France vs Norvège : Une Rivalité Historique au Sommet du Handball Féminin

La confrontation entre la France et la Norvège est devenue un classique du handball féminin, un duel au sommet qui passionne les foules. Ces deux nations dominent la scène internationale depuis des années, se croisant régulièrement dans les derniers carrés des grandes compétitions. Leur rivalité est marquée par des moments épiques, des victoires mémorables et des défaites crève-cœur.

Finale France vs Norvège 33-26 les meilleurs moments Handball 2017

Ce face-à-face entre les deux meilleures équipes du monde est toujours révélateur, surtout à l'approche d'événements majeurs comme les Jeux olympiques. La Norvège, championne du monde et d’Europe en titre, est souvent considérée comme l'ultra favorite, mais la France a prouvé à maintes reprises qu'elle pouvait rivaliser et même l'emporter.

L'histoire du handball français féminin est intimement liée à cette rivalité, notamment depuis le Mondial 1999 en Norvège. Cette finale, disputée dans une ambiance électrique, a posé les bases d'une confrontation qui allait marquer les années suivantes.

« On s’apprécie beaucoup, on travaille ensemble, c’est une fédération amie avec laquelle on a des relations de confiance. C’est une finale particulière depuis longtemps », souligne le sélectionneur de l’équipe de France, Olivier Krumbholz.

La France et la Norvège ont de nouveau rendez-vous, en demi-finale de l’Euro. La revanche de la finale du Mondial espagnol, remportée onze mois plus tôt par les Scandinaves (29-22). La confrontation entre la France et la Norvège était plutôt attendue en finale, tant ces deux nations dominent la planète handball, mais la sélection du Danemark en a décidé autrement.

Les palmarès respectifs des Bleues et des Norge ne laissent toutefois pas de place au doute : c’est bien à une finale avant la lettre que vont assister les spectateurs de l’Arena Stozice. Depuis la victoire du Monténégro au championnat d’Europe organisé en Serbie en 2012, le titre continental n’a plus échappé à l’une de ces deux équipes.

Vainqueures du dernier Euro et du dernier Mondial, les Norvégiennes comptent huit titres européens, un record. Championnes olympiques à Tokyo en 2021, les Françaises n’ont remporté qu’une seule fois cette compétition, en 2018, et ont perdu une fois en finale, en 2020, contre… la Norvège.

Déjà assurées de la première place de leur groupe, les Françaises ont pu faire tourner leur effectif mercredi contre l’Espagne (36-23). Le sélectionneur Olivier Krumbholz a mis ses cadres au repos, quand son homologue Thorir Hergeirsson, qui ne peut s’appuyer sur un banc aussi garni, a sollicité ses titulaires face aux Danoises.

Les Clés du Duel : Style de Jeu et Joueuses Clés

L’opposition de style entre la meilleure défense du tournoi et les redoutables attaquantes scandinaves promet un match spectaculaire. Comme les Suédoises et les Danoises, les Norvégiennes sont réputées pour leur jeu porté vers l’attaque.

« Leur grande force est leur base arrière. Grâce à leur taille, elles sont très fortes au tir longue distance », expliquait au Monde Olivier Krumbholz avant le tournoi. La Norvège compte notamment dans ses rangs la star Henny Reistad (23 ans, 1,81 mètre) qui a déjà marqué dix-sept fois au-delà de la ligne des9 mètres depuis le début de l’Euro.

L’arrière Nora Mork, la pivot Vilde Ingstad Mortensen et la demi-centre Stine Bredal Oftedal font également partie des meilleures marqueuses de la compétition. « Les Norvégiennes ont une équipe très complète, insiste l’ancienne internationale Blandine Dancette, retirée des parquets après le titre olympique à Tokyo, en 2021. Elles ont la culture de la passe : en attaque placée, le ballon circule vite, avec peu de déchet, mais elles sont également brillantes dans le jeu de transition car elles courent vite. Comme elles ont aussi des ailières précises et rapides, le danger peut venir de partout. »

L’équipe de France, elle, est d’abord réputée pour sa défense, « la meilleure au monde », selon les mots d’Olivier Krumbholz après la victoire sans appel (27-19) au tour principal contre le Monténégro, une équipe pourtant invaincue à l’issue de la phase préliminaire. « Les Scandinaves n’aiment pas jouer contre nous car notre agressivité finit par les user. A nous de les faire douter ! », soutient Estelle Nze Minko, la capitaine des Bleues.

Cette priorité à la défense réclame une organisation sans faille et une débauche d’énergie, parfois au détriment de l’efficacité en attaque. Pour espérer remporter le tournoi, les Bleues devront se montrer plus régulières au tir que lors du dernier Mondial espagnol.

Vendredi, le sort de la rencontre dépendra en grande partie du duel entre deux des meilleures gardiennes du monde. Depuis le début de l’Euro, Cléopâtre Darleux et Silje Solberg affichent des statistiques quasiment identiques : 42,4 % d’arrêts pour la Française contre 41 % pour la Norvégienne. Si la défense des Nordiques semble plus friable qu’en Espagne, le jeu de la France paraît, lui, plus équilibré.

Les connexions entre la meneuse Grâce Zaadi et la pivot Pauletta Foppa reste le socle du jeu de l’équipe de France, mais la machine bleue ne s’enraie plus lorsque ses adversaires parviennent à bloquer leur relation. Les ailières Pauline Coatanea, Chloé Valentini et Coralie Lassource répondent présent. Surtout, les Tricolores possèdent, avec Océane Sercien-Ugolin, Audrey Dembele et Orlane Kanor, un trio de shooteuses efficace à 9 mètres. Avec vingt buts, dont onze depuis la ligne des 9 mètres, la dernière nommée est l’attaquante française la plus prolifique. Avec un taux de réussite de 65,4 % au tir depuis le début de la compétition, la France fait jeu égal avec son adversaire du jour (64,1 %).

Les leçons du dernier Mondial apprises, Olivier Krumbholz a tout fait pour que ses cadres arrivent en phase finale sans trop puiser dans leurs réserves. Les jeunes joueuses sorties du banc se sont montrées à la hauteur des attentes, à l’image de Léna Grandveau (19 ans), la meneuse de Nantes, qui a réussi ses débuts contre l’Espagne.

Moments Clés et Tournants de la Rivalité

Plusieurs matchs ont marqué l'histoire de cette rivalité. La finale du Mondial 2011 à Sao Paulo reste un souvenir douloureux pour les Françaises, sèchement battues (32-24). En revanche, la victoire au Mondial 2017, avec une démonstration défensive (23-21), a permis aux Bleues de s'affranchir d'un certain complexe d'infériorité.

Le dernier épisode en date remonte à douze mois, au Danemark, dans l’immense aréna de Herning désespérément vide en raison de la pandémie de Covid-19. Malgré un retour en milieu de seconde période, les Françaises se sont inclinées de deux buts.

Ce lundi, l’équipe de France affrontera la Norvège. Après la lourde défaite face aux Danois, il relève de l‘évidence que les Bleus viseront d’ouvrir leur compteur dans ce groupe B où seules les quatre premières équipes accèderont aux quarts de finale. En s’imposant 36 à 31, la Norvège a réussi son entrée face à l’Argentine. Les hommes de Jonas Wille ont signé un 8-0 décisif dès les premières minutes du match (9-3, 11e) et ont géré, à leur main, leur match inaugural. Une partie que la star norvégienne, l’ancien parisien Sander Sagosen, n’a pas disputé dans son intégralité : le demi-centre a en effet écopé d’un carton rouge direct, juste avant le retour aux vestiaires.

L’adversaire en bref, par Érick Mathé : « Cette équipe a plutôt reculé dans la hiérarchie internationale mais il faut toujours se méfier des bêtes blessées. Ce France-Norvège sera le 61e de l’histoire entre les 2 nations ; la France compte 36 victoires, 20 défaites et a concédé 4 matchs nuls.

En 2020, l'affiche du championnat d'Europe était identique à celle de dimanche. La France faisait déjà face à la Norvège. Au jeu des titres internationaux, les deux nations avancent au coude-à-coude sur ces vingt dernières années.

Françaises et Norvégiennes se croisent très régulièrement dans le dernier carré de grandes compétitions internationales. Des rencontres qui tournent souvent à l’avantage des Scandinaves, qui l’ont emporté en demi-finale de l’Euro en 2004, puis en finale du championnat du monde en 2011 (24-32), et en demi-finale de l’Euro en 2016 (16-10). Mais les Bleues ont inversé la tendance en 2017, en triomphant en finale du championnat du monde (23-21). En revanche, retour à la "normale" en finale du championnat d'Europe 2020 où les Norvégiennes ont damé le pion aux Françaises (20-22).

En tête à la pause (10-8), les Bleues pouvaient croire en leur bonne étoile jusqu'au bout mais un missile à neuf mètres de l'arrière gauche nordique Kjersti Grini expédiait les deux équipes en prolongation (18-18). D'abord une, puis deux. Et si les Bleues parvenaient à s'accrocher malgré l'expulsion de leur artificière numéro 1 Nodjalem Myaro (6 buts lors de cette finale), elles finissaient par craquer sous les coups de boutoir de Grini (8 buts) et les parades de la légendaire gardienne Cecilie Leganger.

Douze ans après, les Bleues retrouvent la Norvège en finale d'un Championnat du monde. Paradoxalement, alors que désormais elles ont l'habitude d'évoluer à un tel niveau - elles qui ont décroché le premier titre de leur histoire en 2003 face aux Hongroises (32-29) au terme d'un scénario renversant achevé sur une nouvelle prolongation avant de buter six ans plus tard sur la Russie (22-25) -, les Bleues passent globalement à côté de l'événement.

«On n'avait pas les armes aujourd'hui», admettra logiquement Olivier Krumbholz. «On a été trahi par notre défense. On a été battu par beaucoup plus fort que nous. Les cadres étaient fatiguées, elles ont été héroïques pendant ce tournoi. Il ne faut pas oublier la satisfaction du parcours.

Mais le dos au mur, les Bleues allaient parfaitement réagir pour dominer d'abord la Roumanie (26-17) et finir deuxièmes de leur poule. Puis en écartant successivement la Hongrie (29-26) en 8es, le Monténégro (25-22) en quarts et la Suède (24-22), déjà, en demies. Direction donc une troisième finale face à la Norvège.

En trois minutes, dès la reprise, la Norvège revenait à hauteur de Françaises soudain extrêmement fébriles dans tous les secteurs du jeu. Incapables de se remettre la tête à l'endroit, elles allaient alors vivre trente minutes en enfer, avec un score quasi irréel de 17-6 sur cette seconde période, pour une victoire finalement très nette des Scandinaves (22-29).

« C'est difficile parce que je pense qu'on avait les clés en première mi-temps», tentera d'expliquer après-coup la gardienne Laura Glauser. «Et malheureusement on s'est fait avoir dans la seconde, donc c'est d'autant plus dur. Le changement d'attitude de la Norvège, en attaque et en défense, nous a pris de court. Elles nous ont asphyxiées, on n'a pas trouvé de bulle d'air.

Les Norvégiennes ont élevé leur niveau de jeu dès le retour des vestiaires en revenant au score à la vitesse de l’éclair. Après l’or olympique décroché cet été, les Françaises ne réalisent donc pas un doublé historique mais obtiennent la médaille d’argent aux championnats du monde.

🎙️ Olivier Krumbholz"On est très déçus d'avoir perdu, d'avoir très mal joué la deuxième mi-temps, d'avoir subi un tel score.

🎙️ Estelle Nze-Minko"Je ne comprends pas trop, on fait une première mi-temps très solide. Malgré un avantage de nombre au retour de la pause, on n'est pas dedans, elles reviennent très vite au score, et nous, on galère, on galère. On est très déçues, on a raté ce match. On fait un super parcours malgré tout.

Statistiques et Bilan des Confrontations

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : la Norvège domine légèrement les confrontations directes, mais la France a souvent su élever son niveau de jeu dans les matchs décisifs. Le tableau ci-dessous résume les principales statistiques de cette rivalité :

Ces chiffres témoignent de l'intensité et de l'équilibre de cette rivalité, où chaque match est une bataille acharnée. La France et la Norvège continuent d'écrire l'histoire du handball féminin, et leurs prochaines confrontations sont attendues avec impatience par les fans du monde entier.

Ce dernier match de poules s’est donc transformé en un quart de final pur et dur. Le match charnière dans toutes les compétitions de sport collectif. Celui qui fait l’histoire. Celui qui vous ouvre le champ des belles promesses ou qui vous laisse là, avec vos rêves en morceaux, éparpillés au sol. Un combat à la loyale et rien d’autre. Un défi d’homme à homme. Et il est bien finalement que les mathématiques ne se mêlent pas de ça.

Dans ce contexte, la France a quelques avantages. D’abord, elle a un vécu, des repères, une histoire. Cette force de l’habitude de ces grands rendez-vous, transmise par ses joueurs cadres qui ont livré tant de grandes batailles. «On aime ces matches, on est des compétiteurs. On est remontés à bloc et on n'a pas envie de gâcher cela si près du but», résumait Valentin Porte.Et ce ne sont pas les trois jours de repos, une balade dans le centre historique de Cracovie, qui vont faire sortir l’équipe de France de la route. «On a commis une erreur dans cette compétition qui peut nous être fatale (défaite face à la Pologne, 25-31). Le défaut de vigilance ne nous arrivera pas. Dans l’approche du match, on sera là. Dans la capacité à dominer les Norvégiens, je ne peux pas le savoir encore», estimait Claude Onesta.

En termes de jeu, la démonstration de maîtrise, de discipline défensive et d’altruisme offensif face à la Croatie samedi dernier (32-24) tend également à prouver que cette équipe de France, new-look dans sa configuration et son fonctionnement en bord de terrain, est en train de poser des bases solides et de trouver son équilibre.D’ailleurs, si Claude Onesta se méfie, à juste titre, de ces Norvégiens, adeptes des courses folles et du jeu sur les ailes, il préfère porter son attention sur ses ouailles plutôt que dans le pré voisin. «C’est une équipe dont il va falloir consommer un peu la confiance, mais on va essayer de se concentrer plus sur nous que sur eux», dit-il. Avec Nikola Karabatic et Kentin Mahé, en état de service après trois jours de repos précieux, même si le premier avait hier la main encore sérieusement enflée, l’équipe de France ne laisse aucun interrogation en route. Si ce n’est celle du terrain, qu’il faudra lever ce soir, pour entrer dans le dernier carré de l’Euro polonais.

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