Histoire du Handball à Neuilly-Plaisance: Un Parcours Épique

L'histoire du handball à Neuilly-Plaisance est riche et pleine de moments mémorables. Cet article retrace le parcours du club, de ses modestes débuts à son évolution au fil des années.

Image illustrative du handball

Les Débuts d'un Club Passionné

Le 18 mai 1976, une assemblée constitutive donnait le jour à un club de handball sur le bourg de Bouguenais. C’est ainsi qu’il y a vingt-quatre ans naissait la « Croix-Jeannette Bouguenais ». Dès la première saison, le club enregistre la signature de 65 joueurs répartis en six équipes: trois féminines, trois masculines dont une équipe senior qui se trouve rapidement dans les premiers du classement de sa poule.

Les débuts furent épiques: l’école de hand fonctionnait chaque mercredi matin sur… le parking du cimetière! Les matches à domicile avaient lieu au gymnase de la Neustrie. Il faudra attendre le mois d’avril 1977 pour que les Tigres de la CJB puissent jouer chez eux: la salle du COSEC de la Croix-Jeannette est enfin terminée. Une première quinzaine du handball y eut même lieu avec la remise d’une coupe offerte par la municipalité.

Progression et Défis

La saison suivante voit l’inscription de 30 nouveaux licenciés. Succès incontestable pour le club mais qui pose un problème d’encadrement alors on fait appel à toutes les bonnes volontés. Le club continue sa progression.Il est devenu un des premiers du département par le nombre d’adhérents. Les résultats suivent: dix ans après sa création, les seniors, filles et garçons, ont accédé au niveau régional. Une ombre au tableau cependant, l’annee suivante (1987), l’équipe féminine disparait par manque d’effectif.

En 1992, une nouvelle aventure commence puisqu'à l’issue du dernier match à Carquefou les garçons parviennent au niveau national. Les seniors féminines prennent elles, un nouveau départ grâce au dynamisme des anciennes. Les regards se braquent alors vers ce club qui devient un pole d’attraction pour la jeunesse du canton. Les dirigeants ont conscience avec l’accession en Nationale 3 qu’il va falloir pourvoir l'equipe de nouveaux renforts pour ne pas connaître quelques inquiétudes.

L'Ascension en Nationale 3

Avec la qualité de l’entraineur, qui s’adjoindra par la suite Yann Nédélec, un ancien joueur de Nationale2 à l’ASBR, le train démarre sur de bons rails lors de la saison 96/97. Le temps de l’improvisation est passé, l’équipe se trouve idéalement placée pour sa première année à ce niveau, enclenchent quinze victoires et se classe sixième. En 97/98 l'effectif a pris de l’assurance, de l’expérience et les résultats sont immédiats, dès la première journée Quimperlé reçoit une correction 30-21. Contre toute attente, la Croix-Jeannette occupe le fauteuil de leader de la 8ème à la 11ème journée, le perd lors de la 12ème et le récupère à la 13ème pour le conserver jusqu’à la 19ème journée.

Saran l’éternel rival, à un point, s’en empare à la 20ème journée. Bouguenais qui ne lâche pas le morceau repasse devant Saran les 21, 22 et 23èmes journées. Profitant du nul de la Croix-Jeannette à Vaires, Saran revient à égalité à la 24ème journée. La 25ème journée, c’est le choc au sommet et le tournant du championnat, les orléannais, vainqueurs 28 -19, s’envolent vers le titre et l’accession en Nationale 2. Il reste une journée mais les dés sont jetés.

Frustrant d’échouer si près du but, mais il est indéniable que la CJB va jouer un rôle important dans un avenir proche. La saison suivante, Bouguenais est attendu au tournant. Trois équipes sortent du lot: il s’agit de Poitiers, Neuilly Plaisance et bien sûr la CJB. Après une belle saison réalisée par les joueurs de Laurent Duc, la CJB échoue encore près du but. Impériale à domicile, ne subissant qu’une seule défaite, elle laisse passer trop d’occasions à l’extérieur.

Saison 1999-2000

Lors de la saison 1999-2000, Bouguenais comptait trois départs majeurs (M.Germaneau, T.Lepadellec et L.Duc). Mais qui furent compensés par l’arrivée d’Alan Albert, Eric Pelon, Jérémy Thouin, Steven Jacob et surtout Frédérick Martin, le nouveau coach. Bouguenais méritait cette année de monter à l’échelon supérieur, mais tel ne fut pas le cas, la faute à la redoutable équipe d’Angers-Noyant qui survola littéralement le championnat.

La saison suivante, les joueurs de Frédérick Martin realisent une saison tout à fait correcte, mais une fois de plus, ils restent en Nationale 3, barrée par l’équipe de Villeparisis, pourtant à leur portée, dans la mesure où ils gagnèrent deux fois contre le leader cette année là. Il a donc fallu reconstruire une équipe, à l’aide notamment de Renaud Stoecklin, demi-centre de talent, Antoine Doucet et Stéphane Pellerin, nouveaux arrivés au club. Une année qui a bien failli se dérouler comme les autres. Mais cette fois, la fin de championnat fut plus heureuse, avec une victoire lors de la dernière journée de championnat à Lanester.

Victoire qui propulse les joueurs de Frédérick Martin à l’échelon supérieur. Une nouvelle aventure commence. La première Saison en Nationale 2 permet aux jeunes joueurs Bouguenaisiens de se jauger quant à leur niveau. Une saison plus que correcte puisque l’objectif fixé en début de saison est atteint dans la mesure où Bouguenais visait bien évidemment le maintien à ce niveau-là.

L'ère de la Nationale 2

Au début de la saison 2002/03, l’arrivée de joueurs, comme Thomas Class et Jérémie Le Bris, amène un plus à cette jeune équipe. L’année 2003/04 est marquée par l’arrivée massive de joueurs venus tout droit de l’ASB Rezé, à savoir le talentueux gardien Sébastien Guéry, le polyvalent Karl Delaporte et David Johansen. Malheureusement, l’équipe ne peut faire mieux qu’une huitième place. Ne voulant plus revivre cela, l’effort effectué par Steve Berger et les dirigeants, pour réhausser sensiblement le niveau de l’équipe, est important.

Les arrivées d’Ivan Malalel (même si de courte durée, car la saison suivante, il rejoint l’ASB Rezé), l’artiste et pivot Christophe Poissenot, et le gardien en provenant de Gien Cyril Biegnon, ont notamment contribué à ce que l’équipe touche pour la première fois le haut du tableau. À l'orée de la saison 2006/07, d’importants bouleversements ont lieu dans le collectif, avec notamment les départs de joueurs cadres comme Thomas Class, Alan Albert ou encore Stephan Pellerin, et surtout la non-reconduction du coach Steve Berger.

Malgré tout, les arrivées de joueurs plus expérimentés comme Julien Derré, Aurélien Le Bris, et d’autres joueurs très prometteurs comme Florent Le Bris et Jérôme Cartron permettent d'envisager un bel avenir. Le coach pour cette nouvelle saison se nomme Frédéric Guignard. Le début de saison est impressionnant pour les Bouguenaisiens. La CJB se frotte aux premières places avec 5 victoires en 7 matchs. Certaines victoires arrachées au panache comme contre La Roche ou Poitiers donnent un grand espoir.

Mais par la suite, la CJB commence à accumuler des défaites en déplacements. La fin de saison sera catastrophique. La saison 2007/08 est marquée par les départs de nos deux gardiens Fabien Charron et Cyril Biegnon, et le club enregistre donc l’arrivée de deux autres gardiens: David Ropartz et Florent Thomas. D’autres joueurs ont été également rejoints l'effectif . Deux anciens de Rezé : Alban Bourmaud et Steven Hateau, ainsi que Vivien Oncien et un tout jeune Thomas Guyon.

En revanche, la deuxième saison n’est pas aussi heureuse, et la CJB, malgré des victoires prometteuses en tout début de saison contre Toulouse et Lormont, descend en N3. Cette saison est sans aucun doute la plus difficile que la CJB ait connue jusqu’à présent. La CJB passe par la case N3 et se sépare de son coach Frédéric Guignard. Ce dernier est désormais remplacé par Mathieu Germaneau. La CJB conserve son ossature, mais compte tout de même de gros départs.

Steven Hateau et deux joueurs emblèmatiques (Frédéric Durand et Mathieu Roudaut) prennent leur retraite handballistique. Antoine Doucet, quant a lui, choisi de poursuivre l’aventure à Ste Luce sur Loire, le club de Thomas Class. De nouveau, Bouguenais repart avec un groupe où les jeunes du club sont les bienvenus pour évoluer en N3.

Reconstruction et Nouvelle Génération

Lors de la saison suivante, 2009/10, la CJB mise donc sur la jeunesse avec l’éclosion de nombreux jeunes, qui prennent petit à petit leurs marques. Les Lucas Laget, Aymeric Martin ou encore Evan Le Boulaire participent à l’obtention d’une bonne place en championnat, mais assez loin du trio infernal Rennes-Pouzauges-Sully. La CJB mise sur un alliage de jeunesse et de joueurs expérimentés afin de jouer les tous premiers rôles en 2010/2011. La saison suivante sera la bonne !

En 2010-2011, deux tickets étant délivrés pour l'accession en N2. Bouguenais réalise une magnifique saison. De nombreuses victoires étant acquises en produisant un jeu collectif et léché pendant toute la saison. Reposant sur des joueurs avec de l’expérience comme Aurel, Alban, Guigui, Poipoi, mais également sur des jeunes issues de la formation, l' amalgame fonctionne. Avec des victoires probantes, comme à Sully par exemple, la CJB a glane la deuxième place de la N3, devant Saint-Doulchard et termine derrière Oissel.

Malheuresement l’équipe manque d'experience à ce niveau et termine 13ème, ne se maintenant pas en Nationale 2 sur la saison 2011-12. Dans cette équipe on retrouve notamment le joueur le plus titré en équipe de France issu de la CJB, Florent Bonneau, alors âgé de 16 ans dans les cages de Bouguenais, et qui gagnera le championnat d’Europe et le championnat du Monde avec les sélections jeunes de l’équipe de France avant de partir 3 ans au centre de formation de Nîmes pour ensuite signer un contrat pro avec Nancy en Proligue.

L’ossature de cette équipe est une bande de potes qui a grandi ensemble au club : Jean Martin (n°24), Evan Le Boulaire (n°8), Alexis Landais (n°5), Etienne Poirier (n°11), Lucas Laget (n°14) et Erwan Chapeliere (n°4). Cette équipe relativement jeune est encadrés par 3 joueurs expérimentés Alban Bourmaud (n°11), Aurélien Le Bris (n°15) et Guillaume Bex (absent sur la photo).

Recrutement et Ambitions

Le maintien en N2 assuré à l'issue de la saison 2013-2014 , Alan se lance dans un recrutement de poids. Grâce à l’investissement du club et de ses bénévoles dans la recherche de partenariat privé, 6 nouveaux joueurs arrivent à Bouguenais pour constituer une équipe solide notamment en officialisant la venue de Julien De la Breteche (n°25) qui arrête sa carrière pro à l’issue du dépôt de bilan des Girondins de Bordeaux en tout début d’exercice. Outre Julien, Alan fait appel à Cédric Dooh Collins, Iann Jacqua-Boror, Martial Rossignol et Yohann Metrard.

La saison est belle et la mayonnaise prend au fil des matchs. Lors de la saison 2015-2016 le club effectue de nouveau un gros recrutement qui voit arriver le gardien Viorel Viman (en haut à gauche), ex-joueur de D1 roumaine et Pierre Fabre (n°97), ex-joueur du HBC Nantes, deux joueurs s'étant frotté au très haut niveau européen.

Dominique Bex, l’emblématique président de la CJB pendant 26 saisons quitte la présidence à l’issue de la saison 2015-16 et passe la main à Lysiane Chapeliere. Une grosse page se tourne. Après le papa, c’est le fils qui décide de souffler après 30 licences consécutives au club. Cette fois-ci, Alan Albert arrive à maintenir son ossature que le club complète d’une arrivée de marque en la personne d’Antoine Mourioux (n°13), joueur professionnel de l’USAM, désireux de préparer son avenir professionnel.

Le capitaine Erwan Chapeliere savait qu’il s’agissait de sa dernière saison avant de partir en région parisienne pour raison professionnelle et a tout donné pour tenter de décrocher le graal. La 1ère moitié de saison est la meilleure que Bouguenais ait faite à ce niveau. Mais la mécanique se grippe après les championnats du Monde. La trève fait mal et le groupe se tend un peu en 2ème partie de saison.

La gagne nous échappe dans le money time parfois dans des scénarios de jeu improbables. C’est un peu prise de court que la nouvelle présidente Lysiane Chapeliere, qui vient de vivre sa première saison à la tête du club, est informée du départ d’Alan Albert pour le Montpellier Hérault Handball, départ qui s’est décidé en toute fin de saison. Alan, qui a rendu une copie parfaite au HBC Nantes en tant que préparateur physique, se voit offrir le poste à Montpellier, belle consécration pour ce bosseur acharné.

Un hommage lui est rendu par le club malgré le délai très court et afin d'assurer la passation avec Yann Lefeuvre, nouvel entraîneur promu de l’équipe réserve à l’équipe première. L'objectif est bien différent que celui de la saison passée où l’équipe avait atteint la maturité. Pour parfaire notre image, Louis Eriau, l’entraîneur adjoint d’Alan a également été recruté par le HBC Nantes pour s’occuper des jeunes pousses. Côté départ, Alexis Landais et Antoine Ruel sont allés tenter la montée en Nationale 1 avec l’ASBR dans une poule du sud et avec un collectif très costaud. Antoine Mourioux se consacre entièrement à son avenir professionnel cette année.

Évolution Récente

La saison 2018-2019 est marquée par le changement du logo de la CJB Handball. Dans une volonté d’être davantage dans l’air du temps cet écusson retrace l’histoire du club grâce à ses couleurs, ses tigres et sa date de fondation. À l’issue de cette saison mitigée, la Nationale 2 termine à la 7ème place et la Prénationale féminine maintien également le niveau en finissant 4ème.

Après 3 saisons passées en tant que joueur de la CJB Handball de 2006 à 2009, Julien Derre vient en effet prendre le rôle de Yann Lefeuvre pour coacher la nationale 2 pour la saison 2020-2021. En provenance de Saint-Gemmes (N3) où il était le coach principal, Julien viendra se lancer un nouveau défi en rejoignant pour la première fois un banc de N2. Un nouveau cycle pour le club de Bouguenais après les 3 années de Yann.

Comme pour tout le handball amateur, la saison 20/21 est très courte, 2 matchs de Nationale 2 et 6 matchs pour notre Prénationale qui connaissait pourtant son meilleur démarrage. (3ème du classement). Après octobre 2020, il faut se réinventer malgré une saison blanche tant sur le plan sportif que sur l’événementiel du club. Après 3 saisons de bons et loyaux services, à arpenter les routes du Sud Ouest, Julien Derré est remplacé par deux entraîneurs bien connu au sein du club.

Pour leur première saison sur le band de l’équipe fanion, le duo compose avec un effectif jeune et majoritairement formé au club. Présent à la JS Cherbourg (Nationale 1) depuis 14 ans, Morgan Youf-Pinsault a connu des joies intenses sur le terrain, des moments de galères en dehors. Aujourd'hui, il est un homme épanoui qui croque la vie à pleines dents. Je suis à la JS Cherbourg depuis 1998. C’est rare une telle longévité dans un club. Au club, les gens m’ont vu évoluer. Jeune, je n’étais pas forcément quelqu’un de facile à gérer. Je me rappelle de mes débuts avec les seniors. J’avais 16, 17 ans, je passais mes dimanches sur le banc, à regarder les autres jouer.

À cette époque-là, j’ai beaucoup appris au contact de joueurs plus expérimentés. Ils m’ont inculqué les valeurs du club. C’était le début d’une aventure entre potes. Plus de dix ans après, elle dure toujours. Au fil des années, je me suis attaché à ce club, à son histoire, ses valeurs. La notion de partage, de famille, l’envie de se dépasser tout le temps, de se défoncer pour les autres. Je me souviens des mots de Stéphane Groult (son premier entraîneur chez les seniors) quand ça n’allait pas. Je devais aller m’inscrire au basket. Le matin, j’étais en cours d’espagnol et un camarade de classe m’a proposé de venir essayer le hand. L’entraînement s’est bien passé, j’ai pris ma licence. J’ai attrapé le virus du hand par hasard. Je me suis tout de suite senti à l’aise, dans mon élément.

À l’époque, j’avais besoin de ça. Dès la première année, j’ai été détecté pour jouer avec la sélection départementale. « Je n’oublie pas tout ce que le club a fait pour moi »A 18 ans, vous vous êtes retrouvé SDF, sans domicile fixe. Je ne considère pas que ce soit de l’exhibitionnisme d’en parler. Ça choque certainespersonnes quand j’évoque cette période mais il faut assumer le passé. J’ai vécu dans la rue pendant plus d’un an et demi. Comment j’en suis arrivé là ? Ce sont des mésententes, des problèmes de communication. J’avais 18 ans et un caractère pas facile. C’est une période difficile mais elle m’a beaucoup apporté. Mêmes les mauvaises expériences, il faut savoir les étudier pour en retirer du positif. Si je n’avais pas eu le handball, j’aurais peut-être fait des conneries. Le hand a été ma roue de secours à ce moment-là.

Des gens du club m’ont aidé, soutenu. Ils ont contribué à me sortir de la rue. Non, ce n’est pas comme ça qu’on avance. Aujourd’hui, c’est de l’histoire ancienne. Oui, j’ai eu la chance d’être au bon endroit au bon moment, entouré d’une génération exceptionnelle. Au début des années 2000, dans la salle, il y avait 100, 150 personnes les jours de grosse affluence. Je me rappelle de mon premier match, en 2001 contre Neuilly-Plaisance, j’avais déjà l’impression qu’il y avait beaucoup de monde. Aujourd’hui, c’est la folie à Chantereyne. La transformation s’est opérée l’année où on est monté en N2. L’entrée sur le terrain, avant le match de barrage contre Saint-Maur, c’était fou. En N2, c’est devenu grandiose. De spectateurs, les gens sont devenus supporters. À chaque fois que j’entre sur le terrain, j’ai des frissons.

D’un statut amateur, vous êtes passé à un statut professionnel. Je suis payé en tant que sportif de haut niveau. À partir de là, ça engendre des responsabilités. Mon image, mon approche avec les gens, mon investissement, mon hygiène de vie doivent être irréprochables. À chaque fois qu’on est monté, il y avait un bon groupe, qui tirait dans le même sens. Mais nous n’étions encore qu’amateurs. Aujourd’hui, la plupart des joueurs sont professionnels. On vient d’horizons différents, on se voit tous les jours au gymnase. Tout le monde ne peut pas avoir des affinités avec tout le monde. Les confrontations avec des joueurs plus forts font progresser.

Chaque saison, je me suis adapté au niveau. J’ai progressé techniquement même si c’est vrai que je fais rarement dans la finesse. Je suis toujours à 200 % : c’est une qualité qui peut me faire déjouer car je ne sais pas me gérer. À vouloir tout faire à fond, parfois on fait mal les choses. Pour l’instant, je me dis que je ne suis pas encore arrivé à mes limites. C’est mon objectif. J’espère qu’on y arrivera, on a tout construit pour ça. Mais il ne faut pas se voiler la face. J’ai 28 ans, il ne me reste plus beaucoup d’années à jouer. Peut-être qu’un jour le club dira qu’il en a marre de Youf-Pinsault. Ce n’est pas facile de faire en sorte que la routine ne s’installe pas dans un club au sein duquel on s’est beaucoup impliqué.

Dès fois, je trouve qu’il y a des choses anormales qui se passent mais c’est parce que je suis trop attaché à ce club, à tout le travail qui a été fait en amont. On ne peut pas demander à tout le monde d’être tout le temps à 200 %. Avec Sébastien, on a d’abord été coéquipiers. À l’époque, on se frittait un peu parce que c’est quelqu’un qui a des ambitions, qui sait où il veut aller. Faire cohabiter deux gros caractères, ça peut faire des étincelles. Quand il a pris les rênes de l’équipe, on s’est longuement entretenus. On a un objectif commun, c’est d’aller tous les deux en D2 avec Cherbourg. Je suis l’un de ses principaux relais mais Sébastien essaye de s’appuyer sur tout le monde, de responsabiliser chacun.

J’ai déjà eu l’opportunité de partir, de connaître autre chose mais le cadre de vie est important pour moi. Il y a un confort de vie ici. Cherbourg est une place tranquille. J’ai toujours eu un bon contact avec les plus jeunes que moi. La première année, je me suis occupé des moins de 18 ans. Depuis deux ans, j’encadre les - de 9 et le - de 11 ans. Je prends mon pied. Pour beaucoup de jeunes, vous êtes l’exemple à suivre. Ce serait prétentieux de le dire. Le feeling passe bien avec les gamins mais pour être un modèle, il faudrait que j’aie eu un parcours nickel et ce n’est pas forcément le cas.

J’espère simplement que les gamins auront la chance de vivre ce que je vis à l’heure actuelle, sans forcément passer par les moments difficiles que j’ai traversés. Je veux leur transmettre ma passion, leur donner envie de réussir. Mon but, c’est d’essayer de ne pas faire de mal aux gens. Sur le terrain, il y a un adversaire qu’il faut dominer mais j’essaye toujours de respecter les règles et l’être humain. La puissance physique est un de mes atouts. J’aime prendre le dessus sur mon adversaire direct mais je n’aime ni la violence ni la tricherie. C’est un poste où on a tendance à être un peu oublié par les autres.

On peut rarement dire qu’un pivot a fait un bon match. Quand il a le ballon, il doit la mettre au fond. On est souvent jugé là-dessus alors que c’est un poste bien plus complexe. Non, j’apporte ma pierre à l’édifice, comme tout le monde. Que ça se voit ou pas, ce n’est pas le plus important. Dans la vie, je suis quelqu’un de timide. Je me mets toujours un peu en retrait. Sur le terrain, j’ai une mission et je veux la réussir. Je suis à 200 %, je me libère. Oui. Une fois que ma carrière sera terminée, je me lancerai avec le même enthousiasme et la même ferveur dans la cuisine. C’est mon autre passion. J’aime découvrir, explorer, adapter une recette à ma sauce. On me dit souvent que je cuisine bien mais je n’en suis qu’à la base. Je vais bientôt entamer un CAP cuisine.

Pour l’instant, j’arrive à vivre du hand. Pas forcément. Il faut pouvoir manger, nourrir sa famille. Cherbourg, est-ce le meilleur endroit pour investir ? Je ne sais pas. Il faut être dans une place où l’argent circule. Ici, l’emploi commence à être difficile même s’il y a des gros projets annoncés avec la DCNS. Si on a la bonne idée et le bon emplacement, on ne pourra pas dire non. Mon nom est connu sur la place de Cherbourg ? Peut-être mais avec un nom, si on fait de la mer… les gens ne viendront pas. Ils viennent dans un restaurant pour passer un moment agréable, bien manger si possible. Le but c’est de fidéliser les gens, comme un public dans un gymnase.

Tableau Récapitulatif des Saisons Clés

Saison Événement Marquant
1976 Création du club "Croix-Jeannette Bouguenais"
1992 L'équipe masculine atteint le niveau national
2010-2011 Deuxième place en Nationale 3 et accession en N2
2018-2019 Changement du logo du club

Image d'une ligue de handball

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