Histoire du Volley-Ball : France et Tchécoslovaquie

Le volley-ball est né en 1895 aux États-Unis. Son fondateur, William Morgan, était professeur d'éducation physique à l'université d'Holyoke dans le Massachusetts et ami avec James Naismith, inventeur du basket-ball quatre ans plus tôt. Morgan cherchait une activité annexe au football américain dont il s'occupait essentiellement. Il abandonna l'idée du tennis à cause de son équipement mais garda l'idée d'un filet. Il l'imagina à six pieds, six pouces de hauteur (2 mètres environ).

Il cherchait aussi un bon ballon et inventa donc un ballon en cuir avec une vessie de caoutchouc pesant dans les 300 grammes. Dans un premier temps, le nom de mintonette était le nom de ce néo-sport puis c'est en 1896 que le nom officiel et définitif de volley-ball sera trouvé par le professeur Halstead.

En 1908, se déroule la première compétition mondiale de volley-ball, aux Jeux Asiatiques à Manille. En 1922, la première fédération nationale est fondée, c'est la Tchécoslovaquie. C'est dans cette même année que les premières véritables règles apparaissent : Les Américains fixent alors le nombre de joueurs à six, ainsi que la passe à trois.

Le 2 février 1936, la FFVB est créée. Le premier règlement officiel ne dépasse pas un tiers d'une page: " Le terrain doit mesurer de 15 à 22 mètres en longueur et de 9 à 11 mètres en largeur. Le filet a une hauteur de 2m40 (2m43 aujourd'hui). Le nombre de joueurs et de passes est illimité. Le service s'effectue à droite ou à gauche derrière la ligne de fond (règle réhabilitée en 1994 !, puis finalement supprimée). Il existe sept fautes : le joueur ne peut se servir d'un objet quelconque ou se faire aider par un autre pour lâcher le ballon ; il ne peut frapper le ballon deux fois de suite ; il ne peut attaquer le ballon ; il ne peut dépasser le ballon avec la main (règle obscure ?!); il ne peut servir hors son tour, ni toucher le filet, ni gêner l'adversaire en pénétrant sur son terrain."

Consciente de la brièveté de son règlement, la jeune FFVB rajoutera, un an plus tard : " Un joueur ne peut parler aux officiels, retarder le jeu, discuter, adresser des propos désobligeants aux adversaires, faire rentrer en jeu un joueur disqualifié ( la notion d'entraîneur était encore inconnue : les joueurs se manageaient eux-mêmes)." 1938, le SS Amicale Paris (messieurs) devient le premier club champion de France et en 1941, c'est la Villa Primerose Bordeaux, chez les dames, qui devient le premier club champion de France.

Les États baltes, la Russie, la Tchécoslovaquie et la Pologne furent les premiers conquis en Europe par le volley-ball, devenu depuis lors dans ces pays un sport traditionnel. Les débuts du volley-ball furent beaucoup plus difficiles en France, où ce sport fut longtemps considéré comme un simple jeu de plein air, et plus particulièrement de plage. L’arrivée des Russes blancs, réfugiés de l’Union soviétique, à partir de 1920, en fit mieux connaître les possibilités.

Sur le plan international, quatorze nations étaient représentées au premier congrès de Paris d’avril 1947 : Belgique, Brésil, Égypte, États-Unis, France, Hollande, Hongrie, Italie, Pologne, Portugal, Roumanie, Tchécoslovaquie, Uruguay et Yougoslavie. La Fédération internationale de volley-ball (F. I. V. B.) comptait 30 pays affiliés en 1951, 92 en 1964 et 119 en 1974. Le volley-ball est devenu un sport universel, qui organise régulièrement, tant chez les féminines que chez les masculins, championnats continentaux et championnats du monde.

Championnat du Monde de Volley-Ball 1949 en Tchécoslovaquie

Le Championnat du monde de volley-ball 1949 (FIVB Men's Volleyball World Championship) est la 1ère édition du Championnat du monde de volley-ball. La compétition réunissant les sélections des équipes nationales masculines de volley-ball se déroule en Tchécoslovaquie à Prague du 10 septembre au 18 octobre 1949.

L'équipe de France de volley-ball finit à la 6e place du Championnat du monde.

Matchs de l'équipe de France

  • 18 septembre 1949: Pologne - France (3 - 0)
  • 17 septembre 1949: URSS - France (3 - 0)
  • 16 septembre 1949: Tchécoslovaquie - France (3 - 0)
  • 15 septembre 1949: Roumanie - France (3 - 1)
  • 14 septembre 1949: Bulgarie - France (3 - 0)
  • 13 septembre 1949: France - Italie (3 - 1)
  • 11 septembre 1949: France - Belgique

MESSAGE CACHE de l'equipe de FRANCE de VOLLEYBALL championne olympique [TOKYO 2020]

L'Équipe de France : Une Machine à Gagner

Le palmarès de l’équipe de France de volley est resté vierge pendant 69 ans. Mais depuis leur premier sacre, lors de la Ligue des nations 2015, c’est devenu une machine à tout gagner. Entre son premier match en 1946 et son premier titre en 2015, les Bleus n’avaient fait que des places d’honneur.

Désormais dirigée par l’Italien Andrea Gianni, la bande à Earvin Ngapeth semble inarrêtable, alors que se profilent désormais les championnats du monde en Slovénie et Pologne, du 26 août au 11 septembre. La réussite des Bleus s’explique en particulier par le « simple » fait que les Bleus possèdent actuellement une génération incroyable. « Ils ont une génération de dingue. Quand on les voyait jouer, on savait qu’ils seraient très forts, très vite. Je savais qu’ils pourraient nous amener des premiers titres, se souvient Pierre Pujol, ancien passeur de l’équipe de France jusqu’en 2014.

« C’est une génération assez particulière qui est en train de marquer l’histoire du volley et même du sport français. Leur plus grande qualité est de ne jamais douter. Ça vient d’un état d’esprit qu’ils avaient déjà en jeunes (champions d’Europe cadets en 2007 et 2009 et juniors en 2008), lors de leurs premiers titres. Et il y a eu une confiance collective qui s’est installée », appuie de son côté l’ancien sélectionneur Laurent Tillie, à la tête des Bleus entre 2012 et 2021.

Aussi spectaculaires qu’efficaces, ils inventent des choses sur les parquets. Mais dans un sport collectif, une somme d’individualité ne fait pas une équipe. Il faut du liant pour amener tout le monde à se mettre au diapason. « Le plus important, c’était de créer un groupe. Il nous a fallu quelques années mais tout le monde est entré dans le moule », appuie Tillie. Et l’avantage qu’ont les sélectionneurs français, c’est que les hommes qui composent cette sélection sont aussi amis en dehors des terrains. Ce qui peut aussi avoir ses inconvénients, comme le disait le nouveau sélectionneur Andrea Gianni, au cours de cette Ligue des nations.

« Ce sont vraiment des gars bien, humbles. Ils ont leurs codes, leurs envies. C’est ce qui en fait l’une des meilleures équipes de tous les temps », pense Pujol. Et les sélectionneurs ont compris qu’il fallait leur laisser un espace de liberté pour qu’ils puissent s’exprimer pleinement. Cette rage de vaincre et cet état d’esprit ont infusé dans le groupe. Il s’est propagé aux jeunes joueurs qui les ont rejoints en cours de route. À l’image de Jean Patry, Trévor Clévenot ou Barthélémy Cheninyeze, auteurs d’une finale époustouflante.

« Il y a aujourd’hui un plus large éventail de joueurs et une certaine émulation, précise le sélectionneur champion olympique. Comme les joueurs ne sont pas timides dans ce qu’ils font et dans l’image qu’ils renvoient, ils donnent envie aux jeunes volleyeurs de les imiter. Ça permet à ces jeunes de progresser plus vite. Et derrière, il y a un partage dans tout ce qui se fait.

Dernier rouage de cette machine à gagner, les Bleus s’exportent facilement désormais. Dans ce groupe de 14 joueurs, vainqueur de la Ligue des Nations, ils ne sont que quatre à ne pas avoir connu d’expérience à l’étranger. Et parmi ces quatre, aucun n’est titulaire.

Cette expatriation a permis aux Bleus de découvrir d’autres cultures, dans des clubs rompus à la Ligue des champions et évoluant dans les meilleurs championnats du monde. « Ma première consigne en équipe de France a été de leur dire de s’expatrier, se remémore Tillie. Ça les a obligés à sortir de leur zone de confort, à prendre des coups, à se confronter aux meilleurs joueurs et à se retrouver en difficultés. Ce n’est que dans ces cas-là qu’on progresse.

En plus de parfaire leur formation de joueurs, cela leur a aussi permis de changer de regard sur leurs adversaires, juge Pierre Pujol, qui a également joué dans plusieurs pays européens. « Quand on joue à l’étranger, on ne voit plus les Italiens ou les Brésiliens comme des monstres. On les voit tous les jours ou toutes les semaines sur le terrain. C’était indispensable.

Double champions olympiques en titre, les Français ont tout gagné, mais il leur manque toujours un titre mondial à leur palmarès XXL. Jamais titrés au championnat du monde, les volleyeurs français sont toujours à la recherche du titre mondial manquant encore à leur collection de trophées.

Benjamin Toniutti, le capitaine des Bleus, évoque d'emblée la densité du plateau international. "La concurrence est rude au niveau mondial. Les équipes sont très proches en termes de niveau et la marge est minime, commence le passeur emblématique des Bleus, qui a dépassé le cap des 400 sélections. Aux Jeux de Paris, on est passé près d'une élimination contre l'Allemagne en quarts de finale avant de finalement être champion olympique."

On a aussi bien performé sur la Ligue des Nations (VNL), glisse ce dernier. Elle amène quelque chose qui nous va bien, une décontraction et un détachement du résultat final, qui nous permet de bien nous exprimer parce qu'on arrive à jouer relâchés et à prendre du plaisir. Ce n'est pas le cas, c'est vrai, sur les championnats du monde, où l'enjeu est complètement différent, car celui-ci est supérieur.

Entraîneur des Bleus entre 2012 et 2021, Laurent Tillie souligne, lui, le format de la compétition : "Sur les éditions précédentes, les championnats du monde étaient une longue compétition, avec beaucoup de matchs en phase de poules. Pour l'édition 2025, la compétition évolue, avec seulement trois matchs de poules avant les phases finales. Un format qui ressemble d'ailleurs à celui des JO.

« Et ils arrivent à gagner rapidement en maturité au fur et à mesure des matches. Ça permet d’avoir plus de solutions en bout de filet, à la passe ou au centre. Mais on voyait déjà cela se profiler en 2017, lors des qualifications pour les Mondiaux. Il y a une forme de continuité qui se crée."

La compétition va aller très vite. Il va falloir beaucoup de constance et un peu de chance", annonce Laurent Tillie, qui estime que leur qualité de jeu est "suffisante pour espérer un podium". Mais après une VNL manquée, les hommes d'Andrea Giani pourraient y puiser une force salvatrice pour le championnat du monde.

Aux Philipinnes, les Bleus voient grand et ne visent rien d'autre que l'or. "On veut un gros résultat, ambitionne Jean Patry, parce que cela va être la dernière compétition pour pas mal de gars de l'équipe. Cela va nous donner un petit truc en plus. Une page va se tourner et on a envie de terminer en beauté."

"On est tous en mission sur ce championnat du monde. On a à cœur d'aller chercher cette médaille qui nous manque. Comme il s'agit peut-être de la dernière compétition qu'ils joueront tous ensemble, et qu'ils ne l'ont jamais gagnée, cet objectif va les motiver, reconnaît Laurent Tillie. Ils ont l'expérience et la fraîcheur avec des jeunes joueurs.

Pour cela, les Bleus, qui retrouveront Earvin Ngapeth et Jean Patry, blessés respectivement au genou droit et malade cet été, devront déjà finir en tête de leur groupe, composé de la Corée du Sud, de la Finlande et de l'Argentine. "Leur poule est équilibrée et la France devrait s'en sortir tranquillement, avant les matchs couperets de la phase finale", prédit Laurent Tillie.

L'équipe de France masculine de volley-ball l’a fait ! Pour la deuxième fois consécutive, les Bleus se sont hissés sur la plus haute marche du podium olympique, cette fois-ci à domicile, sous les acclamations d’un public en feu.

🏆 TRÉVOR CLÉVENOT SACRÉ MEILLEUR JOUEUR DU MONDE 2024 ! C’est une consécration pour le volley tricolore : Trévor Clévenot a été élu meilleur joueur du monde en 2024 par Volleyball World !

Elle a été longue à venir, depuis l'engagement en 1949 de la France dans les compétitions mondiales, mais elle est enfin là : le volley tricolore décroche une première médaille au championnat du monde 2002.

Après un passage à vide de quinze ans (1987-2002), les Bleus goûtent à nouveau avec plaisir au succès. Sur la lancée de son bon Mondial 2002, l'équipe de France enchaine par une belle performance au championnat d'Europe 2003. A Berlin, en Allemagne, elle remporte la médaille d'argent.

La France est défaite en 5 sets (18-25, 42-40, 18-25, 29-27, 9-15).Nouvelle finale pour les Bleus en championnat d'Europe, six ans plus tard, en 2009. C'est la Turquie qui accueille cette compétition.

Malheureusement, comme en 2003, c'est contre cette équipe que les volleyeurs français vont perdre leurs deux seuls matchs du tournoi, dont la finale, en quatre sets (29-27, 25-21, 16-25, 27-25).

Sorte de championnat intercontinental se jouant sur environ deux mois, la Ligue mondiale (différente des Championnats du Monde) a réussi par deux fois à l'équipe de France.

En 2015, l'équipe de France démarre sa campagne pour la Ligue Mondiale 2015, alors qu'elle est en deuxième division de cette compétition. Elle remportent 14 matchs d'affilé et termine vainqueur de cette division 2. Après deux victoires et une défaite elle parvient en finale et remporte, contre la Serbie (19-25, 21-25, 23-25), le premier titre international de son histoire.

Le dernier championnat d’Europe masculin disputé en France remonte à 1979. 40 ans. À cette époque, l’équipe de France était assez loin au classement mondial et accéder à la poule finale à Paris était quasiment inespéré.

Pourtant, au prix notamment d’un exploit contre la Tchécoslovaquie d’entrée à Toulouse, les Bleus de Rousselin, Geiler, Fabian, Di Giantommaso and Co y sont parvenus. 40 ans après, le volley tricolore sort de l’ombre. Il s’offre une cure, médiatique et de popularité auprès du public français, sur laquelle la Fédération française devra surfer.

" On était porté, transcendé par ces supporters. Tout a démarré lors du premier match à Toulouse, où ils avaient effectué leur préparation. " Nous avions battu au prix d’un retour exceptionnel au tie-break (1-10 à 15-13) la Tchécoslovaquie, l’une des meilleures nations du monde, se souvient Guy Di Giantommaso. De toute façon, à l’époque, les pays de l’Est de l’Europe ne laissaient que peu de place aux autres sur les podiums.

Un match mémorable, inoubliable pour les acteurs et les 1 300 spectateurs présents dans le gymnase Léo-Lagrange de Toulouse, en fusion. Les Bleus ne s’arrêtant pas en si bon chemin, la ferveur populaire est montée au fil des rencontres, jusqu’à cette qualification pour la poule finale à 6, jouée à Paris - Coubertin. " C’était incroyable. Nous les petits volleyeurs, on sortait de notre anonymat. Déjà, les Bleus de 79 avaient eu cette sensation durant la préparation.

Sortis de l’anonymat, les Bleus de 79 avaient eu cette sensation durant la préparation. Pour être sélectionné par le duo Jean-Marc Buchel et Claude Chanoux, chacun avait dû lâcher son métier ou ses études et se mettre en disponibilité six mois durant. " Habituellement, on se préparait quinze jours ou trois semaines, raconte Christophe Geiler, le père de Baptiste, actuellement à Chaumont. Là, on avait effectué une vraie préparation avec beaucoup de physique, des stages, des tournois et des matches à l’étranger ", ajoute Marc Rousselin, alias Papy, du haut de ses 29 ans et de se dix années en Bleu. " On a vécu de super moments collectifs. Une vie de groupe forte qui fait que nous sommes toujours contents de nous retrouver pour la date anniversaire, poursuit celui qui lançait toujours une boutade ou qui faisait toujours une farce à un équipier…. On l’a fait pour les 30 ans. La qualification pour la poule finale à Paris était une vraie surprise. "

Rien n’était réservé par la Fédération, se marre Marc Rousselin, en précisant que cela n’est pas une blague. On n’avait pas de billet de train pour monter à Paris, pas d’hôtel, ni de salles d’entraînement bloqués. Ils ont sorti le volley de l’ombre et ont " lancé la génération 86, 6e du championnat du monde, dernière grande épreuve organisée en France avant cet Euro 2019, selon Lionel Devos.

Après 1979, on a su vendre le produit volley. On a senti une vraie progression. Mais après 86, tout est parti en fumée. Aujourd’hui, les sets se jouent en 25 points et non plus quinze (avec points marqués uniquement sur son service). Les joueurs Français sont tous professionnels et des références dans de grands clubs étrangers. "Nous, on vivait notre passion mais on ne pouvait pas en vivre.

L’équipe de France bénéficie d’un suivi télévisuel assez régulier grâce à la chaîne L’Équipe. Mais le volley, malgré un titre de champion d’Europe en 2015, deux Ligues Mondiales et de belles médailles continentales et mondiales, reste très sous-médiatisé, quand le basket et le hand, eux, ont su tirer profit des succès de leurs équipes nationales. " Les problématiques sont les mêmes malgré 40 ans passés, glisse Lionel Devos

En pénétrant ce soir-là sur le parquet du centre sportif Léo-Lagrange de Toulouse, les douze volleyeurs de l'équipe de France n'imaginaient pas ce qui les attendait. Ils savaient que leur premier adversaire de cet Euro, la Tchécoslovaquie, était un gros morceau. Ils avaient aussi quelques indices sur leur progression, après d'encourageants matches de préparation à Bratislava et en Chine. Ils ignoraient en revanche qu'ils se souviendraient de ce vendredi 5 octobre 1979 quarante ans plus tard. Pour ce succès historique (3-2), marqué par leur remontée spectaculaire au 5e set (1-10, 12-10, 15-13). Et pour l'ambiance.

« C'est l'une des premières images qui me reviennent : la victoire contre les Tchèques, dans une salle extraordinaire, chauffée à blanc. C'était énorme ! », se remémore Jean Hornain, dix-huit ans à l'époque. Même l'expérimenté Alain Fabiani (51e sélection) n'en revient toujours pas : « Nous n'avions jamais joué avec une telle ferveur en notre faveur. Il y avait de l'ambiance quand Cannes montait à Paris, mais là tout le monde était pour nous ! »

« On découvrait la pression physique et psychologique. Mais on a tenu » Imaginez 1300 spectateurs en furie, entassés dans l'unique tribune du gymnase qui devait pouvoir en contenir 1000. Des supporters qui, à chaque match à Toulouse, attendront les joueurs à l'entrée de la salle, les acclameront à la sortie. « On a été surpris, mais ça nous a portés, transcendés », avoue Richard Goux, devenu par la suite médecin fédéral. Sur leur lancée, les volleyeurs français battent la RDA (3-0) puis arrachent à la Roumanie les deux sets qui leur permettent de se qualifier pour la poule finale, à Paris (défaite 3-2). Dans une tension palpable jusque sur le terrain.

« C'était des matches terribles, se souvient l'ex-central Stéphane Faure. En face c'était fort, très dur, les matches pouvaient durer plus de trois heures, et nous on découvrait la pression physique et psychologique. Mais on a tenu. » C'était le bon vieux temps des sets en quinze points, marqués seulement quand votre équipe avait le service. L'époque où les volleyeurs s'entraînaient une fois par semaine, quand leur métier ou leurs études leur en laissaient le temps.

Cette « montée à Paris » était bien un véritable exploit. Mais un coup savamment préparé, orchestré, mûri par un homme en qui Fédération et joueurs ont cru. Jean-Marc Buchel, trente-cinq ans à l'époque (il est décédé en 1994), avait compris que pour rivaliser avec les grandes nations du volley, il fallait les imiter.

Pour être sélectionnés, les joueurs français ont donc dû accepter de lâcher leur activité pour vivre d'indemnités pendant six mois et s'infliger une préparation physique démentielle (pour l'époque). « On allait soulever de la fonte, c'était nouveau, en sourit Jean Hornain. On était sérieux parce qu'on bossait, mais on se marrait bien. » C'est le deuxième pari de Buchel : construire une équipe avec de solides piliers (six joueurs à plus de 90 sélections) et d'insouciants juniors. Malgré la frustrante quatrième place à Coubertin, après une victoire (face à l'Italie) et trois défaites (Yougoslavie, Pologne et URSS), la fête qui suivit fut, paraît-il, mémorable...

« On pouvait vivre sa passion mais pas vivre de sa passion » De cet Euro, les joueurs ne retiennent que joie et fierté. « C'est une expérience extraordinaire qui nous a marqués à vie, résume Richard Goux. Un acte fondateur : on est devenus les piliers de nos clubs, parce qu'on avait vécu ce qu'aucun autre joueur, en France, n'avait vécu. »

Pour le volley français, 1979 fut surtout une formidable mise en lumière médiatique : des matches en direct à la télévision, des journalistes « très curieux de découvrir ce sport » (Faure), un « passage à Stade 2 » (Hornain).

L'engouement ne dura pas, on le sait. Mais 1979 servit aussi d'exemple pour 1986, la fameuse préparation commando de deux ans, et la sixième place au Mondial en France. Entre-temps, les volleyeurs sont retournés dans leurs clubs, à leurs études, leurs boulots. Certains ont quitté la sélection après cet Euro.

Match de volley-ball entre la France et la Russie en 2014

Championnats du Monde de Volleyball

Créés en 1949, les championnats du monde de volleyball se déroulent tous les quatre ans entre chaque olympiade. Avec le premier succès d’une équipe non-européenne en 1986 et l’équipe étatsunienne à Paris, le Brésil est la seconde nation à avoir remporté le championnat du monde en venant d’un autre continent. Avec une domination assez nette depuis la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’au début des années 1980, l’URSS domine assez largement le classement des nations dans l’histoire des championnats du monde.

Voici un tableau récapitulatif des dernières performances de l'équipe de France :

Date Match Résultat Compétition
18 sept. 2025 France - Argentine France 2 - 3 Argentine Championnat du monde
16 sept. 2025 France - Finlande France 2 - 3 Finlande Championnat du monde
14 sept. 2025 France - Corée du Sud France 3 - 0 Corée du Sud Championnat du monde
10 sept. 2025 France - Brésil France 4 - 0 Brésil Match amical
9 sept. 2025 France - Brésil France 4 - 1 Brésil Match amical
20 août 2025 France - Serbie France 3 - 1 Serbie Match amical
31 juil. 2025 France - Slovénie France 1 - 3 Slovénie Ligue des nations
20 juil. 2025 France - Pologne France 2 - 3 Pologne Ligue des nations
19 juil. 2025 France - Italie France 3 - 2 Italie Ligue des nations

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