Joueurs de Rugby Suspendus pour Dopage ou Fautes Graves : Une Analyse Approfondie

Le monde du rugby, comme tout sport de haut niveau, est confronté à des problèmes de dopage et de fautes graves. Ces incidents peuvent avoir des conséquences désastreuses pour la carrière des joueurs et l'image du sport. Examinons de plus près certains cas marquants et les mesures prises pour lutter contre ces fléaux.

Cas de Dopage : Hendré Stassen et Autres Joueurs

Plusieurs affaires de dopage ont secoué le monde du rugby ces dernières années. L'une des plus récentes concerne Hendré Stassen, un troisième-ligne du Stade Français. Dans un communiqué, le Stade français a annoncé vendredi que le troisième-ligne du Stade français Hendré Stassen (21 ans) n'était plus un joueur du club. Stassen était arrivé en France à l'automne 2018.

Le résultat d'une procédure de licenciement lancée à la suite d'un contrôle positif à la testostérone en mai dernier. Stassen a échoué à faire annuler en référé sa suspension provisoire devant le Conseil d'État, qui a rejeté sa demande le 6 septembre. Il attend désormais de passer devant la commission des sanctions de l'AFLD et risque quatre ans de suspension.

Le flanker avait été l'une des révélations de la saison passée dans les rangs stadistes, qu'il avait rejoints en octobre en provenance de la province sud-africaine des Bulls. Il s'était rapidement fait remarquer en interne par des qualités d'endurance impressionnantes. Toujours prompt à se démener inlassablement dans les rucks alors que ses coéquipiers semblaient eux chercher de l'air...

Le 10 juillet dernier, le troisième ligne sud-africain avait été suspendu par l’AFLD (Agence Française de Lutte contre le Dopage) pour un contrôle antidopage inopiné qui s’était révélé positif. Celui-ci avait eu lieu dans le cadre du match de Top 14 opposant le Stade Français à Montpellier.

Les résultats de la contre-expertise sur l’échantillon B, effectuée le 18 juillet 2019 à la demande d’Hendré Stassen, ont été communiqués à ce dernier le 22 juillet 2019 et ont confirmé le résultat du premier échantillon. Stassen, seulement 21 ans ! Le Stade Français a donc décidé d’agir. Et de licencier Hendré Stassen (21 ans). Vendredi 27 septembre, le Stade Français a annoncé le licenciement pour faute grave d'Hendré Stassen. Hendré Stassen n’est plus un joueur du Stade Français. Vendredi 27 septembre 2019, le club parisien a annoncé qu’il avait licencié son troisième ligne pour faute grave.

Deux ans et demi après les faits, Stassen jusque-là ultra-discret, est revenu sur cet épisode au cours d'un long entretien accordé au Midi Olympique. Le joueur, âgé désormais de 24 ans, explique : ''Ce 19 mai 2019, on jouait contre Montpellier. À la quinzième minute, je me suis blessé aux côtes. J'ai quitté le terrain, on m'a administré des anti-inflammatoires mais la douleur était trop forte : j'ai alors été remplacé [...] Après ça, je suis allé me doucher et le team manager du club est venu me voir en me disant : ''On va passer au contrôle anti-dopage, Hendre'' [...] Là, on me donne un flacon, j'ai uriné dedans sans que personne ne me regarde et j'ai laissé le pot dans la pièce, sans surveillance. C'était mon premier contrôle anti-dopage en France et j'ai trouvé le protocole un peu léger, par rapport à ce que j'avais connu en Afrique du Sud...

L'audience se déroule dès lors deux ans après les faits, afin de respecter les différentes demandes de la défense comme l'indiquait l'Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) pour Midi Olympique. Stassen écope alors de 4 ans de suspension, à partir de l'annonce des résultats, soit en 2019. Il ne pourra donc rejouer qu'en juillet 2023.

L'AFDL précise : ''L'analyse de l'échantillon prélevé le 19 mai 2019 a révélé la présence de testostérone d'origine exogène dans les urines de M. Stassen. Il s'agit d'un agent anabolisant figurant dans la liste des substances interdites de l'Agence Mondiale antidopage. Hendre Stassen continue, de clamer haut et fort son innocence. Toujours pour le bi-hebdomadaire, il poursuit : ''Je suis innocent et le clamerai toujours ! Je vais continuer à me battre pour laver mon nom.'' Avant de se justifier : ''Je ne suis pas un dopé, je le jure ! Trois semaines avant ce contrôle positif, le Stade Français m'avait fait un test sanguin et il n'y avait rien de particulier dans mon corps ! Rien ! Mais enfin, comment voulez-vous que moi, qui ne pouvais même pas commander un hamburger à Paris sans faire une faute de français, puisse trouver dans un pays qui n'est pas le mien de tels produits interdits ? [...] Généralement, quand vous avez un contrôle positif, on vous signale le nom du produit incriminé. Aucun produit n'est mentionné dans les résultats de mes analyses ! Aucun !

Stassen indique par ailleurs avoir investi plus de 300 000 euros dans des cabinets d'avocats pour défendre sa version des faits. Avant de poursuivre : ''Le jour du contrôle, mon taux de testostérone a été contrôlé à 94 alors qu'il devait approcher les 12. Or, pour atteindre un tel degré, j'aurai dû prendre des produits spécifiques pendant douze mois avant le test ! C'est impossible ! Je vous rappelle que trois semaines avant, un test réalisé au Stade Français prouvait que j'étais clean ! Je vous ai envoyé les résultats ! Aujourd'hui, Hendre Stassen espère pouvoir être innocenté et affirme continuer de se battre au quotidien pour le prouver. C'est ce rêve-là qui me fait tenir [...] Pour tout vous dire, je reste en contact avec beaucoup de coachs du rugby pro. Ils sont d'ailleurs nombreux à me demander quand se termine ma suspension [...] Des clubs anglais, japonais ainsi que des franchises sud-africaines s'intéressent à moi.

Le Midi Olympique révèle ce vendredi que trois joueurs espoirs faisant partie des clubs du Racing Métro, d'Albi et du club amateur de Vierzon (Fédérale 2), « ont été suspendus à titre conservatoire » après que des contrôles antidopages effectués entre novembre et décembre aient révélé des « résultats anormaux ». Selon le bihebdomadaire, les trois échantillons « portent des traces de terbutaline, un broncho-dilatateur faisant partie de la classe des anabolisants » qui peut-être notamment être utilisé pour soulager des symptômes d'asthme ou de bronchite chronique. S'agit-il ici d'une mauvaise médication ou d'une « erreur de prescription » ? Toujours est-il que les trois joueurs sont amenés à s'expliquer mardi 11 février devant la commission de première instance de lutte antidopage de la FFR. Laquelle pourrait appliquer une sanction pouvant aller de trois à six mois de suspension.

Après Yogane Corréa et Kakhaber Koberidze, contrôlé positif en octobre 2012 à la nandrolone, c'est la troisième fois que le club d'Albi se retrouve mêlé à une affaire de dopage.

La Fédération anglaise de rugby (RFU) a révélé mardi, dans son rapport annuel des activités antidopage, que cinq contrôles ont été positifs sur la période 2017-2018. En effet, Ashley Johnson, international sud-africain évoluant aux Wasps est suspendu pour six mois par la RFU, sans que la substance dopante utilisée ne soit révélée.

Pour Brandon Staples, la sanction est bien plus grave. Le troisième ligne de Yorkshire Carnegie, un club de deuxième division anglaise, a écopé de quatre ans de suspension suite à son contrôle positif à trois stéroïdes en avril 2018. Les trois autres cas sont des rugbymen amateurs, également suspendus pour des durées allant de deux à quatre ans.

Le Dopage en Afrique du Sud : Un Problème Historique

C'est un télescopage qui s'était produit il y a deux ans, déjà, et qu'on ne s'attendait pas à voir ressurgir : l'Afrique du Sud et son rugby confrontés au dopage, pour mieux réveiller une réputation sulfureuse, et ce juste avant un match contre le XV de France, ce samedi (21h10). En 2023, juste avant le quart de finale de Coupe du monde entre les deux équipes, le pays était mis sous pression par l'Agence mondiale antidopage (AMA) pour n'avoir pas encore aligné sa législation sur le code mondial antidopage.

Cette semaine, c'est la convocation dans le groupe springbok d'Asenathi Ntlabakanye, malgré son contrôle positif, en juillet, à une substance spécifiée, qui a suscité la polémique. « C'est dur, pour quelqu'un qui n'a pas encore été reconnu coupable et sur lequel il y a encore une enquête, a temporisé Rassie Erasmus, jeudi. Il n'est pas suspendu et on nous dit qu'il peut jouer. Mais si les gens veulent en faire toute une histoire... »

C'est sans doute que c'en est une, d'histoire, n'en déplaise au sélectionneur des champions du monde. Ces dernières années, quatre internationaux ont été pris par la patrouille : le champion du monde 2019 Elton Jantjies, ainsi qu'Aphiwe Dyantyi, Chiliboy Ralepelle et, enfin, Ntlabakanye.

Le sujet a intéressé Clinton Van der Berg, ancien journaliste qui en a tiré un livre en 2022 : Guns and Needles : A Journey into the Heart of South African Sport's Steroid and Drug Culture (Zebra Press), non traduit (en français, le titre signifie « Des armes à feu et des aiguilles : un voyage au coeur de la culture des stéroïdes et de la drogue dans le sport sud-africain »). « Ce que le livre illustre, explique-t-il, c'est qu'historiquement, le problème de dopage du rugby sud-africain a débuté dans les années 1980, et a atteint son point le plus haut dans les années 1990, surtout avec des stéroïdes. »

« L'Afrique du Sud a été exclue du sport mondial (à cause de l'Apartheid), mais en s'y rouvrant lentement à ce moment-là, elle a adopté les habitudes du reste du monde, dont le dopage, poursuit l'auteur. Mais ces dernières années, la Fédération sud-africaine (SARU) et le SAIDS (l'agence anti dopage sud-africaine) ont vraiment pris des mesures contre le phénomène. Surtout, il y a eu de la sensibilisation et de l'éducation. »

Les rapports d'activité du SAIDS montrent que le rugby est le troisième sport le plus contrôlé en Afrique du Sud, après l'athlétisme et le cyclisme. En 2022 et 2023, environ 400 tests étaient conduits chaque année sur les rugbymen. Mais ce chiffre est tombé à 166 en 2024-2025. « Depuis la révocation du laboratoire de Bloemfontein, on a dû ajuster le nombre de tests pour faire face aux dépenses supplémentaires engendrées par l'envoi des échantillons à l'étranger, à Doha et à Gand, en Belgique », fait savoir Khalid Galant, du SAIDS.

C'est un souci en ce moment pour la lutte antidopage en Afrique du Sud : le seul labo national a perdu son accréditation de l'AMA. Mais le nombre de cas positifs chez les rugbymen en Afrique du Sud n'atteint pas des sommets : 8 en 2022-2023, 4 en 2023-2024, 2 en 2024-2025. Le taux de cas positifs dépasse malgré tout régulièrement les 1 %. Pour point de comparaison, il a été de moins de 1 % en France en 2024 (18 cas positifs pour 2 608 tests dans le rugby tricolore).

Ce qui attire surtout l'attention dans les rapports du SAIDS, qui révèle l'identité des sportifs testés positifs, c'est cette petite ligne qui apparaît parfois : « Personne protégée ». Il révèle en creux qu'il s'agit d'un sportif mineur. Et c'est là l'autre souci du rugby sud-africain vis-à-vis du dopage.

Dopage : le rugby aussi ? Secrets d'Info

« Dans le rugby des lycées, à partir des années 2000, 2010, le problème a été grave, éclaire Van der Berg. Il y a eu beaucoup de tests positifs. L'attention est presque disproportionnée sur le rugby des lycées en Afrique du Sud. C'est très populaire. Il y a des sponsors, ça passe à la télé, c'est un business. Il y a une forme de pression, car il y a de possibles contrats pros au bout. » Moins encadrés, ces jeunes joueurs peuvent céder à la tentation. Les compléments alimentaires sont aussi à l'origine de cas positifs.

Ce fut le cas de Johan Goosen, l'ancien du Racing 92 et de Montpellier, suspendu trois mois en 2010, alors qu'il avait 18 ans et venait d'être élu meilleur joueur de la Craven Week, le grand tournoi national des lycées. Petit à petit, le SAIDS et la SARU ont davantage testé ces jeunes et aussi mis au point des campagnes de sensibilisation. Mais les dérives existent encore : en 2018-2019, six rugbymen mineurs ont été suspendus.

La SAIDS effectue des dépistages lors des rassemblements des Springboks, qui sont autant testés que les autres joueurs du circuit international. « Les cas sont devenus plus rares, et on est surpris chaque fois qu'il y en a un nouveau, insiste Van der Berg.

Vingt-neuf ans après leur sacre historique, une ombre pèse sur les Springboks de 1995. Dans un article publié ce lundi 23 juin par nos confrères de L’Équipe, plusieurs témoignages relancent les soupçons de dopage autour de cette génération dorée mais frappée par une série de tragédies. Depuis 2010, quatre champions du monde sud-africains sont morts de maladies neurodégénératives ou d’une crise cardiaque. Ruben Kruger, Joost van der Westhuizen, James Small, Chester Williams… tous emportés bien trop tôt. Tinus Linee, membre élargi de la sélection, est décédé de la maladie de Charcot en 2014. André Venter, troisième-ligne emblématique, est en fauteuil roulant depuis 2006.

À l’époque, les joueurs suivent une préparation physique d’une intensité extrême, bâtie sur des méthodes inspirées de l’athlétisme nord-américain. Si aucun test antidopage n’avait révélé d’infraction, les témoignages sur l’usage répandu de corticoïdes, de ventoline et d’injections de vitamine B12 - qui peut renforcer les effets de l’EPO - interrogent. Antoine Dupont : "Dopage ! Trois pistes sont évoquées par des experts pour expliquer ces drames : répétition de commotions cérébrales, exposition aux pesticides sur les pelouses, et dopage. Aucun lien de causalité formel n’a été établi. Mais le doute persiste. "Ce n’est pas une malédiction. Ross Tucker, chercheur sud-africain en médecine du sport, juge la série de décès "statistiquement surprenante" mais reconnaît que les preuves scientifiques directes manquent.

Fautes Graves et Autres Incidents : Le Cas de Djibril Camara

Les suspensions ne sont pas toujours liées au dopage. Les fautes graves et autres incidents peuvent également entraîner des sanctions sévères. Placé en garde à vue dans la nuit de samedi à dimanche pour avoir laissé ses enfants errer dans la rue, Djibril Camara fait à nouveau parler de lui alors qu'il a pris sa retraite sportive en 2021. Durant sa carrière, l'ex-international français (4 sélections) a quelques fois fait la une de l'actualité pour des affaires extra-sportives.

Djibril Camara découvre le haut niveau lors de la saison 2007/2008 sous les couleurs du Stade français. Dans la capitale, il devient rapidement un joueur important de l'effecif des Soldats roses, avant d'être fauché en plein élan cinq ans plus tard. Alors qu'il est âgé de 23 ans, Camara est suspendu par l'Agence Française de Lutte Anti-Dopage. Pour avoir cumulé trois "no-shows", soit trois défauts de localisation par un agent de l'AFLD, celui qui était considéré comme un prometteur ailier ou arrière à l'époque est suspendu un an, dont six mois avec sursis. Il sera absent des terrains de juillet à décembre.

En 2015, l'arrière de Stade français soulève le Bouclier de Brennus. Il atteint alors le pic de sa carrière et touche du doigt l'équipe de France. En 2017, il est retenu par Guy Novès pour participer à la tournée d'été avec les Bleus en Afrique du Sud. Problème, il n'a pas pu s'envoler avec le groupe tricolore à cause d'un passeport déchiré. Alors qu'il était en Suisse, il n'a pas pu rejoindre Marcoussis car il s'est vu refuser l'accès à son avion.

L'aventure avec le Stade français - qui a tout de même duré plus de dix ans - ne s'est pas terminée de la plus belle des manières. En effet, en juin 2019, les dirigeants parisiens ont décidé de rompre le contrat de Djibril Camara pour "faute grave". Aucune information n'a filtré sur le motif réel de ce licenciement. Une chose est certaine, des problèmes relationnels entre Heyneke Meyer et l'international français aux 4 sélections existaient.

Après avoir été licencié du Stade français, Djibril Camara rebondit du côté de Bayonne, alors promu en Top 14. Sa première saison au Pays basque est satisfaisante, ce qui ne sera pas le cas de la seconde et dernière. En octobre 2020, l'arrière ou ailier de 31 ans est mis de côté par les direction de l'Aviron Bayonnais. Plusieurs écarts, dont un échange tendu avec un membre du staff bayonnais, ont eu raison de son aventure avec les Ciel et Blanc.

Mesures et Prévention

Face à ces problèmes, les instances du rugby mettent en place des mesures de plus en plus strictes. Cela inclut des contrôles antidopage réguliers, des programmes de sensibilisation et des sanctions sévères pour les joueurs reconnus coupables de dopage ou de fautes graves.

Il faut dire que depuis l'annonce des résultats de l'AFLD, les contrôles se sont multipliés. Tout le monde y est allé de son petit commentaire, notamment Laurent Bénézech, que Provale, syndicat des joueurs, avait attaqué pour diffamation. Encore joueur du Stade français, Felipe Contepomi, membre du Comité des sportifs de l'Agence mondiale antidopage depuis 2012, avait lui demandé à ce qu'on éduque les joueurs « qui prennent des compléments alimentaires et qui ne savent pas ce qu'il y a dedans ».

Surtout, il y a eu de la sensibilisation et de l'éducation. Petit à petit, le SAIDS et la SARU ont davantage testé ces jeunes et aussi mis au point des campagnes de sensibilisation.


Statistiques antidopage en Afrique du Sud
Année Nombre de tests Nombre de cas positifs
2022-2023 Environ 400 8
2023-2024 Non spécifié 4
2024-2025 166 2

tags: #joueur #de #rugby #suspendu