Pour sa première rencontre du Tournoi de France, l’équipe de France s’est inclinée face à l’Espagne (27-28). Ce match de préparation terminale à l’EHF EURO 2024 a mis en lumière des aspects positifs et des points à améliorer pour les Bleues. Les Bleues disputeront un deuxième match de préparation dimanche après-midi, face à l’Angola.
Quelques jours avant le début de l’Euro, l’équipe de France s’était inclinée face à l’Espagne (27-28). Les Bleues se sont qualifiées pour le tour principal, mais auront tout de même un dernier match à disputer dans ce tour préliminaire. L'équipe de France rate son entrée dans le tournoi de France. Les bleues se sont inclinées face à l'Espagne 27-28. Une réaction est attendue d'urgence dès dimanche face à l'Angola !
France - Espagne : 27-28 (15-13)
Arena Saint-Etienne Metropole, Saint-Chamond - 2000 spectateurs
Arbitres : P. Geraets, R. France

Composition de l'équipe de France
Pour ce premier match de préparation terminale à l’EHF EURO 2024, Sébastien Gardillou choisit d’aligner Laura Glauser dans la cage. La joueuse de FTC Budapest est accompagnée au coup d’envoi des ailières Pauline Coatanea et Chloé Valentini et de la pivot Pauletta Foppa. La base arrière est composée de la capitaine Estelle Nze Minko, de Tamara Horacek et de Laura Flippes.
Gardiennes : Glauser (9 arrêts / 26 tirs dont 3/4 pén), Sako (1 arrêt / 12 tirs dont 0/2 pén)
Joueuses : Toublanc (3/4 dont 1/2 pén), Coatanea (1/1), Mairot (1/1), Valentini (6/6), C. Lassource (2/2), Zaadi Deuna (1/3 dont 1/1 pén), Flippes (1/1), O. Kanor (2/3), Horacek (2/8 dont 1/2 pén), D. Lassource (1/1), Foppa (2/3), Nze Minko (4/6), Ondono, Grandveau (1/1)
Exclusions temporaires : Coatanea (5′), Zaadi Deuna (20′), C.
Déroulement du Match
Face à des Espagnoles qui évoluent ce soir en rose, ce sont les Françaises, tout de bleu vêtues, qui donnent le coup d’envoi de la rencontre. La balle vole de main en main mais Tamara Horacek est en échec sur sa première tentative, avant que la demi-centre ne perde la balle sur l’action suivante. Il faut finalement un lob de Chloé Valentini en fin de contre-attaque, bien que balancée, pour ouvrir le score.
Sur la défense d’après, Pauline Coatanea écope de deux minutes, mais cela n’empêche pas Laura Flippes de doubler la mise sur contre-attaque (2-0, 5′). Après que Carmen Campos ait inscrit le premier but espagnol, Alicia Toublanc trouve la lucarne sur un beau décalage, et Laura Glauser sort sa première parade sur jet de sept-mètres de la soirée. Les Françaises confirment leur bon début de match en prenant trois buts d’avance, sur une entrée en deuxième pivot de Chloé Valentini, avant de prendre un peu plus le large sur une contre-attaque d’Estelle Nze Minko.
Répondant aux souhaits de son coach, la défense française se montre très mobile et Laura Glauser se met au diapason, avec un deuxième arrêt sur pénalty, avant une belle parade à six mètres. Pauletta Foppa est trouvée seule à six mètres, forçant le sélectionneur espagnol à prendre son premier temps-mort (6-1, 10′). C’est le moment choisi par Sébastien Gardillou pour faire entrer Orlane Kanor sur le terrain.
Mais c’est encore Laura Glauser qui impressionne, avec une quatrième parade sur cinq tirs adverses. Si la gardienne ne peut rien sur le tir de près de Carmen Campos, Chloé Valentini remet immédiatement les choses en place avec une superbe lucarne depuis son aile. Après Kanor, c’est Oriane Ondono qui fait son entrée sur le terrain.
Qui dit quart d’heure de jeu dit rotations, et c’est le moment pour Grâce Zaadi Deuna et Lena Grandveau de faire leur entrée sur le terrain. Ondono provoque un pénalty converti par Tamara Horacek et les Bleues passent à +5, avant que Grâce Zaadi Deuna ne l’imite quelques secondes plus tard. Si les Françaises ont retrouvé de l’allant en attaque, à l’image de Chloé Valentini et de ses lobs, la défense a un moment de moins bien. Carmen Campos, le principal danger ibérique, ne se fait pas prier pour trouver la mire dès qu’elle en a l’opportunité. Alors que les deux-tiers de la mi-temps sont atteints, Grâce Zaadi Deuna est exclue pour deux minutes. (10-5, 20′).
Laura Glauser veille néanmoins et sort son troisième pénalty de la soirée. La prestation impressionnante de la gardienne tricolore ne désarçonne pas les Espagnoles, qui restent à quatre longueurs. Elles pourraient même se rapprocher sans quelque bévues individuelles, dont profite Coralie Lassource, ou Orlane Kanor, sur une faute de main de la gardienne adverse. Mais toutes les erreurs ne sont pas profitables aux Bleues, à l’image du double échec de Grâce Zaadi à six mètres (13-8, 25′).
Pauletta Foppa fait son retour sur le terrain pour la fin de première période. La pivot brestoise trouve immédiatement la mire, sur une offrande d’Orlane Kanor. Sur l’action suivante, Grâce Zaadi retourne sur le vestiaire après un contact violent avec la pivot adverse. Servie par Tamara Horacek, de retour sur le terrain, Alicia Toublanc glisse la balle sous les jambes de Nicole Wiggins. Mais ce sont bel et bien les Espagnoles qui négocient le mieux la fin de premier acte.
Les six titulaires du début de rencontre reprennent la seconde mi-temps, le seul changement concernant le poste de gardienne de but, où Hatadou Sako remplace Laura Glauser. La gardienne de Györ s’illustre d’entrée sur une belle parade à six mètres, avant qu’Estelle Nze Minko ne redonne de l’air aux Bleues sur un but dans la cage vide. Mais les Espagnoles continuent à s’accrocher, témoin ce but sur pénalty d’Ona Vegue (17-14, 35′).
Mais comme souvent dans les moments difficiles, c’est la capitaine qui prend les choses en main. Elle enchaine les buts, mais elle semble trop esseulée offensivement. Heureusement, les Espagnoles gachent plusieurs ballons pour revenir à un but. Mais à force de jouer avec le feu, les Françaises se sont recoller. Mais réaction immédiate, avec un tir à travers de Tamara Horacek, qui sent bien que le danger ibérique pointe. Alors que Laura Flippes sort en défense, Déborah Lassource rentre et inscrit son premier but en montée de balle (20-18, 40′).
Les Bleues y sont un petit peu moins dans tous les secteurs de jeu, et les Espagnoles ne gâchent aucune chance. So Delgado-Pinto égalise après une perte de balle de Laura Flippes, avant qu’un nouveau ballon perdu ne soit sauvé de justesse par Sako. La gardienne bleue loupe sa relance dans la foulée, mais Chloé Valentini ne se trompe pas et, encore avec un lob, remet les Tricolores devant. Coralie Lassource, de retour sur le parquet, ne rate pas l’occasion de se mettre en avant d’un petit tir entre les jambes.
Mais l’attaque reste quand même en carafe, et sur un beau tir en pleine lucarne, l’Espagne prend la tête pour la première fois de la soirée. Pour la fin de match, Laura Glauser fait son retour dans la cage bleue. Mais elle ne peut pas empêcher ni les pertes de balle de ses coéquipières, ni le lob d’Alvarez Torrado, qui donne deux buts d’avance à l’Espagne (23-25, 50′). Si Lena Grandveau réduit l’écart sur son premier tir de la soirée, la Messine, replacée à la mène, perd le ballon sur l’action d’après.
Et comble de malchance pour les Bleues, Coralie Lassource écope de deux minutes dans la foulée. Mais les Espagnoles ratent leur occasion avant qu’Alicia Toublanc, sur jet de sept mètres, ne rate l’occasion de remettre tout le monde à égalité. A cinq minutes de la fin, le coach espagnol pose un dernier temps-mort (25-26, 55′).
Pour le money-time, le staff tricolore décide de faire rentrer Tamara Horacek et Clarisse Mairot. La Brestoise ne se pose pas de questions et égalise d’une belle lucarne sur son premier ballon. Elle envoie, sur l’action suivante, une passe décisive à Chloé Valentini, qui remet les Bleues devant. Mais les Espagnoles égalisent dans la foulée, et Sébastien Gardillou pose son dernier temps-mort. La tactique mise en place est parfaite, mais le but de Coralie Lassource est refusé pour une zone.
La défense suivante porte ses fruits, avec une nouvelle action positive de Mairot, mais Tamara Horacek n’arrive pas à convertir le jet de sept mètres. La demi-centre française a une action toute faite moins d’une minute plus tard, mais son tir pour l’égalisation ne trouve pas le cadre. L’Espagne est en tête et ne la lâchera plus sur l’ultime possession.
En première période déjà, on perd trop de ballons, ce qui nous empêche de mettre plus de buts. Et c’est ce sur quoi on a appuyé à la mi-temps, car je pense qu’on peut être plus large à la fin de la première. L’Espagne a joué sur ses points forts, qu’on avait pourtant bien identifiés, mais c’est une chose de les identifier, une autre d’arriver à les contrer. On a trop d’approximations, trop d’hésitations, et évidemment que je suis déçu de la prestation d’ensemble.
Maintenant, je sais qu’on est dans une phase de préparation, de travail, et qu’il nous reste un peu de temps pour arriver prêts sur la compétition. On a essayé de donner un peu de temps de jeu à tout le monde, en essayant de préserver tout le monde, car on est sur une séquence de onze matchs en peu de temps, mais globalement, il faut faire plus. J’aurais espéré donner plus à Clarisse Mairot, mais elle a pu prendre ses responsabilités dans un contexte compliqué. On apprend souvent plus de ses erreurs que de ses succès et quand on est en difficulté, on peut travailler encore plus. Ce soir, ce n’est pas une piqure de rappel, mais il va falloir investir un peu plus dans tous les secteurs de jeu.
| Statistique | France | Espagne |
|---|---|---|
| Buts marqués | 27 | 28 |
| Arrêts de Glauser | 9 | - |
| Arrêts de Sako | 1 | - |
| Taux de réussite aux tirs | 65% | 59% |
Réactions
Laura Glauser : Les gens autour de nous sont très exigeants et espèrent qu’on continue sur la lancée de Jeux. Et nous aussi, on est dans ce mood là, mais il est normal qu’on ne gagne pas tous les matchs. Il faut qu’on retravaille plein de choses, qu’on progresse sur tous les petits détails, qu’on appréhende plein de nouvelles choses aussi. Il y a des choses à modifier, dans tous les secteurs de jeu, mais il faut aussi prendre du recul. C’est un match de préparation qui doit nous garder en alerte et qui doit nous dire qu’attention, dès qu’on lève le pied, on est prenable. En deuxième mi-temps, il y a largement du mieux défensivement, on a bien senti que c’est là dessus que ça avait insisté dans le vestiaire. Malheureusement, on a du mal à le traduire sur le terrain. Mais on a encore quelques jours et un match pour arriver prêtes.
Lena Grandveau : On est déçu de notre prestation, on hésite trop, on a trop d’hésitations et clairement, on s’est fait chier ce soir. On avait dit plein de choses, on avait mis plein de choses en place, mais on n’a pas mis les ingrédients suffisants. Alors bien sûr, il vaut mieux perdre maintenant et les battre quand ça compte, mais c’est un peu nous et nous. Les Espagnoles ont fait un beau match mais si on perd ce soir, c’est avant tout parce qu’on ne joue pas au niveau où on doit jouer. C’est peut-être ce qui est le plus énervant. On est une des équipes avec le plus de joueuses qui jouent au très haut niveau, mais si on ne joue pas comme on doit le faire, comme on le dit, on se plante. On a été suffisant et je pense qu’on va avoir des choses à se dire.
Laura Flippes : On n’est pas contente de notre match, pas contente de la deuxième mais pas de la première non plus. On a eu quelques bonnes périodes, mais aussi des périodes où ça a été beaucoup moins bien. On est frustrée, parce qu’on a eu du mal à garder un niveau constant tout au long de la rencontre. Quelles que soient les filles qui jouent, on doit être capable de jouer toujours au même niveau. Alors c’est vrai, on n’a pas eu beaucoup de temps pour travailler ensemble, pas eu beaucoup d’entrainements, mais on doit être alertées par notre prestation. On ne joue pas à fond, on perd des ballons, on rate des tirs, on perd le match. Peut-être qu’il faut parfois en passer par là pour avancer, même si forcément, sur le moment, ça n’est pas très agréable.
Sébastien Gardillou : En première période déjà, on perd trop de ballons, ce qui nous empêche de mettre plus de buts. Et c’est ce sur quoi on a appuyé à la mi-temps, car je pense qu’on peut être plus large à la fin de la première. L’Espagne a joué sur ses points forts, qu’on avait pourtant bien identifiés, mais c’est une chose de les identifier, une autre d’arriver à les contrer. On a trop d’approximations, trop d’hésitations, et évidemment que je suis déçu de la prestation d’ensemble. Maintenant, je sais qu’on est dans une phase de préparation, de travail, et qu’il nous reste un peu de temps pour arriver prêts sur la compétition.
« C'est une très bonne deuxième mi-temps. On a fait preuve de beaucoup de caractère. Changer de dispositif nous a aidé. Bravo aux filles, elles ont fait preuve d'abnégation » a apprécié Sébastien Gardillou au micro de BeIN Sports avant de plaisanter : « Maintenant j'aime bien jouer l'Espagne !