L’équipe américaine féminine des États-Unis a séjourné à la Maison du handball du 30 mai à aujourd'hui. Ce collectif, très jeune, est venu puiser dans l’antre du handball français les meilleurs enseignements, qui ont façonné les collectifs médaillés d’or aux dernières Jeux olympiques, afin de débuter son propre cycle de préparation pour l’olympiade qui leur tient à coeur, Los Angeles 2028.
Fortes d’une convention signée entre la FFHandball, USA Team Handball et l’IHF, toutes les parties se sont associées pour rendre possible cette quinzaine d’apprentissage. Découvrons ensemble les enjeux et les perspectives de cette collaboration internationale.
La Collaboration Internationale
La Fédération française de handball, la Fédération Internationale de Handball et USA Team Handball ont signé officiellement, le 2 mai dernier, une convention les liant autour de deux axes forts pour l'avenir : le développement du handball féminine outre-Atlantique et la création d'une équipe compétitive en vue des Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Très engagée sur le sujet, la FFHandball s'est rapidement mise en ordre de marche afin de soutenir le projet présenté par Edina Borsos, nommée à la tête de la sélection féminine américaine en juillet 2021. Et notamment son homologue chez les tricolores, Olivier Krumbholz, pour qui le projet s'impose comme une évidence dans le développement du handball mondial et dont les objectifs sont intimement liés :
“Je trouve que c'est un très beau projet, mais un projet complexe, c'est vrai ! C'est un pays qui aime le sport collectif, les américaines sont bonnes au football, au basket, au volley, il n’y a pas de raison qu’elles ne soient pas bonnes au handball. C’est vrai que ce sport a des vrais atouts, il est agréable à jouer, il a percé dans beaucoup de pays donc il ne faut pas douter qu'on a des atouts pour s’implanter. C’est pour cela qu’on veut aider aujourd'hui, parce qu'ils en ont besoin et c'est aussi important pour nous. C’est peut-être la dernière marche pour nous. La mondialisation est très importante et ce pays, qui est un très grand pays, un pays très sportif, a, à mon avis, tous les atouts pour percer dans le handball."
Edina Borsos le sait, “c'est une mission très difficile. Le projet américain masculin est très différent, les joueurs jouent tous en Europe, il y a un seul joueur aux États-Unis. Et nous, notre projet est de créer des équipes et de l’activité aux États-Unis." Mais avec le soutien de Philippe Bana, de la FFHandball et de l'IHF, les trois parties se prêtent au jeu de voir grand pour l'avenir.
“Je me suis dit si Olivier y croit, si on a son soutient, celui de son staff et celui de Philippe Bana, alors nous avons une chance de percer, poursuit celle qui tient aujourd'hui les rênes de l'équipe. C’était vraiment un énorme travail ! L’énergie et le soutien que nous avons reçu, c'est incroyable. Nous avons compris que nous pouvions travailler main dans la main sur ce projet et ça sera la clé, le moteur dans notre travail. Il faut que l'on s'ouvre vers l’international mais il faut également que l'on trouve des personnes qui souhaitent travailler ensemble autour de ce projet.”
Un projet d'envergure, le début d'une belle histoire, pour aborder les grandes échéances et les objectifs forts que cette équipe américaine s'est fixée.

Los Angeles, ville hôte des Jeux olympiques de 2028
La Première Pierre à l'Édifice
La première étape, dans cette nouvelle aventure, était tout de même une montagne à gravir. Il faut remonter bien loin en arrière pour trouver le moment où l'équipe féminine américaine s'est réunie pour la dernière fois. Mais les trois parties savaient à quel point il était vital de faire ce premier pas et l'évidence de la Maison du handball s'est imposée naturellement.
Au coeur des installations où évoluent les champions olympiques, 23 athlètes et 4 encadrants ont passé une quinzaine de jours à s'entraîner, à jouer, à se préparer, avec pour seul mot d'ordre, tout de suite mettre la barre très haute. “Il faut faire comprendre aux joueuses ce qu'est le handball de haut-niveau, explique Edina Borsos. C'est important, pour construire une équipe compétitive, de se rapprocher du meilleur très vite, dans tous les secteurs.”
Et la sélectionneur a dû composer d'une feuille blanche son nouveau collectif, en recrutant des sportives de tous sports comme le basket-ball, l'athlétisme, le hockey, le lacrosse, le soccer, et en s'appuyant sur les conseils du chef d'orchestre des championnes olympiques en titre, Olivier Krumbholz.
Le sélectionneur français s'est d'ailleurs complètement investi dans cette création d'équipe, prodiguant ses conseils au staff technique sur le travail de la défense, de la course, du jeu, tout comme son coach adjoint, Sébastien Gardillou, a pris le temps de former les gardiennes de but et mettre en place un plan de jeu.

L'équipe américaine de handball féminin en entraînement
Julia Taylor, la capitaine de cette jeune équipe mesure d'ailleurs la chance de pouvoir apprendre auprès des meilleurs : “il s'agit d'une opportunité unique de pouvoir mettre en place des automatismes et de pouvoir pratiquer du handball quotidiennement, tout en profitant des conseils du staff technique des Bleues. Être à la Maison du handball, ça fait rêver ! On déambule entre les trophées, les médailles, on croise Allison Pineau dans les couloirs, c'est inspirant pour nous. On est très reconnaissantes de l'opportunité, et on se rend compte de la chance que nous avons !”
Fortes de cette quinzaine, les joueuses américaines vont maintenant reprendre le cours de leur vie jusqu'au prochain rassemblement. Mais dans chacune des têtes trottera maintenant le programme des échéances à venir puisque la sélection s'est fixée comme objectifs l'accompagnement de l'équipe junior au championnat du monde en Slovénie à la fin du mois (sa première qualification depuis 1981), la qualification aux Jeux Panaméricains en 2023, la participation au championnat du monde en 2023, une qualification pour les Jeux olympiques de Paris 2024 et à plus long terme, une médaille à l'olympiade de 2028 à Los Angeles.
Le Mega Event à Las Vegas en 2026
L'association PRO Handball USA frappe un grand coup en annonçant le lieu de compétition de son méga tournoi organisé en août 2026 dans la ville de Las Vegas. Après des mois de préparation dans le plus grand secret, PRO Handball USA a officiellement dévoilé la destination de son tout premier Mega Event : Las Vegas, capitale du divertissement, accueillera du 1er au 9 août 2026 un plateau exceptionnel réunissant l’élite du handball mondial masculin et féminin.
Côté féminin, le casting est tout simplement royal. On y retrouvera les ogresses du Győri Audi ETO KC, multiples championnes d’Europe, accompagnées des Danoises d’Odense Håndbold, en pleine ascension. Brest Bretagne Handball, représentant français, viendra mesurer ses ambitions face aux meilleures formations du continent européen.
Chez les hommes, la sélection est tout aussi prestigieuse. Les Füchse Berlin, l’un des clubs les plus spectaculaires du moment avec le meilleur joueur du monde, Mathias Gidsel, seront de la partie aux côtés de l’HBC Nantes, fidèle porte-drapeau du handball français sur la scène européenne.
Un marathon de handball, un show permanent, un événement pensé pour impressionner un public américain curieux et avide de spectacle. Des démonstrations et des rencontres avec le public américain sont également prévues tout au long de l'événement. Avec ce Mega Event, PRO Handball USA affiche clairement son ambition : faire entrer le handball dans une nouvelle dimension, conquérir le marché américain et offrir à Vegas un rendez-vous sportif unique.

Las Vegas, hôte du Mega Event de handball en 2026
Les clubs participants incluent :
- GYÖRI AUDI ETO KC : Champion en titre de l’EHF Champions League, avec 6 titres à son actif.
- HB LUDWIGSBURG : Finaliste de l’EHF Champions League 2023/24 et champion d’Allemagne en titre.
- ODENSE HAANDBOLD : Représente le projet de handball féminin le plus ambitieux du Danemark.
- BBH (Brest Bretagne Handball) : Dirigée par Raphaëlle Tervel, l’équipe associe expérience internationale et jeunes talents prometteurs.
Préparations pour le Mondial et les JO 2028
"Notre principal objectif est de rivaliser avec les meilleures nations d’ici 2028", affirme à franceinfo: sport Sarah Gascon, entraîneure principale de l’équipe nationale féminine des États-Unis depuis mars 2025. Dans le viseur : les Jeux olympiques de Los Angeles où le handball sera à l'affiche.
Or dix-huit mois avant l'échéance, USA Team Handball n'a pas décroché de ticket pour le Mondial, qui se déroule jusqu'au 14 décembre en Allemagne et aux Pays-Bas.
Du côté de l'équipe américaine, la coach Sarah Gascon admet qu'"il est toujours difficile de manquer une compétition", mais elle se projette surtout sur 2028 pour faire passer le handball d'"un sport émergent" aux Etats-Unis à la création d'"un système capable de maintenir l’excellence pendant des décennies".
La fédération américaine organise aussi sur le tournoi, prévu en 2026 à Las Vegas, qui réunira huit équipes, une étape déterminante pour le développement d'une ligue professionnelle aux Etats-Unis.
Avec des ambassadeurs comme Nikola Karabatic et le Danois Mikkel Hansen, meilleur joueur du monde en 2011, 2015 et 2018, cette future ligue, baptisée Pro Handball USA, bénéficie également du soutien de la Fédération internationale (IHF), qui souhaite toujours autant rendre le handball le plus universel possible.
Pour les Chinoises, l'ambition d'Europe n'est pas encore d'actualité, puisque, à l'instar de la Corée du Sud, toutes les joueuses évoluent dans leur championnat national. A l'opposé, la D1, le championnat français, est un des plus représentés dans ce Mondial. 13 des 18 Françaises sélectionnées dans la liste de Sébastien Gardillou évoluent en LFH et un total de 40 joueuses, de 12 pays qualifiés au Mondial, portent les couleurs d'un club de première ou deuxième division dans l'Hexagone.