Luc Tardif, un expert du hockey de Trois-Rivières, à la tête de la Fédération Internationale

Le Français Luc Tardif a été élu président de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF), a annoncé l’instance, samedi 25 septembre. Agé de 68 ans, Luc Tardif était jusque-là président de la Fédération française de hockey sur glace, mais aussi le trésorier de la fédération internationale depuis huit ans. Né au Québec à Trois-Rivières, Luc Tardif a été joueur en Europe avant de prendre, à partir de 2000, la tête du hockey sur glace français.

Dans un entretien accordé à L’Equipe, publié vendredi, il reconnaissait ne pas être favori face à l’Allemand Franz Reindl, « qui [jouait] un peu à domicile parce qu’il [était] soutenu par les Russes », mais disait avoir ses chances. Opposé à quatre autres candidats, il a finalement été élu au quatrième tour de scrutin face à Franz Reindl, avec 63 % des voix (67 voix contre 39). Il succède au Suisse René Fasel, qui dirigeait l’IIHF depuis vingt-sept ans et ne se représentait pas.

Un parcours atypique

Pas « trop partant » au départ, il avait été persuadé de se présenter par « quelques pays qui [lui] ont dit d’y aller », et par « le CNOSF [Comité national olympique et sportif français], qui a toujours fait en sorte d’aider, de pousser à essayer de prendre des responsabilités au plus haut niveau dans les fédérations ou au niveau olympique ». Il a ensuite « fait un tour d’un monde virtuel avec quatre-vingt-dix heures de consultation. J’ai touché 95 fédérations, j’ai vu tout le monde », assurait-il dans L’Equipe.

Il a notamment fait sortir ce sport du giron de la Fédération française des sports de glace. En 2006, le Franco-Canadien a pris la tête de la nouvellement créée Fédération française de hockey sur glace, dont il est resté le patron jusqu’à son élection à la tête de l’IIHF.

Cet ancien hockeyeur est devenu au fil du temps un personnage incontournable dans l’histoire des sports de glace. Tristan Alric, créateur de la Coupe Magnus, raconte le parcours très étonnant de ce joueur qui s’est rendu toujours indispensable après sa carrière sportive non seulement en France, mais aussi à l’étranger.

Didier Barioz : Un autre expert des sports de glace

Alors qu’il s’apprête à fêter ses 67 ans au mois d’avril prochain, l’ancien hockeyeur Didier Barioz peut se regarder fièrement dans la glace. Car après sa carrière de joueur qui fut très honorable, cet ex-international s’est reconverti par la suite avec brio comme technicien multicartes qui est très apprécié dans le monde de la glace. Ses deux parcours, sportif puis professionnel, furent très complémentaires puisqu’on ne cesse encore aujourd’hui de faire appel aux services de Didier Barioz.

IIHF President Luc TARDIF visit to the United Arab Emirates

Les débuts à Lyon

Son histoire singulière a débuté en 1968, à l’âge de dix ans à l’occasion de l’ouverture de la patinoire « Charlemagne » de Lyon dont la direction fut confiée à l’époque au regretté Henri Lafit. Ce dernier, en provenance de Chamonix et son fils Lionel, décidèrent de créer une nouvelle équipe de hockey sur glace dans la capitale des Gaules en recrutant des gamins dans le quartier environnant de Perrache. Pour l’anecdote, le premier entraîneur du CPL, dès l’ouverture de la patinoire Charlemagne, fut le célèbre attaquant international Paul Lang. En effet, ce futur Franco-tchèque, qui jouait jusqu’ici à Chamonix, s’entendait à merveille avec Henri Lafit qui était un admirateur inconditionnel de son jeu.

L'influence de Gaétan « Pete » Laliberté

Par ailleurs, en 1972, le légendaire entraîneur national Gaétan « Pete » Laliberté décida, sur un coup de tête, de quitter Grenoble qu’il avait pourtant contribué à devenir une nouvelle place forte du hockey sur glace français depuis presque dix ans. En désaccord avec les dirigeants de l’Isère, le célèbre Canadien accepta donc de venir à son tour diriger le club de Lyon.

Les premières expériences à l'étranger

Il faut noter que Didier Barioz commença à sortir du lot et à se faire remarquer parmi ses camarades puisqu’il fut l’un des premiers du club de Lyon à s’expatrier à l’étranger pour se perfectionner. En effet, à l’âge de 19 ans, il décida de faire d’abord une courte escale de deux mois à Saint-Pierre et Miquelon pour aider les habitants locaux à l’entretien des chalutiers pendant l’été. Puis, notre jeune hockeyeur, qui aimait visiblement l’éclectisme, se rendit à Montréal pour participer à un premier camp d’entrainement à Saint Léonard où il fut malheureusement « viré » comme il le raconte lui-même.

Roanne et Laval

Mais il devint également l’entraîneur du club de Roanne à la demande de François de Segovia qui avait la particularité de cumuler à la fois trois fonctions dans la petite ville de la Loire : celle de président, d’entraîneur et de joueur. Désirant être épaulé pour relancer le hockey local, il contacta le président du club de Lyon Jean Couttet pour qu’il accepte de lui prêter pendant un an Didier Barioz. Ayant traversé à nouveau l’Atlantique pour jouer dans le club universitaire de Laval avec le « Rouge et Or », Didier Barioz retourna en France avant la fin de la saison pour pouvoir effectuer son service militaire obligatoire dans une caserne de Lyon.

Pralognan et Courchevel : Un tournant

Mais les prémices d’un grand tournant dans sa carrière de joueur se déroulèrent lors de la saison 1983-1985 puisque l’ancien international junior (Didier Barioz disputa un championnat d’Europe à Bucarest avec Philippe treille et Bernard Le Blond sur la ligne) arriva pour la première fois dans la station de Pralognan. Ce ne fut pas un hasard car son cœur était « au bord des lames » puisque sa femme Sandrine était originaire de Pralognan où elle exerçait le métier de monitrice de ski en hiver. Si ce dernier retourna ensuite jouer dans la ville du Rhône, il deviendra quelques années plus tard un personnage très important dans l’histoire du hockey sur glace dans la Tarentaise, non seulement comme joueur, mais surtout en occupant ensuite les postes très valorisants de directeur de la patinoire de Pralognan puis celle de Courchevel.

L'incident avec Robert Millette

C’est avec l’arrivée, la saison suivante, de l’entraîneur canadien Robert Millette que la situation s’est rapidement dégradée et que l’histoire du CPL a définitivement basculée, analyse Didier Barioz. « Lors de la deuxième saison, 1987-1988, comme j’étais le capitaine, j’ai eu une très vive altercation avec Robert Millette. Nous en sommes presque venus aux mains ! Du coup, j’ai attendu la fin du championnat en Division 2 avant de mettre provisoirement un terme à ma carrière pour aller fonder une société de bateau-charter à voile à Moorea en face de l’île de Tahiti (toujours cet éclectisme).

A noter que quelques années plus tard, sa fille Taïna Barioz deviendra à son tour une sportive de haut niveau puisqu’elle devint célèbre dans l’équipe de France de ski et participa notamment aux Jeux Olympiques d’hiver de Vancouver en 2010 puis aux Jeux olympiques d'hiver de 2018 à PyeongChang.

Directeur de patinoire et expert international

Le grand virage de la vie professionnelle de Didier Barioz se produisit en 1990 lorsqu’il devint le directeur de la patinoire de Pralognan. D’autant qu’un an plus tard, le COJO des futurs jeux olympiques d’hiver organisés en France lui proposa d’effectuer une formation test à Zurich en Suisse. Et comme les épreuves test qui se déroulèrent ensuite à Pralognan pour la compétition de curling furent très bonnes, Didier Barioz fut officialisé comme l’un des futurs responsables techniques. Il faut noter par ailleurs que le club de Pralognan, cher au regretté président Léo Mounier, créa la saison suivante (1992-1993) une équipe féminine qui fut entraînée dans un premier temps par Didier Barioz.

Dès lors, la réputation et la compétence du nouvel « ice man » français dépassa nos frontières. Parmi ses nombreuses interventions, Didier Barioz encadra notamment les surfaceurs lors du Mondial de hockey sur glace organisés conjointement à Lyon et à Megève en 1990. Au Mondial de Curling à Genève en Suisse en 1993, il fut promu « assistant ice man ».

Courchevel et reconnaissance internationale

Il faut noter justement qu’en 1997 la patinoire de Courchevel changea de statut juridique et devint municipale. C’est ainsi que Didier Barioz est devenu au fil des années une véritable référence en matière de gestion de plan de glace en France et aussi à l'international. Ce fut encore le cas lorsque Didier Barioz fut désigné comme responsable glace lors du Mondial de Patinage artistique à Nice au parc des expositions. Idem à Lyon pour les championnats d’Europe patinage. En 2010, lors des Jeux olympiques d’hiver de Vancouver, Didier Barioz fut le seul européen habilité à préparer une glace de curling. De son aveu, il vit cette expérience comme un grand bonheur. « Ce fut un rêve. Ce n'était pas mon métier mais j’ai pris énormément de plaisir, raconta le directeur de la patinoire de Courchevel.

Collaboration avec Rémy Boehler

En 2011, le nouveau maire de Vaujany, Yves Genevois, décida d’embaucher Rémy Boehler comme directeur de la célèbre station de l’Isère. Ce dernier allait devenir un collaborateur très important dans le parcours étonnant de Didier Barioz. « Après les Jeux olympiques d’hiver d’Albertville en 1992, j’avais embauché et formé Rémy Boehler dans la patinoire de Pralognan que je dirigeais, raconte Didier Barioz. J’appréciais beaucoup ce joueur de hockey car il a prouvé très rapidement qu’il était un bon technicien, à la fois entreprenant et intelligent. Grâce à ses grandes capacités, il a commencé à faire ses preuves en s’occupant de la patinoire voisine de Méribel pendant deux ans car il voulait être plus autonome. Dès que j’ai su qu’un nouveau complexe avec une patinoire allait se construire à Vaujany, connaissant la valeur de Rémy, je l’ai mis sur le coup et nous avons réussi à le débaucher pour qu’il quitte Méribel et vienne suivre lui-même les travaux de la piste de Vaujany.

Didier Barioz et Rémy Boehler formèrent dés lors un tandem presque inséparable dans le monde de la glace avec une estime et un respect qui sont réciproques. Lors des JO d’hiver de 2018 à PyeongChang, Didier Barioz, directeur de la patinoire olympique de Courchevel et agent municipal, fut donc à nouveau sollicité pour intégrer l’équipe des « ice men » qui s’occupèrent de la glace en Corée du Sud. Ce fut encore une fois une belle consécration professionnelle pour notre hockeyeur. « Un américain avait été prévu comme ice man en chef, mais à la suite d’un désaccord avec les Coréens, c’est l’ISU qui a proposé le duo formé par Rémy et moi auprès de l’organisation asiatique, raconte Didier Barioz.

L'aventure continue

L’aventure internationale continua pour Didier Barioz lors des Jeux Olympiques d’hiver organisés à Pékin en 2022. Pendant deux mois, ce dernier et son fidèle acolyte ont eu la grande responsabilité de préparer et entretenir la glace olympique pour le patinage artistique et de la vitesse (short-track). Même s’il a pris désormais sa retraite, l’ancien international junior français ne compte pas interrompre son incroyable parcours puisqu’en 2024, il est devenu président de la société « Objectif Glace » dont le siège se trouve à Pralognan-la-Vanoise et qui est spécialisée dans le conseil formation et événementiel.

« En fait, à présent, je suis juste l’adjoint de Rémy Boehler. Nos rôles se sont inversés. A n’en pas douter, on devrait encore faire appel à ce fameux tandem si efficace de « ice men » pour les prochains Jeux olympiques d’hiver de 2026 à Milan et Cortina. Vu sa grande réputation, Didier Barioz devrait être également en coulisses lors des Championnats du monde de hockey sur glace organisés par la France à Bercy et à Lyon en 2028. Et, pourquoi pas, lors des Jeux olympiques d’hiver qui auront lieu également en France en 2030 dans les Alpes ? Quoi qu’il en soit, comme je l’ai dit en introduction de ma tribune, Didier Barioz peut se regarder dans la glace avec le sentiment du devoir accompli.

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