Le Renouveau du Handball Français : Jeunes Talents et Ambitions

L’équipe de France de handball est en quête d’une 7e étoile. Les Bleus n’ont plus remporté le Graal international depuis 2017 et veulent mettre fin à cette anomalie. Pour ce faire, Guillaume Gille, qui est à la tête des sextuples champions du monde depuis 2020, a convoqué un groupe de joueurs prometteurs.

La Nouvelle Génération en Marche

En ce début d'olympiade vers Los Angeles 2028 puis le Mondial 2029 en France (et en Allemagne), c'est l'occasion ou jamais d'intégrer de nouveaux talents. Sept des vingt convoqués ont zéro cape et six sont néophytes (Jarry, Vincent, Zaepfel, Pelayo, Peleka, Sidibé ; Kieffer ayant déjà participé à un rassemblement). « L'idée est de permettre aux cadres de se régénérer et d'ouvrir l'effectif à des petits jeunes plein de qualités, des profils intéressants mais qui ont encore beaucoup de choses à démontrer », justifie le coach Guillaume Gille.

Il a dispensé les cadres que sont Fabregas, Mem, Remili, Descat et Konan, tandis que Charles Bolzinger et Mathieu Grébille, également du bronze mondial en janvier, sont blessés.

Les Mots du Sélectionneur

« L'idée est de permettre aux cadres de se régénérer et d'ouvrir l'effectif à des petits jeunes plein de qualités, des profils intéressants mais qui ont encore beaucoup de choses à démontrer », justifie Guillaume Gille. « Les Nantais qui sont là ont besoin d'utiliser ces circonstances pour continuer à grandir, à prendre de la place au sein du groupe », justifie Guillaume Gille. Ça vaut pour le trio Bos-Minne-Briet, Tournat ayant largement fait ses preuves depuis dix ans.

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Focus sur Quelques Nouveaux Visages

Le poste officiel d'Aymeric Zaepfel, le novice d'Ivry, lanterne rouge du Championnat ! « C'est vrai que je ne m'y attendais pas trop, j'ai été agréablement surpris, c'est un peu un rêve qui se réalise, la concrétisation du boulot aussi », piaffe le jeune de 23 ans. « Je vais essayer de faire de mon mieux », prolonge-t-il. Wallem Peleka (23 ans) est aussi arrière gauche mais au PSG (où Elohim Prandi tient la baraque sur ce poste), il est surtout utilisé en défense. Comme Mouhamadou Sidibé (pivot de 20 ans) à Aix, initialement convoqué pour un stage avec les U21. Des profils à la Karl Konan, le pilier, exempté cette fois.

« C'est certain que ce qui me fait les sélectionner, c'est avant tout leur qualité défensive mais comme Peleka le montre à Paris, il est utilisé dans beaucoup de missions. On verra comment les choses se passent cette semaine qui doit nous permettre d'en apprendre plus sur ces garçons, sur leurs possibilités » explique encore Gille, les yeux tournés vers l'avenir.

Les Cadres Expérimentés et Leur Rôle

Dans cette équipe de France, il y a quelques noms qu’on ne présente plus. Certains joueurs sont cadres depuis quelques années. C’est LE principal élément moteur de cette équipe. L’arrière gauche du PSG Handball comptabilise, à ce jour, 338 sélections pour un total de 1 266 buts inscrits. Des chiffres qui donnent le tournis.

Côté distinction personnel, il a été élu trois fois meilleur joueur du monde : 2007, 2014 et 2016. International depuis 2011, le frère cadet des Karabatic évolue également au PSG, mais au poste de pivot. Il est actuellement auréolé de 132 sélections en équipe de France, pour 158 unités. Même s’il est bien moins réputé que son frère, sa carrière impose le respect, du haut de ses multiples titres de champion de France (12) ou bien même de ses deux championnats du monde (2015, 2017).

Il est la preuve vivante que la patience paie toujours. Longtemps barré par Thierry Omeyer et Cyril Dumoulin, Vincent Gérard (137 sélections, Saint-Raphaël) connaît aujourd’hui son heure de gloire. Pour ce nouveau Mondial, il sera assurément le gardien numéro 1.

Le demi-centre de Vezprem (Hongrie) dispose d’une trajectoire hors du commun. Il n’a jamais évolué dans un seul club français dans sa carrière professionnelle. Depuis, Kentin Mahé s’est imposé en sélection, notamment depuis 2015. Il a remporté trois titres : deux championnats du monde (2015, 2017) et les Jeux Olympiques 2020. Son aventure avec l’équipe de France a été contrastée ces derniers mois. L’ailier droit de Montpellier, vainqueur de la Ligue des champions en 2018, a eu besoin de prendre du recul.

Ces derniers mois, il a effectué son retour dans le groupe France, laissant son capitanat à Luka Karabatic. C’est le dernier joueur qu’on peut considérer comme cadors du groupe des 18 de Guillaume Gille. C’est aussi le dernier qui comptait plus de 100 sélections avant le rassemblement (115 précisément, pour 249 buts). Fabregas a honoré sa première sélection à 18 ans, en 2015.

Les Joueurs en Ascension

Place désormais à ses joueurs qui sont en équipe de France depuis quelques saisons, mais qui doivent toujours faire leurs preuves. Le natif de Lorient a effectué sa formation dans l’Ouest, entre Lanester, Cesson-Sévigné puis Nantes. Il a ensuite éclos sous la houlette de Thierry Anti, toujours au HBC Nantes. Le bilan de Romain Lagarde en sélection est simple : une médaille remportée à chaque compétition disputée.

Le bronze lors de l’Euro 2018, et des Mondiaux 2019, avant de remporter l’or aux Jeux Olympiques 2020. Dix ans en équipe de France, pour seulement 79 sélections. L’ailier gauche du PSG a connu un parcours tumultueux qui ne l’a pas empêché d’être sacré champion du monde en 2015 et champion d’Europe en 2014.

Que ce soit en club, comme en sélection, le palmarès de Dika Mem impose le respect. Malgré sa jeunesse, il pourrait être l’un des leaders de par son expérience. Il devrait aussi former une excellente doublette avec son comparse, Melvyn Richardson, à son poste. Longtemps licencié en région parisienne (Créteil puis le PSG, de 2005 à 2022), le demi-centre évolue désormais du côté de la Pologne et de Kielce.

Côté palmarès, Remili n’a rien à envier à certains de ses camarades, puisqu’il faisait partie de l’aventure à Tokyo (JO 2020) et du Mondial 2017. Au cours de ces deux compétitions, il a même reçu des distinctions individuelles : meilleur demi-centre lors de l’olympiade, et meilleur arrière droit lors des championnats du monde. Les plus de 20 ans connaissent sûrement davantage le père Richardson, Jackson. Désormais, c’est au fils de prendre la relève.

Depuis 2021, il fait les beaux jours de Barcelone, où il a décroché un deuxième sacre continental (2022). Mais cela ne s’arrête pas là. L’arrière droit, qui comptabilise 60 capes en Bleus (133 buts), a brillé dans les classes jeunes. Avant de faire partie du groupe vainqueur à Tokyo, Melvyn Richardson a remporté le championnat d’Europe U18 en 2014, et le Mondial jeunes l’année suivante.

À l’image de ses petits camarades, il a remporté les Jeux Olympiques de Tokyo, son unique titre sur la scène internationale chez les seniors, puisqu’il n’a pas eu la chance de disputer le Mondial 2017.

Les Espoirs et les Novices

À chaque compétition il y a son lot de joueurs novices. Guillaume Gille n’a pas fait dans la dentelle en appelant six joueurs qui ont très peu d’expérience internationale. Ne cherchez plus le joueur le plus méconnu des 18, puisqu’il s’agit certainement de Charles Bolzinger. Le gardien évolue à Montpellier depuis 2018.

Difficile d’évoquer sa carrière internationale chez les seniors, car il n’y en a pas. C’est le second gardien de Montpellier pour la saison en cours. Vous l’aurez sans doute compris, il ne s’agit pas d’un jeune joueur, puisqu’il est déjà âgé de 30 ans. Pourtant, il ne compte que 12 sélections… Une expérience moindre au niveau international donc, ce qui fait dire que Vincent Gérard peut dormir sereinement sur ses deux oreilles.

L’arrière gauche n’a connu qu’un club, pour l’instant : le HBC Nantes. Ça ne l’a pas empêché de connaître les Bleus en 2021, avec qui il a disputé l’Euro 2022. Le dernier des quatre arrières gauche, c’est donc lui. Le joueur du PSG ne dispose pas, non plus, d’une expérience folle sur le plan international. Même s’il a goûté aux joies de la sélection en 2019 pour la première fois, il ne comptabilise que 12 sélections à l’aube du Mondial (26 buts).

Son parcours en club est plutôt tumultueux. Après deux saisons du côté de Sélestat (2015-2017), l’ailier droit a pris la direction de Barcelone pour deux ans (2017-2019). De fait, en équipe de France ça n’a jamais été simple pour lui également. Première convocation en 2016, mais pas de l’aventure lors du Mondial 2017, ni des JO 2020. Il n’a même pas été retenu dans la liste pour l’Euro 2022.

Son parcours dans les classes jeunes peut donner de l’espoir. Il fait partie de la génération à Melvyn Richardson. C’est le dernier joueur qui vivra un Mondial « à domicile », puisqu’il est aussi lié au club de Kielce. Avant cela, l’ailier gauche aux 28 sélections faisait chavirer de bonheur les supporters du PSG.

Son pedigree dans les classes jeunes est somme toute respectable : deux titres avec l’équipe de France U19 (l’Euro 2016 et le Mondial 2017) puis un titre (le Mondial junior 2019) et une deuxième place (l’Euro Junior 2018) avec les U21. De belles promesses en perspectives. D’autant plus lorsque l’on sait qu’il a été élu meilleur espoir de la Ligue des champions 2020-2021, meilleur ailier gauche de l’Euro junior 2018 et du Mondial junior 2019.

La Formation des Jeunes Talents

Guillaume Joli, ancien international français et champion olympique, prend les rênes de l’équipe de France U21 masculine après avoir dirigé les U17M. Son arrivée s’inscrit dans la continuité du travail de formation mené par la Fédération Française de Handball. À l’occasion du traditionnel tournoi des 4 Nations de début d’année, les U21M ont montré de belles promesses, notamment en enchaînant les victoires face à des adversaires solides, contre l'Allemagne (34-28) et l'Espagne (41-32). Ces résultats sont le reflet d’une équipe en confiance, capable de rivaliser avec les meilleures nations.

Le TIBY Handball sera donc un excellent stage de préparation ; une échéance importante dans son calendrier international à l'approche du Mondial U20 en Pologne.

L'objectif : optimiser le potentiel de cette équipe, lui donner les moyens de ses ambitions futures. « Il faut savoir s’adapter à toutes les situations et c’est très intéressant pour la progression du groupe. Maintenant, le travail continue, nous avons pointé avec le staff des pistes de progrès pour chacun au quotidien. L’objectif reste d’avancer à chaque sortie et d’être compétitif en juin au Mondial. Nous en avons encore sous la pédale. Il reste plein de choses à améliorer.

Toutes ses jeunes pépites jouent chaque semaine sur les parquets de LNH Lidl Starligue et ProLigue. Reyhan ZUZO, Pierre-Alexis FAVRIL, Kylian PRAT ou encore Alban SIMONNET sont devenus des promesses dans leur championnat et sur la scène internationale jeune. L’avenir du handball français se veut ambitieux. La relève est prête à suivre le succès de ses aînés.

EHF Euro Cup et Préparations Futures

Exemptée du serpentin qualificatif à l'Euro 2026 (15 janvier-1er février), par son statut de tenante du titre, la France aurait pu se passer de cette fenêtre internationale, justement destinée aux qualifications, mais elle est embringuée dans ce pensum, en compagnie des trois pays hôtes du prochain rendez-vous continental : la Suède, son adversaire ce mercredi, la Norvège, qu'elle reçoit dimanche à Rouen, et le Danemark, déjà affronté en mars (victoires 33-32 et 40-38).

« C'est une période un peu spéciale car on arrive dans la dernière ligne droite en club, avec la saison qui se joue sur les matches à venir. On est forcément un peu fatigués, mais il faut switcher. Le pivot n'est pas le moins sollicité en club, comme Thibaud Briet, sur l'arrière gauche.

En sa qualité de plus capé du lot (116 sélections), Nicolas Tournat récupère le brassard de capitaine de Ludovic Fabregas. « Même si c'est temporaire, c'est une vraie fierté », assure l'un des quatre Nantais retenus. Le H s'en serait bien passé puisqu'en plus de batailler pour le titre national avec le PSG, il est qualifié pour le Final Four de la Ligue des Champions (14-15 juin à Cologne), contrairement au Veszprem du trio Descat-Fabregas-Remili...

« Donne tout, profite, et surtout ne pars jamais avec des regrets. C'est ça l'essentiel. » Tel est le message de Nicolas Tournat (31 ans) à la bleusaille réunie depuis lundi à Göteborg, au sein d'un collectif grandement remanié pour l'EHF Euro Cup, une compétition officielle de plus. De trop, tant les joueurs sont soumis à des cadences infernales.

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