Histoire de Torigni-sur-Vire

Torigni-sur-Vire, autrefois orthographiée Thorigny ou Torigny, est une commune de Normandie qui compte 2 366 habitants. La généralisation de la graphie Torigni date du XIXe siècle, bien que l'usage ancien préférait la graphie avec un "y" final pour les noms propres français.

Origines et Évolution de la Seigneurie

Torigni est une baronnie datant de la fondation du duché de Normandie. Elle appartenait initialement à Hamon le Hardi, un combattant à Hastings, puis passa entre les mains de Robert de Gloucester. Philippe le Bel céda la seigneurie à Jean de Vienne, qui la vendit en 1370 à Hervé de Mauny, cousin germain et compagnon d'armes de Bertrand Du Guesclin.

À partir de 1418, le territoire fut occupé par les Anglais. En 1421, l'héritière du domaine, Marguerite de Mauny, épousa Jean Gouyon de Matignon, originaire de Bretagne. Après la reconquête française en 1450, le fief resta entre les mains de Jean Goyon, grand écuyer de France. Son fils Bertrand IV obtint l'érection de Thorigny en baronnie pour ses services.

Grâce à Jacques II, Torigni devint comté.

Patrimoine et Institutions Anciennes

L'hôtel-Dieu de Torigni fut fondé en 1221. Autrefois, le bourg était le siège d'un bailliage, d'une vicomté et d'une haute-justice relevant de Coutances. Il y avait deux paroisses, Saint-Amand et Notre-Dame de Saint-Laurent, formant deux bourgs distincts et tarifés pour la taille.

Le château de Torigni était considéré comme l'un des plus magnifiques du royaume, richement orné et meublé. Plus de soixante fiefs nobles relevaient de Torigny. La Maison de Matignon en était propriétaire depuis 1450, lorsque Bertrand Sire de Matignon épousa Marguerite de Mauny. La Lieutenance générale de basse Normandie y était attachée depuis longtemps, ainsi que les Gouvernements de Saint-Lô, de Grandville et de Cherbourg. Les Matignon avaient l'honneur d'être parents du Roi.

Il y avait également une abbaye d'hommes de l'Ordre de Cîteaux, située au lieu-dit Fabrits, ainsi qu'un prieuré et un hôpital. Un marché et quatre foires se tenaient à Torigni.

Torigni-sur-Vire au XXe Siècle

Le 12 juin 1944, le centre de Torigni-sur-Vire subit des bombardements qui causèrent la mort de 41 personnes. La commune fut libérée de l'occupation allemande le 31 juillet suivant par le 320e régiment de la 35e division d'infanterie du général Baade. Le 1er août 1944, le dernier obus allemand tua 23 personnes, dont le curé doyen Albert Chaignon, en tombant sur la ferme de la Bigne.

Le 11 novembre 1948, le secrétaire d'État aux Forces armées décerna à Torigni la croix de guerre avec étoile d'argent, reconnaissant le rôle important du village lors des combats de la Libération.

Sauvée par les habitants d'une commune l'Indre pendant la Seconde Guerre mondiale, Sarah témoigne

Évolution Démographique

Depuis le début du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année.

Évolution de la population de Torigni-sur-Vire
Année Population
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(Source: liste établie par Jean Pouëssel, Paul Bucaille et la mairie pour “601 communes et lieux de vie de la Manche”, éd. Eurocibles, 2014)

Anecdotes et Souvenirs

Entre 1930 et 1939 (ou 1942), la brigade de gendarmerie de Torigni était animée par le maréchal-des-logis-chef Le Boulanger, qui avait sous ses ordres les gendarmes Louis, Gouie, Lemaître, Lemesle et Mérienne. Les logements des gendarmes étaient situés dans le château. L'ancien charcutier torignais, Michel Lesaulnier, se souvenait que la petite descente qui conduit à l'étang s'appelait "La Descente aux gendarmes", car c'est là qu'ils allaient faire boire leurs chevaux.

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