La rencontre entre la France et la Croatie en handball est un classique, un rendez-vous quasi annuel toujours très attendu. Ces deux équipes dominent leur sport depuis une dizaine d’années. L'équipe de France affrontera la Croatie dans l’Arena Zagreb pour la 4e fois. C’est un vrai plaisir de retrouver la Croatie, à domicile, devant 15000 spectateurs certainement presque tous croates avec très peu de Français, dans un climat, je ne dirais pas hostile, mais très bouillant. Il nous faudra répondre présent par rapport à cette adversité.
Sortie victorieuse (34-33) du quart de finale mardi soir face à l’Égypte, l’équipe de France se présentera à nouveau jeudi à l’Arena Zagreb pour disputer la demi-finale du Mondial, face au pays hôte : la Croatie. Les hommes de Guillaume Gille ont l’ambition, comme il y a deux ans, de prendre le vol direct pour la Scandinavie et la grande finale organisée à Oslo. La Croatie a marqué l’histoire du handball et c’est une longue histoire.
Pour tous les amoureux de handball en France qui ont plus de 30 ans, la finale du Mondial 2009 reste gravée dans les mémoires. Ce moment éternel où Ivano Balic défiait Nikola Karabatic, alors âgé de 25 ans, front contre front, marquant ainsi le passage de témoin officieux du meilleur joueur du monde. Karabatic garde un souvenir ému de ce match : « Dès les hymnes, j’ai vécu un moment particulier (son père était croate). C’était incroyable de voir toute cette salle en blanc et rouge.

Nikola Karabatic, figure emblématique du handball français.
Les moments clés de la rivalité France-Croatie
Plusieurs rencontres ont marqué l'histoire de cette rivalité. Voici quelques moments importants :
- Mondiaux 2009: Considéré comme l'un des plus beaux matchs de l’épopée du handball français.
- Euro 2010: Une autre finale maîtrisée à Vienne (25-21), où les Croates ne pouvaient plus supporter les Bleus.
- JO 2012: Malgré une défaite en match de poule (29-22), les Bleus ont retrouvé leurs adversaires en demi-finales à Londres, remportant une quatrième victoire consécutive en match à élimination directe (25-22).
JO 2008
En demi-finales à Pékin, le match est acharné et tourne au profit de la France (25-23), grâce notamment à un homme du banc, Cédric Burdet, que les Croates n’attendaient pas à ce niveau et qui leur met 6 buts.
Euro 2010
Encore une finale maîtrisée à Vienne (25-21), contre des Croates qui ne peuvent plus voir les Bleus en peinture.
JO 2012
Battus largement en match de poule par les Croates (29-22) lors d’un Euro 2012 complètement raté par eux (11e place), les Bleus retrouvent leurs vieilles connaissances en demi-finales à Londres. Omeyer est énorme (19 arrêts, dont 13 en première mi-temps). Et quatrième victoire de suite en match à élimination directe pour la France (25-22).
Les Bleus étaient entrés dans l'histoire en décrochant leur premier titre face aux Croates au Mondial 1995. Face à ces mêmes adversaires, ils sont entrés dans la légende quinze ans plus tard. Les Experts deviennent la première formation à s'offrir à la suite le titre olympique, le sacre Mondial puis l'Euro.
En s'inclinant face à l’Égypte lors du dernier match du premier tour (24-28), la Croatie savait qu’elle avait grillé un joker, et qu’elle n’en aurait pas d’autres. Ainsi, au tour principal, c’est avec une véritable épée de Damoclès que les Dalmates affrontaient, et dominaient nettement, l’Islande (32-26) le 24 janvier pour rester en vie dans cette compétition.
Bis repetita deux jours plus tard face à la Slovénie, contre qui la victoire était impérative pour rejoindre les quarts de finale. Las, après sept minutes de jeu, les Croates étaient K.O. debout, menés 5-0 par des Slovènes sans pression. Pourtant, le roseau dalmate pliait, mais ne rompait pas et à la pause, déjà, la situation avait été rétablie (15-15) avant un second acte maîtrisé (29-26, score final).
Direction donc le Top 8 où la Hongrie, surprenante et vaillante, paraissait devoir réaliser l’exploit avec quatre buts d’avance à cinq minutes de la fin (26-30). Avant de disparaître, emportée par la foule, par les parades d’Ivan Pesic (trois d’affilée), par cette capacité formidable des «Vatreni» à refuser l’échec.
Tous les amoureux de handball en France - et qui ont plus de 30 ans - se souviennent de la finale du Mondial 2009 et de ce moment gravé pour l’éternité : Ivano Balic venant défier, front contre front, un Nikola Karabatic alors seulement âgé de 25 ans, mais déjà plus qu’en passe de lui succéder au titre officieux de meilleur joueur du monde. Le Français en avait souri et les Bleus avaient réussi à éteindre le feu adverse au terme peut-être de l’une des plus impressionnantes prestations défensives de l’histoire de la discipline (24-19).
Encore aujourd’hui, Karabatic garde un souvenir ému de ce match : « Dès les hymnes, j’ai vécu un moment particulier (son père était croate). C’était incroyable de voir toute cette salle en blanc et rouge.
En s’inclinant face à l’Égypte lors du dernier match du premier tour (24-28), la Croatie savait qu’elle avait grillé un joker, et qu’elle n’en aurait pas d’autres. Ainsi, au tour principal, c’est avec une véritable épée de Damoclès que les Dalmates affrontaient, et dominaient nettement, l’Islande (32-26) le 24 janvier pour rester en vie dans cette compétition.
Bis repetita deux jours plus tard face à la Slovénie, contre qui la victoire était impérative pour rejoindre les quarts de finale. Las, après sept minutes de jeu, les Croates étaient K.O. debout, menés 5-0 par des Slovènes sans pression. Pourtant, le roseau dalmate pliait, mais ne rompait pas et à la pause, déjà, la situation avait été rétablie (15-15) avant un second acte maîtrisé (29-26, score final).
Direction donc le Top 8 où la Hongrie, surprenante et vaillante, paraissait devoir réaliser l’exploit avec quatre buts d’avance à cinq minutes de la fin (26-30). Avant de disparaître, emportée par la foule, par les parades d’Ivan Pesic (trois d’affilée), par cette capacité formidable des «Vatreni» à refuser l’échec.
Mardi soir, après le succès arraché face à l’Égypte, les Bleus étaient unanimes : ils avaient souffert face au jeu à sept contre six mis en place par les Égyptiens en seconde période. 30 dernières minutes que les Pharaons ont d’ailleurs remportées (19-16).

Duel intense entre la France et la Croatie.
Depuis le 1er juillet 2016, une règle permet en effet à une équipe de sortir son gardien de but pour faire entrer un joueur de champ supplémentaire en attaque. Seul désavantage : le but de cette équipe est vide et en cas de perte de balle ou de jeu rapide, il est aisé pour l’équipe adverse de marquer.
Rapidement, cette règle n’a pas fait l’unanimité chez les puristes, en particulier chez les Français qui ne l’utilisent pour ainsi dire jamais (sauf en cas d’infériorité numérique après une exclusion pour deux minutes afin de rester à six en attaque). Mais des équipes comme le Portugal en ont fait une arme, et la Croatie n’est pas maladroite non plus dans cet exercice.
Balic - Karabatic... Les duels entre Français et Croates ont toujours été acharnés, et ont souvent tourné à l'avantage des seconds.
France-Croatie, c’est un classique. Les deux équipes, qui se retrouvent ce soir (21 h 30) en quart de finale du Mondial à Saragosse, dominent leur sport depuis une dizaine d’années.
Vendredi, à la veille de ce deuxième match du tour principal qui a tout d'un huitième de finale de l'Euro, le sélectionneur français a vanté le mérite de l'indispensable ennemi dans la longue période de domination du handball français.
« La Croatie a traversé la plus belle période de son histoire dans les dix dernières années avec des joueurs d'exception comme Balic, Metlicic ou Lackovic, des ambassadeurs merveilleux pour notre sport. Pourtant, ils n'ont gagné qu'un titre olympique [2004], car ils ont eu la malchance de tomber sur une génération exceptionnelle de jeunes Français. Sans nous, ils auraient gagné cinq ou six titres de plus. Ce sont eux qui nous ont poussés à devenir aussi bons. On a tout gagné, mais la différence entre eux et nous est plus infime que ne l'indiquent les palmarès.
Cet accès soudain de modestie était-il motivé par la présence, dans l'auditoire, de Zlatko Saracevic, une légende du handball yougoslave puis croate ? Cet arrière fantastique, qui n'a pas attendu d'atteindre la cinquantaine pour avoir le ventre aussi rond que son crâne chauve, incarne le lien entre les deux pays. Il a passé sept ans en France (Nîmes, Istres, Bordeaux, Créteil), laissant un souvenir impérissable à Jérôme Fernandez ainsi qu'à Théo Derot.
Pourtant, ne pas croire à l'amitié franco-croate. Sur un taraflex, l'atmosphère n'est jamais aussi étouffante que lors de ces « belles retrouvailles », dixit Onesta, qui a prévu de souffler sur les braises pour électriser ses joueurs avant le coup d'envoi.
« Je me souviens de notre élimination en quart de finale du Mondial espagnol [2013] où nous avions subi le rythme de leur jeunesse alors que nous étions vieillissants et démobilisés. Mais on se souvient de la douleur. À vrai dire, les Croates ont plus de mauvais souvenirs que les Français.
Nikola Karabatic, de mère croate, n'en a pas oublié une seconde. « Nous avions gagné sur un petit score, grâce à notre défense très agressive. L'affrontement avait été très engagé et psychologiquement exigeant. Nous avions réussi à tenir dans une ambiance incroyable, face à 15 000 spectateurs qui nous sifflaient. » L'image de son tête contre tête avec Ivano Balic, le magicien dalmate, est restée dans les mémoires.
Il y a quelque temps, Nikola Karabatic a revu en replay, sur Internet, le premier France-Croatie de l'histoire contemporaine. C'était en demi-finale du Mondial tunisien, en 2005. Une défaite qui a appelé de nombreux succès par la suite.
Samedi soir, le rapport de force ne sera pas très différent, dans un match crucial pour l'accès aux demi-finales. Le perdant n'aura plus d'espoir. C'est peut-être pour éviter d'être paralysé par l'émotion et l'histoire que le demi-centre français déplace ce énième épisode de la saga sur un autre terrain : « Jouer contre eux, c'est de moins en moins particulier, car les générations précédentes ont passé la main. Pour les joueurs qui ont pris la suite, ça n'a plus forcément grand-chose de particulier.
| Chiffres | Contre la Croatie |
|---|---|
| Matchs | 28 |
| Victoires | 17 |
| Nul | 1 |
| Défaites | 10 |
| Buts marqués | 725 |
| +/- | +29 |
| Buts encaissés | 696 |
La France et la Croatie se retrouvent ce jeudi en demi-finale des Championnats du monde de handball. Une affiche qui s'annonce électrique entre deux nations habituées à se rencontrer dans les derniers carrés des compétitions.
C'est la rencontre que tout le monde attend ! Ce jeudi 30 janvier 2025 (21h), la France défie la Croatie chez elle à Zagreb, devant 15 000 personnes transcendées. La victoire face à la Hongrie (31-30) en quart de finale dans une fin de match à couper le souffle, a galvanisé la bande à Duvnjak, qui laissera son brassard à l'issue du Mondial pour une retraite bien méritée. Bousculée par l'Égypte en quart (34-33), l'équipe de France sait ce qui l'attend dans un milieu hostile.
L'Arena Zagreb réussit bien aux Bleus
Pour la quatrième fois de son histoire, la France affrontera la Croatie dans l'Arena de Zagreb. Avec un bilan de deux succès et une défaite, les Bleus se rappelleront sûrement d'un jour de 1er février 2009. Après s'être inclinés face aux Croates en phase de poule (19-22), les hommes de Claude Onesta avaient retrouvé leur meilleur ennemi en finale du Mondial 2009. À 15 minutes de la fin du match les deux légendes, Ivano Balic et Nicolas Karabatic, se retrouvaient pour un tête à tête électrique. Une scène qui avait marqué l'histoire du handball. La France n'avait pas tremblé dans une arène chauffée à blanc pour remporter un nouveau titre (24-19).
Sur les deux dernières confrontations entre les deux équipes, la France s'est imposée à chaque fois. Lors du tour principal de l'Euro 2024 en Allemagne (34-32), puis à Chartres (31-26) à l'occasion de la préparation aux Jeux olympiques de Paris 2024. Au total, les Français présentent un très bon bilan 22 victoires, 14 défaites et 1 nul en 37 rencontres.
Grâce au coup de génie de Luka Karabatic à la dernière seconde du match, la France tient sa place dans le dernier carré de ce Mondial 2025. Face aux Croates, c'est un match contre de vieilles connaissances qui attend les Bleus.
Si on vous demandait, là comme ça, de nous raconter vos meilleurs souvenirs de la génération Experts, qu’est ce qui vient au cerveau ? Les titres olympiques, le fracassage du plateau de l’équipe TV, le clapping de la victoire à la fin du Mondial en France ? Ce serait bien vite oublier la victoire aux championnats du monde en Croatie.
Perdue au milieu d’une palanquée de titres, cette finale remportée face au pays hôte - que les Bleus retrouveront mercredi soir pour terminer le tour principal de l’Euro - a une signification particulière.
Tout juste championne olympique, l’équipe de France vient défier la meilleure nation de l’histoire du handball, chez elle. Philippe Bana, DTN du hand français depuis 1999, plante le décor historique :
« Nous avons deux dates avec les Croates, explique-t-il. La première passation de pouvoir, c’est quand on les bat pour la première fois en 1995. Jusqu’alors, notre relation avec les Croates, c’est le maître et l’élève. Les entraîneurs yougoslaves puis croates venaient en France pour nous enseigner la technique et la tactique. Là-dessus, tout au long des années 2000, on commence à asseoir une domination mais ils restent en termes d’expertise la nation référence. Et puis il y a 2009, ce moment très particulier, très intense, qui pèse lourd en terme historique, dans un pays où il y a une ferveur populaire autour du hand. C’était le jour des maîtres pour savoir qui était la meilleure nation du monde. Et on est devenu les maîtres du monde. »
L’ambiance dans la Zagreb Arena, chauffée par les 15.000 supporters croates, est surréaliste. « Tout le peuple croate était derrière cette équipe, se souvient Bana. Dans la salle, c’était un bazar innommable. Ça crie, on s’entend pas parler, Claude Onesta n’arrive pas à coacher… »
« Le plan de jeu, c’était de ne pas emballer le match. On voulait rester au coude à coude le plus longtemps pour tuer le match dans le dernier d’heure sans qu’ils puissent réagir. Si on menait rapidement au score, on avait peur de se laisser griser et qu’avec le public ils remontent en deuxième mi-temps et soient inarrêtables. En revanche on savait que si on leur mettait un petit coup derrière la tête vers la 45-50e minute, le temps qu’ils réagissent ce serait terminé ». »
« Claude Onesta a dit : "On sait qu’on a la force de les battre, mais il ne faut pas les battre trop vite", explique le DTN. Dans ce contexte, avec le public, la pression sur les arbitres, le but du jeu était de se planquer, d’avancer masqué quitte à être un peu derrière au début. Puis leur envoyer le rouleau compresseur à la fin, que le public ne le voit pas arriver. »
Dire que ça a marché est un euphémisme. Dans le dur en première mi-temps, les Bleus s’accrochent grâce notamment à quelques lucarnes incroyables de Daniel Narcisse. A la 45e minute, le score est de 18-18. Un quart d’heure plus tard, les Bleus sont champions du monde 24-19. Et au milieu, l’image : le tête contre tête entre les deux meilleurs joueurs du moment, Ivano Balic et Nikola Karabatic. Le Croate est énervé, le Français sourit.
« C’est un moment très symbolique, recontextualise Bana. Au milieu de tout ça, il y a ce gamin, Nikola Karabatic, que la Croatie a offert à la France d’une certaine manière quand son père l’amène chez nous à 4 ans. Dans ce tête à tête, il n’y a pas de violence, d’agressivité, c’est juste la fierté des uns et des autres. D’un côté on a le meneur de jeu du siècle, Balic, de l’autre Niko qui arrive à maturité et qui s’oppose à cette domination en disant "l’avenir c’est nous". C’est le passage de deux générations, de deux pays. »
Sûre de sa force, la France de Karabatic contrôle. Elle sait qu’elle finira par gagner. « Jamais la dimension mentale n’a été aussi importante que ce jour-là, poursuit Fernandez. On a gagné ce match sur la maîtrise ».
« Cette équipe avait engrangé beaucoup de confiance. Les Jeux de 2008 ont été le déclic. Le jeu était élaboré, puissant, le banc était extraordinaire. Il y avait une force mentale et technique qui se dégageait de cette équipe, et les gens le voyaient. Cette tranquillité, elle vient de la conscience de la puissance que représente l’équipe. On la retrouve dans la dernière causerie de Claude Onesta avant le match. Il n’y a pas un bruit, pas une question, c’est calme : "Quand on va perdre, ne vous affolez pas". Ils savent que quand ça va pas, Daniel Narcisse va sortir un 1 contre 1, que Niko va tout arracher, que Thierry Omeyer va être le dernier rempart. » »
« La Croatie était l’équipe qui jouait la mieux avec le ballon et nous la meilleure défense, synthétise Fernandez. On a démontré que dans ce genre de matchs, la défense prenait le pas sur l’attaque ».
Plus encore que celle des JO, cette victoire en Croatie a donné à la génération Experts la confiance pour enchaîner les titres. « Oui, ce jour-là, on est devenu la meilleure équipe du monde, on a pris le dessus sur la génération forte de la Croatie », résume Fernandez.
Nikola Karabatic apprécie avec un certain recul la performance de 2009. « Depuis qu’on a gagné le Mondial à domicile, que j’ai ressenti cette énergie de jouer à domicile, je regarde en arrière et je me dis que tout ce qu’on a accompli, de battre des pays hôtes comme la Croatie, c’est vraiment fort.
Face à la Croatie, les « Barjots » plantent enfin le drapeau bleu-blanc-rouge au sommet du hand. Au terme d'un Mondial chaotique, marqué par une réunion-électrochoc à Reykjavik avant la phase finale, Denis Lathoud (ici contre l'Espagne) et les siens deviennent la première équipe de France championne du monde dans un sport collectif. La Croatie est dépassée en finale et ses stars bien contenues. Stéphane Stoecklin (8 buts) se balade en attaque et Jackson Richardson perturbe chaque montée de balle croate. « Je savais que c'était notre moment », résume Lathoud.
Leur ascension était spectaculaire, leur chute le fut aussi. Champions du monde en titre, les Barjots prennent la porte en demi-finales des JO, sans vraiment avoir défendu leurs chances face à la Croatie, revancharde. Le groupe se fissure. « Dès que ça ne va pas, certains emmerdent le monde entier », peste le sélectionneur Daniel Costantini. En face, la Croatie n'en demandait pas temps et la bande de Zlatko Saracevic s'en va conquérir l'or olympique historique. La France se contente d'une médaille en chocolat (4e).
Le bras droit en écharpe, Jackson Richardson (photo) tire sa révérence sur une défaite pour sa 417e sélection, blessé en début de seconde mi-temps face aux Croates. Le contraste ne pouvait pas être plus net avec le génie d'en face : meilleur joueur du monde, Ivano Balic (8 buts) stoppe les futurs Experts, trop tendres mais tout près de la finale tout de même. La médaille de bronze conquise contre la Tunisie adoucit (un peu) les plaies.
La malédiction est brisée : pour son 7e Euro, la France de Nikola Karabatic (photo) est enfin en finale, avec une impression de maîtrise jamais vue. Possédés en défense, affamés en attaque à l'image de la connexion entre l'actuel sélectionneur Guillaume Gille et son frère Bertrand, les Bleus étouffent la Croatie. Balic passe à côté (3 sur 9 au tir), victime du match en état de grâce de Thierry Omeyer (28 arrêts !). La France efface l'obstacle croate et concasse l'Espagne en finale (31-23).
Pas rassurants avant les matches couperets, les champions d'Europe en titre retrouvent leur mojo dès les quarts contre le rival croate. Les hommes forts de Claude Onesta écoeurent chacun leur tour les joueurs au drapeau à damier : Thierry Omeyer périodemi-temps. La campagne se termine au pied du podium après une demie polémique contre l'Allemagne (31-32 a. p.).
Champions olympiques pour la première fois à Pékin, les Bleus gagnent un surnom : les Experts. Mais avant l'Islande en finale, les joueurs d'Onesta mettent fin aux rêves du tenant du titre croate. Nikola Karabatic, Bertrand Gille et Daniel Narcisse se relaient aux basques d'Ivano Balic, puis Luc Abalo donne un dernier coup d'accélérateur à 22-22 (53e). « C'est le premier France-Croatie qui me vient en tête, car c'est la première aventure olympique où on voit la finale, on était morts de faim de découvrir ce parfum-là et c'était une finale avant l'heure », racontait ce mercredi Guillaume Gille (photo).
Ivano Balic et Nikola Karabatic, tête contre tête, devant les 15 000 spectateurs de la Zagreb Arena. La photo est revenue dans les souvenirs des Bleus actuels mardi soir. Mais sur le cliché, un seul des deux génies a le sourire : Karabatic (photo). Honnie par tout un pays, la star des Experts repart en vainqueur, bien aidé par une défense en béton (un but encaissé dans le dernier quart d'heure) et Michaël Guigou, impeccable (10 buts, 7/7 au jet de sept mètres). « Une ambiance de corrida, sourit Guillaume Gille.
Champions olympiques, champions du monde et champions d'Europe. Les Bleus réalisent un triplé inédit pour leur sport et comme à chaque parcours, la Croatie est ramenée à la raison sur la route de l'or. Thierry Omeyer reprend la cape de héros avec 17 arrêts, la défense force 15 pertes de balle et Nikola Karabatic est au rendez-vous de sa finale (6 buts, 5 passes). « Cette équipe est définitivement grande », résume Daniel Narcisse.
La sortie de route spectaculaire de l'Euro 2012 (12e) est oubliée. Mais pas les bonnes recettes contre la Croatie : un gardien en état de grâce (Thierry Omeyer, 19 arrêts), un mur défensif emmené par Didier Dinart et les coups de patte des Narcisse, Abalo et Karabatic en attaque. Les Croates tiennent 50 minutes puis explosent. « Ivano Balic m'a dit : C'est la meilleure équipe de tous les temps », confie Claude Onesta, dont les Bleus vont chercher le doublé olympique contre la Suède (22-21).
Surclassée par la Croatie, la France cède sa couronne mondiale après avoir seulement mené 2 minutes. Nikola Karabatic passe à côté de son quart de finale (1 sur 5 au tir) pendant que dans le camp adverse, Domagoj Duvnjak, encore sur le terrain pour ce Mondial 2025, régale tout un pays (9 buts). « Il n'y a pas de lassitude ! On est dans une phase de transition, je le sais », conclut Claude Onesta.