Handball : France - Pologne à Nantes, une page d'histoire

Le match de handball entre la France et la Pologne à Nantes a marqué une étape importante du Mondial. Retour sur cette rencontre et l'ambiance qui régnait dans la cité des Ducs.

Un match de poule sous tension

Les Bleus étaient assurés de terminer premiers de leur groupe, avant même ce dernier match. Après avoir battu le Brésil, le Japon, la Norvège et la Russie, les Bleus ont dominé la Pologne (26-25), jeudi 19 janvier à Nantes (Loire-Atlantique), lors de leur dernier match de poules.

Guillaume Gille et Didier Dinard ont fait tourner leur effectif, dans cette partie sans enjeu majeur. Les deux équipes ont livré une rencontre équilibrée, en témoigne le score de parité à la pause (13-13). Mais les Bleus ont finalement pris les commandes du match, préparant de la meilleure des façons la suite de la compétition.

Déjà qualifiés et assurés de finir en tête de leur groupe, les Bleus ont eu un mal fou à dominer la Pologne, déjà éliminée, ce jeudi, dans leur dernier match de poule. Avec une équipe expérimentale - Nikola Karabatic sur le banc, Kentin Mahé titularisé comme meneur de jeu, William Accambray en défense ou encore Olivier Nyokas sur l'aile gauche - les Bleus ont néanmoins réussi à conserver leur invincibilité, signant un cinquième succès en autant de rencontres. Ce sans-faute, dans une poule toutefois très abordable, leur permet d'envisager la phase à élimination directe, à Lille, avec sérénité.

Le Hall XXL de la Beaujoire en ébullition

Les « Experts » joueront leurs quatre matchs au Hall XXL de la Beaujoire à guichets fermés (ce soir contre le Japon, dimanche contre la Norvège, le 17 contre la Russie et le 19 contre la Pologne). L'ambiance promet d'être encore plus chaude qu'au Hall XXL encore comble et bouillant (10 500 spectateurs) jeudi. Car les organisateurs attendent plus de 27 000 spectateurs au stade (de football) Pierre Mauroy dans le Nord, pour battre le record d'affluence d'un match du Mondial (25 000 au Caire en 1999).

Les Bleus bénéficieront aussi d'une certaine fraîcheur physique, n'ayant pas eu à disputer deux matches consécutifs en deux jours contrairement aux autres équipes. Pas ménagé depuis le début, Karabatic n'a pas joué une seule minute et les autres cadres n'ont pas eu à trop tirer sur la corde, sauf peut-être le gardien Thierry Omeyer, aligné durant 51 minutes ou Luc Abalo, pas ménagé, alors que Valentin Porte est resté sur le banc.

Un match accroché

Menés (6-7), les Bleus pouvaient compter sur leur portier. Mais Guigou, entré en jeu au retour des vestiaires, entamait son show. Ses deux passes décisives et deux buts, dont un magnifique kung fu, donnaient de l'air au Bleus (17-13). Sorhaindo bouclait une série de cinq buts consécutifs pour les Français (18-13). Seul hic, Guigou semblait touché à une cheville et n'est plus revenu sur le parquet. Mais l'arrière droit du PSG Nedim Remili - 4 buts en seconde mi-temps - a apporté sa pierre à l'édifice.

Les Français ont tenu leur victoire jusqu'au bout, même si les Polonais, emmenés Tomasz Gebala, sont revenus à une longueur (26-25) à moins d'une minute du terme et ont fait peser une pression sur les Bleus jusqu'au bout. Les handballeurs français ont terminé invaincus le premier tour de leur Mondial après s'être imposés (26-25) face à la Pologne lors de la 5 journée jeudi à Nantes.

Mais on était bien loin de l'euphorie et de la solidité des matches précédents pour cette équipe considérablement remaniée, dans laquelle les cadres ont été ménagés. Dans le contenu, les Bleus ont été très maladroits et ont laissé espérer des Polonais, déjà éliminés avec une seule victoire. Après la pause atteinte sur un score famélique (11-11), les Français ont tout de même pu accélérer pour l'emporter.

Analyse du match

Que dire de cette prestation tricolore ? Qu'elle fut marquée par un festival de ballons perdus, de grosses difficultés dans la construction, de la précipitation, des errements offensifs. Avec autant de déchets, il n'était pas possible de livrer une partie aboutie, d'autant que les Polonais, qui n'en demandaient pas tant, se sont montrés solides défensivement et on fait feu de tout bois à chaque ballon récupéré.

Les Français ont eu du mal avec cette équipe new-look quelquefois improvisée dans son organisation tactique, a trouvé les ajustements parfaits. Et même s'ils ont repris des couleurs en début de deuxième période avec les retours de Guigou et Sorhaindo, ils ont été inquiétés jusqu'au bout.

Malgré tout, ils vont devoir méditer sur cette performance en demie-teinte et notamment sur les erreurs et les ballons perdus, pour aborder la suite du tournoi. Car il est évidemment important, dans la philosophie même du handball français, que les joueurs sortant du banc puissent apporter de la fraîcheur. Face à la Pologne, les rotations n'ont pas toujours été parfaites. Mais on connaît la faculté des Bleus à se remettre tout de suite dans le bon sens.

Les réactions

Didier Dinart, cosélectionneur de l'équipe de France: "C'est plaisant d'avoir des éloges de la part de Talant (Dujshebaev, sélectionneur de la Pologne). Il a commencé un chantier vaste avec la Pologne. Ce n'est pas une tâche facile. Cette équipe sera plus dangereuse dans les années à venir (...) Aujourd'hui on a pu effectuer des rotations. Nikola Karabatic et Valentin Porte se sont reposés pendant une heure. Maintenant nous n'aurons plus le droit à l'erreur à Lille. C'est maintenant que cela commence. Il faudra se préparer dans l'humilité, avec une remise en question permanente et ne pas commettre de péché d'orgueil. Ce huitième de finale n'est qu'une étape. Rien n'est fait. L'équipe d'Islande est qualifiée et sera sur le même pied d'égalité que nous, même si elle n'a terminé que quatrième de sa poule."

Michaël Guigou, ailier gauche de l'équipe de France: "Même si Aron Palmarsson (blessé) n'est pas là, l'équipe d'Islande a tout de même de très bons jeunes qui sont dangereux. Cela sera quoi qu'il arrive compliqué. On a joué régulièrement contre eux. Cela se joue souvent sur des détails. Mentalement, cela va être différent. On entre dans une phase où tout peut arriver."

Nantes, terre de handball

Ni Paris ni Montpellier. C’est Nantes, une place montante du handball français, qui reçoit à partir de ce soir, face au Japon, les matchs du premier tour des « Experts ». Alors, on pourrait penser que les Nantais ne jurent que par le football et ses « Canaris » et que le choix du comité d’organisation est surprenant. Mais une autre équipe suscite l’engouement dans la capitale de la Loire-Atlantique.

Depuis quelques années, le « H », surnom de l’équipe de handball de Nantes, fait un peu d’ombre aux footballeurs, décevants 17es de Ligue 1. Au-delà des bonnes performances sur le terrain (actuellement 2e de 1re division et 1er de son groupe de Ligue des champions), le HBC Nantes truste depuis cinq ans la première place dans un domaine de l’élite française du hand : l’affluence.

D’ailleurs, le 22 décembre, lors de la réception des stars du PSG, délocalisée pour l’occasion dans le Hall XXL de la Beaujoire (le HBC Nantes joue dans la salle de la Trocardière mais décentralise certaines grandes affiches dans cette salle), 11 019 personnes s’étaient amassées dans les gradins. Battant au passage, un record historique d’affluence pour un sport collectif indoor en France. Pour l’anecdote, portée par cette ferveur, les hommes de Thierry Anti avaient surclassé Paris (37-31).

Autre performance notable, le club du président Gaël Pelletier est régulièrement en tête des affluences sur une saison entière en 1re division. On pourrait donc croire que la passion nantaise a été le facteur principal du choix de cette ville comme hôte des Bleus lors de la phase de poules. Loin s’en faut !

La réponse est, finalement, bien plus prosaïque et nous est donnée par Edouard Donnelly, directeur général du comité d’organisation du Mondial : « La raison est simple : Nantes était le seul candidat pour accueillir la phase de groupe de l’équipe de France. » La Fédération a établi un drastique cahier des charges pour les postulants voulant recevoir les hommes de Didier Dinart et Guillaume Gille (infrastructures, sécurité). Les collectivités devaient aussi s’aligner sur des sommes élevées. Et, seul Nantes s’est finalement porté candidat.

« C’était l’unique, mais c’est un superbe candidat. Un excellent site avec une belle capacité et un vrai lieu de hand », relève Edouard Donnelly. Les Bleus pourront compter sur cette exaltation nantaise pour s’envoler vers les huitièmes.

Les chiffres clés du match

Voici un tableau récapitulatif des principaux chiffres du match France-Pologne à Nantes :

Équipe Score Mi-temps Affluence
France 26 13 10 500
Pologne 25 13 -

France VS Pologne | Nantes - L'inside 🇫🇷⚡🇵🇱

En conclusion, le match France-Pologne à Nantes restera dans les mémoires comme un moment de passion et de ferveur pour le handball français.

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