En Suisse, le hockey sur glace attire les foules et le championnat est même une référence internationale.
De nombreux Suisses ont suivi le parcours de la Nati, l’équipe nationale de football, lors de la dernière coupe du monde en décembre 2022, mais le ballon rond n’est pas le seul à mobiliser les foules dans le pays.
« Rien de comparable avec l’affluence des stades de foot comme à Bâle ou des Young Boys à Berne, mais le hockey occupe une place importante », estime Jean-Frédéric Debétaz, journaliste sportif pour l’agence de presse Keystone-ATS et créateur de Cold Facts, un podcast dédié à la discipline.
Certaines patinoires comme celles de Zurich ou Fribourg reçoivent plus de 8000 spectateurs les soirs de match. Berne connaît même la plus grande affluence moyenne d’Europe avec près de 17000 supporters par rencontre.
Et la culture hockey rayonne encore davantage hors des grandes villes. L’une des spécialités de ce sport en Suisse, c’est son caractère local, « dans le sens où il y a beaucoup de guerres de clochers, des rivalités fortes entre supporters. »

Un des meilleurs championnats d’Europe
Un des clubs du championnat suisse se fait surnommer « le village d’Astérix ».
Comptant à peine 500 habitants, Ambri-Piotta parvient pourtant à remplir régulièrement sa patinoire de 7000 places.
Le derby du Tessin qui oppose cette équipe à celle de Lugano se tient souvent dans une ambiance survoltée.
« C’est un peu la ville contre le petit village, ils se répondent à travers leurs chants respectifs, se traitant de paysans d’un côté, riches citadins de l’autre », rigole Jean-Frédéric Debétaz.
Si le hockey passionne tant en Suisse, le niveau de jeu y est pour beaucoup. La National League, le championnat qui voit chaque saison s’affronter les 14 équipes de l’élite, est considérée comme une des meilleures d’Europe.
En dépit d’une règle empêchant les équipes de compter plus de 10 joueurs étrangers dans leur effectif, le championnat suisse constitue une destination de choix pour de nombreux hockeyeurs d’envergure internationale.
Les amateurs de hockey reconnaîtront les noms des Canadiens Joe Thorton et John Tavares ou du Suédois Henrick Zetterberg. Des joueurs qui ont effectué un passage par la Suisse au détour de leur grande carrière dans la prestigieuse ligue nord-américaine, la NHL.
Des noms également entrés dans la légende : le trio russe Krutov, Makarov, Larionov ont formé une ligne d’attaquant surnommée la ‘‘KLM’ qui a mené l’URSS à 2 titres olympiques. Tous trois ont joué dans le championnat suisse.
La qualité de vie a aussi de quoi convaincre certains joueurs. Le championnat suisse apparaît idéal pour se faire une place dans le hockey, « et aussi de l’argent », sourit Jean-Frédéric Debétaz, alors que le salaire ne semble pas toujours garanti à la fin du mois dans les conditions plus sulfureuses de la KHL, le championnat russe aussi réputé pour son haut niveau.
« En Suisse, comme le pays est petit, on a tendance à dire que vous dormez chez vous tous les soirs », ajoute le journaliste sportif. A l’inverse, les joueurs des championnats russe ou américain sont amenés à traverser plusieurs fuseaux horaires pour aller disputer une rencontre.
Joueurs Suisses Remarquables
La Suisse a notamment convaincu le Français très en vogue Alexandre Le Texier pour se rapprocher de sa famille, dans une phase difficile de sa carrière.
Cristobal Huet
Formé à Grenoble, Cristobal Huet s'est ensuite imposé dans le Championnat suisse à Lugano.
C'est là que les Los Angeles Kings sont allés chercher le gardien français en 2001. Un an plus tard, Huet disputait son premier match de NHL.
Après deux saisons en Californie, il est ensuite transféré aux fameux Canadiens de Montréal (25 fois champion) où il fait immédiatement parler son talent : une première année avec des statistiques impressionnantes (2,20 buts/match ; 92,9 % d'arrêts), une deuxième où il devient all-star.
Passé quelques mois par Washington, Cristobal Huet a ensuite joué aux Chicago Blackhawks. Avec la franchise de la « Windy City », il est champion en 2010 mais sans disputer les play-offs.
Sa carrière nord-américaine prend alors fin. Huet retourne en Suisse à Fribourg puis Lausanne jusqu'en 2018, où il a pris sa retraite.
Philippe Bozon
Philippe Bozon est le premier Français issu de la formation hexagonale à avoir évolué en NHL.
L'actuel entraîneur de l'équipe de France, attaquant de son état, a d'abord écumé les clubs montagnards (Megève, Mont-Blanc, Grenoble, Chamonix).
Dans sa jeunesse, il avait tâté du hockey nord-américain, en jouant dans la Ligue junior du Québec puis en signant un contrat NHL avec les St Louis Blues en 1985, mais il ne joua pas avec eux.
Après la belle aventure des Jeux Olympiques d'Albertville en 1992 (la France avait atteint les quarts de finale), Bozon a de nouveau tapé dans l'oeil des Blues.
Il y est resté un peu plus de deux ans, pour un total de 16 buts et 41 points. Philippe Bozon a ensuite joué en Suisse et en Allemagne avec bonheur pendant dix ans.
Andres Ambühl
L'attaquant suisse Andres Ambühl (39 ans) est un grand nom du hockey sur glace. Le capitaine de Davos participe pour la 18e fois à un championnat du monde et bat ainsi son propre record.
"Je veux toujours gagner, je n'ai pas encore ramené l'or", explique le vice-champion du monde 2013. "C'est ma maison, elle représente beaucoup pour moi et j'aime toujours y retourner".
Vous avez connu beaucoup de succès et de saisons réussies.
Il y a dix-huit ans, les stars Joe Thornton, Rick Nash et Martin St. Louis ont joué avec vous en raison du lock-out en NHL.
C'était une époque formidable, Joe était dans la fleur de l'âge, Rick n'avait que 20 ans mais il était déjà une grande star. Le lock-out a rendu la ligue bien meilleure et c'était génial sur et en dehors de la glace. Nous avons connu une excellente saison, nous avons dominé toute la compétition et la Coupe Spengler.
Votre armoire est remplie de trophées, vous avez remporté six fois le championnat de Suisse ! Que représentent-ils pour vous ?
Je les garde tous chez mes parents. Peut-être qu'un jour, quand j'aurai fini, j'en ferai une vitrine, un endroit spécial. Ce sont surtout des souvenirs de bons moments et de gens formidables qui m'entourent.
On rêve toujours des plus grandes victoires, je n'ai pas encore ramené l'or des Championnats du monde. Et moi, personnellement ? Je veux toujours gagner, ça ne change pas.
Je pense que c'est principalement dû à la formation. Notre travail avec les jeunes s'est amélioré, nous avons beaucoup de joueurs qui partent en Amérique du Nord ou en Scandinavie. Le hockey s'est répandu dans d'autres pays, les petits pays ont rattrapé l'élite.
Même pour moi, il est difficile de gagner une place. Mais c'est un grand défi et une motivation pour toute la saison. Et si j'y parviens, je suis ravi. Tout le monde n'a pas cette chance."
La Suisse à la Coupe du monde = Andres Ambühl. Aimez-vous être un leader et un mentor pour les jeunes joueurs ?
Certainement, j'ai grandi dans cette position. D'un autre côté, quand j'étais jeune, j'aimais apprendre des joueurs expérimentés. Je les regardais, je les admirais.
Alexandre Texier
Pour une entrée en matière, ce fut réussi. Alexandre Texier a débuté en NHL, en toute fin de saison régulière 2018-2019, avec Columbus : deux matches et un but. En play-offs, l'attaquant français a ensuite aidé à éliminer d'entrée Tampa Bay, le n°1 de la saison, en marquant un doublé lors du match 3 de la série.
Formé à Grenoble et premier joueur évoluant en ligue Magnus à être drafté, Texier avait ensuite rejoint le Championnat de Finlande et l'équipe de KalPa.
Il y passe deux saisons à se former au plus haut niveau, gagne en 2018 la Spengler Cup avant de finir en trombe la saison aux États-Unis : AHL puis les play-offs de NHL.
Il y a deux ans, il était parti sur de très bonnes bases avec Columbus (11 buts et 20 points en 36 matches). Mais une blessure et des problèmes personnels ont entraîné sa fin de saison.
Alexandre Texier est ensuite rentré un an en Europe. Revenu cette saison à Columbus, il forme avec Bellemare et désormais Pierrick Dubé le trio tricolore de la NHL.
Derek Parker cheapshots Patrick Bordeleau after having fight turned down, Feb 3rd 2023
Les Infrastructures Sportives en Suisse
En termes d'organisation et de soutien, la Suisse possède des infrastructures sportives modernes et des installations de pointe, ce qui en fait un lieu attrayant pour les événements sportifs internationaux.
Le pays a également une tradition d'accueil d'événements prestigieux, tels que le Geneva Open en tennis ou les compétitions de ski alpin à Saint-Moritz.
L'univers du sport professionnel suisse est ainsi caractérisé par son excellence dans plusieurs disciplines, son engagement envers l'organisation d'événements sportifs de haut niveau et la passion constante des Suisses pour une variété de sports.
