L'Espagne est venue à bout de l'Allemagne dans un choc des quarts de finale de l'Euro 2024 ! La Roja a dominé le pays organisateur à Stuttgart (2-1) au terme de la prolongation. Un choc, du suspense et une grosse douleur pour le public allemand, réduit au silence à la 119e minute sur une tête rageuse du sauveur inattendu Mikel Merino.
Le milieu de la Real Sociedad venait couper un centre de Dani Olmo, homme de ce match. Pourtant, le meneur du RB Leipzig ne figurait pas dans le onze de départ, mais a pris ses responsabilités en remplaçant un Pedri blessé très tôt (8e). Le milieu du Barca n'a pas résisté à l'intensité folle de Tony Kroos et compagnie dans les duels.
Il y a eu douze cartons jaunes au total, plus un rouge (pour Carvajal, 120e) et quelques noms qui manqueront la demi-finale car suspendus. La "finale avant l'heure" a donc d'abord donné lieu à un combat de boxe. La stratégie allemande étant de casser le rythme des hommes de Luis de la Fuente, freinés sur les côtés avec des Lamine Yamal et Nico Williams muselés.
Dani Olmo, qui joue au RB Leipzig a lui aussi révélé que plusieurs de ses coéquipiers en club étaient venu le voir pour lui demander de ne pas la jouer cool face au Japon. "Nous jouerons pour gagner car nous avons toujours cette idée", a rassuré le milieu de terrain.
Analyse de l'Espagne 2-1 France I L'intelligence tactique espagnole à son sommet
Un match intense et disputé
Entre deux équipes aux philosophies de jeu similaires, le match a tenu toutes ses promesses en matière d'intensité. Puis Jordi Alba a raté le cadre de très peu (22e), et Ferran Torres s'est procuré la plus belle occasion: il a repris instantanément un centre de la gauche du point de pénalty, mais son ballon est passé au dessus de la cage de Manuel Neuer (33e).
En face, l'Allemagne a longtemps tenu le choc défensivement, mais a beaucoup peiné à ressortir proprement les ballons, malgré tout le talent de Jamal Musiala en attaque et les rushs de Leon Goretzka pour remonter les ballons balle au pied. Le premier tournant du match a été l'entrée à la 54e minute d'Alvaro Morata.
C'est lui, à la 62e minute, qui a ouvert le score d'une subtile pichenette de l'extérieur du pied droit au premier poteau de Manuel Neuer, sur un service de Jordi Alba (1-0). Mais ce but a donné aux Allemands un surcroît de rage et d'énergie.
Et la Nationalmannschaft a dominé la fin de match, d'abord avec une première tentative de Füllkrug (73e), suivie quelques secondes plus tard d'un arrêt réflexe du gardien Unai Simon sur un tir de Musiala à bout portant. Et c'est encore Füllkrug, servi une nouvelle fois par Musiala, qui a marqué le but de l'espoir d'un tir tendu de près, un geste de véritable buteur, à la 83e minute.
La prolongation n'a longtemps montré qu'un triste spectacle entre deux équipes à bout de force et décidées à tout verrouiller pour se risquer aux tirs au but. La Mannschaft a été relancée par Florian Wirtz, mais a fini par céder.

Dani Olmo, le facteur X
L'homme du match : Dani Olmo (8,5) : percutant dès son entrée en jeu après la sortie de Pedri sur blessure, le joueur du RB Leipzig a rapidement tiré son épingle du jeu dans un match très haché. Que ce soit par la passe (37e) ou en prenant sa chance de loin (40e), il aura essayé avant d’être récompensé.
Servi par Yamal, il trompait Neuer d’une frappe parfaite en première intention (52e). Toujours juste techniquement et disponible pour ses partenaires, il aura finalement été le héros de ce quart de finale après avoir débuté ce choc sur le banc… En délivrant un centre parfait pour Merino, il envoyait les siens dans le dernier carré au bout du suspense. Le facteur X.
Olmo, l'homme qui a tout changé. L'ailier du Barca n'a eu besoin que d'un espace pour déborder David Raum et centrer au point de penalty et servir Olmo, qui n'avait qu'à ajuster Manuel Neuer (51e) pour ouvrir le score. Histoire de lancer la Roja et de débrider enfin la partie.
Décidée à se replier et à ne faire que descendre, l'Espagne a longtemps tenu grâce à un Unai Simon inspiré devant Niclas Füllkrug (70e) mais surtout sur une envolée devant l'attaquant de Dortmund (117e). Malheureux avec un poteau (77e) et une dernière tête à côté (120e+3), Füllkrug a apporté du dynamisme dans une attaque où Leroy Sané ne s'est jamais montré, et où Jamal Musiala n'a pas trouvé les clés.
Mais c'est surtout Florian Wirtz qui a emmené la Mannschaft en prolongation avec une reprise de volée pleine de réussite, sur une déviation de Joshua Kimmich (89e). Jusqu’à l’éclair espagnol. Sur un centre venu de la gauche de Dani Olmo, Mikel Merino a crucifié Manuel Neuer d’une tête imparable (2-1, 119e).
Avec cette qualification acquise aux forceps après plusieurs assauts allemands pour revenir, et un carton rouge contre Dani Carvajal (120+5e), l’Espagne est la première nation qualifiée dans cet Euro 2024. Impressionnante de maîtrise, la Roja a sorti le pays-hôte au terme d’une bataille épique ce vendredi. L’Allemagne, auteure d’un parcours et d’un match plus que satisfaisants, sort par la grande porte et prend rendez-vous pour les prochains tournois.
Les notes des joueurs espagnols
- Simon (7) : dernier rempart de Bilbao, le numéro 23 de la Roja n’a pas eu grand-chose à faire au cours du premier acte.
- Carvajal (6,5) : latéral droit du Real Madrid, l’Espagnol de 32 ans s’est montré à la hauteur du rendez-vous, sans pour autant crever l’écran aux abords de la surface adverse.
- Laporte (7,5) : aujourd’hui sous les couleurs d’Al-Nassr en Arabie saoudite, le défenseur franco-espagnol n’a pas tremblé face au quatuor offensif allemand.
- Le Normand (6) : aligné aux côtés de Laporte dans l’axe de la défense espagnole, le joueur de la Real Sociedad a, lui aussi, globalement bien tenu son rang.
- Cucurella (5,5) : titularisé au poste de latéral gauche, le talent de Chelsea a montré une belle activité.
- Pedri (non noté) : incarnant le futur du football mondial, le crack du FC Barcelone n’aura pas eu l’occasion de briller dans ce match décisif.
- Ruiz (7) : rayonnant depuis le début de l’Euro 2024, le milieu de terrain du PSG était une nouvelle fois présent dans l’entrejeu de la Roja.
- Rodri (8) : loué par ses pairs, à l’image d’Ilkay Gündogan, l’homme fort de Manchester City commençait ce choc au sommet dans un rôle de sentinelle.
- Yamal (7,5) : à la tête de tous les records de précocité, la jeune pépite barcelonaise était logiquement alignée dans le couloir droit de l’attaque espagnole.
- Morata (5,5) : seul en pointe, le buteur de l’Atlético de Madrid, décisif contre la Croatie lors de l’entrée en lice de la Roja, avait à cœur de briller pour ce quart de finale.
- Williams (6) : étincelant depuis le début de la compétition, l’ailier de Bilbao, ardemment convoité par le Barça au cours des dernières semaines, était encore présent sur l’aile droite de l’attaque espagnole.
Les notes des joueurs allemands
- Neuer (4,5) : compte tenu de l’affiche, le dernier rempart de la Mannschaft s’attendait à être mis à contribution à Stuttgart.
- Kimmich (5) : convaincant face aux Scandinaves, le latéral du Bayern Munich a eu une belle activité sur l’aile droite face à l’Espagne.
- Rüdiger (5) : après avoir réalisé un très grand match au tour précédent, le défenseur du Real Madrid avait fort à faire face à l’invincible armada espagnole.
- Tah (3,5) : suspendu face au Danemark, le colosse d’1,95m effectuait son grand retour dans la charnière centrale allemande aux côtés de Rüdiger.
- Raum (4) : très impliqué offensivement face aux Danois, le latéral gauche de Leipzig avait logiquement gagné sa place de titulaire au détriment de Mittelstädt.
- Can (3,5) : invité de dernière minute dans la liste de Nagelsmann pour l’Euro, l’expérimenté milieu de terrain de 30 ans débutait à la surprise générale dans le double pivot de l’entrejeu, en lieu et place d’Andrich.

Tableau récapitulatif du match
| Statistique | Espagne | Allemagne |
|---|---|---|
| Possession | 58% | 42% |
| Tirs cadrés | 7 | 5 |
| Passes | 650 | 480 |
| Duels gagnés | 55% | 45% |
| Fautes commises | 15 | 18 |
| Arrêts | 4 | 5 |