de seize ans, Petrović obtient de plus en plus de temps de jeu. Il joue en tant qu'arrière lorsque Slavnić est à la mène et au poste de meneur lorsque ce n'est pas le cas. Il ne marque que 39 points sur toute la saison mais ses progrès sont remarqués. L'équipe termine quatrième du classement à l'issue de la saison et l'entraîneur-joueur Slavnić quitte le club pour le Partizan Belgrade.
Faruk Kulenović le remplace sur le banc bien qu'il n'ait que 29 ans et choisit Petrović comme meneur titulaire après le début de saison réussi du jeune joueur. Dražen Petrović se révèle au début de la saison 1981-1982. En déplacement en Israël pour un tour de qualification de la Coupe Korać, il entre en jeu en remplacement d'un joueur blessé et s'illustre contre l'Hapoël Tel-Aviv. Au match retour, il inscrit 30 points dans la victoire et la qualification de son équipe pour le tour suivant. Kulenović lui donne alors les clefs de la mène de l'équipe et limite son temps de jeu au poste d'arrière, jugeant l'inactivité ponctuelle du joueur, sans ballon, comme négative pour son attaque.
Meneur de l'équipe, Petrović inscrit 16 points par rencontre dans le championnat yougoslave. L'équipe de fait également un remarquable parcours dans la Coupe Korać, coupe européenne de troisième niveau, enchaînant les succès à travers l'Europe jusqu'à battre en demi-finale l'Étoile rouge de Belgrade malgré une défaite de 16 points au match aller à Belgrade. L'entraîneur Kulenović souhaite rajeunir l'équipe et le dit à la direction du KK Šibenka au cours de la saison 1981-1982.
Les dirigeants prennent le temps de la réflexion et alors qu'ils étudient la demande de Kulenović, le message arrive aux joueurs expérimentés du vestiaire qui font immédiatement résistance au changement et obtiennent le remplacement de Kulenović par Vlado Djurovic. Ce dernier pense que le potentiel de Petrović est intéressant mais qu'il n'est pas un athlète exceptionnel au niveau de ses jambes et en termes de déplacements latéraux. Il lui recommande une série d'exercices que le joueur effectue avec entrain.
Fort de trois saisons d'expérience dans le championnat yougoslave, Dražen Petrović a désormais le respect de ses coéquipiers et adversaires. La majorité des actions offensives de Šibenik commence par un duel entre Petrović et son défenseur. Il conclut la saison comme deuxième meilleur marqueur de points du championnat avec 25,6 unités par rencontre. Le club de Šibenik termine avec le meilleur bilan de la saison régulière avec 16 victoires et 6 défaites.
Dans le même temps, Dražen Petrović guide de nouveau son équipe jusqu'à la finale de la coupe Korać, pour la deuxième année de suite, et perd de nouveau contre le CSP Limoges. En phase finale du championnat yougoslave, Šibenik a besoin de trois matchs pour éliminer le Jugoplastika Split et l'Étoile rouge de Belgrade et atteindre la finale contre le KK Bosna. Il brille particulièrement dans le premier match contre l'Étoile rouge en inscrivant 34 points dans une victoire 91 à 88.
Bosna et Šibenik remportent chacun une partie et se retrouve dans la salle de Šibenik pour le match décisif. Petrović garde son équipe à flot en marquant 14 points dans la seule première mi-temps. Il entame la deuxième mi-temps encore plus fort, dominant son adversaire direct Savit Haznic. Alors qu'il ne reste que 18 secondes à jouer, Bosna reprend l'avantage au score. Dražen Petrović a dans les mains le ballon de la gagne et rate son tir qui sort en touche. Il reste alors deux secondes à l'horloge et le meneur a une nouvelle chance.
Petrović tente de nouveau sa chance et la manque. Alors que Bosna envahit le terrain, certains d'avoir remporter le championnat, l'un des deux arbitres de la rencontre, Ilija Matijevic, pressé par Petrović et ses coéquipiers, signale une faute sur le joueur. Si le contact est réel, la faute est légère. Alors que la discussion se poursuit à la table des officiels, Djurovic demande à Dražen Petrović de manquer un des deux lancers pour aller en prolongation où il pense gagner. Petrović n'écoute pas son entraîneur et réussit les deux lancers qui donnent la victoire à son club. Le lendemain, le président de la fédération yougoslave de basket-ball, Vasil Tupurkovski, annule le résultat après avoir remis la veille le trophée à Petrović et ses coéquipiers.
Après avoir passé son premier été avec l'équipe nationale de Yougoslavie pour le championnat d'Europe, Dražen Petrović, âgé de 19 ans, décide d'effectuer son service militaire obligatoire dans l'armée populaire yougoslave. Il bénéficie d'un traitement particulier qui lui permet de continuer à s'entraîner.
La destination de Dražen Petrović devient incertaine à la fin de son service. Les ressources limitées et l'effectif âgé du Šibenka Šibenik ne correspondent plus au niveau du joueur international qu'est devenu Petrović. Tous les meilleurs clubs yougoslaves sont intéressés : le Partizan Belgrade avec qui Petrović s'entraîne à la fin de son service militaire, Bosna qui lui offre sa première voiture pour montrer son intérêt, et le Cibona Zagreb où joue son frère Aleksandar.
L'entraîneur de l'université de Notre-Dame Digger Phelps, qui observe le joueur yougoslave depuis ses 16 ans, souhaite également le recruter en tant que deuxième arrière. La sélection de Dražen se réduit rapidement à deux équipes : l'université de Notre-Dame et le Cibona Zagreb de Mirko Novosel. Ce dernier, entraîneur de l'équipe championne en titre, qualifiée pour la prochaine coupe d'Europe des clubs champions, et sélectionneur national pour les Jeux olympiques d'été de 1984, met en avant le fait de jouer avec son frère Aleksandar.
De son côté, Phelps se déplace en Yougoslavie pour rencontrer les parents de Petrović et leur assurer que leur fils aurait un diplôme universitaire et un travail même s'il se blesse gravement. En mai 1984, Dražen Petrović conclut son service militaire. Le 5 juin, le joueur s'engage pour quatre saisons avec le club de Zagreb pour un salaire de 1 200 dollars par mois, les droits de propriété d'un café local et la location d'un appartement.
❤️Dražen Petrović, the fearless Mozart of Basket 💙✞
L'éclosion au Cibona Zagreb
Entouré par Aleksandar avec lequel il est en permanente compétition et par son nouvel entraîneur Mirko Novosel qui lui fait confiance sur le terrain et en fait une vedette nationale en dehors, Dražen Petrović passe un cap au Cibona Zagreb. Plus rapide, plus âgé et plus fort, Petrović devient rapidement et naturellement le meneur de l'équipe de Cibona. À Zagreb, sa notoriété grandit pour le joueur talentueux, le jeune et beau garçon et l'étudiant en droit à l'université de Zagreb.
Pour sa première saison dans la grande compétition européenne, le duo Petrović conduit le Cibona en finale en dominant deux fois en neuf jours le CSKA Moscou en demi-finale. Cette finale oppose Cibona au Real Madrid à Athènes en Grèce devant près de 15 000 spectateurs. L'équipe de Zagreb est confiante puisqu'elle a battu l'équipe madrilène déjà à deux reprises lors des phases précédentes de la compétition. Après un début de rencontre difficile, l'aide défensive espagnole pour ralentir le dribble de Dražen fonctionne alors, le marqueur yougoslave prend son rythme en deuxième mi-temps.
Il inscrit 26 de ses 36 points dans la deuxième période dans le triomphe 87 à 78 de Cibona. Après avoir fêté le titre européen au Pirée, les joueurs du Cibona retournent en Yougoslavie pour jouer la demi-finale du championnat contre le Partizan. Dražen s'illustre avec 51 points dans un large succès. Qualifié pour la finale du championnat de Yougoslavie, Petrović se retrouve de nouveau dans un match décisif après un partage des deux premières victoires avec l'Étoile Rouge de Belgrade. Il y inscrit 32 points dans un net succès de Cibona qui remporte le championnat pour la deuxième saison consécutive.
La saison suivante, Petrović assied sa domination sur le basket-ball européen. Sans son frère, parti remplir ses obligations militaires à son tour, et malgré la présence limitée de son entraîneur Novosel qui laisse les rênes de l'équipe à son entraîneur assistant Željko Pavličević dans le championnat domestique, Dražen Petrović ajoute de nouveaux épisodes à sa légende. Le 5 octobre 1985, dans l'une des premières rencontres du championnat de Yougoslavie, Dražen établit un nouveau record de points marqués dans le championnat en inscrivant 112 points en réussissant 40 de ses 60 tirs tentés, dont 10 sur 20 à trois points et 22 sur 22 aux lancers francs, face au club de l’Olimpija Ljubljana, qui a dû aligner une équipe de jeunes après avoir oublié d'enregistrer les joueurs de son équipe première dans les délais.
Parmi ses plus beaux exploits figure un match face au CSP Limoges : le club français mène de 16 points avec une défense en boite sur Petrović effectuée par le meneur limougeaud Gregor Beugnot. Petrović décide alors de prendre les choses en main : il arrive à déstabiliser son garde du corps, provoquant une faute disqualifiante de celui-ci puis aligne huit tirs à trois points consécutifs. Finalement, le Cibona remporte la rencontre, porté par les 51 points de son leader dont dix tirs à trois points et dix passes décisives.
Lors du match retour contre l'équipe italienne, le meneur américain Mike D'Antoni, exilé en Europe au Simac Milan, donne une leçon à Petrović devant le dirigeant des Trail Blazers de Portland Bucky Buckwalter venu l'observer, levant les doutes sur ses capacités à réussir contre des joueurs de NBA. Buckwalter déclare aux journalistes italiens que si son talent offensif est évident, il ne joue pas assez intensément du côté défensif et que les expériences précédentes des joueurs européens en Europe comme celle du Bulgare Georgi Glouchkov ont refroidi les dirigeants.
Cependant, le Cibona Zagreb atteint de nouveau la finale de la Coupe des clubs champions et est opposé au Žalgiris Kaunas d'Arvydas Sabonis. La confrontation entre les deux grands joueurs du basket-ball européen tourne à l'avantage de Petrović même s'il n'inscrit que 22 points et est gêné par les rotations sur les écrans. Sabonis commet cinq fautes lors de la première mi-temps et est exclu dans le dernier quart-temps pour un coup de poing. Le Cibona remporte son deuxième titre grâce à un succès 94 à 82.
Concentré sur la phase finale du championnat yougoslave, Cibona élimine l'Étoile Rouge de Belgrade et le Partizan Belgrade pour atteindre la finale du championnat face à Zadar. Vainqueur lors de la première partie, l'équipe décide de mettre au repos Dražen Petrović et les autres cadres de l'équipe pour le deuxième match, ne prenant pas le risque d'une suspension de Petrović en cas de potentielle faute technique sifflée envers lui. Cibona s'incline et la décision des dirigeants est critiquée, notamment le manque de confiance dans les capacités du meneur à canaliser s...

Dražen Petrović lors de son passage au Cibona Zagreb.
L'expérience au Real Madrid
À cette époque, Drazen a déjà quitté Zagreb pour les dollars de Madrid. Il passe d’un salaire mensuel de 6000 francs (en plus d’une Alfa Romeo flambant neuve, un appartement et.....une pizzeria !) à un contrat de plus d’un million de dollars sur 4 saisons. L’adaptation est immédiate pour Mozart. Il récite ses gammes de manière toujours aussi sublime et tourne à 28 points par match. Il brille au plus haut niveau européen notamment dans une finale de la Coupe des Coupes face au Caserta du prolifique Oscar Schmidt. Au cours de cette même compétition il aura sorti son ancien club de Zagreb en leur passant 47 points.
Lors du game 1, à Zagreb, Drazen se retrouve aux lancers-francs pour gagner le match. « Drazen s’il te plaît, rate ces lancers-francs, de toute façon vous allez gagner chez vous aisément et si nous gagnons ici nous aurons un bonus sur nos salaires ». Petrovic écoute son frère avant de mettre ses 2 LF. C’est lors de sa période Real que Drazen commence à titiller la NBA. A l’occasion de l’Open McDonald’s, il affronte les Celtics et leur passe 22 points.
L'arrivée en NBA
« Si un joueur est capable de s’imposer en NBA, ce joueur c’est Petrovic ». L’été suivant, il enchaîne sur les Championnats du Monde qu’il domine allègrement. Après avoir tout gagné en Europe, Petrovic rejoint la NBA et Portland qui l’avait déjà drafté 3 années auparavant. Petrović rejoint alors les Trail Blazers de Portland qui l'ont sélectionné quatre années auparavant.
Mais, pour la première fois de sa carrière Drazen n’est pas la star de son équipe. Pas titulaire, ni même un remplaçant précieux. Il ne rentre pas dans les schémas de Rick Adelman. Il est notamment barré par Drexler et Porter à l’arrière. Surtout, il atterrit dans une des équipes les plus athlétiques de la ligue. Avec Drexler, Kersey, Porter, Buck Williams ou Duckworth, ça court ça saute et ça pèse lourd. Rien à voir avec le « style » Petrovic. Et même sur les missions pour shooter, Adelman lui préfère Danny Ainge, qui à l’inverse de Mozart, est une vraie teigne en défense.
L'entraîneur de Portland Rick Adelman ne lui fait pas confiance et le laisse sur le banc pendant deux saisons. Après la pire saison qu’il ait connue, le numéro 44 des Blazers demande à partir et obtient un trade avec les Nets en janvier 91. « Ce gars participera au All-Star Game d’ici 2 ans. Vous n’avez jamais vu un gars shooter comme lui et travailler aussi dur que lui. « C’est fini, maintenant personne ne va m’arrêter.
En janvier 1991, Dražen Petrović est échangé aux Nets du New Jersey où il explose lors des deux saisons suivantes. Il finit la saison avec 20 minutes par match pour plus de 12 points. Même défensivement il n’est plus la passoire de Portland. Le joueur joue plus dur, résultat de nombreuses heures dans la salle de muscu. Dès la saison suivante, le Croate inscrit plus de 20 points par match (une première pour un Européen en NBA), ne manque aucun match et affiche le meilleur pourcentage de tous les arrières de NBA (plus de 50%, dont 44% à 3 pts).
La saison suivante, le numéro 3 des Nets augmente encore le niveau de son jeu : plus de points (22 par match), plus adroit (51.8 %), il est au sommet de son art. Pas suffisant pourtant pour faire de lui le premier Européen All-Star de l’histoire, son objectif. « Si je ne peux pas être All-Star cette saison, quand pourrai-je l’être ? Je ne sais pas comment je dois prendre cette injustice. L’invitation pour le concours à 3-points, non merci, je n’en ai pas besoin, je veux être sur le terrain !

Dražen Petrović lors de son passage aux Nets du New Jersey.
L'équipe nationale de Yougoslavie et de Croatie
D'abord, il fait partie d'une grande équipe de Yougoslavie avec laquelle il remporte un titre de champion d'Europe en 1989, un titre de champion du monde en 1990 ainsi que deux médailles olympiques. Au cours de l’été 1992, la Croatie fait sa première sortie en grande compétition et pour l’occasion s’offre une superbe finale face à LA Dream Team. Elle est la seule équipe à tenir plus de 10 minutes face à Magic, Jojo, Larry et Charles.
Réputé pour son adresse, Drazen Petrovic l’est aussi pour son arrogance et son mauvais caractère sur le terrain. Il n’hésite pas à humilier ses adversaires dès qu’il en a la possibilité. Toujours face à Limoges avec le Zagreb, il fait un petit pont à Billy Knight, ancien joueur NBA, futur GM NBA (pas le meilleur, certes…) juste pour se « venger » de la bonne défense que le CSP lui avait opposé. Drazen va même jusqu’à menacer de ne plus jouer pour l’équipe nationale si le résultat est validé. Suspendu 3 matches avec Zagreb, il rejouera pour son équipe nationale.
Une sélection nationale qui compte dans ses rangs des joueurs comme Dino Radja, Vlade Divac, Toni Kukoc ou encore Zarko Paspalj, mais dont il est le véritable maestro. Aux Championnats d’Europe 1989, un après l’argent aux JO, ces joueurs offrent à leur public de Zagreb le titre en dominant la Grèce de Galis en finale. Drazen Petrovic y pratique son meilleur basket et score 30 points par match avec une réussite irréelle : 75% à 2-points et 70% à 3-points ! Il termine en outre meilleur passeur de la compétition avec 6 balles données par match.
Décès et Hommages
Se sentant trahi, Drazen se pose des questions sur son avenir. Pat Riley, alors coach de New York, fait part de son intérêt pour celui qui est élu dans la All-NBA Third Team. Tout cela n’arrivera malheureusement pas. La carrière et la vie du prodige se terminent en juin 1993 sur une autoroute allemande. À l'été 1993, Dražen Petrović meurt à l'âge de 28 ans dans un accident sur une autoroute allemande. Le monde du basket est en deuil. Il vient de perdre l’un des plus gros taffeurs qu’il ait connu. Il vient surtout de perdre un véritable pionnier qui aura fait tomber toutes les barrières, tous les préjugés américains sur les ballers européens. Sans lui, Nowitzki serait à Barcelone. Sans lui, Tony Parker, après avoir offert le titre Pro A au PBR, serait parti au Pana pour une poignée de dollars.
Posthumous honors that came to him included the re-naming of his home basketball arena in Cibona as the Dražen Petrović Basketball Hall, a square in the city of Zagreb was named for him, and a statue of Petrović was erected in front of the Olympic Museum in Lausanne, Switzerland.
Dario Saric : Un héritier de la tradition croate
Onze ans après ses exploits lors de l’EuroBasket 2015, Dario Saric n’a rien perdu de sa magie. Face à l’Allemagne championne du monde et championne d’Europe en titre, l’ailier-fort croate a démontré qu’il possédait toujours cette vision de jeu exceptionnelle qui l’avait propulsé vers la NBA. Pour son premier match à Zagreb depuis 2015, Saric a livré une performance majestueuse avec 23 points, 7 rebonds et une évaluation de 26, la meilleure de son équipe. « Je peux être partial, mais je crois aussi être réaliste. Dario Saric représenterait beaucoup pour n’importe quelle équipe en Europe et dans le monde, et il représente beaucoup pour nous aussi.
Cette performance marque un nouveau chapitre pour Saric, qui vient de clôturer une carrière NBA de dix ans. À 31 ans, le capitaine croate ne ferme pas la porte à un retour en Europe. « Ça aurait pu être mieux, mais ça aurait pu être pire aussi. Dans tous les cas, je suis satisfait de ma carrière NBA, mais maintenant, j’attends avec impatience d’autres choses dans le futur, d’autres options qui arrivent bientôt. L’équipe nationale reste sa priorité absolue. Avec la Croatie invaincue à 3-0 dans les qualifications pour la Coupe du Monde FIBA 2027, Saric pourrait être l’homme providentiel pour mettre fin à une disette qui dure depuis 2014, année de leur dernière participation au Mondial.
Justement, Eurohoops annonce que les Croates ont dévoilé une pré-sélection de 26 joueurs pour cette fenêtre internationale, et eux aussi pourront profiter de la présence de NBAers avec Ivica Zubac et Bojan Bogdanovic. Dans le Groupe C, c’est la Finlande de Lauri Markkanen qui est en tête avec trois victoires en quatre matches, suivie par la Slovénie et la Suède (2v-2). L’objectif est de terminer dans les trois premiers pour accéder à la deuxième phase, et la Croatie se rendra en Slovénie le 30 juin, puis recevra la Finlande le 3 juillet.
Début septembre, la Croatie participera à l’Eurobasket 2022. Les coéquipiers de Zubac seront à Milan dans le groupe de la Grèce, la Grande-Bretagne, l’Estonie et l’Ukraine. Il faudra terminer aux quatre premières places pour accéder à la deuxième phase à Berlin. « On a une bonne chance de faire quelque chose à l’Euro cet été. On a beaucoup de bons joueurs et je pense que c’est l’année où on va enfin tous se retrouver. On peut faire un bon résultat. Je suis partant, je serai là et j’espère que tout le monde fera de même.
Statistiques NBA de Dražen Petrović
| Saison | Club | Minutes par match | Points par match |
|---|---|---|---|
| 1989-90 | Portland Trail Blazers | 12.6 | 7.6 |
| 1990-91 | Portland Trail Blazers / New Jersey Nets | 20.5 | 12.6 |
| 1991-92 | New Jersey Nets | 36.9 | 20.6 |
| 1992-93 | New Jersey Nets | 38.0 | 22.3 |