Gérald Darmanin et les incidents liés au PSG : Explications et réactions

Les scènes de violences et de dégradations commises en France après la victoire du PSG ont fait réagir les journaux du monde entier. Les images des débordements à l’issue du triomphe du Paris-Saint-Germain en Ligue des champions ont fait le tour du monde. Deux morts, des centaines de blessés et près de 600 arrestations témoignent de la gravité des événements.

Outre-manche, la BBC a partagé des scènes de chaos où l’on voit des voitures brûlées et des boutiques pillées sur les Champs-Élysées.

Selon le professeur de criminologie Alain Bauer, le concept de "violences urbaines" reste imprécis et manque d’outil de comparaison fiable. "C’est plutôt l’augmentation rapide et intense de la violence physique générale qui pose un problème à la France, en particulier depuis le plus bas niveau connu du nombre d’homicides en 2011/2021 qui a atteint le plus haut du demi-siècle en 2024. "Nos" violences urbaines sont loin d’être des cas isolés dans le monde, mais leurs spécificités leur donnent un caractère spectaculaire particulièrement vendeur pour les médias.

Un autre aspect récurrent dans les violences urbaines françaises repose sur une hostilité grimpante des forces de l’ordre, alimentée par des violences policières ou des réponses sécuritaires parfois controversées.

Alain Bauer y voit plutôt un manque de prévention contre la délinquance. "Une politique publique efficace doit s’appuyer sur la dissuasion, des sanctions rapides, le dialogue et la coordination entre les acteurs de terrain. Elle doit rompre avec les discours stériles pour adopter une approche pragmatique, fondée sur la coopération entre familles, éducateurs, forces de sécurité et justice comme en Finlande et au Canada.

Violences urbaines en France : cycle infernal ou symptôme d'une société en crise ?

Réaction du gouvernement et position de Gérald Darmanin

Ce mardi 12 décembre, Emmanuel Macron devait préciser en Conseil des ministres la stratégie qu'il souhaite adopter après le rejet, lundi, de son projet de loi immigration par les députés. Le président a refusé la démission de son ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui a consenti "un échec" après n'avoir pas réussi à réunir une majorité sur son texte.

Gérald Darmanin demande des peines « à la hauteur ». Le ministre de la Justice a pointé des condamnations qu’il n’estime « pas à la hauteur », et a dit souhaiter la suppression du sursis pour « toute agression envers un représentant de l’État ».

« Il faut que les magistrats (…) puissent juger ces faits en disposant d’une échelle de peines ferme, simple et réellement adaptée à délinquance d’aujourd’hui », a-t-il écrit sur X.

« Comme je l’ai proposé publiquement, il faut faire évoluer radicalement la loi : supprimer les aménagements de peine obligatoires, supprimer le sursis et mettre en place par la loi une condamnation minimum systématique une fois la culpabilité reconnue », a demandé Gérald Darmanin. « Par exemple, trois mois de prison ferme (réellement exécutés) minimum pour toute agression envers un représentant de l’État ou encore amende très élevée pour toute destruction », a-t-il développé.

Alors que les débordements du week-end ont déclenché une polémique sur la sécurité, la prise de position matinale du ministre de la Justice a fait réagir dans les rangs politiques.

« Clairement les Français veulent des sanctions exemplaires et la fin des aménagements de peine contre les casseurs qui ont gâché la fête samedi. Seul espoir que ces violences, ces saccages, NE SE REPRODUIRONT PLUS à l’avenir », a écrit sur X la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse.

« La justice a vocation à regarder chaque dossier et non pas de gérer en fonction de l’émotion collective », a commenté sur TF1 le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure.

Le tifo pro-palestinien et la réaction de Bruno Retailleau

Bruno Retailleau a interpellé le PSG après le tifo pro-palestinien déployé par les ultras d’Auteuil avant le match de Ligue des champions face à l’Atlético de Madrid. Le ministre de l’Intérieur estime que ce message de soutien n’aurait pas dû être affiché et envisage des sanctions en cas de récidive.

La bâche géante recouvrant le Virage Auteuil n’est pas passée inaperçue. Les ultras du PSG ont déployé un tifo en soutien à la Palestine avant le match de Ligue des champions face à l’Atlético de Madrid, mercredi au Parc des Princes (1-2). "Free Palestine", pouvait-on lire sur un immense dessin représentant le conflit israélo-palestinien au Proche-Orient. Avec ce message au bas de la tribune: "La guerre sur le terrain mais la paix dans le monde". Une autre banderole a été sortie un peu plus tard dans la soirée: "La vie d’une enfant de Gaza vaut-elle moins qu’une autre?"

Bruno Retailleau a réagi à ces messages au lendemain de la rencontre. Le ministre de l’Intérieur s’est exprimé sur X, en relayant un article d’RMC Sport sur le sujet. "Je demande au PSG de s’expliquer et aux clubs de veiller à ce que la politique ne vienne pas abîmer le sport, qui doit toujours rester un ferment d’unité. Ce tifo n’avait pas sa place dans ce stade, et de tels messages sont d’ailleurs proscrits par les règlements de la Ligue et de l’UEFA."

Retailleau laisse planer la menace de sanctions en cas de récidive dans les semaines ou mois à venir. "Si cela devait se répéter, il faudra envisager d’interdire les tifos pour les clubs qui ne font pas respecter les règles", prévient Bruno Retailleau.

Le ministre de l'Intérieur s'est également exprimé sur Sud Radio. En appuyant ses propos. "Est-ce que le PSG doit être sanctionné? Je ne m'interdis rien. Je vais demander des explications au Paris Saint-Germain. C'est inacceptable. C'est une bâche de dizaines de mètres carré. Les règlements du foot, de l'UEFA, interdisent les messages politiques. C'est un message politique (...) Quand on inflige une sanction, il y a le principe du contradictoire. D'abord, je veux les entendre. Pour l'instant, il n'y a pas de rendez-vous de fixé. J'ai eu le préfet de police pour qu'il me rende compte de ce qu'il s'était passé. Nous avons convenu d'un certain nombre de choses, mais je leur demande des comptes solennellement. Ensuite, ou ils sont capables d'interdire ce genre de choses, sinon il n'y aura une interdiction des banderoles et s'il faut, il y aura des sanctions."

Gil Avérous, le ministre des Sports, a également réagi au tifo pro-Palestine déployé par les ultras d'Auteuil, en invitant le PSG à "respecter les règles" des compétitions "dans lesquelles il est engagé".

Suites judiciaires des violences

Après la condamnation lundi des tout premiers prévenus en comparution immédiate, à Paris, à cause des violences commises suite à la victoire du PSG en Ligue des champions, 58 personnes vont être présentées ce mardi à la justice, a indiqué le parquet de Paris.

Lundi, un homme de 22 ans né en Seine-Saint-Denis a été condamné à huit mois de prison avec sursis pour violence sur policier sans incapacité, un autre âgé de 20 ans né à Paris a lui été condamné pour la même infraction mais aussi pour détention de produit incendiaire à 3 mois de prison avec sursis, tandis qu’un troisième homme, âgé de 21 ans et né dans les Hauts-de-Seine, poursuivi pour violence sur un gendarme sans incapacité, a écopé de 2 mois de prison avec sursis.

Tous les trois devront en outre payer 500 euros d’amende chacun, a indiqué le ministère public.

Selon le parquet, trois autres majeurs ont comparu en procédure de reconnaissance préalable de culpabilité tandis que cinq autres doivent être jugés lors d’une audience ultérieure.

Le ministère public a en outre annoncé que 62 personnes seraient présentées mardi à un magistrat à l’issue de leur garde à vue, « selon des orientations à préciser », qui pourraient donner lieu également à un certain nombre de comparutions immédiates.

« Une ouverture d’information judiciaire est envisagée pour les faits de vol par effraction en réunion commis au préjudice des magasins Foot Locker et Marionnaud », a par ailleurs précisé le parquet.

S’agissant de mineurs, au moins 14 connaîtront des poursuites pénales à Paris, mais des dizaines de cas sont traités par d’autres juridictions.

Sur les près de 300 gardes à vue menées à la suite de ces célébrations, 91 majeurs ont vu leur procédure classée, 23 devront verser une contribution citoyenne, principalement pour de la détention d’engins pyrotechniques, 27 se verront notifier une ordonnance pénale pour des faits notamment d’outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, de rébellion et de port d’arme de catégorie D et sept gardes à vue ont été levées dans le cadre d’enquêtes qui se poursuivent.

Fiasco du Stade de France : Darmanin présente ses excuses

Trois ans après le fiasco du Stade de France, Darmanin présente enfin ses excuses aux fans de Liverpool. Le ministre de la Justice est revenu dans un podcast sur ses quatre ans passés place Beauvau. "J'ai pêché par idées reçues", reconnaît-il.

Un rapport indépendant sur l'organisation de la finale de Ligue des champions au Stade de France a accablé l'UEFA et la police française. Elle a promis de livrer de prochains "grands événements sportifs internationaux".

Le 28 mai 2022, le Stade de France accueillait la finale de la Ligue des champions opposant Liverpool au Real Madrid. L'événement a tourné à la débâcle. Un rapport indépendant accable l'UEFA et la police française.

Dans son rapport d'information sur le fiasco sécuritaire du match Real Madrid-Liverpool le 28 mai, le Sénat pointe du doigt la responsabilité de la préfecture de police et les arrangements avec la vérité du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Pour l'avenir, ils recommandent notamment de "rendre obligatoire le recours à des billets infalsifiables".

Le ministre de l'Intérieur reconnaît une "part de responsabilité" dans les incidents qui ont gâché la finale de la Ligue des champions, le 28 mai dernier. Interrogé sur RTL, Gérald Darmanin a assuré que "la punition des personnes viendra après".

Plusieurs porte-paroles de supporters de Liverpool FC et du Real Madrid ont été entendus ce mardi au Sénat. Après le chaos du 28 mai au Stade de France, ils réclament des comptes au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qu'ils ont appelé à démissionner.

Entendu ce jeudi par le Sénat, le directeur des affaires institutionnelles de la FFF a précisé le sort des images capturées par la vidéosurveillance lors de la finale de Ligue des champions, qui a viré au fiasco au Stade de France. Au bout de sept jours, ces vidéos sont automatiquement détruites si elles ne sont pas réquisitionnées par la justice, a expliqué Ervan Le Prevost.

Auditionné au Sénat ce jeudi, le préfet Lallement a reconnu "un échec" dans la gestion de la finale de la Ligue des champions, fin mai, au Stade de France. "J'assume en totalité la responsabilité", a-t-il déclaré, soulignant toutefois qu'"un drame aurait pu se produire".

Un important dispositif policier sera appliqué pour la rencontre France-Croatie, lundi 13 juin. Près de 2 000 policiers seront impliqués dans le secteur du Stade de France.

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