Le handball féminin occupe une place importante à Dijon depuis plus de 20 ans, avec une présence régulière au sein de l’élite. Découvrons ensemble l'histoire riche et les évolutions marquantes de ce sport dans la ville.

Palais des Sports Jean-Michel Geoffroy à Dijon
Les Débuts Prometteurs
En 1973, l’équipe du CSLD des frères SELLENET, dirigée par Albert Dutin, est devenue championne de France et a atteint l’année suivante les ¼ de finale de la coupe d’Europe des clubs champions.
Création et Identité du Cercle Dijon Bourgogne
Créé en 1996 de l’émancipation de la section handball féminin du C.S.L.D., le Cercle Dijon Bourgogne a fêté ses 20 printemps. À cette occasion, le club a organisé une soirée festive et ouverte à tous au Palais des Sports Jean Michel Geoffroy de Dijon. La symbolique de l’ours a été retenue pour cette nouvelle identité. L’attitude de l’ours, sa gueule ouverte et son poing serré évoquent tout à la fois une certaine « rage de vaincre » et une détermination à toute épreuve. Grâce à la volonté et au travail de tous, les objectifs fixés par les clubs ont été atteints en juin 2009.
Intégration à la JDA Dijon
En 2018, le club bourguignon a ouvert une nouvelle page de son histoire, en intégrant le club de la JDA Dijon, qui fêtait en 2020 ses 140 ans d’existence. En proie à des difficultés financières, le CDB 21 a donc rejoint la saison dernière la famille de la JDA, sous l’impulsion de son président, Thierry Degorce. Club historique du basket français, le « Jeanne d’Arc Dijon » a agrandi sa famille avec l’arrivée de la section handball.
La Mutualisation : Une Nouvelle Dynamique
Une mutualisation qui s’est faite rapidement, et qui vient enrichir un club ambitieux, qui porte des valeurs très fortes. « Par essence, les deux clubs avaient déjà un esprit très familial. Les joueuses, joueurs ont plaisir à rester chez nous quelques années. Cette convivialité est une force du club, avec une vraie proximité à tous les niveaux. » confiait Vincent Fournier, salarié du club de handball féminin depuis plus de dix ans sur la partie communication et événementiel, avant d’ajouter, « Depuis la mutualisation je prends de plus en plus de fonctions dans l’organisation des matchs du basket. La saison dernière nous étions dans le processus de mutualisation, les choses se mettaient progressivement en place.
À la JDA, les bureaux du handball et du basket se trouvent dans le même couloir du Palais des Sports Jean-Michel Geoffroy, les moyens sont mutualisés, avec la volonté de faire avancer les deux sections dans la même direction. Si les moyens des basketteurs sont plus importants, les handballeuses profitent de la structuration de la JDA pour avancer, et évoluer dans un contexte encore plus professionnel. « Le basket a une dimension plus importante que le handball féminin, et c’est forcément bénéfique pour nous de pouvoir nous inspirer de certaines choses qui sont mises en place pour les basketteurs. » évoquait Joanna Lathoud.
Communication commune, partenaires communs, offres pour la billetterie communes, la JDA a parfaitement intégré le handball féminin dans son environnement, comme nous l’explique très bien Vincent Fournier, « La mutualisation permet de mettre plus de choses en place, d’avoir des projets plus concrets. Nous travaillons pour créer des liens entre le basket et le hand, des passerelles, qui nous permettent de faire venir des partenaires d’un club à l’autre. Il y a des offres qui existent pour les partenaires qui souhaitent soutenir les deux. Aujourd’hui lorsqu’un commercial va vendre le club, il va le vendre dans sa globalité. Matériellement, dans notre communication, nous parlons de la JDA Dijon, sans spécifier forcément si c’est du hand ou du basket.« .
Si la JDA Dijon n’est pas le seul club omnisports en France, la proximité entre ses sections professionnelles reste inédite dans le paysage sportif français, et semble déjà porter ses fruits, avec un début de saison prometteur réalisé par les joueuses de Christophe Mazel en Ligue Butagaz Energie, qui à la trêve internationale, restent plus que jamais des candidates crédibles aux places qualificatives pour les Playoffs.
Saison 2016 : Défis et Victoires
Le CDB allait, pour son dernier match, défier Semur, leader de la poule. Le match était sans enjeu, puisque le classement était acquis et les deux équipes qualifiées pour les finalités interdépartementales du dimanche 29 mai à Autun. Match intensif contre une équipe de Genlis virulente. Les Cerclades ont été déstabilisées par les contacts violents mais ont su se ressaisir tant en défense qu’en attaque collective et individuelle. Elles ont su adapté leur jeu grâce aux consignes données et ont terminé la première mi-temps avec une avance de deux buts.
Pour ce deuxième match retour, le CDB accueillait Meursault, une équipe toujours difficile à jouer avec une base arrière percutante. La première période est vite à oublier pour tout le monde : pas de combativité, non-respect des consignes. Les dijonnaises sont totalement amorphes. Pour ce premier match de la phase retour, le CDB est aller gagné facilement face à l’équipe 2 de Fontaine. Face à une valeureuse équipe, qui n’a nullement démérité, les Dijonnaises ont retrouvé leur collectif qu’elles ont su mettre à profit pour assurer une large victoire.
L'Opération "Gratuité" et le Retour de Jérôme Fernandez
Il y aura sans doute foule ce soir au palais des Sports Jean-Michel-Geoffroy. Les dirigeants du Dijon BHB ont fait tout ce qu’il fallait pour que cela se passe de cette manière, en mettant en place une opération « gratuité ». Et si d’aventures il y avait encore quelques réticents à assister à la rencontre Dijon-Toulouse, la présence sur le terrain de Jérôme Fernandez devrait balayer les dernières hésitations.
À 34 ans, le capitaine de l’équipe de France masculine, championne du monde en février en Suède, au palmarès international long comme un bras, fait donc son retour dans l’Hexagone après neuf années d’exil en Espagne et en Allemagne. C’est à Toulouse - où il a débuté sa carrière professionnelle - qu’il a choisi de terminer sa carrière. Et c’est à Dijon, lieu de sa première sélection internationale, qu’il foulera à nouveau les parquets du championnat de France.
Un retour sous tension puisque les deux formations sont actuellement à la lutte pour le maintien en D1, avec toutefois une pression supplémentaire pour la formation dijonnaise, qui est toujours en position de relégable avec deux points de retard sur Toulouse. Une victoire du DBHB lui permettrait donc de revenir à hauteur de leurs adversaires du soir. Un succès des Toulousains leur assureraient pratiquement leur place en D1. Le décor est planté.
Le Match Décisif : Dijon contre Toulouse
« On connaît la musique depuis longtemps », souligne Denis Lathoud, l’entraîneur dijonnais. « Il faut absolument gagner, jouer juste pour survivre encore une fois. » Et ce n’est pas le renfort de Jérôme Fernandez dans la formation toulousaine qui risque de changer la ligne de conduite du coach du DBHB. « C’est un immense joueur, qui a l’expérience des grands rendez-vous. Mais il ne faut pas se focaliser dessus », insiste Denis Lathoud. « Si nous jouons notre jeu, nous avons toutes les armes pour l’emporter, même si c’est un match couperet. Ce genre de match, Dijon les réussit mieux. »
Ce fut d’ailleurs le cas la semaine dernière à Paris (victoire 25-28). « Nous avons aussi fait de bons matches face à Saint-Raphaël et Tremblay avant la victoire à Paris », précise-t-il, avant de poursuivre : « Maintenant, il faudra encore mieux joué que la semaine dernière à Paris, où entre l’envie et la précipitation, nous avons mangé quelques contre-attaque. Nous devons nous appuyer sur une défense très solide et réduire nos pertes de balle, car en face c’est aussi très solide. » Solide et sûre d’elle, puisque l’équipe toulousaine s’est imposée lors de ses deux derniers déplacements. Aux Dijonnais de mettre fin à cette série.