Le hockey universitaire masculin de Division 1 en France est un championnat passionnant et compétitif. Cet article explore en détail les dynamiques de cette division, les équipes en lice, les enjeux de la saison, et les nouveautés mises en place par la Fédération Française de Hockey sur Glace (FFHG).

Évolution et Structure de la Division 1
Le passage de la Division 1 à 16 clubs est perçu par la fédération comme une étape de sa structuration, réduisant ainsi l'écart entre la longueur de la saison régulière de Ligue Magnus (44 journées) et de D1 (désormais 30 journées au lieu de 26), un calendrier qui constitue un des seuils les plus importants à franchir dans le saut de division. C'est une première adaptation avec cinq journées organisées le mardi, contre une seule l'an passée hors veille de jour férié.
Nouvelle Formule de Compétition
Le suspense ne devrait pas être absent pour autant, notamment en raison de la nouvelle formule élaborée par la FFHG. Seuls les quatre premiers accèderont directement aux quarts de finale, alors que les équipes classées de 5 à 12 joueront un barrage très incertain au meilleur des trois manches (une formule dont on a souvent vu en D2 qu'elle pouvait engendrer de grosses surprises). Néanmoins, la crainte est que cet élargissement à seize équipes constitue un nivellement par le bas.
C'est malheureusement déjà le cas sur le plan des feuilles de match. Le promu de l'an passé Valenciennes ne remplissait pas les joueurs présents sur la glace lors des buts, ce qui faussait - un peu - les stats des adversaires et - totalement - les fiches +/- de ses joueurs. Cette saison, les promus Villard-de-Lans (tirs, engagements et +/-) et HCMP (tirs et engagements) sont tous deux défaillants pour leur première feuille de match à domicile.
Focus sur les Clubs et Leurs Ambitions
Dunkerque: Les Corsaires en Quête de la Ligue Magnus
Le président du HGD Franck Vanwormhoudt l'a affirmé, il veut l'accession sportive en Ligue Magnus, via le titre de division 1. Le dossier de candidature du club a été validé mais les Corsaires ont échoué en demi-finale du championnat face à leurs homonymes nantais pour cette première saison de grandes ambitions.
Les Nordistes se sont placés sur la carte du hockey français lorsque leurs supporters ont mis une ambiance fantastique à Bercy pour la finale de la Coupe de France. En attendant que cette tribune soit construite (en 2028), Dunkerque optimise ses recettes sur l'existant. Même si la nette hausse des tarifs en a fait râler certains, tous les abonnements ont été vendus. Les spectateurs savent qu'il reste peu de billets en vente, car les 1437 places sont toujours pleines. Avec un budget en hausse, les Corsaires ont construit une équipe pour monter.
Le choix le plus fort a été de mettre en concurrence le gardien vétéran local Léo Bertein avec un étranger de haut niveau. En défense, Lubomir Dinda est sorti du lot par sa vision du jeu exceptionnelle et Adam Young - bien installé avec sa compagne dunkerquoise - est un "étranger local" qui fait bien le travail pour une troisième paire. Ils resteront appariés à deux jeunes formés au club (Martin Poirier et Pierre Vervoort) qui ont été de très bons compléments l'an passé.
Certes, les Corsaires ont déploré le départ de leurs trois centres majeurs car il était impossible de garder Colley et Broutin avec l'effet de loupe de la coupe. L'enfant du pays Joseph Broutin est parti goûter à la ligue Magnus du côté de Nice, mais peut-être reviendra-t-il plus tard, plus expérimenté, pour la vivre à Dunkerque... Il y a aussi un étranger de moins (car une place a été utilisée dans les cages).
On ne peut pas demander à Rayan Belharfi - de retour au club après avoir gagné en expérience - et à Antonin Germond de remplacer Broutin plus un étranger, ce sont des bosseurs mais ils n'ont pas les mêmes qualités offensives. Les autres cadres sont encore là : Vit Budinsky a encore été le meilleur marqueur à 35 ans, Romain Carpentier est de plus en plus costaud dans les duels et le grand travailleur Antoine Torres a été adopté par le public dunkerquois. Sans compter le capitaine Clément Thomas qui reviendra de blessure mi-octobre.
Et s'il n'y a que deux recrues offensives étrangères, ce sont les deux attaquants-clés des deux finalistes sortants. Zachary Daneau est polyvalent et gratteur, tandis que la technique et la vision du jeu de Jeremiah Luedtke le rendent capable de passes imprévisibles. C'est pour cela que Luedtke a été élu meilleur centre de la saison (devant Broutin !).
Composition de l'équipe de Dunkerque
| N° | Nom | Prénom | Naissance | cm | kg | Club formateur | Club & Chpt 2023/24 | MJ | Min | Moy. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| COUAILLET | Nunzio | 17/09/2005 | 187 | 80 | Mulhouse | Dunkerq | ||||
| 17 | HETMANIUK | Ybann | 29/12/2007 | 189 | 74 | Dunkerque | Dunkerq | |||
| 27 | BARBERIS | Stamatios | 19/01/1998 | 180 | 84 | (Canadien) | Carleton U. |
Caen: Un Nouveau Cycle et des Ambitions Renouvelées
Caen a déposé un dossier d'accession en Ligue Magnus pour voir ce qui manquait, et pouvoir en discuter avec les élus, y compris dans la diminution des séances publiques qu'impliquerait la montée. Les créneaux de glace sont en effet tous pleins à la patinoire Caen la Mer et le club refuse du monde.
Dans le même temps, le Hockey Club de Caen a vu l'ouverture juste à côté du nouveau palais des sports Caen la Mer à 40 millions d'euros pour le basket et le handball, ce qui a permis un gros développement économique des deux clubs résidents. Le HCC, lui, a dû refuser un gros sponsor à 50 000 euros parce qu'il était dans l'incapacité de lui proposer une loge privée pour 6 personnes.
C'est pourquoi il a proposé de financer la moitié d'un chantier à 800 000 euros qui consisterait à remplacer la passerelle technique utilisée par la presse par une véritable charpente accueillant des loges : cette demande nouvelle est à étudier par l'agglomération et pas encore budgétée.
Cela fait deux ans que Caen termine deuxième en saison régulière mais sort déçu des play-offs (en demi-finale puis en quart de finale). Un changement de cycle a donc été décidé. La troisième année de contrat de Julien Guimard a été annulée et son adjoint Jaroslav Prosvic lui succède un an plus tôt que prévu.
Même si Prosvic doit prendre ses marques dans sa nouvelle fonction, il serait dangereux de négliger Caen à cause de la perte de ses imports. Déjà, Caen a toujours ses cadres d'expérience et ses jeunes issus de son excellente formation, ce qui lui donne un réservoir plus large que ses concurrents. En plus, les nouveaux étrangers ne sont pas moins bons que leurs prédécesseurs.
Filip Hudák est un centre technique et rapide qui avait passé une saison anonyme en Magnus à Briançon mais tournait à 1 point par match en D1 dans ses trop courts passages à Clermont (bref à cause du Covid) et à Tours (abrégé par une blessure). En dépit des dernières lignes peu clinquantes de leurs CV, les ailiers qui entourent Alexandre Mulle en première ligne ne doivent pas manquer de potentiel offensif.
La recrue de dernière minute en défense en impose aussi. Grand mais plutôt mince, Marc-Antoine Pépin n'est pas un arrière particulièrement agressif, c'est surtout un patineur fluide aux larges foulées et aux qualités intéressantes avec le palet.
Il ne faut pas forcément se fier aux deux étrangers de moins annoncés pendant l'été. Il semble bien que le recrutement de Pépin soit lié aux difficultés en défense et à une rechute du genou de Jonathan Janil (victime d'une rupture des ligaments postérieurs en novembre dernier). Il est donc indépendant du remplacement imminent de l'Américain Matt Allen, qui a malheureusement dû repartir aux États-Unis fin septembre après le décès soudain de sa mère.
Composition de l'équipe de Caen
| N° | NOM | Prénom | Naissance | cm | kg | Club formateur | Club & Chpt 2023/24 | MJ | Min | Moy. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 44 | MARKHAUSER | Liam (A) | 12/02/1999 | 180 | 75 | (Canadien) | Uni. | |||
| 88 | PÉPIN | Marc-Antoine | 07/03/2001 | 193 | 86 | (Canadien) | 3-Riv./Ft.W. | |||
| 37 | PARÉ | Samy | 22/12/2001 | 173 | 75 | (Canadien) | Ples./3-Riv. |
Épinal: Entre Stabilité et Ambitions Mesurées
Malgré son budget équivalent à certains clubs de Ligue Magnus, un budget qui atteint un seuil rendant obligatoire la création d'une SASP (ce qui constituerait déjà une première étape à franchir), Épinal continue de temporiser concernant la montée, en pointant notamment le manque de créneaux pour le hockey mineur.
Deux dossiers ont été mis sur la table de la communauté d'agglomération : la seconde glace attenante et la création d'une tribune supplémentaire pour accueillir les 500 personnes qui restent sur liste d'attente à chaque match. Les supporters vosgiens s'impatientent et craignent que, faute d'ambition, leur équipe végète. Titrée en 2023, troisième en 2024, reculera-t-elle encore ? Pas si certain. Les Wildcats restent parmi les cadors de la division, même s'ils se contentent de l'existant.
Le second gardien n'est pas la priorité du club, mais est-il pertinent de s'en payer un pour faire banquette derrière le titulaire indiscutable Antoine Bonvalot, même si ses fréquentes blessures inquiètent ? La défense s'est améliorée. Les deux éléments les plus faibles ont été remplacés par la puissance dans les duels de Jakub Adamek, bon patineur pour son gabarit, et par le rappel d'un joueur resté attaché au club (Audric Donnet).
Forcément, on remarque que l'on privilégie toujours des grands gabarits défensifs, pas des gens qui se projettent vers l'avant. Cela rèflète en fin de compte la stratégie du club. L'attaque a connu beaucoup de fins de carrière : le très technique Jaroslav Markovic (dont les jambes ne suivaient plus les mains), son compatriote slovaque Nemcek - contraint à arrêter le hockey pour raisons médicales - et les deux cadres historiques locaux Nathan Ganz et Kévin Pernot qui deviennent entraîneurs à temps plein pour le hockey mineur.
Là encore, c'est la volonté du club d'investir plus que jamais dans les jeunes, via l'amélioration de l'encadrement et la multiplication des stages. Épinal veut continuer à faire progresser son équipe junior et a donc recruté des joueurs pouvant évoluer à la fois sur la quatrième ligne de Ligue Magnus et en U20 (on rappelle que cette catégorie a gardé ce nom trompeur tout en incluant les U21 comme Josep Tufet).
Et parmi eux, le retour d'un junior spinalien exilé depuis trois ans en Alsace, Timothée Manjard. C'est un bon investissement à moyen terme car les cadres vieillissaient. Épinal semble tout à fait apte à rester dans le top-4. Cette construction d'effectif vue comme minimaliste ne le serait pas tant que ça.
Composition de l'équipe d'Épinal
| N° | NOM | Prénom | Naissance | cm | kg | Club formateur | Club & Chpt 2023/24 | MJ | Min | Moy. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 70 | OLIVIER | Rémy | 20/04/2006 | 187 | 80 | V. | Va. |
Tours: Viser le Top-4 avec une Équipe Remaniée
Si Tours a fini sixième de la saison régulière comme la saison précédente, c'était plutôt bien payé. L'équipe n'avait pas assez de créativité ou de métier en attaque pour déstabiliser les équipes les mieux organisées, et elle n'a donc surpris personne en play-offs, contrairement à l'année d'avant (finaliste). Les unités spéciales, qui étaient parmi les meilleures en 2022/23, ont été dans les moins bonnes du championnat en 2023/24.
Le meilleur joueur a clairement été le gardien Sébastien Raibon. Il a par conséquent été prolongé pour deux ans, ce qui correspond au mandat de la présidente (Sofia Vigneux) et des deux entraîneurs (Frank Spinozzi et Stéphane Gros). Mais devant lui, c'est la grande lessive en défense. Il ne reste plus personne sauf Andrea Palat, qui engage à fond son petit gabarit et commet peu d'erreurs.
Et ces nouvelles lignes arrières auront un bien meilleur apport offensif, à l'instar de Mark Shroyer qui a fait ses preuves à Morzine. Quand le pur défenseur défensif Martin Ropert s'est blessé en préparation pour un à deux mois, son absence a d'abord été palliée par Mathieu Frecon, mais l'ex-capitaine de Cholet - qui y jouait défenseur l'an passé - a été recruté comme centre ou ailier droit, ses postes d'origine.
Juste avant le début de la compétition, Tours a donc choisi de se séparer d'un de ses attaquants canadiens (Samuel Guilbault, recasé au HCMP) pour engager un quatrième défenseur étranger, Phil Kiss, qui sait bien organiser le jeu. Il ajoute ainsi de la qualité à la ligne bleue, en plus de la technique et du lancer d'Erik Näslund. Seul l'Autrichien Mario Ebner est essentiellement destiné aux tâches en zone défensive.
L'attaque s'appuie sur une recrue majeure, elle aussi engagée pour un cycle de 2 ans. Kyle Gibbons a été joueur de l'année en Oberliga en 2018 lors de la montée de Deggendorf, qu'il a accompagné en DEL2 avec plus d'un point par match (sans empêcher la redescente). Certes, à 33 ans, il est un chouia moins vif, mais il n'a rien perdu de sa finesse et de son efficacité. Il est aligné avec l'énergique Fabien Metais (toujours prêt à rendre service et succédant logiquement au retraité Birolini comme capitaine) et le centre Connor Jean.
Surtout, il y a donc un attaquant de moins, sacrifié pour une recrue défensive, et seulement onze joueurs devant. C'est dommage d'avoir ce trou car ce sont onze bons joueurs établis de D1, souvent des joueurs de rôle comme Spinozzi les aime (le finisseur de slot Elie Raibon ou l'attaquant défensif toujours bien positionné Kenny Martin).
Esteban Ragot avait pour sa part été prêté à Tours quand il jouait en Ligue Magnus avec Bordeaux et sa saison presque blanche a une raison simple, il devait partir au Canada pour un stage de 6 mois comme conseiller en placement financier ; il boucle maintenant sa licence à l'ESSCA, l'école de commerce d'Angers.
Les Remparts joueront-ils la saison à onze ? Les jeunes ne semblent pas encore aptes à compléter l'effectif même si le nouveau partenariat avec Orléans (promu en D2) doit être le chaînon manquant.
Avec la nouvelle formule, il est important que Tours vise le top-4 de saison régulière, qui n'a plus été atteint depuis... 2017. À vrai dire, cela aurait aussi dû être le cas en 2020 sans les points de pénalité qui appartiennent à l'histoire.
Aujourd'hui le dossier financier des Remparts ne suscite plus d'inquiétude à la fédération même si le club reste sous suivi le temps de solder un dossier URSSAF. Il n'y a donc plus le moindre handicap de départ : la patinoire a même été mise à disposition deux semaines plus tôt, dès début septembre, avec des travaux pour installer un ascenseur vers la salle du deuxième étage qui pourra accueillir les VIP.
Composition de l'équipe de Tours
| N° | Naissance | cm | kg | Club formateur | Club & Chpt 2023/24 | MJ | Min | Moy. | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 15 | LE COZ-BRUHMULLER | L. |
Strasbourg: L'Étoile Noire et l'Ambition de Bourdages
Comme bien d'autres patinoires de D1, l'Iceberg affiche enfin complet, mais cela ne fait que rappeler que cette infrastructure était trop petite dès sa construction, il y a maintenant près de 20 ans. C'est long, 20 ans, mais c'est peu au regard des 35 ans du mandat d'entraîneur de Daniel Bourdages.
35 ans et pas un de plus pour le recordman toutes catégories, puisque le Canadien prendra sa retraite en fin de saison. Pas sûr que le championnat un peu rallongé incite Tomáš Hiadlovský au repos passager : le gardien slovaque n'a pas manqué un match depuis quatre saisons, ni une seule minute depuis deux saisons ! Il est aussi inamovible que les défenseurs canadiens sont migrateurs : tous trois sont encore partis, ce n'est pas faute de leur avoir proposé une prolongation de contrat. L'Étoile Noire a peut-être gagné au change.
Les stats de Carson Kosobud - ses points mais aussi ses pénalités ! Le profil le plus imprévisible et atypique est à coup sûr celui de Benjamin Gagné, qui avait déjà failli plaquer le hockey pour le football américain en junior maj...
Julien Mariani, 11ème de l'EPT Paris : "J'ai craqué après mon bust"

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