Le football, un vecteur d'unité et d'espoir : l'histoire de l'Irak et de la Palestine

Moyen d’unir un peuple à travers sa nation, le football international a permis d’obtenir quelques belles histoires. En 2007, l’Irak avait réalisé un exploit incommensurable en s’offrant l’Arabie saoudite en finale de la Coupe d’Asie grâce à Younis Mahmoud. Il s’agit encore du seul titre des Lions de Mésopotamie.

17 ans plus tard, c’est un autre pays du golfe arabo-persique qui est en train de s’offrir l’une des plus belles pages de son histoire footballistique : la Palestine. Pour autant, cela ne l’empêche pas de s’établir comme une nation émergente du continent.

Comme nous vous l’avons expliqué, jouer une compétition alors que son pays est en proie à la guerre est quelque chose d’assez singulier et la logistique n’a pas été des plus faciles pour la sélection palestinienne. Pourtant, le contexte de guerre reste pesant sur le groupe et de mauvaises nouvelles peuvent vite arriver. Le buteur Oday Dabbagh a notamment perdu son cousin durant la compétition.

Meurtris par ce qui arrive à leurs proches et voulant rendre fier leur peuple qui ne vit pas des moments très agréables, les joueurs palestiniens n’ont pas caché leur intention dans le jeu et ont affirmé leur détermination tout au long de la phase de poules.

Football à Jérusalem

La Palestine en Coupe d'Asie des Nations

Les débuts difficiles

Qualifiée pour la première fois à la Coupe d’Asie des Nations 2015, la Palestine n’avait pas brillé avec des lourdes défaites contre le Japon (4-0), la Jordanie (5-1) et l’Irak (2-0), mais l’essentiel était ailleurs avec une première étape atteinte à travers cette participation.

Progression constante

De nouveau présente lors de la Coupe d’Asie des Nations en 2019, la Palestine avait surpris en neutralisant la Syrie (0-0) et la Jordanie (0-0), mais sa défaite 3-0 contre l’Australie l’empêchait de se qualifier avec une troisième place (6e/6 au classement des meilleurs troisièmes). Une progression était ressentie et cela s’est concrétisé à l’occasion de cette Coupe d’Asie des Nations 2023.

Coupe d'Asie des Nations 2023

Placé dans le groupe C avec l’Iran, les Émirats arabes unis et Hong Kong, la Palestine qui était chapeau 3 et 93e nation FIFA au moment du tirage au sort pouvait espérer la qualification et c’était en tout cas son objectif. Pourtant cela a mal débuté avec une défaite initiale 4-1 contre l’Iran. Un revers qui aurait pu jeter le glas sur les espérances des Palestiniens, mais il n’y en a rien été.

Bien que mené lors de son deuxième match face aux Émirats arabes unis, la Palestine s’est retrouvée en supériorité numérique suite à l’exclusion de Khalifa Al Hammadi puis Bader Nasser a concédé un but contre son camp en seconde période. Les deux équipes se sont donc quittées sur le score de 1-1. Avec 1 point et une différence de but négative de -3, la Palestine devait obligatoirement battre Hong Kong pour se qualifier et si possible avec beaucoup de buts.

Mené par sa star Oday Dabbagh, l’attaquant de Charleroi qui s’est offert un doublé et Zaid Qunbar qui a enfoncé le clou, la Palestine s’est imposée 3-0. Un résultat qui aurait pu offrir la deuxième place du groupe aux Lions de Canaan si les Émirats arabes unis n’avaient pas réduit le score sur le fil contre l’Iran (défaite 2-1). Néanmoins, l’essentiel est ailleurs, assurée d’être dans les quatre meilleurs troisièmes, la Palestine se retrouve qualifiée pour la première fois de son histoire en huitième de finale de la Coupe d’Asie des Nations.

«C’est notre troisième participation consécutive et ce tournoi s’impose comme notre meilleur jusqu’à présent. Avec des objectifs et une ambition clairs, nous avons promis à nos supporters une qualification pour les huitièmes de finale. Même si nous étions dans un groupe difficile, nous avons fait preuve de détermination pour atteindre notre objectif […] Atteindre les huitièmes de finale a mis en valeur l’esprit des joueurs palestiniens et nous visons à maintenir cet esprit pour de futurs succès. Les supporters restent notre motivation numéro un et nous sommes immensément fiers de la façon dont ils encouragent l’équipe nationale palestinienne» avait notamment déclaré le capitaine Mu’sab Al Battat qui évolue à Shabab Al-Dhahiriya SC, club de Cisjordanie.

Marquant l’histoire de son football, cette génération palestinienne veut continuer à défendre ses valeurs et à déplacer les montagnes. «Avec un fort esprit d’équipe, notre ambition est d’avancer loin dans ce tournoi. Désormais, n’ayant plus rien à perdre, nous ferons de notre mieux. Nous avons montré de l’espoir et je pense que nous pouvons maintenir cette concentration pour les prochains matches. Jouer la phase à élimination directe sera complètement différent et j’espère que nous pourrons maintenir ce type de performance», a notamment martelé le sélectionneur Makram Daboub.

La mission sera loin d’être évidente pour les Lions de Canaan lors des huitièmes de finale. Alors que le classement des meilleurs troisièmes n’est pas totalement fixé, les Palestiniens savent qu’ils auront deux adversaires possibles avec l’Australie ce dimanche ou le pays hôte de la compétition, le Qatar ce lundi. Un sacré choc en perspective pour la Palestine qui apporte un peu de lueur à ses compatriotes et un message de communion en cette période trouble pour la "terre des oliviers".

Carte de la Palestine

Matchs amicaux et symboliques

L'équipe nationale d'Irak s'est rendue pour la première fois en Cisjordanie pour affronter la Palestine (3-0). Au-delà de la victoire (3-0), le moment est historique: samedi, la sélection irakienne de football a disputé le tout premier match de son histoire dans les territoires palestiniens occupés.

Quelques 2000 personnes étaient présentes à Al-Ram, à environ 150 kilomètres au nord-est de Jérusalem, pour assister à cette rencontre amicale, mais néanmoins symbolique, non loin du mur de séparation israélienne. La plupart des équipes du monde arabe, dont une grande majorité ne reconnaît pas Israël, refusent de se rendre en Cisjordanie, occupée de plus de cinquante ans par l'Etat hébreu, et ses frontières sont sous surveillance continue.

Depuis des années, la Palestine appelle pourtant les pays arabes à envoyer des délégations sportives ou culturelles afin de briser l'isolement des Territoires. Ce match, pour la Fédération palestinienne, est une victoire malgré la défaite. «Nous appelons les autres équipes arabes à suivre l'exemple de l'Irak et à venir en Palestine», a clamé Susan Shalabi, vice-président de la PFA.

L'hymne palestinien a retenti pour la première fois dans une enceinte sportive à l’occasion de la Coupe d’Asie des nations. Pour les Palestiniens, c’est à la fois un moment historique et une victoire contre l’adversité. Lundi, à Newcastle (Nouvelle-Galles du Sud en Australie), les Palestiniens ont vécu un moment historique. Leur équipe nationale affrontait le Japon, l’un des favoris de la Coupe d’Asie des nations de football, dans un match qu’elle a perdu (4-0). Mais l’essentiel est que, pour la première fois, l’hymne national palestinien a retenti en Australie, pays qui a voté contre le projet de résolution au Conseil de sécurité.

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Un match amical à Bagdad en 2003

BAGDAD (AFP) - L'Irak a battu l'équipe de Palestine 4 à 0 lors d'un match amical à Bagdad devant plus de 50.000 personnes en liesse venues assister à la première rencontre internationale de football dans la capitale irakienne depuis 2003.

Comme lors du premier match amical, à Erbil, au Kurdistan, l'équipe irakienne a facilement dominé l'équipe palestinienne, lui infligeant un premier but au bout de 25 minutes par Hawar Mollah Mohammed. En seconde période, l'équipe irakienne a maîtrisé le jeu et percé la défense palestinienne à deux autres reprises (58, 72). L'attaquant Imad Mohammed est venu alourdir le score par un penalty à la 90e.

Le stade Chaab, dans le centre de Bagdad, était plein à craquer et entouré d'importantes mesures de sécurité. Des barrages avaient été mis en place autour du stade pour éviter des attentats, encore fréquents dans la capitale malgré l'amélioration de la sécurité.

Plus de 50.000 fans étaient présents à la rencontre scandant "Irak! Irak!" alors que des soldats en uniforme, censés assurer la sécurité, dansaient au bord du stade. Les chants des fans ont parfois pris une tournure politique quand ils se sont mis à crier: "Sunnites et chiites sont des frères" mais aussi "Américains dehors!".

L'équipe palestinienne, en provenance d'Erbil, est arrivée moins de trois heures avant la rencontre à Bagdad en raison d'une tempête de sable qui a retardé son vol. Le président de la fédération palestinienne de football, Jibril Rajoub, a salué "la réussite du football irakien avec la présence d'une équipe arabe à Bagdad et celle de milliers de fans".

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