Après les récents déboires de Yorick Treille avec le club suisse de Genève-Servette, Tristan Alric, créateur de la Coupe Magnus, prend la parole pour défendre les qualités du coach des Tricolores, à l'approche de plusieurs échéances importantes pour l'équipe de France cette saison. Il semble nécessaire de prendre du recul pour élever le débat sans tenir compte des inévitables « critiques de comptoir ».

Un Parcours Ascendant Avant les Turbulences Suisses
Après avoir quitté son poste d’entraîneur à Mulhouse, Yorick Treille, qui était devenu entre-temps l’adjoint de Philippe Bozon avec l’équipe de France senior depuis 2018, mais aussi le coach de la sélection nationale junior U20 pendant quatre saisons, s’est exilé en suisse. On ne se rend pas bien compte de l’importance de cet événement. L’ancien international tricolore a donc profité de ce rôle d’assistant très valorisant pour permettre au club de Genève-Servette de terminer en tête de la saison régulière 2022-2023 de la nouvelle « National League » à égalité de points avec Bienne. Toutefois son équipe était restée devant en raison des confrontations directes. En occupant toujours le poste de coach adjoint, Yorick Treille a ajouté ensuite à son palmarès personnel un deuxième titre suisse historique en remportant également la saison suivante la Ligue des champions (CHL).
Autre fait marquant dans la carrière suisse de Yorick Treille, le 28 décembre 2024, alors que ce dernier occupait toujours le poste de coach adjoint des « Aigles », il a dû remplacer au pied levé l’entraîneur Jan Cadieux car ce dernier fut limogé avec effet immédiat.
La Difficulté de S'Imposer à Genève-Servette
Malheureusement les choses ont rapidement tourné au désavantage du coach français. La nomination de Yorick Treille n'a pas pu changer toutefois la mauvaise dynamique des Aigles dans le championnat helvète puisque le club de Genève-Servette est resté bloqué à la douzième place (sur 14) du classement général. Du coup, son équipe a donc manqué les play-offs dans la National League qui est le plus haut niveau du hockey suisse. En effet, si Yorick a réussi à conserver sa place à Genève au début de la saison en cours après l’humiliation retentissante reçue à Lausanne à la mi-septembre sur un score incroyable (défaite 11-0), moins de trois semaines plus tard seulement, au surlendemain d'un autre lourd revers encaissé contre Lugano (1-5), l'équipe genevoise a sombré à nouveau contre Bienne en concédant une fois de plus une très lourde défaite (8-0).
J’ai noté quand même que le nouveau coach intérimaire de Genève, le finlandais Ville Peltonen, a défendu publiquement et à juste raison les qualités de Yorick Treille lors de son limogeage puisque son remplaçant a déclaré à la télévision suisse : « On travaillait bien ensemble depuis cet été jusqu’à ce que cet incident malheureux arrive. Vous savez, nous les entraîneurs, on adorait travailler avec Yorick (sic). Mais nous ne sommes jamais à l’abri dans ce métier et nous en sommes conscient.
Comme l’a écrit fort justement mon confrère Chris Geiger du journal suisse Le Matin, je le cite in extenso : « Si les trois techniciens ont assurément des responsabilités à assumer dans leur licenciement, ils n’ont toutefois pas été aidés par leur groupe. Au bout du lac, les coaches ont en effet tendance à payer au prix fort les états d’âme d’un vestiaire particulièrement compliqué à diriger. Le manque d’orgueil et de fierté de joueurs grassement payés est franchement risible. Au grand dam des supporters grenat. Aux Vernets, il est désormais attendu que la majorité des éléments qui composent le groupe se regardent dans un miroir et procèdent à leur auto-critique. Qu’ils soient « anciens » ou nouvellement arrivés. L’exercice s’annonce toutefois très compliqué, eu égard aux gros égos qui composent le vestiaire genevois.
Un Nouveau Départ avec l'Équipe de France
Après avoir été victime de cette « mauvaise passe », Yorick Treille va donc pouvoir se concentrer désormais pleinement sur l'équipe de France dont il est le sélectionneur depuis l'été 2024. Ce recentrage ne sera pas de trop puisque les Bleus auront un agenda très chargé pendant ces prochains mois avec en ligne de mire d’abord les Jeux olympiques d’hiver de Milan à préparer. Par chance, un an plus tard, le CIO a confirmé la suspension de la Russie et de la Biélorussie pour les prochains JO d’hiver en Italie. Malheureusement, dans le bilan de Yorick Treille, il y a eu aussi un autre accroc qui a fait encore plus mal à son image : les derniers championnats du monde élite organisés à Stockholm au mois de mai 2025.
De toute évidence, l’équipe de France n’a pas le niveau suffisant actuellement pour faire la différence dans la cour des grands. Sous le coup de la déception énorme que vient de provoquer la relégation de la France dans la division 1A, je pense malgré tout encore une fois « qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ». Je suis sûr que dans les mois à venir Yorick Treille va enfin prouver qu’il est bien l’homme de la situation. A mon avis, il faut être patient et lui laisser une chance de rétablir la situation.
Comme je l’ai déjà dit, Yorick Treille est, de plus, visiblement beaucoup plus à l’écoute et plus consensuel avec son staff que son prédécesseur. Quant à sa brillante carrière de hockeyeur de haut niveau, elle suscite de surcroit un respect aussi grand. Si j’en crois certains commentateurs, on reproche à Yorick Treille d’être souvent trop impassible et de ne pas être assez expressif lorsqu’il coache derrière le banc pendant les matches. Doit-il forcer son tempérament plutôt réservé en étant un peu plus souriant, plus communicatif et un peu moins discret ? Quoi qu’il en soit, il ne faut surtout pas oublier que ce n’est pas lui au final qui évolue sur la glace.
Nos Tricolores, qui ont un problème mental autrement plus important à résoudre, ont donc une grande part de responsabilité dans le marasme sportif actuel comme ce fut le cas des joueurs du club de Genève-Servette. Yorick n’est peut-être pas aussi explosif, sanguin ou « dramaturge » comme ce fut par exemple le cas de l’inoubliable entraîneur canadien Jacques Tremblay qui savait motiver, voire hystériser, ses joueurs sur la glace dans les années 1980 avec le club de Saint-Gervais (voir photo ci-dessus).
Certains font la comparaison plus récente avec un coach tout aussi motivant et meneur d’hommes que fut l’italo-canadien Luciano Basile élu à quatre reprises meilleur entraîneur de la Ligue Magnus avec Briançon puis avec Gap. Comme je le dis dans le titre de cette tribune, ne jugez pas trop vite Yorick Treille ! car, avec le recul, lors du dernier Mondial de Stockholm le jeu de notre sélection nationale n’était finalement pas si mal que ça, notamment pendant le match contre la Finlande, une nation très redoutable, qui a dû aller jusqu’en prolongations pour réussir à se défaire de nos vaillants Tricolores en s’imposant d’extrême justesse 4-3.
Alors à qui la faute ? A l’entraîneur ou aux joueurs ? Pour moi le problème dans notre pays reste encore et toujours la formation qui concerne à la fois la technique du jeu mais surtout la préparation mentale. Je le répète, puisque Yorick Treille n’a désormais que l’équipe de France sous sa direction, laissons-lui une chance de redorer son image et soutenons tous ensemble notre entraîneur national qui n’a pas un rôle facile.
Yorick Treille - coach de l’équipe de France
Les Défis à Venir
Yorick Treille est un jeune entraineur. Il a eu du succès avec Mulhouse puis en tant que coach assistant à Genève et en Equipe de France. Le titulariser à la place de Bozon était un pari risqué de la part de la FFHG qui devra porter ses fruits lors des prochains JO et Mondiaux... Il ne sera pas le seul responsable des prochains résultats mais comme souvent, il sera sur un siège éjectable en cas de double échecs aux JO et mondiaux. La remontée est obligatoire.
L'échec à Genève en tant que numéro 1 était prévisible et on ne peut pas uniquement se baser la dessus pour déterminer ses compétences. Il faut donc lui laisser les prochains mois pour faire ses preuves. Je pense néanmoins que c'est une bonne chose de n'avoir pour lui que l'équipe de France à gérer surtout avec une année à JO et donc un calendrier plus chargé. On peut pas tout gérer, club et sélection. C'est un poste à temps plein, avec beaucoup de coordination au niveau de la Fédération.

Présentes aux Jeux Olympiques d’Hiver depuis 1920, les compétitions de hockey sur glace se structurent autour d’un championnat du monde, disputé chaque année. La fédération internationale de hockey sur glace (International Ice Hockey Federation), que l’on nomme généralement IIHF, regroupe 72 pays membres en 2012. On distingue trois types d’affiliations : les membres à part entière (52), les membres associés (18) et les membres d’affiliation simple (2 : Chili et Namibie).
Seuls 47 pays membres participent aux championnats du monde sur les 72 qui sont affiliés à l’IIHF. Un système de promotion et de relégation permet de progresser ou de régresser entre les niveaux. La Division III est les pays au niveau le plus bas. Deux nouveaux pays vont rejoindre ce niveau à partir de janvier 2013 : la Géorgie et les Émirats Arabes Unis.
Le continent européen forme avec l’Amérique du Nord, un contingent très nombreux d’équipes nationales. Si l’on excepte les États de faible superficie, quatre pays ne possèdent pas d’équipes nationales : la Moldavie, l’Albanie, la Macédoine et le Monténégro. Trois d’entre eux se situent donc dans les Balkans. Un gradient Nord-Sud est visible sur la carte à l’échelle mondiale. Les nations septentrionales (Suède, Norvège, Danemark) jouent en Élite. Au contraire, l’Italie, la Grèce ou l’Espagne jouent à des niveaux inférieurs, entre la Division IA (deuxième niveau mondial) et la Division III (6e niveau).
Classement IIHF
| Division | Pays |
|---|---|
| Élite | Suède, Norvège, Danemark |
| Division IA | Italie |
| Division III | Grèce, Espagne |