Le football allemand, aujourd'hui synonyme de succès et de rigueur, a connu des débuts modestes et a dû surmonter de nombreux obstacles avant de s'imposer comme une force majeure sur la scène internationale.
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Les Débuts du Football en Allemagne
Importé d’Angleterre par Konrad Koch, le football a initialement rencontré des résistances en Allemagne. Certains craignaient que ce sport ne rende les enfants « inaptes pour l’armée ». Malgré ces réticences et la nécessité de « germaniser » le vocabulaire anglophone, le football s’est finalement implanté avec succès, menant aux quatre victoires de l'Allemagne en Coupe du Monde.
Sport initialement bourgeois, où une blessure pouvait coûter son emploi à un ouvrier, le football est devenu une pratique de masse dès l’époque de la Première Guerre mondiale, avec 480 000 licenciés en 1920.

Le Football Allemand et le Nazisme
L'histoire du championnat allemand a été marquée par l'attitude des nazis, hostiles au professionnalisme. Cependant, l'ouvrage de Didier Chauvet offre peu d’éléments sur les relations entre le football et les grandes entreprises allemandes, mais souligne la politique sportive du nazisme.
Au total la matière de cet ouvrage ne concerne bien entendu que marginalement nos programmes scolaires, mais il pourra rendre des services à un enseignant qui voudrait parler de la politique sportive du nazisme (pour des raisons qui tiennent sans doute aux centres d’intérêt de l’auteur il est moins riche sur les rapports entre football et socialisme, football et mondialisation).
Fritz Walter: Un Héros National
À la fois capitaine et chasseur de buts avéré, Fritz Walter, grand ambitieux, n'a jamais oublié de travailler ses qualités. Il a été fidèle jusqu'au bout au 1. FC Kaiserslautern pour lequel il a joué pendant près de 20 ans et dont il est le grand artisan des deux victoires en championnat en 1951 et 1953. Le club était également intraitable dans sa zone, l'Oberliga Südwest: outre 1952, les Rote Teufel (Diables rouges) ont remporté tous les titres de 1947 à 1957.
Né en 1920 à Kaiserslautern, Friedrich Walter était l'aîné d'une fratrie de cinq enfants. Son père tenait l'auberge du 1.FCK (qui s'appelait autrefois FV Kaiserslautern) pendant près de 40 ans. Très talentueux, il joue son premier match avec Lautern et inscrit déjà quatre buts face au SV Niederauenbach pour ses débuts.
Le 14 juillet 1940, il fait sa première apparition avec la sélection allemande. À Francfort, la Mannschaft explose la Roumanie 9 buts à 3. Fritz signe son premier triplé.
Pourtant, comme pour nombre d'autres joueurs de l'époque, celle-ci sera brutalement interrompue par la Seconde Guerre Mondiale: de 1943 à 1950, soit durant ses meilleures années, le capitaine ne dispute aucune rencontre internationale. Enrôlé le 5 décembre 1940 dans la Wehrmacht, il reste dans un premier temps à Kaiserslautern, avant d'être envoyé en Lorraine. Il joue d'ailleurs comme "Gastspieler", joueur invité, pour le TSG Diedenhofen (aujourd'hui FC Thionville, la ville ayant été annexée par les allemands) entre avril et juin 1943.
Redéployé en Corse, en Sardaigne, puis sur l'île d'Elbe, il est emprisonné par l'Armée Rouge en Roumanie, où son statut d'ancienne star du foot lui permettra d'échapper au pire. Un soldat hongrois qui l’admirait le reconnaîtra et le fera passer pour un Autrichien enrôlé de force dans la Wehrmacht.
En 1951, il rejoue avec la sélection allemande après une éclipse de près de dix ans en raison de la guerre et de l'exclusion du pays des événements sportifs comme les Jeux Olympiques de Londres (1948) ou le Mondial au Brésil (1950). À 30 ans, Fritz Walter a perdu beaucoup d'années mais devient rapidement l'homme de base sur lequel compte s'appuyer le sélectionneur Sepp Herberger pour remporter la Coupe du Monde en 1954.
Capitaine de la Mannschaft, il emmène les Allemands à leur première victoire dans la compétition, neuf ans après l'armistice.

Le "Miracle de Berne"
Cette victoire constitut à l'époque un véritable exploit en raison du contexte politique et économique en Allemagne et a été même qualifié de "miracle de Berne" par la presse allemande. Effectivement en finale, l’équipe réussit à refaire son retard de deux buts et triomphe à la surprise générale du onze d’or hongrois de Ferenc Puskas sur le score de 3 buts à 2.
La date est importante, car elle confère à Walter un statut que peu de joueurs peuvent affirmer: celui de gloire nationale. Il donne en effet une vraie bonne raison aux allemands de faire la fête après la Guerre. Cette victoire permet aux Allemands de peser plus sur la scène internationale, et certains historiens n'hésitent pas à décrire Walter comme le deuxième personnage le plus important de cette Allemagne de l'après guerre après le chancelier Konrad Adenauer.
Mais cela ne sera pas la dernière Coupe du Monde de Fritz Walter. Quatre ans après, il débarque en Suède défendre son titre, mais la Nationalmannschaft termine seulement à la quatrième place du tournoi, battue lors de la "petite finale" par la France.
Sa cote de popularité reste malgré tout toujours aussi forte, probablement en partie grâce à sa modestie et à sa fidélité au FC Kaiserslautern. Car l'homme va tout de même refuser les offres aussi prestigieuses que lucratives de Nancy, Madrid ou Milan.
Une fidélité récompensée en 1985, il donne son nom au Stade de la ville (Fritz-Walter-Stadion), à une rue et à un jardin. Il dispute son dernier match avec le 1.FCK le 20 juin 1959. Une rencontre de gala contre le Racing Club de Paris remportée 4 buts à 2.
L'Héritage de Fritz Walter
Après sa carrière de joueur, le capitaine d'honneur de l'équipe d'Allemagne continue à s'engager dans le football. Il est consultant pour le SV Alsenborn qui réussit presque son entrée en Bundesliga, puis représentant de la fondation Sepp Herberger ainsi qu'ambassadeur d'un fabricant d'articles de sport.
Avec la fondation Herberger, Fritz Walter s'occupe de réintégrer les détenus une fois sortis de prison. Pour ce faire, Fritz Walter a visité plus de 200 établissements pénitentiaires.
- Son frère Ottmar était également international allemand.
- Il existe aussi depuis 1999 une fondation Fritz Walter qui vise à promouvoir le football et son aspect éducatif auprès de la jeunesse.
- Durant la guerre, Fritz Walter est victime de la malaria. Par la suite, il aura beaucoup de mal à supporter la chaleur. Par chance, la finale de la Coupe du monde 1954 s'est déroulée sous la pluie. La légende voudrait que Sepp Herberger soit allé voir Fritz Walter et lui ait dit : "Fritz, c'est un temps [idéal] pour vous". Ce à quoi Walter a répondu: "Chef, je n'ai absolument rien contre".
- Le 6 octobre 1956, devant 120 000 personnes, Fritz Walter inscrit un but venu d'ailleurs lors d'un match amical à Leipzig face au SC Wismut Karl-Marx-Stadt (aujourd'hui Erzgebirge Aue).
Tableau des Titres de Fritz Walter avec le 1. FC Kaiserslautern
| Année | Compétition |
|---|---|
| 1951 | Championnat d'Allemagne |
| 1953 | Championnat d'Allemagne |
| 1947-1957 (excepté 1952) | Oberliga Südwest |