Ils sont dix-neuf. Un record ! Dix-neuf joueurs Français à être présents dans une franchise NBA cette saison. Le championnat nord-américain a repris il y a un mois, le 22 octobre dernier. Certains Tricolores ont déjà eu l’occasion de flamber sur les parquets, quand d’autres ont un peu plus de difficultés à briller. Et pour quelques-uns d’entre eux, le temps de jeu est famélique.
Voici un aperçu des performances des joueurs français en NBA :
Victor Wembanyama : Le Fer de Lance des Spurs
Victor Wembanyama est le fer de lance du contingent français en NBA. Tous les regards sont braqués sur celui qui a été choisi en premier lors de la draft 2023 par les San Antonio Spurs. Il ne réalise pas qu'un début de saison magistral au niveau statistique avec San Antonio. Avant leur duel la nuit prochaine contre les LA Lakers, les Spurs pointent à la deuxième place de la conférence Ouest (5-1) juste derrière le champion en titre Oklahoma City (8-0).
L'ailier/pivot des San Antonio Spurs Victor Wembanyama (1) réagit à une action contre les New Orleans Pelicans lors de la deuxième mi-temps au Smoothie King Center de La Nouvelle-Orléans. La nuit dernière, le Français a encore frappé fort avec 9 contres lors de la victoire des Spurs contre New Orleans. Une statistique qui confirme sa domination dans la protection du cercle.
À 2m24, le Français ne se contente pas de sa stature imposante. Il anticipe, se déplace et ajuste ses positions avec une fluidité rare, transformant chaque possession adverse en véritable cauchemar. À 2m24, le Français ne se contente pas de sa stature imposante. Il anticipe, se déplace et ajuste ses positions avec une fluidité rare, transformant chaque possession adverse en véritable cauchemar.
Si Wembanyama maintient ce niveau, il pourrait viser le record d’Hakeem Olajuwon et ses 3 830 contres, un exploit que personne n’a jamais réellement approché.
Après avoir été écarté des parquets pendant huit mois en raison d’une thrombose à l’épaule, « Wemby » a réalisé un début de saison monstre, avec :
- 26,2 points en moyenne par match,
- 12,9 rebonds
- 50,2 % au tir.
Il a également une grande force de dissuasion pour ses adversaires, fort de ses 2,24 m, et compte 3,6 contres par match.

Victor Wembanyama (26,7 points, 13,7 rebonds, 4,7 contres par match), lui, fait montre d'une influence inédite tant sur le terrain que sur les réseaux sociaux, comme l'a relevé, nombres à l'appui, un communiqué de presse de la NBA diffusé mercredi.
Voilà quatre chiffres compilés par la ligue nord-américaine au sujet de l'intérieur français de 21 ans.
- Victor Wembanyama a été le joueur le plus rapide de l'histoire de la NBA à atteindre le seuil du milliard de vues et d'« engagement » sur les réseaux sociaux et audiovisuels de la ligue. Sur son application officielle, il est le joueur le plus suivi.
- 227 En millions, le nombre de vues pour les contenus ayant pour sujet le gamin du Chesnay depuis le début de saison. Aucun autre joueur, même ses deux premiers poursuivants LeBron James et Stephen Curry, ne dépasse les 200. L'ancien Nanterrien est logiquement également le joueur générant le plus d'intérêt sur les plateformes européennes de la NBA (plus de 5 millions de vues sur la première semaine). Plus surprenant, cela est également le cas sur le marché asiatique.
- 2,49 En millions, le nombre de téléspectateurs pour le match d'ouverture des San Antonio Spurs, une victoire contre le Dallas du numéro 1 de la draft Cooper Flagg (125-92) lors du 2e jour de la saison régulière. C'est 63 % de mieux que l'affiche similaire de l'année passée sur ESPN. La rencontre fut en outre la plus scrutée depuis le premier match de Wemby, en 2023.
- 40-15 Wembanyama est le plus jeune joueur de l'histoire à avoir compilé au moins 40 points et 15 rebonds dans le premier match d'une saison, dépassant le record de points pour un Spur de San Antonio, jusqu'ici détenu par George Gervin. Aucun joueur n'avait par ailleurs totalisé avant lui plus de 100 points et 15 contres lors des trois premiers matches d'un exercice.
Alexandre Sarr : Une Étoile Montante à Washington
Numéro 2 de la draft en 2024, Alexandre Sarr réalise un beau début de saison dans le marasme washingtonien.
La franchise de la capitale ne compte qu’une victoire pour douze défaites, mais le pivot tire son épingle du jeu. En 13 matches joués, il compte 18,3 points en 29 minutes, avec 8,2 rebonds et 3,6 passes décisives.

Alexandre Sarr, ici au dunk, surnage dans une équipe de Washington déjà promise aux dernières places de la conférence Est.
Rudy Gobert : Un Pilier de la Défense à Minnesota
Autre défenseur bien connu en NBA, Rudy Gobert est bien lancé dans cette saison. Quatre fois défenseur de l’année, il a connu un exercice 2024-2025 plus compliqué, mais l’ancien des Utah Jazz montre un bon rendement.
Au sein d’une franchise de Minnesota qui reste sur deux finales de conférence à l’Ouest, le Français cumule 10,7 points en 31,4 minutes jouées. Surtout, il compte 9,6 rebonds, et se montre efficace en attaque, avec 76,2 % de réussite au tir.
Autres Joueurs Français et Leurs Performances
Bilal Coulibaly est revenu de l’Euro blessé et a manqué le début de saison avec les Washington Wizards. Ainsi, il n’a pu jouer que cinq matches mais est revenu avec des intentions prometteuses. Avec 9,6 points sur les 24,6 minutes qu’il joue en moyenne, il cumule également 4,4 rebonds, et 3,4 passes, avec une adresse qui peut s’améliorer, à 36,4 %.
À Atlanta, le début de saison est plutôt bon, avec neuf victoires pour six défaites, et ce en l’absence de Trae Young, blessé depuis fin octobre. Zaccharie Risacher, lui, a entamé sa saison sophomore (deuxième année) dans la lignée de son année rookie. Titulaire au sein de l’effectif des Hawks, il cumule 12,9 points en 24,8 minutes. Son adresse est en hausse par rapport à l’an dernier, avec 47,7 % de réussite (45,8 % l’an dernier).

Zaccharie Risacher monte en puissance dans un effectif d’Atlanta privé, pour l’heure, de son leader, Trae Young.
Moussa Diabaté bénéficie d’un bon temps de jeu à Charlotte, avec 22,8 minutes en moyenne. Avec 10,3 points et 67,9 % de réussite au tir, il réalise un bon début de saison, et ajoute à ses stats 7,9 rebonds en moyenne par match. Intéressant dans un effectif de Hornets à la peine dans la conférence Est, avec seulement quatre victoires.
Tout va très bien à Oklahoma City. Champion en titre, le Thunder réalise un début de saison sur la lancée de l’exercice précédent, écrasant tout sur son passage, avec quatorze victoires pour une seule défaite. Dans cet effectif bien huilé, Ousmane Dieng peut bénéficier d’un temps de jeu intéressant, avec 11,3 minutes jouées en moyenne sur les douze matches auxquels il a pris part. Reste à confirmer dans les stats, avec 2,4 points inscrits et 1,8 rebond.
Si tout va bien dans l’Oklahoma, en Californie, deux franchises sont dans le dur. Sacramento, pour commencer. Arrivé chez les Kings cet été via la draft, Maxime Raynaud dispose d’un peu de temps de jeu, avec 12,3 minutes en six matches. S’il compte 4,3 points en moyenne, il cumule 3,7 rebonds. Un bilan plutôt encourageant mais qui peut s’améliorer dans une équipe où il pourrait augmenter son temps de jeu au vu du niveau actuel.
Plus au sud, à Los Angeles, les Clippers sont également en difficulté. Dans cette configuration, Nicolas Batum offre quelques garanties. Le vétéran tricolore est une valeur sûre en sortie de banc, dans son rôle de couteau suisse : 4,2 points en 17,9 minutes avec 33,3 % de réussite. En défense, il cumule 2,9 rebonds.

Nicolas Batum (à gauche), ici face à Paul George lors de la défaite des Los Angeles Clippers face à Philadelphie.
Si Moussa Diabaté est en forme à Charlotte, Tidjane Salaün est un ton en dessous son coéquipier. Il s’affiche, pour l’heure, avec des stats inférieures à celle de l’an dernier, avec 11,9 minutes sur sept matches joués, et compte 3,1 points et 3,6 rebonds en moyenne. Cela reste toutefois encourageant.
De son côté, Noah Penda vit sa première saison en NBA. À Orlando, il a un temps de jeu réduit à 6,7 minutes en sept matches. Mais il a tout de même pris le soin d’inscrire 2,4 points et de capter 1,9 rebond.
Enfin, à Portland, Sidy Cissoko peut se montrer un peu. Avec une présence lors de neuf matches, et 13 minutes disputées en moyenne, son temps de jeu est intéressant. Ses stats le sont également, avec 40,9 % de réussite au tir, et trois points inscrits en moyenne.
C’est sans doute le Français dont les résultats ne répondent pas, pour l’heure, aux attentes. Guerschon Yabusele est arrivé chez des New York Knicks qui visent le titre cette saison. Porté par une belle saison à Philadelphie, le capitaine des Bleus lors du dernier Euro peine à retrouver son rendement, et à s’intégrer dans les rotations new-yorkaises. Seulement 9,7 minutes en moyenne sur les 12 matches auxquels il a pris part, avec une réussite en berne : 2,5 points, 32,3 % (31,8 % à trois points).
« Il y a un peu de frustration, concédait Olivier Mazet, son agent, sur RMC . Guerschon est un peu arrivé à contre-temps à New York car il a terminé avec l’équipe de France de manière un peu prématurée […].

Nolan Traoré a eu quelques petites minutes avec Brooklyn.
Non loin de Manhattan, de l’autre côté de l’East River, Nolan Traoré n’a eu que quatre matches pour se montrer avec une équipe de Brooklyn à la peine, faisant également quelques apparitions en G-League, l’antichambre de la NBA. Il a inscrit 1,8 point en 8,8 minutes jouées en moyenne, avec une adresse absente, à 22,2 %.
Huit minutes, c’est plus que la moyenne octroyée à Rayan Rupert à Portland. L’ancien joueur du Mans compte 6,1 minutes en moyenne sur les huit rencontres où son nom apparaît sur la feuille de stats.
Enfin, quatre Tricolores ne sont pas en difficulté pour la simple et bonne raison que leur temps de jeu est famélique. Joan Beringer, drafté cet été à Minnesota, pâtit de la concurrence aux postes intérieurs, avec Rudy Gobert, Julius Randle et Naz Reid. Ainsi, Il compte 4,1 minutes avec 2 points de moyenne et 1,3 rebond.

Joan Beringer, ici au contre face à Jaden Hardy lors d’un match face à Dallas, doit composer avec une forte concurrence sur les postes intérieurs à Minnesota.
À New York, la rotation est un peu plus ouverte que l’an dernier, mais Pacôme Dadiet et Mohamed Diawara ne disposent pas pour autant d’un temps de jeu fourni. Le premier, rookie l’an dernier, est habitué à jouer des petits bouts de matches, et continue sur ce rythme avec 2,8 minutes en moyenne sur les cinq rencontres lors desquelles il est apparu. Avec 0,8 point à 25 % au tir et 0,6 rebond, il peut clairement mieux faire.
Enfin, pour Noa Essengué, drafté par Chicago, c’est encore plus compliqué, puisqu’il n’a pas été utilisé du tout depuis le début de la saison par des Bulls qui carburent et surprennent.
Victor Wembanyama doit-il écraser la NBA dès cette saison ?
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