Handball : Paris vs Barcelone, une rivalité historique

Même si le Paris Saint-Germain n'est plus forcément un candidat à la victoire en Ligue des champions, un match face au FC Barcelone est toujours une affiche entre deux places fortes du handball européen. L’aventure européenne du Paris Saint-Germain handball tourne au cauchemar.

Opposé au Barça pour la 8e journée de la Ligue des champions, le champion de France a concédé à domicile sa 5e défaite de la saison (27-30). Largement mené durant toute la partie, Paris, qui rencontrait Barcelone pour la 13e fois de son histoire, n’a pas pu empêcher une 11e défaite contre les Catalans. Paris s’est incliné face à Barcelone en Ligue des champions.

Dans le petit stade Pierre-de-Coubertin rempli, les Parisiens sont passés tout proches d'un retour fou après une première période délicate mais ont dû s'incliner face aux Catalans (27-30), comme souvent ces dernières saisons (10 défaites lors des 12 derniers matchs contre le Barça).

Après dix premières minutes intéressantes, le PSG est au contact, seulement mené de deux buts (5-7, 10e). Mais la machine offensive parisienne s'enraye et Paris termine la première période avec seulement 13 buts inscrits au tableau d'affichage.

De l'autre côté du terrain, les Parisiens de l'entraîneur danois Stefan Madsen subissent les offensives de l'armada française venue de Catalogne (N'Guessan, Mem et Fabregas), qui inscrivent 11 des 19 buts du Barça en première période (13-19, 30e).

Sous les yeux de Nikola Karabatic, passé dans les deux clubs, le PSG se retrouve même mené 14-22 peu de temps après la reprise avant d'entamer une spectaculaire remontée. De retour dans le but parisien, Mikkel Lovkvist se met alors à enchaîner les parades (11 arrêts), empêchant le Barça d'inscrire le moindre but durant 10 minutes.

Durant ce laps de temps, les Parisiens retrouvent de l'efficacité devant et reviennent à deux longueurs (20-22, 45e). Mais jamais les coéquipiers d'Elohim Prandi (11 buts) et de Yahia Omar (10 buts) ne parviendront à passer devant, ni même à égaliser et c'est bien Barcelone qui s'imposera au forceps (27-30), bien aidé par quelques parades d'Emil Nielsen dans le money-time (18 arrêts au total).

Le PSG compte désormais quatre défaites en huit journées, ce qui pourrait faire sortir le PSG du top 6 du groupe B, synonyme de non-qualification pour la phase finale de la Ligue des champions. Mais il reste encore six matches pour inverser la tendance.

Il y avait pourtant eu un 7-0 infligé en deuxième période, qui ramenait les Franciliens à deux petites longueurs de leurs adversaires dans les dix dernières minutes. Mais Barcelone, à l’expérience, a encore su faire la différence.

Les Français Timothey N’Guessan et Ludovic Fabregas ont brillé avec 7 buts chacun. « Nous n’avons bien joué que durant 30 minutes, regrettait Luc Steins à l’issue de la rencontre. Notre niveau n’est pas assez stable, il y a beaucoup de parties du jeu où on peut s’améliorer.

Vainqueurs de trois petits matchs lors de leurs neuf premières rencontres de la phase de groupes, les Parisiens ont été battus ce mercredi sur le parquet de Barcelone. Une défaite concédée surtout à cause d’une première mi-temps désastreuse, avec dix buts de retard à la mi-temps.Si l’écart s’est nettement réduit dans le 2e acte, la défaite est bien réelle.

Elohim Prandi a pourtant sorti un immense match, avec 14 buts et une activité permanente. L’international français est d’ailleurs le seul à être sorti du lot, même si Yahia Omar a également planté 8 buts.

L’armada barcelonaise était toutefois bien trop impressionnante, notamment grâce à ses Français. Dika Mem, Timothey N’Guessan et Ludovic Fabregas étaient tous présents et ont largement participé à la victoire des Catalans. Le premier a été le plus performant, avec 8 buts, tandis que les deux autres ont été précieux en défense tout en étant précis offensivement (4 buts chacun).

Le Paris Saint-Germain handball a encore quatre matchs dans ce début de campagne européenne. Ils iront d’abord à Zagreb avant de recevoir Szeged, de se rendre à Pelister et de recevoir Magdeburg.

Un gouffre à combler pour le PSG

Il y aura sûrement un club français au Final Four de la Ligue des champions début juin à Cologne. Après avoir écrabouillé Kiel (39- 30) au match aller des quarts de finale de la prestigieuse compétition européenne, Montpellier a pris une énorme option. Pour le PSG, ce sera (beaucoup) beaucoup plus compliqué. Valeureux mais miné par les blessures, le PSG hand s’est incliné devant le FC Barcelone (22-30). Huit buts d’écart, un gouffre.

Cette défaite finalement très large n’élimine évidemment pas Paris. Perdre un match aller et se qualifier au match retour en Catalogne, des collègues de bureau des handballeurs, emmenés par Kylian Mbappé, l’ont fait il y a peu. Mais ça reste un exploit. La tâche des joueurs de Raul Gonzalez est désormais diablement difficile. Il leur faudra gagner à Barcelone le 2 mai avec au moins 9 buts d’avance.

C’est mission quasi impossible. Depuis 2013, Paris est allé jouer 5 fois à Barcelone et il n’y a jamais gagné. En désormais 11 confrontations directes, le PSG n’en a remporté qu’une et a arraché un match nul. Mais ça remonte déjà à 8 ans.

Touché au genou lors de la finale de la Coupe de France, Elohim Prandi a commencé le match. Mais le héros de l’Euro n’a joué que 5 minutes, sûrement rattrapé par la douleur et on ne l’a plus revu.

Déjà privé de David Balaguer et Mathieu Grebille blessés et restés en tribunes, le PSG a joué contre les cadors barcelonais avec ses minots Peleka, Ntanzi, Gibelin qui ont tenté de tenir la baraque avec force et courage. Mais c’est trop court face à une armada comme celle du Barça.

Pour son dernier match de Ligue des champions sur le territoire français, Nikola Karabatic a été plus que ça. Le quadra s’est jeté sur tous les ballons comme un cadet qui doit faire ses preuves. La peur de se « péter » comme il dit en hypothéquant sa fin de carrière ? Ça ne lui traverse jamais l’esprit.

Dans sa cage, Andreas Palicka le portier suédois s’est dressé comme une muraille, écœurant les attaques blaugrana par une grosse dizaine d’arrêts spectaculaires. Dika Mem, Melvyn Richardson et Timothey N’Guessan les trois Français du Barça se sont tour à tour cassé les dents sur lui. Avec tous ces ingrédients, le PSG a atteint la pause avec 3 buts d’avance (14-11). Mais ça n’a pas suffi.

L’erreur à cet instant était bien d’oublier le calibre de l’adversaire en face : le FC Barcelone. Pour que dans une semaine, Nikola Karabatic ne dispute pas le dernier match de son immense carrière en Ligue des champions, il faudra un exploit considérable.

Paris n’a jamais gagné à BarceloneCe 25 avril, le PSG a sûrement trop chèrement payé son calendrier démentiel en jouant son 48e match de la saison. L’addition monte à une bonne soixantaine pour ses internationaux. Les organismes parisiens sont cuits.

Nikola Karabatic lors d'un match PSG - Barcelone

France-Espagne : des liens d'amitié au-delà du terrain

Contrairement à d'autres sports, comme le basket, où l'animosité peut être forte, les rencontres de handball entre la France et l'Espagne sont souvent perçues comme des matchs entre amis. Les liens entre les joueurs des deux nations sont solides, nourris par les parcours des handballeurs évoluant entre la Liqui Moly Starligue en France et le championnat espagnol.

Dans les années 2000, une colonie française s'était installée à Ciudad Real, un club aujourd'hui disparu. Cette ville, située au sud de Madrid, a accueilli Didier Dinart pendant dix ans, puis Luc Abalo et Jérôme Fernandez, qui ont également franchi les Pyrénées. Par la suite, il y a eu la période Barcelone de l'ancien capitaine français Cédric Sorhaindo (2010 à 2021) et de Nikola Karabatic entre 2013 et 2015, où il a remporté sa dernière Ligue des champions en club.

La capitale catalane est toujours riche en joueurs français aujourd'hui, avec Ludovic Fabregas, Dika Mem, Melvyn Richardson, sans oublier Timothey N'Guessan, qui a manqué ce Mondial. Cependant, depuis une dizaine d'années, les talents espagnols se sont également exportés en France, accompagnant la montée en puissance du championnat.

Gonzalo Perez de Vargas, gardien du Barca et ancien joueur de Toulouse en 2013-2014, confie : "Depuis que je suis parti (en 2013), le championnat n'a cessé de progresser en termes de structure et de professionnalisation des équipes. La proximité avec la culture joue aussi. Si on compare la France et l'Allemagne, en termes de période de vacances, de rythme... la France est plus proche. Il y a aussi beaucoup d'équipes avec des Espagnols en première et deuxième division. C'est bien pour nos joueurs de pouvoir gagner leur vie, mais on aimerait aussi qu'en Espagne, au-delà du Barça, on puisse faire la même chose."

La principale différence entre les deux championnats nationaux réside dans la capacité de la France à envoyer régulièrement plusieurs clubs en Ligue des champions. En 2018, lors du sacre de Montpellier, ils étaient trois français pour quatre places (MHB, PSG, HBC Nantes). Nantes et Paris sont depuis retournés à Cologne pour le Final Four Européen en 2021.

Au-delà des trajectoires communes, les joueurs ont tissé des relations fortes entre eux. Nikola Karabatic était invité l'été dernier au mariage de Gonzalo Perez de Vargas : "J'ai de très bons amis et plus que des amis, confesse Karabatic. Je pense à Gonzalo. A Rodrigo avec qui j'ai joué à Paris. Il y en a certains qui ont arrêté mais des joueurs comme Viran Morros, Victor Tomas, Eduardo Gurbindo sont des amis. A Paris, je joue avec Ferran Solé et David Balaguer. Ce sont de vrais liens d'amitié, c'est pour ça que ces matchs-là sont particuliers. Mais quand on est sur le terrain, on n'a surtout pas envie qu'ils gagnent."

Pour Perez de Vargas, ce ne sont pas uniquement les relations humaines, mais aussi les valeurs du handball qui font que beaucoup de joueurs de différentes nationalités sont amis : "Je pense que ça vient du handball, analyse le portier ibérique. C'est un sport très noble. Les gens sont très généreux entre eux. On a tous des amis dans d'autres équipes. J'ai joué contre Blaz (Janc le Slovène), mon coéquipier vendredi. Dimanche, ce sera pire. Ils sont quatre au Barça. J'ai joué avec Val (Porte), Niko (Karabatic). C'est cool de les voir."

Guillaume Gille, le sélectionneur des Bleus, explique : "Il y a du lien, des échanges très réguliers. Pour certains ce sont des coéquipiers. Cela va s'oublier le temps d'un match. Ce sont des choses qui génèrent autre chose que de l'animosité et de l'agressivité. Je me remémore les France-Espagne qui ont marqué l'histoire du handball français. Il n'y a pas que des sourires et des caresses dans le dos."

Guillaume Gille fait notamment référence à des matchs couperets et légendaires comme les demi-finales gagnées par les Experts à l'Euro 2013, au Mondial 2015 ou encore au mythique quart de finale des Jeux Olympiques de Londres avec cette victoire d'un but (23-22) et un but ancré dans les mémoires de William Accambray à trois secondes de la fin pour envoyer les Bleus dans le dernier carré olympique.

Voici quelques confrontations mémorables entre la France et l'Espagne :

Compétition Année Résultat Événement marquant
Euro 2013 Victoire de la France Demi-finale remportée par les Experts
Mondial 2015 Victoire de la France Demi-finale remportée par les Experts
JO 2012 Victoire de la France (23-22) But de William Accambray à 3 secondes de la fin

Barcelone vs PSG : le plan tactique du football moderne

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