La carrière de Frédéric Weis : Entre gloire sportive et défis personnels

Frédéric Weis, ancien pivot de l’équipe de France, a marqué le basket-ball français. Son parcours est jalonné de moments de gloire, de défis personnels et d'un engagement fort envers la cause de l'autisme. Cet article explore les différentes facettes de sa carrière, de ses débuts prometteurs à Limoges à ses activités actuelles en tant que consultant et défenseur de l'autisme.

Frédéric Weis lors d'un match de basket.
Source: Wikipédia

Un début de carrière prometteur

Fred Weis, également appelé Big Fred ou Frezilla, est né le 22 juin 1977 à Thionville en Moselle. Il a grandi dans une famille de basketteurs avec un père champion de France Militaire puis joueur de 1ère division et une grande sœur internationale à 5 reprises. Avant de commencer le basket ses parents l’ont inscrit à la natation car il était trop jeune pour les parquets.

Peu avant ses 14 ans, il est repéré, et intègre le CREPS de Nancy en 1991. Le club connut de nombreux changements d’entraîneurs et de remous en interne. Un an plus tard, alors qu’il mesure 2m07 il est recruté par l’INSEP, institut d’élite du sport français pour jouer en Nationale 2. La première saison de Fred au CSP Limoges fut des plus cocasses.

Les années suivantes furent plus heureuses et Big Fred connut un impact croissant au sein du championnat français.

Le triplé, il n’y a rien eu de plus beau». À l’heure du bilan, le natif de Thionville se souvient avec émotion de l’année 2000, qui l’aura vu connaître les plus grandes joies avec le CSP Limoges, auteur du triplé Championnat-Coupe de France-Coupe Korac alors que le club était en grosses difficultés financières.

Drafté en NBA : Un rêve américain contrarié

Quelques mois avant le fabuleux triplé, les New York Knicks qui avaient un œil sur Fred Weis le draftèrent en 15ème position. Ce qui était incroyable à cette époque pour un joueur étranger non formé aux USA. Quand il est sélectionné en 15e choix de la Draft NBA en 1999, Frédéric Weis est à des années lumière de l'univers américain de la Grande Ligue.

Drafté après Jean-Claude Lefèbvre (1960) et le duo Oliver Saint-Jean - futur Tariq Abdul-Wahad - et Alain Digbeu (1997), le pivot limougeaud est alors le grand espoir du basket français.

“C'était Christophe Colomb”, narre son coéquipier de l'époque, le meneur Stéphane Dumas, dans le documentaire de Canal + intitulé “Little Big Fred”, et signé Clément Repellin. “Ce n'est pas comme aujourd'hui où il y a quatre vols par jour pour New York. Il partait à la conquête des Etats-Unis entre guillemets.

Il venait de se faire opérer du dos. Je n’étais donc pas du tout au top avec beaucoup de poids. A l'époque, être drafté en NBA, ce n'est pas pareil que maintenant. A l'époque, ça n'arrivait à personne. Je me retrouve dans la franchise des New York Knicks. Des mecs dont j'avais les posters dans ma chambre. C'est quelque chose d'inimaginable. Je me dit que je ne suis jamais à ce niveau-là ! En plus, j'arrive cramé, car je venais de me faire opérer du dos.

Malheureusement, ça n’avait pas eu un énorme impact médiatique même si M6 m’avait proposé de me suivre si j’avais été en NBA. À cause d’une hernie discale récalcitrante, les Knicks convinrent avec le joueur d’attendre un an et de voir ensuite.

Sauf qu’entre-temps son agent européen se retrouva en prison et son agent américain eut trop de problèmes personnels à gérer, dont le décès de sa femme, pour s’occuper de l’affaire correctement. En repartant en France, l’idée était de revenir en NBA un an plus tard.

Les Knicks m’avaient proposé quatre ans de contrat et c’était l’idée d’y retourner après un an en France. Le problème, c’est que mon agent était toujours en prison et mon agent américain avait perdu sa femme, ce que je n’avais pas compris. Je n’avais donc plus d’interlocuteur.

Il suffisait que je me présente là-bas et je signais ! Simplement, je n’avais pas d’interlocuteur, je ne pouvais donc pas discuter avec eux. Il fallait un agent estampillé NBA et je n’en avais pas ! Je n’ai jamais rien touché ! Si vous n’avez jamais joué en NBA, vous auriez tout de même touché 947 200 dollars des Knicks…

Des JO qui resteront à jamais comme le meilleur et le pire souvenir de sa carrière: une médaille d'argent certes mais assombrie par cette humiliation planétaire qui a fait redoubler railleries et sourires narquois. Accompagné d’Antoine Rigaudeau, Yann Bonato, Mustapha Sonko, Cyril Julian, ou encore Laurent Foirest ils y rencontreront un succès inattendu avec une médaille d’argent, première pour le basket français depuis 1948 !

La performance fut retentissante avec de belles victoires contre le Canada en quart et l’Australie en demie qui jouait à domicile. La finale fut magnifique et les bleus n’avait que 4 points de retard à 4 minutes de la fin, chose impensable face à Team USA à l’époque.

L'oeil de Fred Weis - Le derby pour l’ASVEL, les Metropolitans cartonnent, Dijon au top 16 de BCL

Suite de carrière en Europe

On connaissait l’altitude de Frédéric Weis, son double mètre révolu (2,17) et son sommet en carrière avec l’argent olympique en 2000. Suite aux problèmes financiers que rencontrait le club de Limoges il était temps de changer d’air. Il s’envole donc pour la Grèce où d’autres soucis pécuniairs du club le pousse à enchaîner sur l’Espagne et Malaga.

La mayonnaise prit vite et il fut élu meilleur défenseur d’Europe en 2001. Il est ensuite recruté par le club Basque de Bilbao où il fut désigné co-capitaine, fait rare en terre basque. Il y restera de 2004 à 2009.

A 29 ans, Weis qui se voit désormais jouer encore "au moins trois ans", vient de prolonger à Bilbao jusqu'en 2009 et s'amuse comme un gosse en équipe de France, dont il est redevenu l'indiscutable pivot numéro 1.

Usé physiquement, Frédéric Weis (33 ans) a décidé de mettre un terme à sa carrière de basketteur. Ses genoux disent stop Trop handicapé par ses genoux, Frédéric Weis a été contraint de mettre un terme à sa carrière cette semaine. Limoges est actuellement dernier de Pro A), Fredzilla raccroche pour de bon ses baskets.

Les défis personnels et l'engagement pour l'autisme

Fred a toujours souhaité retrouver l’unité familiale et devenir père à son tour. Fred affectionne particulièrement passer du temps avec Enzo. Un jour, il fut convoqué avec Célia sa compagne par la maîtresse de maternelle de l’école française que son fils fréquentait. Elle leur fit état d’un comportement étrange de la part de leur fils.

Fred ne comprit pas tout de suite à nia en bloc. Mais le temps fit son œuvre et Fred découvrit d’autres particularités chez son fils. Suite à ces observations les parents décidèrent d’aller voir un spécialiste. La descente aux enfers commençait. En plus de l’annonce en elle-même, la manière de l’annoncer fut terrible : « Votre fils est autiste. C’est un handicap. Ça ne se guérit pas. Il n’aura jamais d’enfant. Vous n’aurez jamais de petits-enfants. ».

Dans une scène reconstituée, le joueur arrête sa voiture sur une aire d’autoroute. « J’ai pensé alors que c’était la meilleure solution. J’ai voulu me suicider. » Il a essayé, cette fois-là et trop souvent ensuite. Fred Weis l’avoue lui-même : il mettra dix ans à accepter le handicap de son enfant parce qu’il « ne voyait pas l’amour dans les yeux de son fils », enfermé dans son monde.

Fred qui rêvait de fonder une grande famille et d’avoir enfants et petits-enfants fut bouleversé et rejeta tout ce qui avait trait à l’autisme. Intérieurement, plus rien n’allait. Plus rien ni personne n’intéresse le grand Fred. Il s’emmure dans sa souffrance et son couple commence à en pâtir.

Après être descendu très bas dans la dépression le grand Fred va petit à petit se reprendre, renouer le dialogue avec Célia qui va beaucoup l’aider à refaire surface et les choses vont s’améliorer par la suite. Une autre aide viendra de Fred Forte, ancien joueur, entraîneur et président du CSP Limoges, sa présence et sa disponibilité l’auront beaucoup aidé à remonter la pente.

Aujourd’hui Fred s’épanouit dans de nombreuses activités de consultant TV & radio, conférences, partenariats avec des entreprises, tournage de film et rédaction de livre, mais celle qui lui tient le plus à cœur est la défense de la cause qu’est l’autisme.

À travers l’organisation de ses camps de basket, il reverse une partie des bénéfices à des Instituts Médicaux Éducatifs, à l’instar de celui dans lequel son fils est.

Anecdotes

Une anecdote sympa a eu lieu pendant ma communion solennelle, à environ 12 ans. Et alors que tous les communiés et proches étaient debout à leur place dans l’église, le prêtre qui officiait m’a demandé devant tout le monde de descendre du prie-dieu (support en bois sur lequel s’agenouiller pour prier).

Conseils

Je leur donnerais un conseil très simple mais évident : vivez normalement ! Les grands ont une particularité, c’est tout. On en a tous.

Il a beau avoir retrouvé la grande forme, son pêché mignon reste le même : Les lancers-francs. C'est en tous cas une hantise pour Weis, qui a tourné la saison dernière à 35,5% de réussite dans cet exercice à Bilbao.

Saison Club % Lancer-francs
Dernière saison à Bilbao Bilbao 35,5%

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