À 31 ans, Franck Lafitte, central de Paris et ancien international français, a décidé de mettre un terme à sa carrière de volley-ball pour se consacrer à ses études de kinésithérapie. Cette décision marque la fin de treize années passées sur les terrains, ponctuées de succès et de défis.

Franck Lafitte et Earvin Ngapeth en 2015, au retour de l'Euro remporté à Sofia, en Bulgarie. (F. Porcu/L'Équipe)
Une décision mûrement réfléchie
« C’est une décision de vie importante, donc aucune décision importante n’est facile à prendre, mais ça tombait un peu sous le sens par rapport à mon parcours et à mon état de fatigue. Surtout, j’avais vraiment envie de me concentrer à fond sur mes études pour être bien dans ma peau. »
Engagé dans un double projet avec son école de kinésithérapie à Saint-Maurice (Val-de-Marne), Lafitte avait déjà songé à arrêter en 2019 après la remontée du club de la capitale en Ligue A. Fatigué mentalement et usé physiquement après quatre opérations aux genoux, il a finalement pris sa décision.
« La raison principale, c’est l’incompatibilité entre le sport de haut niveau et les études à « haut niveau », dans le sens où les études médicales sont dures et prenantes. En France, c’est très compliqué de mener un double projet comme ça, surtout quand tu es sportif professionnel. »
Il attendait ses résultats à l’école de kiné avant de l’acter, il fallait qu’il soit sûr de valider son année pour obtenir le transfert de son dossier à Montpellier.
Un parcours riche en émotions
Franck Lafitte a connu une carrière riche en émotions, marquée par des moments de joie et des défis. Ses débuts en pro remontent à 2008 à Toulouse. Il a ensuite évolué à Montpellier, Sète et Paris.
« Je suis assez fier de mon parcours, ça a été treize années superbes, même s’il y a aussi eu des moments difficiles, parce que je me suis beaucoup blessé, il a fallu que je me relève plusieurs fois, mais ça m’a permis de mieux me connaître et d’évoluer en tant qu’homme. »
Malgré une taille modeste pour son poste (2,03 m), il a su compenser par son intelligence de jeu et son agressivité.
« Je n'étais pas forcément un bon joueur mais mes parents m'ont élevé avec le travail et l'honnêteté comme valeurs cardinales, alors j'ai juste essayé de maximiser ce que j'avais », sourit-il encore, faisant mine d'oublier cet incroyable record de... 13 contres gagnants en un seul de match de Ligue A, en 2013 avec Montpellier.

Les moments forts en équipe de France
Franck Lafitte a porté le maillot de l'équipe de France à 126 reprises. Il garde des souvenirs inoubliables de cette période, notamment de l'été 2015, marqué par les victoires à la Ligue Mondiale et à l'Euro.
« Honnêtement, les moments en équipe de France. Je garde énormément de bons souvenirs, notamment de cet été 2015 qui aura été complètement incroyable sur tous les plans, ça restera LE moment fort. »
Laurent Tillie, le sélectionneur, se souvient de son entrée décisive face aux États-Unis en Ligue Mondiale 2015 : « Nous étions menés 2 sets à rien et 16-10. Son entrée pleine de rage a tout changé. Nous nous sommes qualifiés pour les demies... et nous avons décroché notre premier titre. »
Il évoque Rio 2016 (9e place), terme de son aventure en bleu. Une fiesta terminée avec une coupe d'Iroquois.
« Cela demeure un très grand souvenir, glisse l'ancien Sétois, pilier de l'esprit "Team Yavbou" qui régnait alors en équipe de France. C'est cela qui va le plus me manquer : tous ces moments de partage avec mes coéquipiers. »
Franck Lafitte / Middle Blocker #17blue
Blessures et résilience
La carrière de Franck Lafitte a été jalonnée de blessures, notamment aux genoux. Il a subi quatre opérations importantes en treize ans. Ces épreuves ont forgé son mental et sa détermination.
« Je suis en accord avec moi-même. J'ai décidé du moment de ma sortie. Je n'avais qu'une hantise, devoir m'arrêter sur une blessure. Cela, ce n'était pas possible. »
L'avenir à Montpellier
Franck Lafitte va désormais s'installer à Montpellier avec sa compagne pour poursuivre ses études de kinésithérapie. Il ne compte pas pour autant s'éloigner complètement du monde du volley-ball.
« Oui, c’est aussi pour ça que je descends. J’ai joué cinq ans à Montpellier, un à Sète, j’ai passé un an au CNVB, c’est un peu ma maison là-bas. La plupart de mes amis sont du coin et la vie est sympa.
« Je ne sais pas, parce que je n’ai pas forcément envie d’avoir la même vie que celle que j’ai connue en tant que sportif. Je pense que dans un premier temps, je vais prendre un peu de distance par rapport au sport de haut niveau, même si j’y reviendrai forcément, parce que mine de rien, tu ne peux pas avoir baigné autant de temps là-dedans et t’en éloigner totalement. Mais le temps le dira. »
« Mais je ne serai jamais bien loin du volley », assure Franck Lafitte. Cela ressemble à une promesse.
| Compétition | Année | Équipe |
|---|---|---|
| Ligue Mondiale | 2015 | Équipe de France |
| Championnat d'Europe | 2015 | Équipe de France |