La finale du tournoi olympique masculin de hockey sur glace oppose le Canada aux États-Unis, un affrontement attendu et chargé d'histoire. Ce match, au-delà de l'aspect sportif, est un concentré de tensions géopolitiques et de rivalité historique, promettant des étincelles sur la patinoire.

Un Choc Attendu aux Jeux Olympiques
Tous les amateurs de hockey rêvent de cette affiche depuis l’annonce d’un accord entre le CIO et la NHL pour libérer tous les joueurs de la meilleure ligue au monde. Une grande première depuis les JO de Sotchi 2014, ce qui a contribué à créer un engouement mondial jamais vu autour de ces deux véritables « Dream Teams ».
L'affiche entre les États-Unis et le Canada est l’une des plus grandes rivalités sportives dans le monde des sports collectifs. Outre le fait de montrer qui est la meilleure nation au monde sur la glace, il s’agit d’affirmer sa supériorité face au voisin. De la première finale entre les deux sélections aux JO de 1924 à Chamonix à celle de 2010 à Vancouver, les chocs américano-canadiens ont souvent été âpres, brutaux même.
Les Superstars sur la Glace
Pour la première fois depuis les Jeux de Sotchi 2014, la NHL a autorisé les joueurs de ses franchises à participer aux Jeux. Parmi les vedettes présentes, on trouve côté canadien le redoutable Connor McDavid, le vétéran Sidney Crosby, légende des Pittsburgh Penguins et déjà vainqueur des JO en 2010 et 2014 mais incertain pour la finale en raison d’une blessure, ou le jeune prodige des San Jose Sharks Macklin Celebrini (19 ans), actuel meilleur buteur du tournoi avec cinq buts. Les Américains eux, sont emmenés notamment par les frères Matthew (28 ans) et Brady (26 ans) Tkachuk, particulièrement populaires de l’autre côté de l’Atlantique.
L'attaquant d’Angers garde un souvenir majeur des quatre premières rencontres olympiques de sa carrière : « Jouer contre ce Canada-là, ça signifie se retrouver face à des superstars de plusieurs générations. Je pense à Sidney Crosby, Connor McDavid, Nathan MacKinnon, trois attaquants qui sont des extraterrestres de ce sport, plus le jeune Macklin Celebrini. C’était pour nous la chance d’une vie, on a affronté ce qui se fait de mieux dans l’histoire du hockey ».
Tensions Politiques et Rivalité Exacerbée
La rivalité a dernièrement été exacerbée par les tensions politiques entre les deux pays après les multiples attaques verbales de Donald Trump visant le Canada et le brûlant sujet des droits de douane. En février 2025, le match Canada-USA à Montréal - le premier en neuf ans - pour le compte du tournoi des quatre nations avait même viré au chaos, sous les yeux du Premier ministre canadien démissionnaire Justin Trudeau. Après que l’hymne américain avait été copieusement sifflé par le public québécois, trois bagarres avaient éclaté dans les neuf premières secondes de la partie. Dont deux impliquant les frères Tkachuk.
Le 2 février 2025, les supporteurs des clubs de hockey canadien de Calgary et d’Ottawa, qui recevaient des équipes américaines, ont hué l’hymne national des États-Unis. Une démarche qui a choqué de l’autre côté de la frontière et qui s’est répétée à de multiples reprises, en hockey comme en basket.
« Au hockey, tu ne peux pas toujours avoir des gars qui servent la messe le dimanche, sourit le journaliste québecois. Eux, ils aiment par-dessus tout jouer le rôle des vilains. En plus, ils avaient publiquement annoncé être des soutiens de Donald Trump, et ce contexte géopolitique a joué un rôle dans ces bagarres. » Réélu un mois plus tôt à Washington, le président américain balançait en boucle sa lubie de faire du Canada son 51e Etat, tout en décidant d’augmenter les droits de douane.
« Vous ne pouvez pas prendre notre pays - et vous ne pouvez pas prendre notre sport », a écrit sur X le Premier ministre canadien Justin Trudeau quelques instants après la fin du match, en référence aux propos du président américain Donald Trump prônant l'annexion du Canada par les Etats-Unis pour en faire le "51e Etat" de l'Union.
Un Match Plus Disputé Que Jamais
Neuf fois vainqueur de la compétition olympique (la dernière en 2014), le Canada - où le hockey demeure encore et toujours le sport roi - arrivait en Italie avec l’étiquette de favori il y a trois semaines de cela. Mais sa qualification pour la finale a été beaucoup plus douloureuse que prévue.
« Ça sera du hockey d’une rare intensité, probablement jamais vue. Deux des meilleures équipes de tous les temps s’affrontent, et ça va être un match d’anthologie », conclut ce cher Brady Tkachuk, dont le père avait perdu l’or olympique, en 2002 à Salt Lake City, contre le Canada (2-5).
Jeremy Filosa actualise le contexte autour de cette tenace rivalité : « La situation géopolitique est très différente de février 2025, où les propos de Trump étaient tout chauds. Mais avec toutes "ces pièces d’hommes", s’il y a une grosse mise en échec, ça pourrait être impossible de contrôler la violence derrière. Ces gars régleront les comptes qu’il y a à régler, même avec les risques d’expulsion ».
En conférence de presse de veille de match, l’entraîneur canadien Jon Cooper n’a pas été avare en punchlines pour bien placer la dimension « unique » de ce rendez-vous. « Les joueurs de NHL n’ont pas pu participer à des JO depuis douze ans. Certains de ces jeunes portaient encore des couches à l’époque ! Le 4 Nations nous a appris à quel point notre sport est intense, et ça n’était que l’apéritif. Le plat principal arrive ce dimanche. Ça sera du hockey sous stéroïdes ! »
| Équipe | Médailles d'or aux JO (Hommes) |
|---|---|
| Canada | 9 |
| États-Unis | 2 |