Les Azzurri abordent ce Tournoi avec un peu plus de certitudes et de garanties qu’à l’accoutumée suite à une dernière tournée de novembre assez aboutie. Depuis mai 2021, Kieran Crowley (ancien arrière All Black, 19 sélections) a pris les commandes de l’Italie. Une nation qui n’a pas abandonné la 6ème place du Tournoi depuis 2016. Une nation qui depuis son intégration dans le Tournoi en 2000 n’a remporté que 13 rencontres pour 1 nul et 101 défaites.
Mais, lors de l’édition 2022, elle a repoussé ce peu glorieux titre honorifique par l’audace, le talent, la vista fabuleuse et la chevauchée fantastique du diablotin Ange Capuozzo. L’Isérois de naissance nous a confié que, contre le Pays de Galles (victoire 21-22), « cette action a changé sa vie ». Le désormais Toulousain a transformé le jeu de la Squadra, laquelle dans son sillage est moins décomplexée. Capuozzo est devenu le facteur X de l’Italie, ce joueur capable de faire bondir les gens de leurs chaises.
« Ange est vraiment super, s›enthousiasme Léonardo Ghiraldini (107 sélections avec l’Italie). Il vient vraiment de réaliser des matches incroyables, des matches de fou. Lui-aussi évolue dans un superbe club (Toulouse). Ange est ce joueur incroyable tout à fait capable de trouver des espaces. Sur la planète rugby, peu de joueurs sont capables de réaliser ce qu’il fait. »
Il demeure un autre facteur important dans le dispositif italien. « S’il fallait limiter le rendement de la Squadra au seul talent d’Ange Capuozzo, ce serait quand même bien trop facile. Ce qui est certain est qu’il bonifie énormément les actions de sa sélection et le jeu prôné par ses équipiers. Il est le facteur X comme il en existe dans beaucoup d’équipes. Après, c’est un collectif avant tout. Cette équipe a bien évolué au niveau de sa ligne de troisquarts. Ils ont récemment inscrit de beaux essais, mais c’est beau de voir Ange Capuozzo évoluer ainsi avec l’équipe d’Italie et encore plus régulièrement avec le Stade Toulousain ».
Alors certes l’Italie souffre encore et toujours de maux chroniques dont une forme d’inconstance. Mais l’international ouvreur géorgien de Montauban Tedo Abzhandadze assure que « les Australiens ont été battus (2827) par des Italiens très forts cet automne. Ils ont très bien joué au rugby. Ils ont marqué beaucoup d’essais. Ils ont mérité de battre les Wallabies. Ange Capuozzo est très bon évidemment, mais ses équipiers ont fait aussi du bon boulot ».
« L’Italie va rentrer dans ce Tournoi avec un nouveau visage. Lors de la tournée d’automne, la sélection a battu l’Australie même si elle n’a pas été loin de perdre. Ils ont quand même mérité cette victoire comme celle contre les Samoa (49-17). Ils leur ont collé plus de 40 points. Contre l’Afrique du Sud (21-63), ils ont tenu une mi-temps. Mais après l’essai de Kolbe, les Sud-Africains ont pris confiance et ont changé de rythme. La Squadra s’est retrouvée en difficulté.
« La sélection sort donc d’un mois de novembre positif. Ils ont montré de belles choses concernant le jeu, l’état d’esprit et une grosse défense. On parle souvent de l’attaque, mais la défense a été très solide aussi. Contre les Australiens, les gars sont montés forts. Ils ont effectué pas mal de plaquages, remporté pas mal de duels physiques. Ils vont pouvoir aborder le Tournoi avec plus de confiance. A eux de surfer là-dessus pour augmenter encore le niveau. Parfois la confiance a manqué aux Italiens. Elle a d’ailleurs été absente lors de leur défaite contre les Géorgiens.
« Il faut donc savoir utiliser cette confiance quand elle est au rendez-vous. Ce mois de novembre a coïncidé avec un redressement de la sélection. L’heure est de montrer un beau visage dans le prochain Tournoi. L’Italie a de quoi pouvoir jouer à haut niveau et gagner des matches, avoir du répondant. Cette forte présence doit également se vérifier dans les deux franchises que sont les Zebre et Trévise. Récemment Trévise a magnifiquement joué contre Bayonne en Challenge Cup (45-7). C’est une excellente chose aussi d’aller puiser de la confiance dans les clubs ».
« L’Italie a remporté une magnifique victoire au Pays de Galles l’an dernier dans le Tournoi en inscrivant un magnifique essai en fin de match (22-21, Padovani, Ndlr). Donc ils peuvent très bien rééditer ce genre de performance. L’Italie peut avoir son mot à dire si elle y met les bons ingrédients dans le jeu avec l’état d’esprit approprié associé à de la confiance et une grande défense.
« La Squadra peut compter aussi sur des joueurs qui ont acquis davantage d’expérience désormais. Certains sont même partis s’aguerrir à l’étranger. C’est le cas du pilier Danilo Fischetti et Luca Morisi (London Irish), Marco Riccioni joue également en Angleterre (pilier des Saracens, Ndlr). La sélection compte désormais sur des joueurs qui ont du vécu à l’étranger. Ils ont pu découvrir un nouveau et autre rugby et cela ne peut qu’être que positif pour l’équipe. La grande clé pour l’Italie dans le Tournoi consistera à commencer à bon niveau tout en le conservant tout au long des rencontres. C’est capital dans une épreuve comme le Tournoi. Après, les résultats suivront naturellement ».
On verra bien quelle sera l’avancée des Italiens lors de ce Tournoi 2023 et s’ils sont en progrès dans la compétition. Mais, contrairement à d’autres années, quelques signes d’optimisme subsistent. Les meilleures sélections du Tournoi sont bien conscientes que l’Italie est capable aussi de produire un beau rugby avec de grandes envolées. Le tout étant de maintenir un bon degré de performance de manière continue avec le moins de trous d’air possibles.
Lors de la tournée d’automne, l’Italie a totalement désintégré les Samoa 49-17, pourtant réputés très physiques. Dans la foulée, l’Italie a battu pour la première fois de son histoire l’Australie (28-27). Ange Capuozzo au sommet de sa forme reste le facteur X de cette équipe d’Italie. Lors de la tournée de novembre et la défaite contre l’Afrique du Sud (21-63), on a vu l’Italie tenir une mi-temps sur deux. Suite à sa chevauchée fantastique qui a fait le tour de la planète l’an dernier contre les Gallois, Capuozzo risque d’être beaucoup plus surveillé dorénavant.
L’Italie battue par la Géorgie 28-19 cet été voit ses adversaires progresser aussi. Ce dimanche, du côté de Batumi, la Géorgie a battu l'Italie (28-19). La première victoire de son histoire contre cette sélection et même contre une sélection du Tournoi des Six Nations. La performance est de taille. Ce dimanche, du côté de Batumi, la Géorgie, treizième nation au classement mondial soit un seul petit rang derrière sa victime du jour, s'est offert le scalp de l'Italie (28-19). Il s'agit de la première victoire de son histoire contre cette sélection et même, de manière plus générale, contre une sélection participant au Tournoi des Six Nations.
Une rencontre durant laquelle Tedo Abzhandadze a été l'auteur d'un total de 20 points, avec un essai, deux transformations mais également deux pénalités. A l'issue de cette rencontre, le sélectionneur géorgien ne voulait absolument pas s'enflammer. Selon lui, cette victoire, aussi historique soit-elle, ne devrait pas permettre à ses protégés de pouvoir disputer ce prestigieux Tournoi. Les Lelos ont, de leur côté, triomphé onze fois sur douze du championnat d'Europe de rugby de deuxième division.
Et leur rêve est donc bel et bien de pouvoir franchir ce cap et intégrer ce fameux Tournoi. Levan Maisashvili, le sélectionneur des Lelos a ainsi notamment déclaré : "Je ne pense pas que le résultat d'aujourd'hui va changer grand-chose sur la possibilité de voir la Géorgie rejoindre les Six Nations. Je ne pense absolument pas qu'ils vont ouvrir la porte sur la base d'un seul résultat." Au micro de RugbyTV Georgia et dans des propos rapportés par l'AFP, Michele Lamaro, le capitaine italien, a tenu à féliciter les vainqueurs du jour : "La Géorgie a été très physique, ils nous ont mis sous pression avec beaucoup de jeu aérien, ils méritent vraiment leur victoire.
L’Italie a du mal à confirmer On avait laissé les Italiens à la fin du Tournoi des VI Nations sur une victoire à Cardiff face au Pays de Galles (21-22) et cette tournée d’été devait confirmer leur renouveau. Au menu, Portugal, Roumanie et Géorgie dans cet ordre. Dès le premier match face aux Portugais, les Italiens ont frôlé la correctionnelle. Privés de Paolo Garbisi et Monty Ioane, les Transalpins sont sortis vainqueurs 31-38 sans avoir mené une seule seconde durant la rencontre. Une semaine plus tard à Bucarest face à la Roumanie, les Italiens ont assuré en s’imposant sur le score fleuve de 45 à 13 en ayant mené 45 à 6. De bonne augure avant d’affronter leur principal rival : la Géorgie. Hélas pour les Italiens, cette rencontre ne s’est pas déroulée comme prévue.
Dépassée dans l’engagement et la fougue des Géorgiens, la Nazionale s’est inclinée 28 à 19 et termine la tournée d’été à la 14e place du classement World Rugby. La Géorgie continue sa progression La Géorgie justement qui a donc battu l’Italie et a même failli accrocher le scalp d’une autre nation majeure du rugby mondial. En effet, pour leur premier match de la tournée d’été, les Lelos se sont seulement inclinés 24 à 30 face à une équipe d’Argentine bis mais malgré tout après un énorme match. Et enfin, les Géorgiens sont venus à bout d’un Portugal accrocheur (23-14) qui progresse lui aussi d’année en année pour finir à la 12e place du classement World Rugby à la fin de cette fenêtre internationale, soit deux places devant l’Italie… De quoi relancer un certain débat sur un éventuel barrage entre le premier du VI Nations B (Rugby Europe Championship) et le dernier du VI Nations que sont souvent ces deux pays. A noter que l’arrière ou ailier de Lyon, Davit Niniashvili (20 ans), a de nouveau été impressionnant.
La Roumanie et l’Uruguay en demi-teinte La Roumanie reste sur une victoire et un revers face à l’Uruguay. Le samedi 9 juillet dernier, les Roumains se sont imposés (22-30) dans la douleur, grâce, notamment, à une importante domination des avants. Le numéro 9, Gabriel Rupanu avait été décisif lors du succès roumain avec 15 points inscrits. À noter que la sélection compte beaucoup moins de joueurs évoluant dans les championnats français que par le passé. Après avoir été écrasée par l’Italie (45-13), la Roumanie s’est inclinée dimanche 17 juillet face à l’Uruguay (26-20). La sélection uruguayenne a donc d’abord chuté face à la Roumanie avant de prendre sa revanche lors du second test. Pourtant largement dominés en conquête, les coéquipiers de l’ouvreur Felipe Berchesi (Dax) et du demi de mêlée de Nice, Augustin Ormaechea, ont résisté pour finalement s’imposer. En bref, les deux nations aux résultats similaires n’auront pas réussi à se départager.
Un Portugal séduisant mais qui ne gagne pas Le Portugal n’avait pas pu se qualifier pour la Coupe du monde 2023 en France après avoir été défait face à l’Espagne (33-28). Lors du dernier match face à la Géorgie, les Portugais ont longtemps lutté mais se sont inclinés face à une équipe des Lelos remaniée (10 changements par rapport à la victoire contre l’Italie).
C'est un débat que l'on croirait vieux comme le monde. Pourtant, cela fait seulement quelques années que les discussions qui entourent conjointement l'Italie et la Géorgie émergent, quand bien même elles ont pris du galon ces 3 dernières saisons. Il faut dire que les 7 années de disette de la Squadra ont appuyé la cause qui réclame qu'un barrage entre le dernier du Tournoi des 6 Nations et le vainqueur du dit "Tournoi B" soit mis en place. HISTORIQUE ! Et alors que cela fait plusieurs saisons que de nombreux observateurs attendaient une confrontation directe entre l'équipe qui a enregistré 36 défaites consécutives dans le Tournoi et celle qui survole son antichambre, ils ont enfin eu la réponse. Le 10 juillet dernier, à Batumi, sur les bords de la mer Noire, les Lelos se sont imposés 28 à 19 face aux Azurris. Et sans trembler, s'il-vous-plaît.
Après un début de match canon, une seconde période maîtrisée et surtout le talent de l'inévitable Davit Niniashvili - auteur de 2 percées exceptionnelles - les Géorgiens se sont imposés devant un écrin flambant neuf dans un état second. "Le match contre l’Italie était super important car il nous a permis de battre pour la première fois une grande nation du rugby, laquelle avait d’ailleurs battu le pays de Galles pendant le Tournoi des 6 Nations (21-22), explique pour Rugbyrama l'ancien toulonnais de 38 ans. […] Cette rencontre, c’était un truc de dingue, il y avait 20 000 personnes au stade et une ambiance extraordinaire… Les gens adorent les Lelos, ici. Le rugby devient de plus en plus populaire en Géorgie."
Mieux et comme aperçu depuis l'après Mondial 2019 pour ceux qui suivent le Rugby Europe Championship régulièrement, cette perle du Caucase n'est plus qu'une nation de piliers. Enfin les 3/4 affluent dans les meilleurs championnats d'Europe et l'éclosion des Kveseladze à Gloucester ou des Lobzhanidze et Abzhandadze à Brive en est l'exemple même. L'émergence de Davit Niniashvili, elle, est une aubaine pour la sélection et lui offre pour la première fois de son histoire un 3/4 qui peut aspirer à devenir un top joueur au niveau mondial.
Dans le même sens, les Lelos possèdent aussi une certaine profondeur de banc à des postes clés désormais. Notamment à la mêlée, ou Gela Aprasidze est un véritable dynamiteur à chaque fois qu'il entre en jeu, et offre aussi à la Géorgie un artilleur longue distance que nombre de nations pourraient lui envier. De même que l'ailier Akaki Tabutsadze est un finisseur qui serait loin d'être ridicule en Top 14. "Les choses changent, dans notre rugby, poursuit Gorgodze. En novembre dernier, les Français ont d’ailleurs pu le constater puisqu’ils ont été accrochés jusqu’au bout à Bordeaux. Mais l’arbitre n’a pas été très gentil avec nous ce jour-là et le score n’aurait pas dû être aussi lourd (41-15)… […] Dans la foulée, on a même fait match nul contre les Fidji (15-15). Mais c’était la grosse équipe des Fidji! WTF.
Il est vrai que lorsqu'elle est bousculée, la Géorgie sait encore se recentrer sur les bases et resserrer le jeu, au près, là où sa densité et son état d'esprit combattif font merveille. Alors, tout ça mis bout à bout, reposons la question : la Géorgie mérite-t-elle d'intégrer le Tournoi des 6 Nations? Forte de ce qu'elle a montré jusqu'ici en 2022 et portée par ses nouvelles têtes, on jurerait que c'est maintenant ou jamais. Du moins en passant par un barrage d'accession afin de ne jamais manquer de respect à une Italie valeureuse, mais toujours limitée, Capuozzo et Garbisi ou pas.
Choyé par son mécène Bidzina Ivanishvili (ancien premier ministre du pays et actuelle 300ème fortune mondiale, note Rugbyrama), le rugby géorgien semble enfin confirmer tout ce qu'on attendait de lui depuis belle lurette. Bien sûr, le problème du déficit de sponsors et de droits télés reste le même du côté de l'ancienne république soviétique. Là, c'est probablement le seul point sur lequel l'Italie a encore un (gros) temps d'avance grâce à Sky Italia et au reste. Mais de l'autre côté de la mer Noire, les résultats et l'argent investi dans les infrastructures et la formation amèneront peut-être les choses à changer. En mars 2021, Tkemaladze évoquait des « des discussions officieuses » avec le comité des Six Nations, et assurait vouloir « commencer des négociations officielles (pour intégrer le Tournoi) dans un futur proche ».

Tableau des Rencontres Récentes Italie vs Géorgie
| Date | Lieu | Résultat |
|---|---|---|
| Juillet 2022 | Batumi | Géorgie 28 - 19 Italie |
| Novembre 2022 | [Lieu à déterminer] | [Résultat à déterminer] |
MASTERCLASS d'Oyarzabal ! 🤯 L'Espagne ÉCRASE la Géorgie 4-0 et se QUALIFIE ! (Analyse Complète)
