Le hockey sur glace en Tunisie est une discipline sportive relativement nouvelle, mais qui connaît un essor prometteur grâce aux efforts de passionnés et à des initiatives novatrices. Cet article explore l'histoire de ce sport en Tunisie, son développement récent et les perspectives d'avenir.

Carte des pays membres de l'IIHF (2024)
Les Premiers Pas du Hockey sur Glace en Tunisie
En 2008, l'Association Tunisienne de Hockey sur Glace (ATHG) a été créée, marquant un tournant dans l'histoire de ce sport en Tunisie. Ihab Ayed, le président de l'ATHG, a été interviewé sur TV5 Monde, en présence de René Fasel, président de la Fédération Internationale de Hockey sur Glace (IIHF), et de Adel Fekih, ambassadeur de Tunisie en France.
Le 14 juin, une sélection nationale de la Tunisie a disputé un match de hockey sur glace pour la première fois de son histoire. Cette rencontre a réuni un groupe de 25 joueurs d’origine tunisienne évoluant dans différents pays d’Europe. L'équipe était coachée par le Finlandais Vesa Surenkin.
Cette initiative, soutenue par des partenaires comme Synerglace, Tunisair et l’ambassade de Tunisie en France, a pour objectif de « promouvoir, développer et encadrer le hockey sur glace en Tunisie », selon les dires du Président de l’ATHG.
Défis et Objectifs de l'ATHG
Après cette rencontre historique, plusieurs objectifs restent à atteindre pour l’ATHG :
- Obtenir le soutien du Ministère des Sports tunisiens pour créer une Fédération et être reconnu par l’IIHF.
- Construire la première patinoire du pays, prévue dans le cadre du projet de construction d’un centre commercial à Tunis, l’Ice Mall.
L'Émergence de Nouveaux Talents et la Participation aux Jeux Olympiques de la Jeunesse
Pour la première fois de son histoire, trois Tunisiens ont représenté leur pays aux Jeux olympiques d’hiver de la jeunesse. Jonathan Lourimi a même décroché une médaille d’argent en bobsleigh, un an après avoir débuté ce sport. Fort de ce succès, ils veulent désormais développer les sports d’hiver en Tunisie.
Beya Mokrani, Sophie Ghorbal et Jonathan Lourimi sont entrés dans l’histoire en représentant pour la première fois la Tunisie aux Jeux olympiques de la jeunesse d’hiver, organisés à Gangwon, en Corée du Sud.
Jonathan Lourimi a décroché une médaille d’argent en bobsleigh dans la catégorie « monobob hommes ». « Jamais je n’aurais imaginé pouvoir en arriver là », a-t-il confié.
La Genèse d'une Idée et le Soutien International
Une idée lancée par les ministères coréens de la Culture et des Sports a créé une fondation pour rendre accessibles les sports d’hiver aux jeunes venant de pays peu représentés dans ces disciplines. Ihab Ayed a posté une annonce sur les réseaux sociaux, invitant les jeunes Tunisiens à participer. Les seuls critères étaient d'être tunisien, disposer d’un passeport valide, avoir un intérêt pour le sport et le goût de l’effort, et être vacciné contre le Covid.
C’est ainsi que Beya, Sophie et Jonathan se sont envolés pour la Corée du Sud en juin 2022, où ils ont effectué une série de tests physiques et psychologiques avant d’être initiés à l’ensemble des sports d’hiver.
« On nous a proposé d’essayer le bobsleigh car on avait les capacités physiques requises et c’était assez facile de se qualifier pour les Jeux d’hiver de la jeunesse, il restait des places », raconte Sophie Ghorbal.

Exemple de patinoire de hockey sur glace
Entraînement et Préparation
L’entraînement a débuté pour les trois adolescents, qui poursuivent leur scolarité en parallèle. La Tunisie n’ayant pas d’infrastructures pour les sports d’hiver, Beya Mokrani et Sophie Ghorbal alternent entre stages à l’étranger et séances de musculation et d’athlétisme au centre médical sportif de Tunis. Jonathan Lourimi peut s’entraîner en conditions réelles en Suède, où il réside.
Les trois jeunes ont également profité des conseils avisés de Patrick Brown, le coach des « Rasta Rockett », quatre bobeurs jamaïcains qui avaient représenté leur pays pour la première fois aux Jeux olympiques d’hiver en 1988.
Un Avenir Prometteur
En plus des résultats, ces pionniers atteignent également leurs objectifs extra-sportifs : « Les gens sont fiers de nous en Tunisie. Certains nous écrivent car ils ont envie d’essayer le bobsleigh. Un nouveau sport est né dans le pays alors qu’il n’y a pas de neige. C’était le but », savoure Sophie.
« Cela fait dix ans que je voulais en arriver là, ajoute Ihab Ayed. Quand j’ai développé le hockey sur glace, les gens me prenaient pour un fou. Aujourd’hui, ils se disent que je ne suis pas fou finalement. On a apporté une médaille olympique à la Tunisie. C’est un gage de crédibilité auprès du ministère des Sports et de l’opinion publique. C’est la seule solution pour permettre à ces trois enfants de poursuivre leurs rêves. Ils sont devenus des pilotes de bobsleigh, ils ont goûté à l’adrénaline, ils en veulent plus maintenant. »
L’appétit de Jonathan, Beya et Sophie est en effet grandissant. « J’aimerais continuer mais cela va dépendre de la suite, explique Sophie.