L'histoire du Hockey Club La Chaux-de-Fonds: Un parcours passionnant

Le Hockey Club La Chaux-de-Fonds (HCC), club emblématique du hockey suisse, possède une histoire riche et passionnante. Retour sur les moments clés qui ont façonné son identité et marqué son parcours.

Les premières années et l'ascension

Le HCC a connu des moments difficiles, mais aussi des périodes glorieuses. Aujourd'hui, la « Tchaux » joue les premiers rôles en LNB et aspire à retrouver l’élite du hockey helvétique. Fondant beaucoup d’espoir dans son recrutement, le HCC a dernièrement vu les blessures s’accumuler.

La saison 2023: Une année exceptionnelle

En ce samedi 1er avril 2023, c’est l’effervescence à La Chaux-de-Fonds. Après avoir attendu 27 ans pour goûter à un titre de champion de 2e division - les Abeilles ont balayé 4 victoires à 0 leur grand adversaire Olten en finale de Swiss League - les Neuchâtelois rêvent dorénavant à un retour dans l’élite qu’ils n’ont plus connu depuis 2001.

Si on ne s’intéresse qu’à l’année 2023, les chiffres donnent le tournis : le HCC n’a connu la défaite que 2 fois en 25 rencontres ! C’est bien simple, la patinoire des Mélèzes est imprenable depuis le 3 décembre 2022 soit 17 victoires de rang.

Barrage de promotion/relégation contre Ajoie

Pour accéder à la National League, le HCC devra passer par un barrage de promotion/relégation (de son nom officiel League Qualification) en forme de derby au meilleur des sept matchs face au HC Ajoie. Les Jurassiens, derniers de l’élite, ont montré un bien meilleur visage depuis le remplacement à la bande de Filip Pešán par Julien Vauclair.

Hélas, le HCA a manqué son premier rendez-vous pour rester parmi l’élite. Blanchis lors des deux rencontres initiales (défaite 4-0 à Langnau puis 0-2 à domicile), les Jurassiens ont fait preuve de résilience en remportant les actes III et IV (1-3 à l’Ilfis puis 2-1 à la Raiffaisen Arena de Porrentruy) pour égaliser dans la série.

Peut-être affectés moralement par cette élimination face à Langnau et tétanisés par la pression de l’enjeu (« J’étais plutôt surpris par mes joueurs, qui étaient crispés et jouaient avec le frein à main en début de match » a confié Julien Vauclair au Blick), le HCA s’est fait surprendre d’entrée à domicile par le HCC qui continue à surfer sur sa bonne dynamique.

Comble de malchance pour Ajoie, il faudra composer pour le reste de la série sans le top-scorer Jonathan Hazen, qui s’est luxé l’épaule sur une charge de Carbis à quatre minutes de la fin du premier match.

Les enjeux du match du soir sont simples : une victoire locale signifierait que La Chaux-de-Fonds est à mi-chemin de la National League et poussait Ajoie dans les cordes.

Un match intense aux Mélèzes

Fidèles à leurs habitudes, les Chaux-de-Fonniers impriment un rythme soutenu dès le début du match. Après à peine une minute de jeu, Andersons déborde et touche le poteau de la cage de Wolf sur un tir excentré. Dans la foulée, Pouilly est puni de deux minutes.

En infériorité numérique, c’est pourtant Romanenghi qui profite d’un revirement pour s’en aller affronter Östlund qui remporte son duel. Le HCC continue d’accélérer et déferle par vagues sur la cage des Jurassiens qui jouent sur les talons.

Les Abeilles continuent de pousser : Topping déborde la défense et s’offre une bonne chance de près. Après cette débauche d’énergie durant la première partie du tiers durant les lesquelles les Ajoulots n’ont pas vu le palet, les Neuchâtelois ralentissent le rythme.

Le HCA tente d’en profiter : après un duel gagné dans la bande, le palet revient à Garessus qui repère Huber qui arrive plein axe. Le numéro 56 prend sa chance à bout portant mais il ne trouve que la mitaine d’Östlund.

Les locaux, dans un temps faible profitent des présences de leur première ligne Olden - Achermann - Andersons pour porter le danger dans le camp adverse. Sur une des rares actions où Ajoie a réussi à entrer en zone d’attaque avec de la vitesse, Bakoš lance Frossard qui fixe son défenseur et adresse un tir des poignets qui bat Östlund (1-1, 16’30’’).

Piqués par cette égalisation, les joueurs de Louis Matte repartent à l’assaut du but d’Ajoie. Andersons travaille derrière le but et parvient à trouver Olden qui tire au-dessus. Bengtsson pénalisé en fin de premier tiers, le HCC commence la période médiane à court d’un homme.

Suter récupère le palet, résiste à la défense de Derungs, passe derrière le but de Wolf et remet derrière lui à Olden qui profite du marquage laxiste de Brenan et de la passivité de Bakoš pour contourner la cage et inscrire le deuxième des siens (2-1, 21’16’’).

Le HCC continue de presser et la tension monte d’un cran. Une empoignade éclate à la suite d’une double occasion de Wilkins consécutive à un rebond laissé par Wolf sur un tir lointain d’In-Albon. Peu avant la mi-match, et alors que La Chaux-de-Fonds évolue en avantage numérique, Olden effectue une transversale vers Andersons.

Le joueur letton à licence suisse reverse vers Carbis qui s’est porté à l’assaut du filet. Le capitaine des Abeilles profite d’un contre favorable sur sa première tentative pour loger le palet dans le but de Wolf sur son second essai (3-1, 27’54’’). Le KO est proche lorsque Topping trouve Pertrini lors d’une descente en surnombre mais le dernier rempart jurassien préserve le score.

Comme lors de la période initiale, le HCC ne parvient pas à conserver son rythme effréné durant 20 minutes. Le HCA tente d’en profiter mais se heurte systématiquement à Östlund comme sur cette double parade face à Romanenghi et Vouillamoz ou encore sur un tir de Kohler.

Frustrés par la tournure des événements, les Jurassiens sont proches de perdre le contrôle de leurs émotions. Malgré l’échauffourée survenue avant la deuxième pause, aucune pénalité n’a été appelée et le jeu reprend à 5 contre 5.

Ajoie semble avoir appris de ses erreurs et empêche La Chaux-de-Fonds de prendre de la vitesse en entrée de zone. Moins précis dans leur exécution, les Abeilles concèdent plusieurs dégagements interdits pour entamer le tiers.

La tension est palpable et Fontana est puni pour avoir rudoyé son adversaire après un coup de sifflet. À l’image de Jacquet qui se jette sur les tirs et s’offre même une chance en contre, le HCC fait preuve d’une grande solidarité et tient à son résultat. Les tirs sont moins nombreux des deux côtés.

Pourtant, Wilkins et Bengtsson parviennent à combiner mais Wolf doit une nouvelle fois s’interposer. Une nouvelle altercation éclate. Cette fois les protagonistes (Fey et Bengtsson, photo ci-dessous) sont punis par les arbitres (par ailleurs très bons ce soir).

Les minutes défilent et ne font que confirmer le sentiment général qui prédomine depuis le début de la rencontre. Dans les dernières minutes, les Ajoulots se voient infliger deux pénalités évitables (dont un surnombre) et se rendent la tâche impossible. Avec un peu plus de deux minutes à joueur Wolf quitte sa glace au profit un joueur de champ supplémentaires mais Andersons parvient à loger le quatrième but dans la cage vide.

Les Mélèzes peuvent exulter. Solides, réalistes et plein d’abnégation, les Chaux-de-Fonniers sont à créditer d’une performance majeure et à la hauteur de l’enjeu. Ils confirment par la même le break qu’ils ont réalisé d’entrée en allant s’imposer à l’extérieur.

Sur la foi du match du soir, la promotion n’est pas qu’un doux rêve. Bien qu’ayant la faveur des pronostics avant le début de la série, les Jurassiens inquiètent et apparaissent sans solution. Ils ont livré une partie insipide et indigne d’un club qui aspire à rester au plus haut niveau.

Les réactions après le match

  • Sebastian Bengtsson (attaquant, La Chaux-de-Fonds) : « Quel sentiment incroyable, de marquer ce but ! »
  • Loïc In-Albon (défenseur, La Chaux-de-Fonds) : « Nous n’avons gagné que deux matchs. Nous devons finir le travail, jouer de la même manière, voire beaucoup mieux. Nous avons prouvé que nous étions capables cette saison. (…) Il nous faudra moins paniquer et davantage nous entraider. »
  • Thomas Thiry (défenseur, Ajoie) : « C’est inacceptable. Nous n’avons pas montré une identité digne d’une équipe de National League. Maintenant ça commence à brasser dans le vestiaire. Il faut absolument nous réveiller et demander vraiment si nous voulons rester en National League. »
  • Jordane Hauert (défenseur, Ajoie) : « Nous avons pourtant bien commencé le match en nous montrant plus rapides et agressifs. Nous avons hélas deux ou trois blancs durant cette partie. Ils nous ont coûté ce match. Le but reçu en infériorité numérique nous fait particulièrement mal. Nous devons calmer le jeu et arrêter de paniquer. Nous avons réussi à revenir à 2-2 dans la série de playout contre Langnau alors que nus étions menés 2-0, nous pouvons aussi le réaliser cette fois. »
  • Tim Wolf (gardien, Ajoie) : « C’est dur. Nous devions faire quelque chose pour revenir dans cette série. Peut-être en jouant de manière plus physique. Nous avons donné quatre charges en deux matchs, ça ne suffit pas ! Il faut surtout que nous évoluions de manière plus libérée. Nous avons une équipe capable de réagir et nous devons le démontrer maintenant. [Le HCC] joue avec beaucoup de vitesse et avec une grande confiance. On remarque qu’ils ont été champions. »

Feuille de match

Samedi 1er avril à 2023 à la Patinoire des Mélèzes.

  • 2-1 à 21’16’’ : Olden assisté de Suter et Eugster (inf.
  • 3-1 à 27’54’’ : Carbis assisté d’Andersons et Olden (sup.
  • Remplaçant : Hugo Cervinho (G).
  • Remplaçant : Damiano Ciaccio (G).

L'ère Philippe Bozon

Après une fin de saison passée à Grenoble, Philippe Bozon s’engage avec le HC La-Chaux-de-Fonds et participe activement à la montée de son club dans l’élite du hockey suisse.

Champion de France poussin, benjamin et minime respectivement en 1976, 1978 et 1980. La carrière de Philippe Bozon ne tarde pas à connaître ses premiers succès. Il est intégré à seulement 16 ans dans le groupe professionnel des Boucs de Megève. La saison suivante, il s’impose au sein de l’élite du hockey sur glace hexagonal avec 38 buts en 36 matches.

Le natif de Chamonix reçoit le trophée Jean-Pierre Graff, remis au meilleur espoir de la saison. Il participe ainsi grandement à l’unique titre national de Megève. Fort de ces succès, le jeune français rejoint la Ligue de hockey junior majeur du Québec avec les Castors de Saint-Jean.

Un an plus tard, Philippe Bozon décide de revenir en France, au Mont-Blanc Hockey Club, fusion de Saint-Gervais et de son ancien club, Megève. Il continue sur sa lancée et termine cette année-là troisième meilleur buteur du championnat. Il remporte son deuxième titre de champion de France.

La saison suivante ne se passe pas du tout comme prévu. Malgré les excellentes prestations de l’ailier gauche français, Mont-Blanc se sauve de justesse dans l’élite, avant que le club ne soit dissout. Philippe Bozon rebondit à Grenoble et marque toujours plus de buts. Il termine meilleur buteur de la Ligue avec 49 unités.

Le natif de Chamonix remporte à cette occasion le trophée Albert Hassler, récompense décernée au meilleur joueur français de l’année. Les Brûleurs de Loups sont battus en finale par Rouen, avant de prendre leur revanche la saison suivante en 1991.

En 1992 se déroulent les Jeux olympiques d’Albertville. La France parvient à se hisser jusqu’aux quarts de finale. Philippe Bozon signe des performances individuelles remarquables et remarquées. Il signe alors à Saint-Louis et découvre la Ligue nationale de hockey (NHL). Il entre alors dans l’Histoire comme étant le premier joueur tricolore à jouer dans le meilleur championnat de hockey au monde.

Une nouvelle saison avec Lausanne et puis s’en va. Il part Outre-Rhin et s’engage avec le club de Mannheim. Il remporte trois titres de champion d’Allemagne consécutifs de 1997 à 1999. Il retourne alors en Suisse jusqu’à sa retraite sportive en 2006.

En l’honneur de sa carrière mémorable, Philippe Bozon est intronisé au Temple de la renommée de l’IIHF et du hockey français en 2008.

Jamais rassasié, l’ancien Grenoblois reste toujours dans le milieu du hockey sur glace.

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