Attention, on va parler ici de (très) gros sous. Le joueur de base-ball dominicain Juan Soto est inconnu en France. Il joue « champ extérieur » dans ce sport que la majorité des Français ne comprennent pas. Aux États-Unis, il est une star de la MLB, la ligue majeure de base-ball, l’équivalent de la NBA pour ce sport national outre-Atlantique.
Dimanche, l'Amérique s'est endormie avec des chiffres astronomiques dans la tête, en ayant appris que Juan Soto, l'une des stars des New York Yankees, avait accepté de s'engager avec les Mets, l'autre franchise new-yorkaise, pour 15 ans et 765 millions de dollars. De quoi impressionner (effrayer ?) le néophyte, moins le spécialiste de baseball.
Un contrat record pour Juan Soto
Ces dernières heures, Juan Soto a signé le plus gros contrat de l’histoire du sport. Pour passer des New York Yankees aux New York Mets et franchir les quelques miles qui séparent les deux franchises new-yorkaises, le Dominicain a signé un bail de 15 ans moyennant la coquette somme de 765 millions de dollars, ce qui équivaut à peu de chose près à un montant équivalent en euros.
Néanmoins, dans toute l’histoire du sport, personne n’a jamais signé un contrat sur une aussi longue durée avec autant d’argent. Le précédent record était tout neuf et concernait déjà le base-ball. L’an dernier, Shohei Ohtani avait signé un contrat de 10 ans moyennant un acompte de 700 millions de dollars percevable à la fin du contrat avec les Los Angeles Dodgers.
Sur la durée, le record est aussi battu. Il était détenu par un autre joueur de base-ball, Fernando Tatis, qui avait dit OK à un bail de 14 ans et 340 millions avec les Padres de San Diego au début de la décennie.
Cela signifie que le garçon est à l’abri du besoin jusqu’en 2040, peu importent les aléas susceptibles de survenir dans sa carrière. S’il se blesse et doit mettre un terme prématurément à son aventure, il touchera la même somme. C’est une des particularités du base-ball aux États-Unis.
765 millions, c’est énorme et abstrait. Cela équivaut à un salaire de 51 millions par an, soit grosso modo 140 000 euros par jour de sa vie durant les 15 prochaines années. La somme pourrait monter en outre à 805 M$ au final pour tenir compte de l’inflation car le contrat signé prévoit une augmentation annuelle moyenne de 4 millions d’euros.
Au cas où les Mets ne respectent pas ce deal, le Dominicain pourra mettre fin au contrat en 2029 pour aller monnayer ses talents ailleurs. Et si cela ne suffisait pas, les médias américains rapportent qu’à la signature, Soto a déjà reçu une prime de 75 millions de dollars. Pour la petite histoire, son salaire avec les Yankees était de 31 millions de dollars par saison.
Avec de tels revenus, Soto ne touchera pas l’équivalent par an des plus grandes fortunes du sport mondial. Ronaldo avec ses 260M$ gagnés en 2024 en Arabie saoudite reste sur une autre planète.

Les détails du contrat de Juan Soto
| Aspect du Contrat | Détails |
|---|---|
| Durée | 15 ans |
| Montant Total | 765 millions de dollars |
| Salaire Annuel Moyen | 51 millions de dollars |
| Prime à la Signature | 75 millions de dollars |
| Possibilité de Départ | En 2029 |
Le parcours de Juan Soto
Juan Soto est âgé de 26 ans. Il n’en avait que 19 quand il a commencé en MLB à Washington. Il a contribué, dès son arrivée, à la conquête de la Série mondiale en 2019. Il avait refusé un contrat de 15 ans et 440 millions de la franchise en 2022.
Il y a un, le prodige japonais Shohei Ohtani, capable de frapper et de lancer à très haut niveau, avait rejoint les Los Angeles Dodgers pour 10 ans et 700 millions.
Les Mets ont sorti le carnet de chèques pour s'offrir le joueur le plus convoité de l'intersaison. Cette année, Soto a brillé avec les Yankees, franchise mythique de la MLB (27 fois championne depuis 1923), aidant ces derniers à atteindre les World Series - la finale du Championnat - pour la première fois depuis 15 ans (défaite contre... les Dodgers d'Ohtani).
Oui, mais voilà, Juan Soto n'avait signé que pour une saison et s'est donc retrouvé sur le marché des transferts en novembre. Tout le monde se l'est arraché. Les Yankees voulaient le conserver bien sûr. Ils auraient proposé 760 millions sur 16 ans. Les Boston Red Sox, autre équipe mythique (premier titre en 1912, mais surtout connue pour une longue attente de victoire aux World Series entre 1918 et 2004) aussi. Et les Dodgers, décidément pas rassasiés. Des franchises au budget plus modeste comme Kansas City et Tampa Bay ont également tenté leur chance.
Soto a donc préféré les New York Mets, au palmarès moins clinquant (deux titres seulement en 1969 et 1986) mais qui sortent d'une belle saison qui les a vus atteindre la finale de ligue (il y a deux ligues en MLB et non deux conférences comme en NBA, NFL et NHL) et qui possèdent un effectif homogène, avec entre autres le shortstop Francisco Lindor, finaliste dans la course au MVP le mois dernier.
À la différence de Shohei Ohtani, qui a accepté que 97 % de son salaire lui soit réglé ultérieurement, permettant ainsi aux Los Angeles Dodgers de continuer de recruter de grands joueurs, Soto n'aura, lui, pas de paiement différé. Il prendrait 51 millions de dollars par an. Parmi les clauses de son contrat, il lui serait possible de partir au bout de cinq années. S'il choisissait de rester, il recevrait alors quatre millions de dollars supplémentaires par an. On a également évoqué une prime à la signature de 75 millions.
En recrutant Soto, les Mets ont mis la main sur un des meilleurs frappeurs du Championnat. Pas extraordinaire en défense, pas très rapide à la course, le joueur de République dominicaine - petit pays mais grand producteur en termes de baseball avec 915 joueurs passés en MLB - est en revanche impressionnant batte en main. Juan Soto est puissant et enquille les homeruns, cette frappe qui sort des cadres du terrain. Cette saison, il en a réussi 41, son record personnel.
Il est également régulier au niveau de ses frappes. Enfin, c'est un joueur patient, qui lit chaque lancer et attend le bon moment pour frapper. Le tout saupoudré du « Soto Shuffle », une petite gestuelle qu'il a créée après chaque lancer, jambes fléchies, bassin en mouvement, d'abord pour marquer sa confiance mais aussi pour rentrer dans la tête du lanceur adverse.
Juan Soto n'a que 26 ans. Il a été un petit prodige, étant signé à l'âge de 16 ans par les Washington Nationals et débutant en pro trois ans plus tard en 2018. Sa première frappe réussie fut un homerun. En 2019, Soto a aidé les « Nats » à remporter les World Series pour la première fois. L'année suivante, il fut le meilleur batteur de la saison. Washington ne renouant pas avec le succès, le Dominicain a rejoint les San Diego Padres en 2022 puis les New York Yankees cette année.
C'est bien évidemment un abonné au All-Star Game et il a fini troisième cette saison pour le titre de MVP de la Ligue américaine. Pas un joueur aussi complet qu'Ohtani, mais une star authentique. Les matches contre les New York Yankees, où évolue un autre joyau et autre grand frappeur de la MLB, Aaron Judge (58 homeruns cette saison), s'annoncent spectaculaires.
L'influence des joueurs d'outre-mer sur le football français
Marius Trésor, Lilian Thuram, Thierry Henry, Dimitri Payet, Marama Vahirua, Vikash Dhorasoo… Ce ne sont que quelques exemples de joueurs nés ou originaires d’outre-mer ayant fait les beaux jours de leurs clubs ou de l’équipe de France. Quels auraient été les résultats de l’équipe de France de football et même de certains clubs européens s’ils n’avaient pas possédé dans leurs rangs de joueurs issus des territoires ultramarins ?
Qualités athlétiques, endurance, volonté… En football comme dans d’autres sports collectifs et individuels, la France doit beaucoup à ces athlètes natifs ou originaires des Antilles, de l’océan Indien et de Polynésie.
Du côté des Caraïbes et de la Guadeloupe, qui chez les quinquas et les plus âgés a oublié Marius Trésor, natif de Sainte-Anne. Défenseur hors pair, chaussettes toujours baissées, il a joué à l’Olympique de Marseille, connu 66 sélections chez les Bleus et était de l’aventure de l’équipe de France en Espagne lors de la Coupe du Monde 1982, capitaine et héros malheureux de la demi-finale contre l’Allemagne malgré un but superbe sur une reprise de volée.
Plus près de nous, l’archipel guadeloupéen a donné d’autres joueurs qui ont laissé leur empreinte de manière indélébile dans l’histoire du ballon rond français. Le plus célèbre est sans doute Lilian Thuram. A genoux sur la pelouse du Stade de France, doigt posé sur la bouche en signe d’incrédulité, l’image du défenseur natif de Pointe-à-Pitre venant de marquer son deuxième but contre la Croatie lors de la demi-finale de la Coupe du monde 1998 en France, est restée gravée dans les mémoires. Rappelons que Thuram, qui avait grandi à Anse-Bertrand, une commune du nord de Grande-Terre, avait remplacé en équipe de France, au même poste d’arrière droit, Jocelyn Angloma. Né en 1965 aux Abymes, Angloma a été de l’aventure de l’OM en 1993 lors du sacre européen (trente ans déjà !) et compte 37 sélections en équipe de France.
Reprenons la marche en avant et parlons de… Thierry Henry. Comment ne pas applaudir devant les 362 buts inscrits en clubs et les 51 « plantés » en équipe de France de l’attaquant et ailier gauche d’origine guadeloupéenne… et martiniquaise ? Recordman absolu des buts inscrits sous les couleurs de la prestigieuse équipe d’Arsenal, Thierry Henry doit ses origines à son père, natif de La Désirade et à sa mère, née en Martinique.
Les supporters français se souviennent aussi de deux autres footballeurs d’ascendance guadeloupéenne : l’attaquant Sylvain Wiltord et l’intraitable défenseur William Gallas. Toujours en activité, trois autres joueurs internationaux, ont des racines sur l’île Papillon : Alexandre Lacazette (Arsenal, Lyon) ; Kingsley Coman (Bayern de Munich) ; Thomas Lemar (Atlético de Madrid).
La Martinique a peut-être été moins prolifique en champions… mais elle possède tout de même ses vedettes. Parmi les anciennes gloires, impossible de mettre de côté Gérard Janvion. Le célèbre défenseur de l’AS Saint-Etienne et de l’équipe de France des années 1970-1980 a tapé au ballon, gamin, sur les plages de Case Pilote, au nord de Fort-de-France. Il connaîtra 40 sélections en équipe nationale, participera avec Marius Trésor à la Coupe du Monde de football en 1982 en Espagne et restera fidèle pendant plus de 10 ans aux « verts », y jouant près de 400 matchs.
Parmi les autres stars (ou enfants terribles !) du football, il y a bien sûr Nicolas Anelka. Celui que des médias anglais avaient surnommé « the incredible sulk » (l’incroyable boudeur), en raison de son caractère supposé entier et irascible, est originaire de Martinique par ses parents, arrivés en métropole en 1974, cinq ans avant sa naissance. Il totalise 31 sélections en équipe de France. Autre grand footballeur de filiation martiniquaise : Eric Abidal.
Encore en activité, Anthony Martial et Raphaël Varane ont aussi du sang martiniquais dans les veines. Le premier, international A, évolue à Manchester United, tout comme le second, de père martiniquais.
Quittons les Caraïbes pour prendre la direction de l’Océan Indien et de la Polynésie. Ces îles lointaines ont aussi engendré des footballeurs de très haut niveau. Si l’on parle de l’Île de la Réunion, nul doute que les fans de l’Olympique de Marseille vont citer le nom de Dimitri Payet ! Né sur la commune de Saint-Pierre, au sud de l’île, il joue enfant à Saint-Philippe et s’envole pour le centre de formation du Havre, à seulement 12 ans. L’expérience n’étant pas concluante, il retourne à La Réunion quatre ans plus tard avant de repartir en métropole l’année suivante, cette fois au FC Nantes.
Reste l’île voisine et le cas Vikash Dhorasoo ! Ses deux parents sont nés à l’Île Maurice, mais lui a grandi au Havre (son père était employé aux chantiers navals). Au cours de sa carrière de footballeur, il s’est illustré au Havre, à Lyon, à Bordeaux, au Milan AC et à Paris.
Parlons enfin de la Polynésie et « des » Vahirua. Pascal a fait les beaux jours de l’AJ Auxerre dans les années 1985-1995. L’ailier gauche natif de Papetee a joué aussi à Caen et a connu les honneurs de l’équipe de France à 22 reprises. Marama, lui, a trainé sa bonne bouille d’éternel adolescent de Nantes à Monaco, en passant par Nice, Lorient et Nancy. Qui parmi les fans des années 2000 a oublié sa célébration de but unique en son genre, avec un double geste de rameur ?

Un prêtre dominicain issu du football
« Dans un certain sens, ton expérience d’athlète a aidé à te préparer pour ce moment. Tu as appris le sens de travailler dur pour atteindre un but, et maintenant le but c’est le Christ. » Mgr Joseph Augustine Di Noia a ordonné, samedi 8 juillet à Dublin, un prêtre au passé peu commun. Philip Mulryne, est en effet entré dans l’ordre des dominicains, après une carrière de footballeur international.
Sa carrière de footballeur a débuté dans une petite paroisse de Belfast, comme membre de l’équipe de foot. C’est là qu’il est repéré par un agent de Manchester United avant d’être invité en Angleterre pour un essai, à l’âge de 14 ans. Le garçon impressionne et signe avec le club un contrat d’écolier de deux ans.
Durant cette période il joue notamment cinq fois avec la première équipe du club avant d’être transféré au Norwich City Football Club en 1999. C’est contre la Belgique, en 1997, que Philip Mulryne fait ses débuts dans l’équipe d’Irlande du Nord. Il y jouera 27 fois. Mais en 2008, à la suite d’une grave blessure, il décide de mettre fin à sa carrière de footballeur.
L’ex-sportif de haut niveau se consacre alors aux œuvres de charité. Il fait la rencontre de Mgr Noel Treanor, évêque de Down and Connor, en Irlande du Nord, qui joue un rôle important dans sa nouvelle vocation. Tant et si bien qu’en 2009, l’ancien international de football entre au séminaire diocésain de Saint-Malachie, à Belfast.
« L’une des principales raisons pour laquelle j’ai décidé d’entrer dans la vie religieuse est le don total à Dieu à travers les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance », expliquait-il en 2013. Philipe Mulryne avait rejoint le noviciat dominicain de Cork, en Irlande, en 2012. Quatre ans plus tard, il s’engage définitivement par la profession solennelle. L’ancien footballeur est alors devenu pleinement dominicain, le voilà maintenant tout jeune prêtre. Il a célébré lundi 10 juillet sa première messe à Belfast, en Irlande du Nord.
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