Les Chicago Bulls occupent une place unique dans la légende de la NBA. Avec 6 titres NBA conquis entre 1991 et 1998, la franchise au taureau rouge a bâti une dynastie historique emmenée par Michael Jordan, Scottie Pippen et l’entraîneur Phil Jackson. Des moments iconiques ont marqué l'histoire des Chicago Bulls, tels que deux three-peats, des rivalités épiques et des buzzer beaters gravés dans les mémoires.
Fondée le 26 janvier 1966, l'équipe est membre de la ligue majeure de basket-ball américain - la National Basketball Association (NBA) - et joue dans la Conférence Est, division Centrale. Depuis 1994, ses matchs à domicile se déroulent dans le United Center, un palais omnisports de 22 879 places situé dans le secteur de Near West Side, fréquemment dénommé par ses initiales UC.
Les Chicago Bulls ne sont que la troisième franchise NBA implantée à Chicago, après les Packers / Zephyrs (devenus par la suite les Wizards de Washington) et les Stags de Chicago, qui n'existent que durant quatre saisons (1946-1950). Jusque dans les années 1960, les habitants de Chicago ne manifestent que peu d'intérêt pour le basketball. En 1950, l'équipe des Stags est dissoute en raison de la faiblesse de l'affluence aux matchs.
Les 60 plus beaux moments de la carrière de Michael Jordan
Les Débuts et les Années 1970
La franchise joue sa première saison en 1966-1967, et bat le record de matchs gagnés par une expansion team en NBA, en se qualifiant pour les play-offs. Les années suivantes, les Bulls assemblent pièce par pièce une équipe compétitive, mais sans jamais atteindre les sommets.
Durant les années 1970, les Bulls sont réputés pour être une équipe robuste au style défensif, construite autour des ailiers Jerry Sloan, Bob Love et Chet Walker, du meneur Norm Van Lier, et du pivot Tom Boerwinkle. À la fin des années 1970, les Bulls profitent de l'effondrement d'une ligue concurrente, l'ABA, pour se renforcer en sélectionnant Artis Gilmore. Il mène une équipe composée de hauts choix de draft : Reggie Theus, David Greenwood et Orlando Woolridge.
Après le transfert de Gilmore aux Spurs de San Antonio pour le pivot Dave Corzine, les Bulls se tournent vers une attaque à haut régime axée autour de Theus, qui inclut rapidement les arrières Quentin Daly et Ennis Whatley.
L'Ère Michael Jordan et la Dynastie des Années 1990
Cette même année marque un tournant dans l’histoire des Chicago Bulls : lors de la draft 1984, Chicago utilise son troisième choix pour sélectionner un arrière surdoué venant de l’université de North Carolina, Michael Jordan. Dès son arrivée, Michael Jordan s’impose comme la nouvelle superstar des Bulls et l’un des meilleurs joueurs de la ligue.
Durant l'intersaison 1984 les Bulls héritent du troisième choix de la draft, après Houston et Portland. Les Blazers disposent du deuxième choix. Ils n'hésitent pas longtemps avant de choisir Sam Bowie : le poste d'arrière est déjà pourvu par Clyde Drexler, et les Blazers veulent faire perdurer la tradition du pivot talentueux entamée avec Bill Walton. Il faut savoir qu'à l'époque, les Bulls, ne réalisant pas le potentiel que représentait Jordan, essayent d'échanger leur choix de draft quelques jours avant contre un pivot.
Avec le nouveau propriétaire Jerry Reinsdorf et le nouveau General Manager Jerry Krause, les Bulls décident de construire l'équipe autour de Jordan. Celui-ci établit deux records de franchise dès sa première année en menant l'équipe aux points (troisième dans la ligue) et aux interceptions (quatrième dans la ligue).
En 1989, l’entraîneur Phil Jackson prend les rênes de l’équipe et installe l’attaque en triangle. Portés par le duo Michael Jordan - Scottie Pippen, désormais All-Stars, les Bulls installent une dynastie sans précédent. Ils enchaînent les victoires en saison régulière et survolent les playoffs du début des années 1990.
Chicago Bulls réalise ainsi un « three-peat » historique, remportant trois titres de champion NBA consécutifs en 1991, 1992 et 1993. En 1992, les Bulls de Jordan conservent leur couronne face aux Portland Trail Blazers de Clyde Drexler, puis en 1993 ils triomphent des Phoenix Suns de Charles Barkley au terme d’une Finale conclue par un tir décisif de John Paxson.
Cette période faste hisse Jordan au rang de célébrité planétaire, souvent considéré comme le meilleur basketteur de tous les temps. À seulement 30 ans, auréolé de trois titres et de multiples distinctions individuelles, Michael Jordan décide pourtant de prendre sa retraite à l’issue de la saison 1993, choquant le monde du basket.
Les Bulls deviennent alors l'équipe de Scottie Pippen, jusqu'alors fidèle lieutenant de Jordan. Horace Grant et B.J. Armstrong améliorent leur niveau de jeu et sont sélectionnés pour la première fois au All-Star Game, où Scottie Pippen est élu meilleur joueur. Le trio est assisté de Cartwright, Perdue, de l'arrière Pete Myers et du rookie croate Toni Kukoč.
Michael Jordan effectue un premier retour en mars 1995, trop tard pour empêcher l’élimination de l’équipe en playoffs cette année-là. L’été suivant, Chicago renforce son effectif en recrutant l’excentrique Dennis Rodman, redoutable rebondeur et défenseur, pour compléter le noyau Jordan-Pippen.
Le trio Jordan-Pippen-Rodman, bien secondé par Toni Kukoc, Ron Harper, Luc Longley et Steve Kerr, réussit alors la meilleure saison de l'histoire de la NBA en remportant 72 victoires pour dix défaites (record qui est battu lors de la saison 2015-2016 par les Golden States Warriors avec un bilan de 73 victoires pour 9 défaites).
La dynastie Chicago Bulls se poursuit avec une nouvelle année faste en 1996-1997 (69 victoires, deuxième meilleur bilan de l’histoire à l'époque) conclue par un cinquième titre acquis face au Utah Jazz de Karl Malone et John Stockton. La saison 1997-1998 apporte une dernière consécration : les Bulls remportent un sixième titre NBA en battant à nouveau le Jazz en Finale, grâce à un tir au buzzer mythique de Michael Jordan lors du match 6, connu comme « The Last Shot ».
Cette victoire conclut un second three-peat (1996, 1997, 1998) et ferme en apothéose le chapitre Jordan. À l’issue de la saison, Michael Jordan prend sa retraite une seconde fois, suivi par l’entraîneur Phil Jackson. La direction décide de reconstruire l’équipe, mettant fin brutalement à la dynastie des années 1990.
Le départ de Jordan et de l’encadrement champion en 1998 plonge les Bulls dans les bas-fonds du classement. Durant la saison écourtée 1998-1999, Chicago ne remporte que 13 victoires - le plus faible total de son histoire. Emmenée par le vétéran Toni Kukoč, l’équipe peine à trouver un nouveau souffle.
Ce naufrage sportif offre cependant aux Bulls le premier choix de la draft 1999. La franchise sélectionne l’intérieur Elton Brand, élu Rookie of the Year et auteur de 20 pts / 10 rebonds de moyenne sur ses deux premières saisons. Le manager général Jerry Krause entreprend alors de tout miser sur la jeunesse : en 2001, Chicago échange Elton Brand aux Los Angeles Clippers contre le jeune pivot Tyson Chandler (n° 2 de la draft) et utilise son propre choix n° 4 pour sélectionner un autre lycéen prometteur, Eddy Curry.
Le tandem Chandler-Curry ne donne pas les résultats escomptés. En 2002, les Bulls tentent d’ajouter un meneur d’avenir en draftant Jay Williams (n° 2). Mais la carrière de ce dernier tourne court à cause d’un grave accident de moto après sa première saison.
Titres de Champion NBA
| Année | Adversaire en Finale | Résultat |
|---|---|---|
| 1991 | Los Angeles Lakers | Victoire |
| 1992 | Portland Trail Blazers | Victoire |
| 1993 | Phoenix Suns | Victoire |
| 1996 | Seattle SuperSonics | Victoire |
| 1997 | Utah Jazz | Victoire |
| 1998 | Utah Jazz | Victoire |

Les Années 2000 et le Renouveau avec Derrick Rose
Un sursaut se produit en 2004-2005 : portés par une nouvelle génération fougueuse (Kirk Hinrich, Ben Gordon, Luol Deng), les Bulls remportent 47 matchs et retrouvent enfin les playoffs, une première depuis l’ère Jordan. L’enthousiasme est toutefois refroidi par une élimination dès le premier tour.
L’intersaison 2005 rebat les cartes : Eddy Curry, confronté à des soucis cardiaques, est transféré aux Knicks ; Tyson Chandler, prolongé puis décevant, rejoindra les Hornets l’année suivante. Les Bulls retournent en playoffs en 2006 (défaite au 1er tour), puis réalisent une très bonne saison 2006-2007 conclue par 49 victoires et une demi-finale de Conférence (défaite face aux Pistons).
L’issue de la loterie 2008 offre alors une opportunité inespérée : avec seulement 1,7 % de chances, Chicago obtient le 1er choix et sélectionne le prodige local Derrick Rose, meneur explosif de 19 ans. L’impact de Derrick Rose est immédiat sur le terrain et sur l’enthousiasme autour des Bulls. Dès sa première saison (2008-2009), Rose est élu Rookie of the Year et guide Chicago jusqu’en playoffs.
À l’intersaison 2010, l’équipe se renforce en recrutant l’ailier fort Carlos Boozer et surtout en engageant un nouvel entraîneur, Tom Thibodeau, ancien adjoint de Boston réputé pour sa rigueur défensive. L’effet est spectaculaire : lors de la saison 2010-2011, les Bulls réalisent le meilleur bilan de la NBA avec 62 victoires. Derrick Rose, auteur d’une saison éblouissante, devient MVP.
Associé à des joueurs clés comme le pivot Joakim Noah (formé à Chicago et fils du champion de tennis Yannick Noah) ou l’arrière Jimmy Butler (drafté en 2011), Rose mène Chicago jusqu’en finale de Conférence en 2011 - une première depuis l’ère Jordan.

Les Années Récentes et la Reconstruction
La dynamique positive s’interrompt brusquement lors des playoffs 2012 : Derrick Rose se blesse gravement au genou (rupture du ligament croisé antérieur) dès le premier match du premier tour. Cette blessure marque un tournant. Privés de leur superstar, les Bulls, pourtant classés premiers à l’Est en 2012, sont éliminés prématurément et l’avenir de l’équipe s’assombrit.
Rose manque l’intégralité de la saison suivante; malgré la combativité de Joakim Noah et l’émergence de Jimmy Butler, Chicago ne parvient plus à franchir un palier en playoffs. À l’été 2016, une page se tourne définitivement : Derrick Rose, dont les performances ont été diminuées par les blessures successives, est transféré aux New York Knicks. Peu après, Joakim Noah quitte également la franchise (pour les Knicks lui aussi).
Cette fin de cycle clôt la période Rose/Thibodeau, la plus prolifique pour les Bulls depuis les années Jordan (une finale de Conférence, sept qualifications consécutives en playoffs et un MVP). En juin 2017, les Bulls amorcent un virage majeur : Jimmy Butler est transféré aux Minnesota Timberwolves contre un package centré sur Zach LaVine et le rookie Lauri Markkanen.
Cette décision lance une reconstruction axée sur la draft et la flexibilité financière. Le front-office change de cap en 2020 : Artūras Karnišovas est nommé vice-président, Marc Eversley devient GM et le coach Billy Donovan arrive pour instaurer une culture plus compétitive.
Les Bulls misent alors sur des vétérans All-Stars : signature de DeMar DeRozan (2021), échange pour le pivot Nikola Vučević, et recrutement du meneur Lonzo Ball. Les ambitions sont toutefois freinées par les blessures : Lonzo Ball subit une opération au genou début 2022 et manque toute la saison suivante ; Patrick Williams voit son développement ralentir.
En 2023-2024, Chicago choisit de rester compétitif plutôt que de tanker ; résultat : une nouvelle qualification via le play-in mais une élimination au premier tour. À l’orée de la saison 2024-2025, le trio initial DeMar DeRozan - Zach LaVine - Nikola Vučević a déjà explosé : DeRozan a rejoint les Sacramento Kings via un sign-and-trade en juillet 2024, puis LaVine a été transféré en février 2025 dans un échange à trois équipes.
Seul Vučević reste sous contrat - mais son avenir demeure incertain.
L'Ambiance du United Center
Inauguré en 1994, le United Center remplace l’historique Chicago Stadium; avec 20 917 places pour le basket, soit la plus grande salle de la NBA. La salle est surnommée « The Madhouse on Madison » en référence à l’intensité du public et à son adresse sur West Madison Street.
Le public de Chicago se distingue par sa standing ovation à l’entrée des titulaires et par les chants “Let’s go Bulls!” orchestrés notamment par la mascotte. L'introduction du 5 majeur reste parmi les plus iconiques de la ligue : lumières éteintes, projecteurs rouges, flamme numérique, puis la voix légendaire de l’annonceur Tim Sinclair (successeur de Ray Clay) qui clame « From North Carolina… » sur Sirius d'Alan Parsons Project.
Créé en 1969, Benny The Bull est la mascotte la plus ancienne et la plus titrée de la NBA. Maître des cascades, des douches de popcorn lancées dans le public, des lancers de tee-shirts et des danses acrobatiques, Benny a été élu à plusieurs reprises « Mascot of the Year ».
La Statue de Michael Jordan
Devant l’atrium du United Center trône une statue en bronze de Michael Jordan, inaugurée le 1er novembre 1994 après sa première retraite. Baptisée The Spirit, elle immortalise « His Airness » en plein envol. Dévoilée aux fans lors d’une cérémonie émouvante, la sculpture de plus de trois mètres est devenue un passage obligé : avant chaque match, on patiente souvent pour prendre LA photo souvenir à ses pieds.
En 2017, lors de la rénovation des abords, la statue a été déplacée à l’intérieur de l’atrium vitré, permettant aux visiteurs d’en profiter gratuitement toute l’année, même hors jour de rencontre.
Les Rivalités Emblématiques
La rivalité la plus célèbre des Bulls est celle qui les oppose aux Detroit Pistons. À la fin des années 1980, les Bulls de Michael Jordan doivent affronter à plusieurs reprises les Pistons, surnommés les “Bad Boys” en raison de leur jeu rugueux et physique. Cette rivalité atteint son apogée lorsque Detroit élimine Chicago en playoffs trois années de suite (1988, 1989, 1990).
Les duels Bulls-Pistons, particulièrement intenses et âpres, ont durablement marqué l’histoire de la NBA. Au-delà des Pistons, les Bulls ont eu d’autres rivalités notables - notamment avec les New York Knicks dans les années 1990 ou plus récemment avec le Miami Heat - mais l’opposition Chicago vs Detroit reste la rivalité historique emblématique de la franchise.
