La France, championne du monde en titre, a subi une élimination choquante en huitièmes de finale de l'Euro 2021 face à la Suisse. Ce match mémorable, conclu par une séance de tirs au but (3-3, 5-4 tab), s'est déroulé à Bucarest. Pour la première fois de son histoire, la Suisse s'est qualifiée pour les quarts de finale de l'Euro. Les joueurs de Vladimir Petkovic ont dominé l’équipe de France championne du monde à l’issue d’un match au scénario renversant, conclu par une séance de tirs au but (3-3, 5-4 tab) et un échec de Kylian Mbappé, celui de trop pour l’attaquant parisien.

Un Scénario Incroyable
L’abnégation des Helvètes a eu raison d’une équipe de France complètement à l’envers pendant près d’une heure, sur un fil le reste du temps. La Suisse croisera la route de l’Espagne en quarts de finale vendredi (18h). Quelle déception pour les Bleus...
🇫🇷🇨🇭 2021 : l'impensable échec des Bleus contre la Suisse
Les Moments Clés du Match
La Nati aurait pu s'en mordre les doigts pendant très longtemps. Car elle a eu l’occasion de noyer les espoirs d’un adversaire suffocant bien plus tôt dans ce match, lorsque l’infernal Steven Zuber a obtenu un penalty suite à une faute plus que grossière de Benjamin Pavard (55e). Un but, et l’affaire aurait sans doute été pliée. Mais contre toute attente, le gardien de l’équipe de France Hugo Lloris s’est détendu pour repousser la tentative, arrêtant son premier penalty depuis 2012. Une éternité.
Il restait sur 16 buts encaissés avec les Bleus dans cet exercice. Une éternité. L’exploit du dernier rempart a agi comme un électrochoc.
Le Réveil de Benzema et le Break Français
Et en deux minutes, l’équipe de France s’est réveillée, dans le sillage de ses anciens Lyonnais. Proche du KO quelques instants auparavant, la France a surgi du néant. Au terme d’une action à trois initiée par Antoine Griezmann, Karim Benzema s’est magnifiquement emmené le ballon tel un funambule, pour devancer Yann Sommer d’un pointu du pied gauche (57e). Dans la foulée, l’attaquant madrilène a réalisé un deuxième doublé consécutif (après le Portugal) pour permettre à la France de faire le break à la conclusion d’une belle action collective (59e), inscrivant son 31e but en bleu, le quatrième dans cet Euro.

Vingt minutes plus tôt, Didier Deschamps avait toutes les raisons d’être soucieux, après une première période extrêmement inquiétante. Les craintes soulevées par l’adoption en catastrophe d’un schéma tactique (en 3-5-2 ou 4-3-3) qui a rarement fait ses preuves étaient justifiées.
Les Difficultés Tactiques Initiales
Rarement l’équipe de France n’a semblé aussi désordonnée et hésitante qu’en première période à Bucarest, tant dans ses projections offensives - ne s’appuyant quasiment exclusivement que sur la vitesse de Kylian Mbappé -, que dans l’animation de son système à la perte du ballon, en phase défensive.
L’ouverture du score de Seferovic (15e) en est la parfaite illustration. Fébriles sur le plan défensif, avec trop d’erreurs de placement dans les trente derniers mètres et une passivité qui interroge, les Bleus, qu’on a vu échanger énormément sur le terrain, ont souffert face à la maîtrise collective suisse. La Nati, avec un bloc plus compact mais pas moins joueur, s’est régalée en attaque placée, créant trop facilement des décalages, trouvant aisément des espaces entre les lignes
Les Changements Tactiques et le But de Pogba
Le double changement tactique de l’équipe de France entre la 35e minute (Kimpembe basculant à gauche de la défense) et le début de la seconde période (sortie de Clément Lenglet au profit de Kingsley Coman, retour de Rabiot au poste d’arrière gauche), n’a pas radicalement changé le visage d’une équipe en plein doute. Mais la France a cette chance de disposer de joueurs d’exception, dont Paul Pogba, auteur d’une frappe puissante et lumineuse, splendide de précision.
Le Relâchement et la Remontée Suisse
Euphorique, l’équipe de France, avec deux buts d’avance au tableau d’affichage, s’est-elle pensée à l’abri d’un retour ? Elle a en tout cas joué à se faire peur. Et à force de jouer avec le feu, la France a fini par se brûler. Rendue possible en fin de match par le doublé tardif de Seferovic (81e), l'égalisation de la Nati est intervenue à la toute fin du temps réglementaire, grâce à Gavranovic, privé d’un premier but entaché d’une position de hors-jeu, quelques instants plus tôt.
La Séance de Tirs au But Fatale
Insoutenable, le suspense s’est étiré jusqu’à une terrible séance de tirs au but, conclue par l'échec de Kylian Mbappé, coupable de mauvais choix en prolongation. L'attaquant parisien, en difficulté tout au long du match, a raté le dernier tir au but français, après un sans-faute suisse. Immenses favoris avant la compétition, renforcés sur les papier par l'arrivée de Karim Benzema, les Bleus ont brusquement pris la poussière et quittent la compétition dès les huitièmes de finale. Une première depuis la Coupe du monde 2010 et le tristement célèbre fiasco de Knysa, où elle avait été éliminée en phase de groupes.
Les Réactions et l'Analyse du Match
Ce fut incroyable, majestueux, extraordinaire, désespérant, aussi, et au final, les Bleus et leurs supporters n'ont plus que leurs yeux pour pleurer. La France est championne du monde en titre, elle figurait évidemment parmi les favoris de l'épreuve, mais elle a pris une sacrée claque, ce lundi, et la porte avec, au terme d'un scénario de dingue face à la Suisse (3-3 a.p., 4-5 aux t.a.b.). Donnant le bâton pour se faire battre pendant près d'une heure face à une machine parfaitement huilée, les Bleus ont à un moment tout renversé, portés par la grâce retrouvée de plusieurs de leurs joueurs, avant de craquer, puis d'être emportés au terme d'une séance de tirs au but.
Un Début de Match Difficile pour les Bleus
D'entrée, le début de match a diffusé l'impression d'une partie non maîtrisée par la bande à Didier Deschamps. En perdition dans un schéma avec trois défenseurs centraux, incapable de réaliser la moindre action digne de son nom, la France s'est d'ailleurs logiquement retrouvée punie par Seferovic. Les Bleus étaient fébriles et cette ouverture du score le symbolisait parfaitement, avec un Pavard bien loin au marquage et un Lenglet mangé dans le duel par l'attaquant du Benfica (0-1, 15e). La suite de la première période ? Un néant chez les hommes de Didier Deschamps.
Le Rôle Crucial de Benzema
Le remplacement à la pause du défenseur du Barça par Kingsley Coman, signifiant la fin de la défense à trois, n'a rien changé dans un premier temps. Car les Helvètes ont eu une occasion en or de porter la marque à 2-0. Mais Lloris a réalisé un miracle sur penalty (voir ci-dessous), et puis tout a semblé basculer en l'espace de trois minutes grâce à un sensationnel Benzema (voir ci-dessous). La France venait de basculer en tête et Paul Pogba portait le score à 3-1 d'une frappe monstrueuse de 25 mètres (75e). Le match était plié ? Il n'en était rien.
Ce diable de Seferovic a redonné espoir à la Suisse d'une nouvelle tête puissante (3-2, 81e), et Gravanovic a mis dans le vent Kimpembe d'un crochet, avant d'ajuster admirablement Lloris (3-3, 90e). Tout était à refaire, et c'était terrible. La France a pourtant failli arracher dans la foulée la victoire mais Coman, d'une reprise au bout du bout du temps additionnel, a envoyé le ballon sur la barre transversale (90e+4).
Prolongation et Tirs au But
La prolongation a été irrespirable, marquée par la volonté de Coman de ne pas quitter le terrain, marquée aussi par des actions des deux côtés, à l'image de cette grosse occasion manquée par Mbappé (110e). Le sort de cette rencontre sensationnelle s'est décidé lors de la séance des tirs au but. La France n'en avait plus disputée depuis la finale de la Coupe du monde 2006, et elle s'était mal finie (1-1 a.p., 3-5 aux t.a.b.). Ce lundi soir, malheureusement, Mbappé a succédé à Trezeguet et l'histoire s'est répétée.
Le Joueur: Karim Benzema
Il avait peiné à retrouver le chemin des filets pour son retour en sélection, et son doublé face au Portugal (2-2) avait eu valeur d'exécutoire. Mais ce qu'a fait Karim Benzema, ce lundi soir, a été encore plus grand : les Bleus étaient sous l'eau quand l'attaquant du Real Madrid leur a permis de sortir de l'apnée. Depuis des années, le public de Santiago-Bernabeu se régale de ses gestes élégants, tout en toucher, et c'est sur l'un d'eux que l'attaquant a remis son équipe à l'endroit. Servi en profondeur par Mbappé, le ballon lui est arrivé derrière le corps et, forcément, 99 % des joueurs n'auraient pu conclure l'action.
Mais le buteur des Merengues dispose d'un talent hors du commun : d'un contrôle extraordinaire de la jambe arrière, il est parvenu à se remettre le ballon dans le sens du jeu, avant d'ajuster Sommer d'un petit piqué du gauche (1-1, 57e). Deux minutes plus tard, après une frappe de Griezmann déviée par le gardien suisse, il était à l'affût au second poteau pour placer la France en tête (2-1, 59e). « Les buts, c'est comme le ketchup : quand ils arrivent, ils viennent tous en même temps », avait déclaré Cristiano Ronaldo. Son ancien partenaire au Real Madrid lui a donné raison. Mais comme le Portugais, « Benz » ne sera pas au rendez-vous des quarts de finale.
Le Fait: Lloris, l'Arrêt Finalement Inutile
Déjà menée 1-0, la France se retrouve au bord du gouffre avant l'heure de jeu. Oui, Mbappé vient de s'effondrer dans la surface suisse, mais si le VAR interpelle l'arbitre, c'est pour un contact survenu plus tôt dans l'action, à l'exact opposé du terrain. Pavard a bien fauché Zuber, et M. Rapallini, après visionnage des images, désigne le point de penalty. Ricardo Rodriguez s'élance, tire puissamment à ras de terre sur sa gauche. Incapable de repousser le moindre des 15 derniers penalties concédés par les Bleus quand il était sur le terrain, Hugo Lloris se propulse sur sa droite et détourne le tir, maintenant la France en vie. Une heure plus tard, sur sa lancée, le gardien aurait pu endosser le costume de héros. Mais il n'est pas parvenu à repousser la moindre des tentatives des Suisses aux tirs au but.

Statistiques Clés
- 67 ans: Cela faisait 67 ans que la Suisse ne s'était plus qualifiée à l'issue d'un match à élimination directe dans une grande compétition internationale.
- 1954: En 1954, les Helvètes avaient été sortis en quarts de finale de la Coupe du monde.
En venant à bout de l’équipe de France en 8e de finale de l’Euro 2021 mercredi 28 juin (3-3, 5-4 t.a.b), la Suisse a décroché plus qu’une qualification en quart. Si la déception est grande côté français, suite à l’élimination des Bleus en 8e de finale de l’Euro 2021 contre la Suisse (3-3, 4-5 t.a.b), la joie est immense côté helvète. Donnés perdants contre les Tricolores, les Suisses ont livré une grosse prestation pour sortir les champions du monde en titre.
Cela faisait 67 ans que la Suisse n’avait plus passé un tour à élimination directe dans un tournoi majeur (Euro ou Mondial). La dernière fois, c’était lors du Mondial 1954 organisé en… Suisse, avec la Nati qui avait sorti l’Italie en match d’appui (4-1). Pour la première fois de son histoire, la Suisse atteint les quarts de finale d’un championnat d’Europe.
Historique des Rencontres France-Suisse
Le revers de la France face à la Nati date du 27 mai 1992 - un mercredi exactement, à destination des statisticiens - et un amical à Lausanne (1-2). Depuis, les Tricolores ont dominé trois fois les Suisses, dont au Mondial-2014 (5-2), et concédé quatre nuls, dont un à l’Euro-2016 (0-0). Ce 39e France-Suisse de l’Histoire depuis 1905 était aussi le tout premier en phase à élimination directe.
La France a encaissé à trois reprises au moins quatre buts depuis le début de l’ère Deschamps… à trois reprises. Dont la dernière fois il n’y a même pas un an… à l’occasion du match aller de Ligue des Nations, face à la Croatie au Stade de France à Saint-Denis.
Analyse Tactique
Ce qui obligea Didier Deschamps, à la demi-heure profitant du cooling break à transformer son 3-4-1-2 en 4-3-3 en version offensive notamment. Ensuite, après le repos, le sélectionneur le dira au retour des vestiaires, refaire dans du classique avec un 4-4-2.
Au vrai, la seule incertitude demeure l’endroit du tacle du Munichois : dans ou dehors de la surface de réparation ? Ni l’une, ni l’autre des deux options possibles ! Puisque les ralentis montrent le pied droit du canonnier de France-Argentine sur la ligne blanche des 16m50… mais qui fait partie réglementairement de la surface.
Lloris et les Penalties
Et c’est donc pour cela que nous pouvons bénir son exploit d’hier soir dans la capitale roumaine - jour du 50e anniversaire de Fabien Barthez, joli clin d’œil assurément - enfin jusqu’à la séance des tirs au but [où il ne fit, hélas, pas illusion]. Ainsi, Hugo Lloris n’avait plus repoussé un péno avec les Bleus depuis 9 ans. Rien que ça… C’était lors d’un France-Espagne (tiens, encore l’ironie du ballon rond) en 2012 par conséquent ; le 16 octobre très précisément. Le capitaine tricolore en était à 16 coups de pied de réparation encaissés d’affilée.
Le Tournant du Match
Rodriguez, prénom Ricardo. Le latéral gauche du Torino pouvait permettre aux Rouges (en blanc, ici) de mener 2-0 à l’heure de jeu (55e). Au lieu de cela, après avoir vu Lloris stoppé sa tentative (bien frappée, au demeurant), l’arrière sera impliqué sur le doublé de Benzema réalisé en deux minutes chrono (57e et 59e), les deux actions étant dans sa zone. é-cœuré, Rodriguez ira même jus-qu’à récolter un avertissement (62e).
Composition des Équipes (2005)
Titulaires Suisse: Barnetta, Cabanas, Degen, Frei, Magnin, Müller, Senderos, Streller, Vogel, Wicky, Zuberbülher.
Remplaçants Suisse: Djourou, Gygax, Margairaz.
Interview de Johan Djourou
INTERVIEW - Cadre de la "Nati" dans les années 2010, Johan Djourou a participé à plusieurs France-Suisse à la Coupe du monde et à l'Euro. Avant le nouvel épisode de cette rivalité, ce lundi 28 juin en huitième de finale de l'Euro, l'ex-international suisse a dévoilé à LCI ce qu'il faudra à ses compatriotes pour renverser les Bleus.
Ces confrontations face aux "voisins français" ont-elles une saveur particulière ? Ce sont toujours des belles rencontres à jouer. Nous, les Suisses, on sait qu'on va avoir affaire à de très grands joueurs. C'est une façon de mesurer notre talent contre ce qui se fait de mieux. On est toujours vu comme "les petits Suisses". À chaque fois, on veut changer ce regard qu'on porte sur nous.
La surprise se fera déjà avec l'envie. L'équipe de Suisse ne peut pas se contenter d'être à 100%. La Suisse doit se servir du match de la Hongrie, dans l'intensité, dans les duels et dans l'abnégation. C'est ce qui peut faire la différence et, peut-être, mettre un peu l'équipe de France dans le doute. On sait que la France peut faire des étincelles à n'importe quel moment. Elle a cette faculté et les qualités pour le faire, mais c'est à nous de restreindre ses possibilités et de jouer sur ses faiblesses.
Il amène de la confiance et de la sérénité. Il a été l'origine d'un déclic. Il a fait comprendre aux Suisses que nous sommes capables de rivaliser avec n'importe qui. La rivalité fait aussi que ce match est spécial. On n'a pas souvent gagné, mais on s'est toujours dépassé. On a gagné le respect de l'équipe de France qui dit : "Ok, on joue contre la Suisse. Ça ne va pas être une partie simple." Si tu as peur d'entrée, tu n'as aucune chance. Le foot se joue avec de l'envie. Il faut avoir plus envie que l'autre.
L'équipe qui donnera le plus gagnera. Aujourd'hui, ce n'est pas une question de tactique, mais d'envie et d'énergie à ce niveau-là de la compétition. La France sait se reposer sur des choses que la Suisse n'a pas encore aujourd'hui, c'est-à-dire l'esprit de la gagne, l'expérience et le vécu.