L'équipe de France de handball a connu des moments difficiles lors des récentes compétitions, oscillant entre espoirs et désillusions. Après leur titre olympique décroché à Tokyo, les Bleus ambitionnaient de conquérir une couronne européenne, un titre qui échappe à la France depuis 2014.

Ludovic Fabregas et Karl Konan après la défaite en demi-finales de l'Euro contre la Suède.
Le Parcours Semé d'Embûches des Bleus
Malgré une remontée spectaculaire face au Danemark, une performance similaire contre la Suède ne s'est pas concrétisée, révélant des failles dans le jeu des Bleus.
Face aux Suédois, Ludovic Fabregas a eu la balle d'égalisation dans les mains. Sans l'arrêt décisif d'Andreas Palicka, le bilan n'aurait pas été le même et les analyses auraient été bercées par l'illusion potentiellement dorée au bout du chemin. Mais si les Bleus ont réussi une folle remontée face au Danemark (30-29), mercredi au tour principal, une deuxième contre la Suède n'aurait pas franchement été méritée.
Un constat partagé par Aymeric Minne, "Il faut être honnête, revenir, ça aurait été un beau hold-up. Mais contre la Suède, malgré un début de match en fanfare, les Bleus ont présenté une copie semblable à celle des 45 premières minutes face au Danemark mais aussi lors du lourd revers infligé par l'Islande au tour principal (29-21), samedi dernier.
Plus de six mois après leur titre olympique décroché à Tokyo (Japon), les Bleus n'enchaîneront pas avec une couronne européenne qui échappe à la France depuis 2014.
"La fin de match contre le Danemark était un trompe-l'oeil, analyse Jérome Fernandez. Ce sont les Danois qui se sont éteints sur la fin."
Les Défis Rencontrés
Plusieurs facteurs ont contribué aux difficultés de l'équipe de France, notamment :
- Des performances en dents de scie des gardiens, avec un Vincent Gérard en difficulté après un tour préliminaire de haut niveau.
- Une défense qui a vacillé, encaissant un nombre élevé de buts.
- L'incapacité à freiner les joueurs clés adverses comme Jim Gottfridsson et Omar Magnusson.
- Des exclusions temporaires coûteuses.
- L'absence préjudiciable de Kentin Mahé, perturbant le jeu offensif de l'équipe.

Jim Gottfridsson a posé beaucoup de problèmes à la défense française.
"Il y a beaucoup de manques ce soir, notamment sur le plan collectif, poursuit le triple champion d'Europe (2006, 2010, 2014). Après un tour préliminaire de haut niveau, Vincent Gérard est en échec dans son but sur les dernières sorties. Sur les quatre dernières rencontres, il a réussi au mieux cinq arrêts sur un match (contre l'Islande) et n'en a réussi que trois, vendredi, contre la Suède. Wesley Pardin n'a pas réussi non plus à incarner une seconde menace comme les grandes nations de cet Euro en sont capables. Mais au-delà des gardiens, c'est toute la défense qui a vacillé vendredi.
La France n'avait plus encaissé autant de buts (34) en match officiel depuis un peu moins d'un an, c'était lors du match pour la troisième place au Mondial 2021 (défaite 35-29 contre l'Espagne). "En deuxième mi-temps, on a subi beaucoup de duels, on en a perdu beaucoup", regrettait le sélectionneur Guillaume Gille. Surtout, elle n'a pas su freiner les ardeurs du retoutable Jim Gottfridsson (9 buts) comme elle n'avait pas su le faire un peu plus tôt dans la compétition face à l'Islandais Omar Magnusson (10 buts), pourtant tous les deux ciblés en amont du match.
"Ce qui est fatigant, c'est que Gottfridson a fait ce qu'il voulait de la première à la dernière minute, il s'est trimballé, un peu à l'image de ce qu'avait fait Magnusson avec l'Islande, fulminait Vincent Gérard sur BeIN Sports. Les exclusions temporaires (quatre) ont aussi coûté cher à l'équipe de France. C'est notament en première période, quand les Bleus en ont concédé trois dans les vingt premières minutes, que la Suède en a profité pour égaliser et même prendre l'avantage.
"Notre défense est parfois un peu trop rugueuse et engagée", analyse Jérôme Fernandez. Dans cette défense, le taulier Karl Konan avait repris position au cœur du jeu depuis trois matchs mais son absence pour Covid avait fait très mal face à l'Islande. Loin d'être une excuse car presque toutes les nations ont été touchées par le virus, la France a subi plusieurs absences de poids alors que les matchs couperets se présentaient. Si le sélectionneur a pu reprendre sa place sur le banc, vendredi, son assistant Erick Mathé avait dû prendre les commandes pendant trois rencontres successives (Islande, Monténégro, Danemark).
Testé positif samedi dernier, le demi-centre de Vezprem (Hongrie) a manqué les quatre dernières rencontres. Sans son maître à jouer, le jeu offensif de l'équipe de France a été brouillon. "On manque encore de liant sur l'attaque placée", constate Fernandez. Sans Kentin Mahé, Guillaume Gille a aussi dû revoir ses rotations et certains joueurs ont fini sur les rotules. "On sentait la base arrière émoussée, glisse Jérôme Fernandez. On a tellement tiré sur Nikola Karabatic et Dika Mem qu'ils n'en pouvaient plus. Dika (Mem) était l'ombre de lui-même."
L'Émergence de Nouveaux Talents
Malgré les difficultés, la compétition a mis en lumière la génération dorée née en 1996 et 1997, avec des joueurs comme Aymeric Minne et Yanis Lenne qui ont su se démarquer.
Mais la compétition aura malgré tout permis de mettre en lumière la génération dorée née en 1996 et 1997. Aymeric Minne, étincelant avec huit buts sur l'unique deuxième période de la demi-finale, mais aussi l'ailier droit Yanis Lenne. "On a une équipe qui est en reconstruction, veut croire le meilleur buteur de l'histoire des Bleus. Avant ça, ils ont l'occasion pour certains d'aller décrocher leur première médaille internationale, dimanche.
La Petite Finale Face au Monténégro
Après une défaite en demi-finale, l'équipe de France a dû se remobiliser rapidement pour affronter le Monténégro dans le match pour la troisième place.
Comment surmonter la peur de l'échec - Brut Mental avec Patrick Mouratoglou
Au lendemain de la lourde défaite face à la Norvège, Olivier Krumbholz et Béatrice Edwige se sont présentés devant les médias pour livrer des premiers éléments d’analyse indispensables avant de disputer un ultime combat : la petite finale face au Monténégro.
Comment ne pas considérer que la France est logiquement favorite avec une dernière référence très positive ? « On attend une belle réaction face à un adversaire que nous avons déjà rencontré et battu. Ce n’est pas facile du tout. Il faudra garder la tête froide et utiliser nos armes afin de les battre prioritairement dans le jeu sur tout le terrain, vise Olivier Krumbholz qui va, dans les prochaines heures, discuter avec les filles une par une pour connaitre leur état de forme.
Les Enjeux de la Rencontre
L'équipe de France visait une quatrième médaille de bronze européenne, n'ayant jamais connu la défaite dans une "petite finale". Malgré la déception, l'objectif était de ne pas repartir avec la médaille en chocolat.
Déjà trois fois médaillée de bronze (2002, 2006 et 2016), l’équipe de France visera une quatrième fois ce métal car jamais, dans une « petite finale » européenne, les Bleues n’ont connu la défaite. Un défi à relever et un élément de motivation supplémentaire malgré une énorme déception à ravaler. « C’est facile, on ne veut pas partir avec la médaille en chocolat, d’autant qu’elle existe et je ne vois pas pourquoi l’EHF la distribue, peste Béatrice Edwige, compétitrice hors pair.
L'Adversaire : Le Monténégro
Le Monténégro, porté par ses supporters passionnés, cherchait à prendre une revanche éclatante. L'équipe monténégrine était déterminée à décrocher une médaille, ce qui représentait un enjeu majeur pour elle.
Avec sa horde de supporters qui ne s’étaient pas privés d’invectiver les Bleues à Skopje, le Monténégro visera de prendre une revanche éclatante. « Je ne pense pas revoir le match qu’on a effectué la semaine passée. Je pense au contraire qu’il faut regarder leur match face au Danemark. Il faut repartir d’une feuille blanche et ne pas oublier qu’elles ont progressé même s’il faudra continuer à exceller dans notre plan et se préparer à quelques changements. Les supporters monténégrins (ici à Skopje) gagneront le match des tribunes. Les Bleues devront gagner l’autre : celui qui délivrera la médaille de bronze.

Composition des groupes du tour préliminaire de l'EHF EURO 2022.
Déroulement du Match
Le match pour la troisième place s'est avéré être une bataille acharnée, loin de la victoire confortable que la France avait obtenue contre le Monténégro lors du tour principal. Les championnes olympiques françaises ont montré des signes de fébrilité face à une équipe monténégrine déterminée.
Très loin de la démonstration 27-19 du tour principal une semaine plus tôt face à ce même Monténégro, ce match a montré des championnes olympiques françaises, fébriles face à une équipe ayant "de la malice et même du vice", dixit Olivier Krumbholz la semaine passée.
Les Moments Clés
- Les pertes de balles fréquentes des Bleues.
- Les difficultés à percer la défense monténégrine et à tromper la gardienne Batinovic.
- Le penalty manqué par Grâce Zaadi en prolongation, scellant le sort du match.
Face aussi à des centaines de supporters hostiles les conspuant, les tricolores ont multiplié les pertes de balles et ont buté sur Batinovic dans une excellente soirée (11 arrêts, 37%). Le penalty manqué par Grâce Zaadi pour revenir à une longueur (26-24, 69e) a scellé la rencontre.
La Défaite en Prolongation
Les handballeuses françaises ont finalement concédé la défaite en prolongation face au Monténégro (27-25), terminant ainsi l'Euro-2022 sans médaille.
Les handballeuses françaises repartent bredouille de l'Euro-2022 après leur revers en prolongation face au Monténégro (27-25) dans un match pour la médaille de bronze sous haute tension dimanche à Ljubljana.
Analyse Post-Match
Olivier Krumbholz a souligné la performance de l'équipe norvégienne, reconnaissant leur supériorité. Il a également noté les difficultés de l'équipe de France en attaque et les problèmes récurrents face à la gardienne norvégienne Silje Solberg.
« Les Norvégiennes ont été meilleures. Il faut le reconnaitre quand une équipe est meilleure. La Norvège a été meilleure dans les 15 dernières minutes, estime Béatrice Edwige qui pose aussi son regard sur la performance de son équipe : certains diront qu’on a perdu de 28 buts mais ce score est arrivé sur la fin du match où les choses étaient réglées. Mais j’estime qu’on a perdu par rapport à notre attaque. Je trouve que notre défense a tenu. Je refais le match en boucle dans ma tête depuis hier : on a clairement un problème d’attaque. C’est très mal venu pour moi de parler de ça car je n’attaque pas mais j’ai quand même du recul. J’ai l’impression que c’est la gardienne invincible.
Les Lacunes en Attaque
Selon Béatrice Edwige, l'équipe de France a souffert d'un manque de continuité en attaque et a connu des difficultés à marquer face à Silje Solberg.
En attaque, nous n’avons pas eu de continuité et nous avons connu un échec récurrent au tir sur Silje Solberg. » La gardienne norvégienne avait déjà mis les Bleues sous l’éteignoir lors de la finale du Mondial 2021 en Espagne et encore en décembre 2020, aussi en finale, de l’Euro précédent. Vendredi soir à Ljubljana, Solberg a encore évolué à un standard élevé avec 41 % d’arrêts.
La Force Mentale du Monténégro
Olivier Krumbholz a souligné l'importance de la force mentale dans le sport de haut niveau, notant que le Monténégro était dans une position mentale plus favorable pour décrocher une médaille.
D'abord, l'asymétrie mentale après la sortie en demie entre des Bleues habituées à des standards plus élevés et des Monténégrines en position de décrocher une première médaille internationale depuis dix ans.
Tableau Récapitulatif des Points Clés
| Aspect | France | Monténégro |
|---|---|---|
| Attaque | Difficultés face à la gardienne adverse, manque de continuité | Détermination à prendre sa revanche |
| Défense | Vacillante, difficultés à contenir les joueurs clés adverses | Solide, avec une gardienne performante |
| Mental | Désillusion après la défaite en demi-finale | Forte motivation pour décrocher une médaille |
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