Le monde du football et l'AS Monaco en particulier ont été endeuillés par la disparition de Jean Petit, décédé le 23 janvier 2024. Né le 25 septembre 1949 à Toulouse, Jean Petit a marqué l'histoire de l'AS Monaco, où il a passé la majeure partie de sa vie, d'abord comme joueur, puis comme entraîneur et dirigeant. Son parcours exceptionnel et sa fidélité au club en font une figure emblématique du football français. Retour sur un parcours unique.

Jean Petit en haut de la Tête de Chien, avec vue sur le Stade-Louis II.
Les Débuts d'une Carrière Monégasque
Jean Petit débute le football dans sa région natale avant d’arriver sur le Rocher à l’âge de 20 ans. Il est arrivé à Monaco en 1969, et il n’en est jamais reparti. En juin 1969, Jean Petit signe un contrat avec l’ASM, même si Marseille et Saint-Etienne étaient intéressés. Il n'avait alors émis qu'un désir, jouer à Monaco, mais il n'aurait jamais, sans doute, pu croire à une telle relation fusionnelle avec l'ASM.
Jean Petit dispute ses premières minutes avec l’AS Monaco dès son arrivée au Club. Les Rouge et Blanc évoluent à ce moment-là en Division 2, mais vont retrouver l’élite lors de la saison 1971-1972. Pour une saison, avant de redescendre. Mais Jean Petit reste fidèle. Avant une nouvelle rechute en deuxième division. Là encore, Jean Petit ne quitte pas la Principauté. Nous sommes alors en 1977.
L'Ascension d'une Star
Au milieu de terrain, Jean Petit rayonne. Il est élu meilleur joueur français de l’année en 1978 par le journal France Football.
Disparition : l'hommage de Luc Sonor à Jean Petit
Il a enchaîné les bonnes performances, ce qui lui a permis d’être sélectionné avec l’équipe de France et de s’envoler pour l’Argentine, afin de participer à la Coupe du monde qui s’est déroulée du 1er au 25 juin 1978. Sur place, il a disputé son seul match face à la Hongrie le 10 juin 1978, dans des circonstances particulières. La France s’est imposée sur le score de 3 à 1. Mais les deux équipes étaient déjà éliminées avant ce match, devancées par l’Italie et l’Argentine, qui gagnera cette Coupe du monde contre les Pays-Bas, 3 à 1, après prolongation, le 25 juin 1978.

Jean Petit lors de la Coupe du Monde 1978 en Argentine.
Fidélité et Succès à l'AS Monaco
Jean Petit arrête sa carrière de joueur cinq années plus tard, après avoir remporté un nouveau titre de champion de France avec l’AS Monaco en 1982 et une coupe de France en 1980. Il a joué 426 matches avec l’ASM et marqué 78 buts. Jean Petit a été l’homme d’un seul club : l’AS Monaco.
Après sa carrière de joueur, lors de laquelle il a eu la chance de côtoyer le meilleur buteur de l’histoire de l’AS Monaco, Delio Onnis, Jean Petit intègre… le staff du Club. D’abord au poste d’adjoint avec Lucien Muller et Stefan Kovacs (1920-1995), puis avec Arsène Wenger, Jean Tigana, Claude Puel, Didier Deschamps et Ricardo, entre autres. Entraîneur-adjoint pendant de nombreuses années, Jean Petit occupe aussi le rôle d’entraîneur principal lors de quelques rencontres en 1994 et 2005.
« Je suis arrivé à l’âge de 20 ans à l’ASM. Par la suite, grâce à mes diplômes d’entraîneur, j’ai rejoint l’encadrement du club, souvent comme entraîneur-adjoint [avec Jean Tigana, Claude Puel, Didier Deschamps, Ricardo, Marco Simone et Claudio Ranieri - NDLR]. C’est en juin 2015 que j’ai terminé ma collaboration avec l’ASM. J’ai consacré 46 ans de ma vie au club.
Palmarès de Jean Petit
Voici un aperçu du palmarès de Jean Petit :
| Compétition | Année |
|---|---|
| Champion de France | 1978, 1982 |
| Coupe de France | 1980 |
Hommages et Réactions
L’annonce de sa disparition, le 23 janvier 2024, a laissé la principauté sous le choc. Depuis, les réactions se multiplient. En fin de journée, le club a publié sur son compte X le message suivant : « L’AS Monaco a eu l’immense douleur d’apprendre le décès de Jean Petit, légende parmi les légendes du club, qui s’est éteint ce jour à l’âge de 74 ans. À sa famille et à ses proches, ainsi qu’à l’ensemble des amoureux de l’AS Monaco aujourd’hui plongés dans le chagrin, l’ensemble du club adresse ses plus sincères condoléances. »
Du côté des tribunes, les Ultras Monaco 94 ont également diffusé une réaction sur X : « Ciao Jeannot, repose en paix, légende. »
Interrogé par Monaco-Matin, le prince Albert II a également rendu hommage à Jean-Petit : « Au-delà du très grand joueur qu’il était, du capitaine, de la légende de l’AS Monaco, nous entretenions une relation amicale depuis son arrivée au club. J’ai joué des matches amicaux et caritatifs à ses côtés, mais je l’ai aussi côtoyé en dehors de ce contexte. C’était un homme délicieux, profondément bienveillant, généreux et gentil. Nous pouvions discuter, comme échanger des plaisanteries. […] Jean n’a connu qu’un seul club professionnel en tant que joueur, puis entraîneur et dirigeant. Je ne le remercierai jamais assez pour cette fidélité extraordinaire. Il était vraiment devenu Monégasque. »
À son tour, Jean-Louis Campora, président de l’ASM de 1975 à 2003, a rendu hommage à Jean Petit sur Monaco Info : « Le club a perdu la légende emblématique de toutes ces années avec le départ de Jeannot. […] Il était vraiment la figure de proue de tout notre club. Je pense d’abord à toute sa famille, à tous ses proches, et en même temps, à tous ceux qui ont partagé les joies et déceptions de l’équipe. »
Interrogé par Monaco Hebdo, Jérôme de Bontin, un autre président de l’AS Monaco, a réagi à son tour : « Je ressens beaucoup de tristesse suite à son départ, mais aussi beaucoup de regrets de n’avoir pas fait davantage pour lui. Quand Jean Petit est arrivé à Monaco, à la toute fin des années 1960, le club venait de dégringoler en deuxième division. Il aurait alors pu choisir de suivre les joueurs du Toulouse Football Club (TFC), qui avaient rejoint Saint-Ouen et le Red Star en 1967, suite à une étonnante fusion. Mais il a préféré rallier la principauté pour une histoire forte, qui aura duré 46 ans.