Histoire et statistiques du hockey sur glace en Autriche

Le hockey sur glace, un sport d'équipe palpitant, se joue sur une patinoire spécialement aménagée dans le but de marquer des buts en envoyant une rondelle de caoutchouc vulcanisé dans le but adverse. Le hockey est originaire du Canada et s’est développé à la fin du XIXe siècle en Amérique du Nord.

Un match de hockey sur glace.

Au niveau mondial, le hockey est pratiqué dans de nombreux pays. L'un des championnats les plus connus au monde est celui de la Ligue nationale de hockey en Amérique du Nord (LNH), qui existe depuis 1917. Des compétitions internationales récurrentes sont également organisées par la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF). Ainsi, chaque année, des championnats du monde sont organisés que ce soit pour le hockey sur glace féminin ou masculin et ceci pour différentes catégories d'âges.

Les origines du hockey

Depuis l'Antiquité, l’homme joue à des jeux où un objet est frappé avec un bâton incurvé. L’utilisation du mot « hockey » pour désigner de tels jeux est attestée depuis 1785 mais son étymologie est incertaine.

Les Européens qui se sont établis en Amérique du Nord y ont introduit une multitude de jeux similaires au hockey, tels que la crosse française, le shinty écossais, le hurling irlandais et le hockey sur gazon, joué en Angleterre. Ces jeux semblent avoir été adaptés pour être joués sur la glace et avoir importé certains aspects du jeu de la crosse (comme la dureté physique) joué par les Iroquois.

Le 3 mars 1875, un match de hockey sur glace avec des règles est joué pour la première fois en intérieur, au Victoria Skating Rink, sous l'impulsion de James Creighton. Le match oppose deux équipes composées de neuf joueurs chacune, des gardiens de buts, un arbitre, une rondelle, des règles sur lesquelles les protagonistes se sont mis d'accord, un temps de jeu limité à raison de soixante minutes et enfin un score noté.

Création de la Fédération Internationale de Hockey sur Glace

La Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF), la fédération sportive régulant le hockey sur glace au niveau international, est créée sous l'impulsion de Louis Magnus le 15 mai 1908 à Paris en France sous le nom de Ligue internationale de hockey sur glace.

Logo de la IIHF.

Les premiers tournois internationaux

En 1908, le hockey organisé est encore relativement nouveau. En Europe, le hockey commence à se développer à partir de 1897 avec les premières véritables rencontres jouées en 1902. Un an plus tard, une ligue de cinq équipes, la première du continent, est établie au Royaume-Uni sous la direction de B.M. « Peter » Patton. Le premier tournoi international se tient à Berlin en Allemagne en novembre 1908.

Le Championnat d'Europe, prédécesseur du Championnat du monde, est le premier tournoi officiel destiné aux équipes nationales. Il est organisé pour la première fois en janvier 1910 aux Avants en Suisse. La Grande-Bretagne remporte le titre aux dépens de l'Allemagne, de la Belgique et du pays hôte.

En 1920, lors des Jeux olympiques d'été d'Anvers, se tient le premier tournoi olympique de hockey sur glace. Celui-ci oppose pour la première fois des sélections nord-américaines aux Européens en compétition officielle. Organisé sous la direction d'un comité comprenant entre autres Paul Loicq, futur président de l'IIHF, il a lieu du 23 au 29 avril. Sept équipes y participent : le Canada, la Belgique, les États-Unis, la France, la Suède, la Suisse et la Tchécoslovaquie.

Les premiers championnats du monde

Décidé lors du Congrès olympique de 1921 tenu à Lausanne en Suisse, les premiers Jeux olympiques d'hiver sont organisés à Chamonix en France, bien qu'ils ne soient reconnus comme tel par le Comité international olympique (CIO) que l'année suivante. L'année précédente, l'IIHF décide de classer le tournoi de Chamonix comme Championnat du monde. Par la suite, chaque tournoi olympique jusqu'aux Jeux olympiques d'hiver de 1968 comptera également comme Championnat du monde.

Lors du Congrès de Budapest en 1929, l'IIHF met en place un Championnat du monde annuel à partir de l'année suivante, remplaçant le Championnat d'Europe existant. Le titre continental est alors attribué à la meilleure équipe européenne du tournoi mondial, une pratique conservée jusqu'en 1991.

Ce premier tournoi mondial organisé en dehors des Jeux se tient en février 1930. Prévu à Chamonix, certaines parties sont finalement relocalisées en raison d'un climat trop doux à Vienne en Autriche et à Berlin en Allemagne. Ce tournoi voit également la première participation d'une équipe asiatique, le Japon.

L'ère soviétique et la domination canadienne

Lors du Championnat du monde 1933 à Prague en Tchécoslovaquie, les États-Unis, entraîné par Walter Brown, infligent en finale la première défaite en compétition des sextuples tenants du titre, devenant ainsi la première équipe non-canadienne à remporter le Championnat. Cette médaille d'or reste depuis la seule gagnée par les Américains en dehors de tournois olympiques.

Après la guerre, l'équipe de Tchécoslovaquie devient plus compétitive. Elle remporte à domicile en 1947 le premier Championnat d'après-guerre en l'absence des Canadiens qui ne sont pas engagés en raison d'une dispute sur la définition de l'amateurisme alors prévalant sur la scène internationale.

Le Championnat du monde 1954 est décrit par l'IIHF comme « le début de l'ère moderne du hockey international ». L'Union soviétique participe pour la première fois à une compétition internationale. Dirigés par Arkadi Tchernychiov et menés par Vsevolod Bobrov, les Soviétiques restent invaincus lors de leurs six premières parties avant d'affronter pour la première fois le Canada, également sans défaite. L'équipe néophyte remporte la rencontre sur la marque de 7-2 et devient la sixième équipe championne de monde.

Aux Jeux olympiques de 1956 à Cortina d'Ampezzo en Italie, le Canada s'incline face à l'Union soviétique et aux États-Unis et se contente de la médaille de bronze. Le Championnat 1957 se déroule à Moscou en Union soviétique. Le Canada et les États-Unis ainsi que plusieurs pays européens ne s'y rendent pas en réaction à l'occupation soviétique de la Hongrie suivant la Révolution de 1956.

Emmenés par Sven « Tumba » Johansson, les Suédois tiennent les hôtes en échec pour un résultat nul et remportent leur second titre mondial avec un point d'avance sur leurs adversaires. En 1961, la Tchécoslovaquie bat l'URSS et fait match nul avec le Canada, mettant les trois équipes en position de remporter l'or avant la dernière journée. Représentés par les Smoke Eaters de Trail, les Canadiens dominent les Soviétiques lors de l'ultime partie et s'adjugent leur 19e titre mondial. Le titre de 1961 sera le dernier gagné par l'équipe à la feuille d'érable pour les 33 années à venir.

L'Autriche et le hockey sur glace

En 2000, le championnat autrichien était reparti pour ainsi dire de zéro. Pendant des années, les compétitions transfrontalières (Alpenliga) avaient masqué la perte inexorable par écrémage financier de tous les bastions, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que deux équipes d'élite (Villach et Klagenfurt, le duo traditionnel de Carinthie). Un élargissement à dix clubs, avec réduction drastique des étrangers, avait permis de relancer le hockey de haut niveau dans plusieurs villes... Innsbruck, ancienne cité olympique et capitale du Tyrol, était évidemment une ville-clé.

Ce dépeuplement a encore une fois été compensé par l'immigration d'un club étranger dans la ligue autrichienne. Qu'y a-t-il de spécial à ce que le Medvescak Zagreb intègre la ligue autrichienne ? Après tout, d'autres clubs étrangers l'ont déjà fait, et la Croatie est, comme les trois autres pays participants, une nation de division I mondiale... Bien sûr, cette vision des choses est très parcellaire. Le cas du Medvescak n'a rien à voir avec les autres. Le fait que l'Autriche et la Hongrie soient redescendues pendant que la Slovénie ratait la remontée est une coïncidence : ces nations ont un potentiel d'élite (surtout l'Autriche), alors que la Croatie ne joue que la montée en division I. En termes de développement du hockey, elles sont à des années-lumière.

Cette perfusion croate ne saurait faire oublier qu'Innsbruck n'était pas le seul club en difficulté financière et qu'il est urgent de faire des économies. Le moyen choisi est une réforme de la "règle des 60 points" (voir présentation 2007/08). Le plafond n'est plus calculé sur la feuille de match, mais sur la totalité des joueurs sous contrat. Il n'est donc plus possible d'engager un renfort de même valeur pour chaque blessé ou de garder de coûteux surnuméraires.

Les menaces de démission brandies en janvier dernier par Hans Schmid, le président des Vienna Capitals, ont fonctionné. Il a obtenu de la mairie ce qu'il voulait. Dans un projet complet de rénovation (40 millions d'euros incluant un parking souterrain), la Albert-Schulz-Halle sera agrandie de 4300 à 7000 places, et disposera de trois glaces couvertes. La municipalité de Vienne a pris ses responsabilités, le club prendra les siennes : il exploitera lui-même la patinoire et espère ainsi tirer des revenus des loges ou de la restauration.

Bill Gilligan a finalement réussi à transformer Graz. La renommée de Gilligan a aussi permis d'attirer des joueurs qui ne voulaient pas venir à Graz. Le président affirme que l'équipe 2009/10 est ainsi moins chère que sa devancière, ce dont beaucoup doutent. Le tout nouveau sponsor principal est "Moser Medical", un laboratoire de greffe de cheveux (!) qui donne son nom à l'équipe et alimente les blagues des clubs adverses. Forcément, il a vite utilisé une "gueule" comme Markus Peintner dans ses publicités.

Le club le plus au nord de la ligue, Linz, était le moins favorable à l'expansion méridionale. Certains supporters avaient affiché une banderole "Si Zagreb vient, nous partons" en fin de saison dernière. Ils ont même essayé de lancer une pétition en ligne contre l'inclusion des Croates, sans succès. De plus en plus excentré géographiquement, Linz, champion en 2003 et longtemps dominant, était menacé de glisser au milieu... du tableau !

Prendre la suite d'un entraîneur aussi respecté que Larry Huras n'était pas chose facile. De style plus discret, Johan Strömwall a cependant l'avantage d'avoir été son adjoint pendant un an. Il a su comprendre et mettre en valeur les atouts de Villach, en particulier une très bonne condition physique.

On l'a dit, le Medvescak Zagreb part de loin. Le hockey croate, c'est en effet trois clubs pleinement vivants, qui se partagent essentiellement le temps de glace sur une seule patinoire. Le niveau des joueurs locaux reflète mathématiquement cette réalité. Le meilleur défenseur du pays, Sasa Belic, et la principale ligne offensive de l'équipe nationale, Zibret-Svigir-Mladenovic, n'ont pas passé le "cut". Ils joueront avec la réserve dans le championnat slovène, sauf Mato Mladenovic qui a été gardé... mais s'est blessé en septembre.

Avec des tickets qui ne dépassent guère 4 euros (trois fois moins qu'à Jesenice qui peine à remplir sa patinoire), le public afflue. Les 6000 places étaient toutes occupées dès les premières rencontres. Les tribunes de la Dom Sportova ont même été étendues pour accueillir 7000 spectateurs. Et ce n'est pas fini, car le club veut intégrer l'Arena Zagreb (15500 places) pour les play-offs, voire avant.

Les statistiques et l'analyse des joueurs

Troisième et dernière partie de petit guide de l’utilisation des statistiques en hockey, consacrée à l’analyse individuelle des joueurs. Comment les stats peuvent-elles aider à différencier un joueur du collectif? Quels sont les indicateurs à regarder et comment les comprendre ? Avec l’analyse des joueurs, nous entrons dans la portion la plus ardue et la plus débattue de l’utilisation des statistiques avancées.

Les statistiques utilisées pour les joueurs se concentrent à définir leur efficacité sur la glace, ce qui constitue tout de même la base de leur métier. Pendant longtemps, les joueurs ont été jugés sur leur production offensive. Cependant, celle-ci dépend largement du temps de glace obtenu, de la présence en supériorité numérique, de la réussite momentanée du joueur et de ses coéquipiers, du rôle qui lui est attribué par l’entraineur et de la capacité du système de jeu collectif à maximiser l’attaque.

Les meilleurs joueurs de la ligue sont ainsi capables de monopoliser la possession, limitant de facto les chances de l’adversaire tout en maximisant les opportunités pour son équipe. Pour des joueurs de 3e-4e trio dont il ne faut pas attendre qu’ils marquent 30 buts, assurer la possession du palet à leur équipe équivaut à bien remplir un rôle de soutien, une défense efficace et une capacité à terminer ses présences en zone offensive par exemple. En attendant que les gros canons finissent le travail.

Indicateurs statistiques importants

  • Plus minus +/-: Le +/- ne se limite pas au jeu à 5 contre 5, ce qui aurait été tout à fait recevable, mais inclut quelques situations spéciales comme les buts en infériorités numérique (+1 pour l’équipe en infériorité qui marque, -1 pour l’équipe en supériorité qui encaisse un but) et surtout les buts dans une cage vide.
  • Mises en échec et tirs contrés: Le problème est que ces stats reflètent des situations où l’équipe du joueur n’a PAS la rondelle car elle court après.
  • Interceptions: Cette fois-ci, on tombe presque dans la supercherie grotesque. Les interceptions sont utilisées la plupart du temps pour prouver qu’un joueur est « à risque », sans y mettre aucune autre forme de contexte.

Comme pour les équipes, la possession du palet (indicateur « Corsi ») pour un joueur est calculée en pourcentage des tirs tentés (les buts, tirs arrêtés par le gardien, tirs contrés et non-cadrés) pendant qu’il est sur la glace.

Chaque joueur peut également être évalué sous l’angle des chances de marquer, qui utilisent le même principe que le Corsi mais uniquement pour les tirs tentés de la zone dangereuse allant des poteaux au haut des cercles de mise en jeu. Et les buts anticipés, qui mélangent quantité et qualité des chances, s’appliquent aussi aux joueurs.

Voici la section objectivement la plus difficile pour les novices des statistiques, et c’est là où les journalistes se doivent d’apporter dans leurs articles le supplément d’information difficilement accessible au lecteur. Ce qui suit est donc principalement indicatif et introduit un vocabulaire que vous retrouverez dans les articles d’ici ou d’ailleurs.

Utiliser des mesures par 60mn. Ce point est sans doute le plus simple. Que ce soit pour les chiffres bruts de la possession (tirs tentés, concédés, buts anticipés, etc.) ou la production (buts, assists, points), le temps de jeu par match et le nombre de rencontres jouées influencent fortement les résultats. Utiliser les statistiques par 60 minutes met ainsi tout le monde sur un même pied d’égalité.

Un coach assigne régulièrement des missions différentes à ses joueurs, compte tenu de leurs talents et de leurs faiblesses personnelles. Vladimir Tarasenko a ainsi commencé 44% de ses présences en zone offensive l’an passé, deux fois plus souvent qu’en zone défensive (22%). Toujours à St Louis, Jay Bouwmeester commençait, lui, plus souvent en zone défensive, alorsl, qu’à l’inverse, Kevin Shattenkirk était davantage envoyé en zone offensive afin de maximiser son potentiel en attaque.

L'équipe nationale autrichienne

Sur les 25 joueurs retenus par l’entraîneur Roger Bader, 17 jouent en ICEHL, le championnat principal en Autriche. Salzburg et Klagenfurt, finalistes du championnat cette saison, se partagent la majorité de ces joueurs avec sept éléments pour le premier club cité, quatre pour le second.

On dit que les joueurs se bonifient avec le temps, et c’est le cas pour Peter Schneider ! Âgé de 34 ans, le joueur de l’EC Salzburg sort d’une grosse saison avec 45 points en saison régulière et 18 durant les play-offs. Ses bonnes statistiques ont contribué à son quatrième titre de champion d’affilée dans le championnat. Il sera à surveiller en étant déjà impliqué sur trois des six buts de sa nation (1 but, 2 assists).

Lui-aussi à trois points avec deux buts, le seul NHler de l’équipe, Marco Kasper aura son importance dans cette rencontre. Pour sa première saison pleine dans ce championnat, le jeune de 21 ans n’aura pas eu froid aux yeux avec Detroit en terminant à 19 buts et 18 assistances.

Si l’Autriche n’a encaissé que 8 buts contre des équipes comme la Slovaquie, la Finlande et la Suède, c’est en grande partie grâce à leurs gardiens.

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