Joueurs de Rugby Français Célèbres des Années 1990

Le rugby est une passion qui unit des millions de personnes en France. Depuis le début du 20e siècle, le rugby français a produit d'innombrables talents qui ont marqué l'histoire du sport, tant au niveau national qu'international. Des légendes du passé aux stars d'aujourd'hui, ces joueurs ont incarné l'esprit du rugby avec leur ténacité, leur talent et leur dévouement.

En 1995, le rugby français a abandonné l’amateurisme. En 2015, son championnat attire les meilleurs joueurs de la planète. Au prix de mutations inquiétantes.

L'âge d'Or du French Flair: Essais Inoubliables 1977-1999

Le Tournant du Professionnalisme

Le 26 août 1995, l’International Rugby Board (IRB) met un terme à l’obligation d’amateurisme et transforme ce sport en métier. « Un changement de culture, un changement de vie, tout simplement », selon Bernard Lapasset, le président actuel de l’IRB, aujourd’hui World Rugby.

« Avant 1995, on gagnait déjà un peu d’argent grâce au rugby, mais ce n’était pas notre activité première, c’était un bonus. On se tapait simplement dans la main avec nos présidents, il n’y avait rien de contractuel, rien d’officialisé, ça fonctionnait plus avec des primes de match », se souvient Emile Ntamack, ancien joueur du XV de France et champion de France cette année-là, avec le Stade toulousain.

En France, la structuration s’est accélérée à l’été 1998 avec la création de la Ligue nationale de rugby (LNR), en charge des championnats professionnels du Top 14 et de Pro D2.

Dans le même temps, Provale s’est constitué pour défendre les intérêts des joueurs, devenus salariés à part entière : « Aujourd’hui, ça va beaucoup plus vite, ça tape plus fort, on s’entraîne beaucoup plus dur », confirme le président du syndicat, Robins Tchale-Watchou, représentant des quelque 900 joueurs pros recensés dans l’Hexagone.

Selon une de nos études, parmi les joueurs interrogés entre 2005 et 2010, à peine 40 % à 45 % auraient un diplôme supérieur au baccalauréat, alors que ceux qui ont été interrogés entre 2000 et 2005 avaient pour 65 % d’entre eux un diplôme de niveau au moins bac + 2. Ces chiffres se révèlent d’autant plus préoccupants dans un climat hyperconcurrentiel qui oblige « au moins une centaine de joueurs » à pointer au chômage chaque année en France.

Le temps de jeu effectif a ainsi doublé depuis les années 1990 pour passer de 20 à 40 minutes sur un match qui dure 80 minutes. « Depuis le début de saison, je suis un zombie, je n’arrive pas à retrouver mon niveau. Il faut savoir dire stop, et là, je suis arrivé au point de rupture », déclaré au micro de ­Canal+, en larmes, le pourtant costaud Mathieu Bastareaud, au sortir de la ­défaite de son club de Toulon face au Stade français , le 28 décembre 2014.

« De fait, un joueur de 90 kilos qui vous arrivait à 20 km/h, c’était moins violent que des “golgoths” de 110 kilos qui vous arrivent dessus à 30 km/h. Ce n’est pas tout à fait le même choc à l’impact », illustre Jean-Marc Lhermet, directeur sportif de l’ASM Clermont et ancien joueur du club auvergnat.

Du moins à en juger par le bilan alarmant de Françoise Lasne : en 2013, dans le cadre d’une commission d’enquête sénatoriale, la directrice du laboratoire de l’Agence française de lutte contre le dopage a parlé du rugby comme du sport qui présentait le taux le plus important de cas positifs par rapport au nombre de contrôles effectués l’année précédente.

En quelques phrases,Laurent Bénézech s’est mis à dos une bonne partie de l’Ovalie française, au point d’être traîné devant les tribunaux pour diffamation, puis relaxé.

Soumis à l’obligation de résultats pour continuer à attirer leurs sponsors, les clubs ont désormais mué en entreprises. Des entreprises qui cherchent à optimiser leurs profits en jouant toujours plus de matchs (d’où la création d’une Coupe d’Europe, dès 1995) dans des stades toujours plus grands, histoire d’attirer encore plus de spectateurs, de sponsors, et de journalistes…

Mandatés par les clubs pour faciliter la signature de tel ou tel joueur, ils sont 82 à travailler cette saison avec une licence de la FFR. « Au départ, on nous regardait un peu comme le diable avec une fourche à la main mais, désormais, peu ou prou, les présidents et les instances nous considèrent comme faisant partie du monde du rugby ou en tout cas de son mécanisme économique », rappelle Miguel Fernandez, directeur associé de la filiale française du groupe d’agents Essentially, qui a notamment œuvré à la venue de Dan Carter au Racing Métro.

Formatage

Depuis quelques années, lui et ses collaborateurs observent l’éclosion d’une nouvelle génération de rugbymen qui n’ont connu le rugby qu’en tant que sport professionnel. « Maintenant, pratiquement 80 % des nouveaux capés en équipe de France sont passés par Marcoussis et les sélections ­nationales de jeunes, reconnaît le sélectionneur de l’équipe de France, Philippe Saint-André. Alors qu’à notre époque plusieurs joueurs arrivaient à réussir au plus haut niveau tout en ne venant pas de ces filières ; il y avait parfois le fermier du coin, l’étudiant, ou encore, comme moi, l’ancien joueur de tennis… »

« Quand je parle avec certains jeunes rugbymen, explique Miguel Fernandez, j’ai parfois le sentiment que certains se “footballisent”. Je suis confronté à des joueurs qui réclament un statut, un salaire, sans pour autant avoir montré une vraie valeur sur le terrain. »Et désormais, comme au football, les entraîneurs doivent s’attendre à prendre la porte avant la fin de la saison : vice-champion de France en 2011, Fabien ­Galthié vient de connaître cette disgrâce avec Montpellier, qui l’a mis à pied le 29 décembre 2014.

Question rétributions, on reste toutefois bien en dessous du football : en moyenne, un footballeur de Ligue 1 perçoit environ 45 000 euros, soit trois fois plus.

Pour l’agent Laurent Laffitte, également membre du groupe Essentially, tout s’explique : « Il y a quand même assez peu de vraies stars dans le rugby, hormis Dan Carter ou Jonny Wilkinson [le demi d’ouverture de Toulon a pris sa retraite à l’été 2014]. Si un joueur de l’équipe de France de rugby va voir un concert, je ne suis pas sûr qu’on le reconnaisse dans la salle… Le rugby est pour l’instant un sport moins universel que le football, il concerne un marché plus petit, donc les salaires restent moindres. En principe, des sommes aussi élevées que celle que touchera Dan Carter, en France, resteront une exception. »

Joueurs Emblématiques de l'Aviron Bayonnais

L’Aviron rentre dans le rang. La génération en or tire sa révérence, laissant place à de nouveaux éléments comme Patrice Lagisquet, Jean Michel Gonzalez et Titou Lamaison qui connaitront une belle carrière. L’Aviron ne passera pas les phases qualificatives en 1990 et 1991, trop juste pour atteindre le palier des huitièmes.

Une nouvelle formule est lancée en 1992 avec accès direct aux seizièmes de finale. Bayonne fait bonne figure dans sa poule de 10, vaincu une seule fois à domicile par Narbonne (12-17) allant gagner chez le champion 1990, le Racing Club de France (16-13). Pour la dernière fois, Bayonne participera à une phase finale du championnat de France qui se terminera de la pire des manières.

A Mont-de-Marsan, les fiers bayonnais affrontent Pau pour le compte des seizièmes. Dans une ambiance festive et ensoleillée, l’Aviron s’impose nettement (33-17) en marquant 2 essais (Lamaison - Lagisquet). Le huitième de Finale à Toulouse semble hors de portée contre Narbonne vainqueur à Saint Léon, puis facilement à domicile. Pourtant, la bande entrainée par le regretté Christian Bélascain triomphe (16-12) à la surprise générale (1 essai de Lagisquet et 4 pénalités de Pouyau).

Le quart de finale à lieu à Tarbes contre un certain Biarritz Olympique mené par son capitaine Serge Blanco. Bayonne avec un essai de Ravier et 1 pénalité et 1 drop de Cazaban, mène 12-4 à la mi-temps. A quelques minutes du terme, l’AB est toujours devant (15-13) quand le petit ailier biarrot Corrihons, tente un drop de 50 mètres en coin qui passe entre les barres.

L’ouvreur Cazaban manquera son drop avant que le sifflet final de l’arbitre ne crucifie les cœurs de tant de supporters bayonnais. Défaite (15-16), le BO passe devant Bayonne, un signe pour l’avenir.

Sorti de la phase qualificative, l’AB participe à cette compétition pour un dénouement finalement heureux. En quart de finale, Bayonne élimine Tarbes (26-14) puis Saint Paul les Dax en demi-finale (32-16). Le Lundi 8 Mai 1995, au stade Barbe d’or de Mont-de-Marsan Bayonne défie la Section Paloise en finale.

L’Aviron s’impose (22-15) sous un temps orageux rendant les esprits agressifs. Un essai d’Altuna et 15 points de Lamaison leur offre ce modeste trophée. Le même Lamaison sur une pénalité, a permis à l’AB de triompher à Aguiléra pour envoyer le BO en division inférieure. Le score de (9-8) reste encore gravé dans les mémoires !

Bayonne participe au Groupe A1 (9ème sur 10) uniquement dans le but de se maintenir, ne pouvant plus rivaliser avec les cadors. Malheureusement, un parcours chaotique à domicile entrainera la chute tant redoutée dans l’échelon inférieur appelé Groupe A2, Elite 2 puis Pro D2.

L’Aviron, depuis son arrivée dans l’élite du rugby français en 1911, le quitte pour la première fois. Le virage du professionnalisme mal négocié, des choix douteux, une certaine malchance également, mettra fin à plusieurs décennies de présence au plus haut niveau.

Bayonne vivra huit saisons de calvaire regardant, impuissant, son voisin biarrot soulever les boucliers par la grâce d’un généreux mécène apportant argent et mercenaires. La saison 1995-96 de triste mémoire enterre un club au passé glorieux.

Les 4 saisons suivantes, l’AB les passera en Groupe A2 (1997 et 1998) puis Elite 2 (1999 et 2000) avec pour seul objectif le maintien parfois acquis de justesse.

Voici quelques figures emblématiques qui ont marqué le rugby français dans les années 1990 :

Joueur Poste Période Faits marquants
Patrice Lagisquet Ailier 1983-1991 46 sélections en équipe de France, Vice-champion du monde en 1987, Vainqueur du tournoi des 5 nations en 1988 et 1989
Jean-Michel Gonzalez Talonneur / Pilier 1994-1996 35 sélections en équipe de France, Vainqueur de la Coupe Latine en 1995
Christophe Lamaison Ouvreur / Centre / Arrière 1996-2001 36 sélections en équipe de France, Grand Chelem en 1997 et 1998, Finaliste de la Coupe du monde en 1999
Abdelatif Benazzi Deuxième ligne 1990-2001 78 sélections en équipe de France, Capitaine du XV de France en 1996 et 1997, Participation aux Coupes du monde 1991, 1995 et 1999
Fabien Galthié Demi de mêlée 1991-2003 64 sélections en équipe de France, Participation à quatre Coupes du monde (1991, 1995, 1999, 2003), Grand Chelem du Tournoi des Six Nations en 2002

Patrice Lagisquet

Il a vu le jour le 4 septembre 1962 à Gujan-Mestras, sur le bassin d’Arcachon. Il débuta au rugby au sein du club local avant de faire ses gammes au CA Bègles Bordeaux. Sa carrière sportive pris définitivement son envol lors de son arrivée à l’Aviron Bayonnais, en 1982. Le club trouva là une véritable « pépite », remplaçant de manière parfaite Pardo, revenu meurtri et quelque peu « banni » de la finale contre Agen. Dès lors, et malgré une relative fragilité physique, Patrice deviendra au fil du temps un exceptionnel attaquant, considéré comme l’un des plus grands trois-quarts aile de l’époque. Il finira sa brillante carrière de joueur au Biarritz Olympique avant d’en devenir l’entraîneur des lignes arrières avec de superbes résultats. Il est, en outre, le fondateur de « Chrysalide », association pour les enfants malades. Ce qui rajoute encore à ses qualités.

Palmarès en Equipe de France :

  • 46 sélections en équipe de France de 1983 à 1991.
  • Vice-champion du monde en 1987.
  • Participation aux tournois des 5 nations de 1984, 1988, 1989, 1990 et 1991.
  • Vainqueur du tournoi en 1988 (ex æquo avec le Pays de Galles) et en 1989.
  • Il est le joueur français ayant marqué le plus grand nombre d’essais sur un match international : 7 face au Paraguay en 1988.

Palmarès d’entraîneur :

  • 1997-2008 : Biarritz Olympique.
  • Finaliste de la Coupe d’Europe : 2006.
  • Champion de France 1ère Division : 2002, 2005, 2006.
  • Vainqueur de la Coupe de France : 2000.
  • Finaliste de la Coupe de la Ligue : 2002.

Jean-Michel Gonzalez

Surnommé « Gonzo », il est né le 10 juillet 1967 à Bayonne. Il évoluait en première ligne (talonneur ou pilier) (1,75 m pour 105 kg). Gonzo est formé à l’US Cambo, puis intègre les rangs de l’Aviron Bayonnais jusqu’en 1997. Il ira ensuite à Pau, puis à Biarritz jusqu’en 2005. En 2005, il joue à l’AS Bayonne puis entraîne le club.

Il est appelé comme entraîneur du Biarritz olympique le 26 novembre 2008 en remplacement de Jacques Delmas.

Palmarès en club :

  • Vainqueur de la Coupe de France en 2000.
  • Champion de France 1ère Division en 2002, en 2005.

Palmarès en Équipe de France :

  • 35 sélections.
  • Vainqueur de la Coupe Latine en 1995.
  • Participation aux tournois des 5 nations 1994, 1995 & 1996 (12 matchs joués).
  • Coupe du Monde 1995 : 5 sélections (Tonga, Écosse, Irlande, Afrique du Sud, Angleterre).

Christophe Lamaison

Né le 8 Avril 1971 à Dax (1m80 et 90kg). Joueur polyvalent pouvant évoluer à l’ouverture, au centre ou à l’arrière. Il débute à Habas et intègre le célèbre club formateur de Peyrehorade. Talentueux, l’Aviron Bayonnais le repère et lui donne sa chance qu’il saura prendre pour le plus grand bonheur de notre club. Mais la descente entrainera le départ de nombreux cadres dont Titou Lamaison attiré par le CA Brive et son projet ambitieux. Il y connaitra ses plus belles heures de gloire avec l’obtention de la Coupe d’Europe, deux grands chelems et une finale de Coupe du Monde avec l’Équipe de France. Au bilan personnel, il est devenu le recordman des points marqués en équipe de France (380).

Une fois l’embellie briviste terminée, la crise vient secouer le club de l’emblématique Patrick Sébastien. Lamaison, déçu, quitte le club pour rejoindre le SU Agen où il vivra une finale malheureuse contre le BO en 2002. La fin de carrière approchant, Titou décide de retourner dans le club de son cœur. L’Aviron, enfoncé dans l’enfer de la Pro D2, remontera sans lui. Il arrête sa carrière professionnelle, déçu par ce que le professionnalisme avait fait du rugby, un milieu commercial où le sport perdait son esprit d’équipe et ses valeurs. Le club de Saint-Médard-en-Jalles l’accueillera en Fédérale 3.

Palmarès en club :

  • Vainqueur de la Coupe d’Europe de rugby en 1997 avec Brive.
  • Finaliste de la Coupe d’Europe de rugby en 1998 avec Brive.
  • Finaliste de la Coupe de France en 2000 avec Brive.
  • Finaliste du championnat de France en 2002 avec Agen.

Palmarès en Équipe de France :

  • Sélectionné en équipe de France à 36 reprises, de 1996 à 2001.
  • Grand Chelem en 1997 et 1998.
  • Vainqueur de la Coupe Latine en 1998.
  • Finaliste de la Coupe du monde en 1999.

Avec 118 sélections, Fabien Pelous est le joueur le plus capé de l'histoire du rugby français. Avec 111 sélections, Philippe Sella est l'un des centres les plus capés de l'histoire du rugby français.

Ces joueurs, parmi tant d'autres, ont marqué l'histoire du rugby français dans les années 1990, contribuant à son évolution et à sa popularité croissante.

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