Depuis deux ans et l'adaptation PC de son Pro Evolution Soccer 3, Konami a mis à mal la suprématie d'Electronic Arts qui a d'ailleurs été contraint de réagir et de revoir sa vision des choses. Hélas pour l'éditeur américain, FIFA 06 n'est pas parvenu à convaincre grand monde. Malgré l'évolution du gameplay, quelques choix ludiques surprenants et une réalisation technique tout simplement inacceptable ont plombé le titre. De fait, la route semblait bien dégagée pour le Pro Evolution Soccer 5 de Konami et même s'il avait un bon mois de retard sur son concurrent, le Japonais ne pouvait pas rater son coup (franc ?).
Konami qui se paye Henri et Drogba en couverture de PES 5... Ca s'annonçait donc bien pour le retour du "Messie"... directement au gameplay !

Henry et Drogba sur la couverture de PES 5.
Un Gameplay Amélioré et Plus Réaliste
Pour de nombreux joueurs, PES est la référence et même si Konami s'est laissé tenter par quelques changements de gameplay, le Roi ne risque pas de perdre sa couronne cette année. Schématiquement, disons que ces changements ont une nouvelle fois pour but d'accentuer le réalisme des parties.
Le jeu est un peu plus lent qu'avant, ceci afin de le rendre encore plus proche de la réalité. Cela passe par différents axes comme les interventions défensives, la précision des centres ou encore la simplicité des passes.
Sur PES 4, le fonctionnement des passes était tel qu'avec un peu d'entraînement, les balles en profondeur devenaient des armes imparables. De la même manière, les attaquants parvenaient un peu trop facilement à se frayer un chemin au travers des défenses et les frappes en dehors des dix-huit mètres faisaient souvent mouche. Aujourd'hui, les choses semblent un peu plus délicates à réaliser, et ce, en particulier du fait d'une certaine inertie des joueurs.
Ainsi, les premières minutes d'un habitué de PES 4 sont assez amusantes : il passe son temps à râler après ses joueurs « incapables d'aligner deux passes » ou « pas fichus d'éviter la touche ». En fait, il faut simplement apprendre à maîtriser une gestion de la physique encore plus précise que précédemment.
Les mouvements des joueurs sont plus réalistes, leurs attitudes également, et les défenseurs ont un rôle beaucoup moins ingrat que sur les opus précédents. La gestion des courses leur permet effectivement de se glisser plus simplement entre un attaquant et son ballon. De la même manière, il devient maintenant très difficile de réussir ces grandes ouvertures dans l'axe : les défenseurs auront presque systématiquement le dessus. Enfin, les dribbleurs fous devront sans doute réviser leur stratégie, car à moins de choisir quelques-uns des plus grands joueurs du moment, cela ne passe plus.
Le marquage est beaucoup plus serré dès que l'on s'approche de la surface de réparation et la moindre charge de l'épaule permet de contrer un dribble. Attention toutefois à ne pas aller trop loin dans ces charges, car les arbitres ont le sifflet facile.

Action de jeu dans PES 5.
Un Arbitrage Plus Sévère
C'est d'ailleurs l'un des défauts de cette nouvelle version : les développeurs ont vraiment durci l'arbitrage. Les cartons ne sont pas plus nombreux, mais les fautes s'accumulent à vitesse grand V. Ce relatif défaut d'arbitrage n'est pas rédhibitoire, mais il casse tout de même assez souvent le rythme des parties et donne un petit côté « ballerine » à tous ces gaillards de 80-90 kilos ! En fait, il suffit d'une charge un tout petit peu appuyée pour que l'arbitre joue du sifflet.
À quelque chose malheur est cependant bon comme dit le proverbe, et cette « sifflite aiguë » permet d'obtenir des durées de temps additionnel beaucoup réalistes. Ils laissent régulièrement le jeu se poursuivre, mais n'en oublient pour autant pas de revenir sur la faute pour distribuer un carton si besoin est.
Enfin, ce durcissement de l'arbitrage oblige les joueurs à mieux poser leurs actions défensives. Konami nous a donné les moyens de défendre proprement en « chipant » le ballon aux attaquants adverses, le développeur nous permet aussi d'intervenir facilement jusqu'au dernier instant en mettant une jambe en opposition ou en glissant du bout du pied le ballon en corner.
Des Gardiens Plus Performants
Il nous faut également noter que même si votre défense est dépassée, le gardien offrira un ultime rempart beaucoup plus convaincant que sur PES 4. Cela se sent tout d'abord dans les sorties, plus nombreuses, plus rapides et plus lointaines que précédemment. Cela se confirme au niveau des un contre un. En tête à tête avec un attaquant, même de grande classe, le gardien ne perd pas son sang-froid et ne se laissera plus piéger à la moindre balle piquée. Il faut en revanche signaler que sur les balles à mi-distance (disons 18-20 mètres), ils sont beaucoup moins efficaces : une bonne frappe au ras du sol et la cause est entendue.
Globalement, le jeu gagne ainsi en précision et, c'est indéniable, en réalisme, mais toute médaille ayant son revers, il devient également moins accessible. PES 5 se pose de plus en plus comme une simulation et ce faisant, il nécessite un temps d'adaptation, une indispensable phase d'apprentissage avant d'être maîtrisé.
Cette phase d'apprentissage est heureusement gratifiante, grâce notamment à une difficulté progressive et des entraînements bien conçus. Le joueur apprend d'abord à contrôler les joueurs, les passes et les frappes. Ensuite, il augmente le nombre d'étoiles pour affronter un ordinateur toujours plus doué.
Modes de Jeu et Multijoueur
Les défis auxquels il est alors confronté sont assez classiques (matchs amicaux, coupes, ligue masters) et c'est plutôt au niveau du multijoueurs qu'il faut chercher la nouveauté. Konami s'est enfin décidé à ajouter un mode réseau digne de ce nom et le système de profil donne une certaine profondeur au jeu sur Internet en gardant une trace de son activité (victoires, défaites, moyenne de buts...).
Même si Konami peut encore largement améliorer les choses, il est sur la bonne voie, comme il l'est d'ailleurs au niveau de la réalisation. Alors que FIFA n'est plus que l'ombre de lui-même, on note quelques améliorations, certes mineures, au niveau des animations ou des visages des joueurs.
Sachant que PES 5 tourne au moins aussi bien que PES 4, on ne va pas se plaindre.
Au niveau des modes de jeux, c’est toujours pareil. On garde les mêmes et on recommence. Le mode Match vous permettra de jouer un match, seul, à plusieurs ou de jouer seulement les penalties. Vient ensuite la fameuse Ligue Masters. On peut commencer avec les joueurs du mode Match, les joueurs inventés comme Castello, Valery, Zamenhof, Burchet ou encore Espinas ou en créant une équipe originale, ce qui doit prendre pas mal de temps.
Passons au mode Ligue. Vous pourrez jouer une ligue mondiale, avec les pays ou les clubs et jouer chaque championnat existant, de la L1 à la Série A, en passant par la Premier League. Nouveauté, vous pouvez jouer les coupes nationales et choisir si la scène d’entrée est présente, absente ou seulement présente pour les matchs importants. Le mode Coupe n’a aucune nouveauté, avec les coupes de chaque continent et la coupe Konami.
Arrive ensuite le mode Entraînement, avec l’entraînement libre, l’entraînement en situation, le mode challenge, le challenge original, le mode débutants et l’explication des contrôles. Pour les habitués des PES, ce mode est inutile. Les newbies seront par contre aux anges.
Pour terminer, le mode Network vous permettra de jouer en ligne. Vous y passerez du temps : le mode Edit
Graphismes et Présentation
Depuis deux ans, la présentation des Pro Evolution Soccer se veut moderne. Fini l'austérité et les menus moches ; place à la couleur et à un menu qui sent le foot.
L'introduction bénéficie d'un habillage plus techno. La musique met dans l'ambiance : il s'agit de Club Foot de Kasabian, groupe anglais fan de Leicester City. Cette cinématique rompt avec les introductions habituelles. Paradoxalement, c'est plus froid et ça ne transpire pas assez le football.
Au niveau des graphismes, ils sont loin d’avoir évolué. Il n’y a que le public qui ait subi une mise à jour. Certaines faces sont nouvelles et l’on se demande si elles n’ont pas été empruntées à certaines facemakers sur internet comme Cigman notamment.
La modélisation faciale des protagonistes est inégale. Elle est irréprochable pour les grandes stars. En effet, on reconnaît du premier coup d'œil les grandes stars comme Ronaldinho, Francesco Totti ou Ronaldo.
La motion capture a été refaite. Les joueurs du club nippon de Kashima Antlers, ont prêté leur expérience aux développeurs de la Team Winning. Les animations se sont améliorées avec des mouvements beaucoup plus réalistes.
Dans l'ensemble, le visuel s'en tire avec les honneurs.
Licences et Contenu
Le fan de foot sera déçu par les lacunes de la base de donnée. Certes l'exhaustivité de Pro Evolution Soccer 5 s'améliore au fil des épisodes, mais on reste bien loin d'un FIFA.
On nous promettait de nouveaux clubs sous licence, mais au final, peu de choses ont changé. Tout comme Arsenal, Chelsea et quelques autres équipes européennes. Les transferts ne sont pas respectés. Par exemple, Michael Owen est encore au Real.
Il faut souligner l'arrivée du Venezuela de Juan Arango et de la Côte d'Ivoire de Didier Drogba.
Petite déception, Konami n'a pas ajouté d'équipes mais en a supprimé. En effet, la Jamaïque et l'Égypte ont disparu. De plus, les développeurs ont eu le nez creux puisque certaines sélections présentes au Mondial 2006 sont absentes comme le Togo, l'Angola, Trinidad ou les Black Stars du Ghana.
Heureusement, les équipes sont crédibles avec la présence de Zizou (affublé d'un surprenant numéro 11) et de Figo au Portugal, les deux ex-retraités de l'Euro 2004.
Top Buts PES 5 By Tunii
Conclusion
Pro Evolution Soccer 5 est peut-être une réactualisation de plus, avec tous les défauts récurrents de la série en terme de contenu : licences manquantes, transferts pas à jour, évolutions graphiques mineures, modes de jeu un peu justes comparés à ceux du voisin. Mais en terme de gameplay, pas de doute possible, la série de Konami est tout simplement intouchable.
Pro Evolution Soccer 5 se veut plus réaliste et moins arcade que le décevant Pro Evolution Soccer 4. Le rythme a été ralenti mais peut très vite s'accélérer en jouant en première intention. Le fait de remettre le collectif au centre du jeu est une bonne idée de la part de Konami.
Malgré de nombreux lags, le mode en ligne sur PS2 sauve les meubles. Pro Evolution Soccer 5 est un bon épisode, meilleur que Pro Evolution Soccer 4, mais il cumule toujours des défauts rageants et agaçants.