France-Brésil Volley aux JO : Une Histoire Épique

L'histoire de l'équipe de France de volley-ball aux Jeux olympiques est faite de hauts et de bas, de qualifications arrachées et de désillusions amères. Des espoirs de Séoul en 1988 à la qualification pour Tokyo 2020, en passant par les défaites crève-cœur à Rio 2016, retour sur un parcours riche en émotions.

JO 2016 : la Toile brésilienne fête la victoire de Rio

Les Premiers Pas Olympiques : Séoul 1988

La génération d'Alain Fabiani arrive à Séoul pleine d'espoir, bien décidée à effacer la déception du Mondial en France. Malgré trois victoires en cinq matches de poule, elle termine troisième, devancée par l'Argentine au ratio de sets, et est barrée de la course au podium.

Volleyball aux JO de 1988.

Barcelone 1992 : La Désillusion

En fin de cycle, l'équipe de France a arraché son billet dans un tournoi de qualification à Montpellier au mois de mai, mais elle nourrit nettement moins d'ambitions qu'à Séoul. Elle a en effet lentement reculé dans la hiérarchie mondiale pendant l'olympiade (8e du Mondial 1990, 5e de l'Euro 1989 et 9e de l'Euro 1991). À Barcelone, c'est un échec complet avec une seule victoire contre le Japon.

Athènes 2004 : La Renaissance

C'est de nouveau une équipe de France conquérante qui débarque en Grèce où le podium semble accessible à l'équipe de Frantz Granvorka, Stéphane Antiga et Hubert Henno, le libéro. Malheureusement les hommes de Philippe Blain ont perdu beaucoup d'énergie dans l'interminable labyrinthe des tournois de qualification, validant le billet au dernier moment.

Rio 2016 : La Désillusion Face au Brésil

Cette fois-ci, le podium semble leur tendre les bras. La génération dorée d'Earvin Ngapeth, Jénia Grebennikov, Antonin Rouzier et Benjamin Toniutti, ceux qui pour la plupart seront à Tokyo l'été prochain, a donné au volley français les meilleurs résultats de son histoire. Pourtant, au Maracanazinho, c'est un fiasco. Les Bleus battront bien le Canada et le Mexique mais échoueront dans le dernier match couperet contre le Brésil, futur champion olympique.

Déception de l'équipe de France à Rio 2016.

Les volleyeurs français quittent donc Rio la tête basse, éliminés dès la phase de poules. Une énorme déception pour les champions d'Europe en titre, battus par des Brésiliens bien plus entreprenants (3-1). Après la défaite de Renaud Lavillenie face au Brésil Thiago Braz Da Silva, c'est un nouveau coup dur pour la délégation française. Chancelants depuis le début de la compétition, les Bleus ont une nouvelle fois raté leur entame de match.

Après la perte du premier set (22-25) les coéquipiers d'Earvin Ngapeth sont parvenus à recoller au score en remportant le deuxième set (20-25). Et, malgré la perte du troisième set (25-22), à 23-21 pour la France dans la quatrième manche, l'espoir était permis. Mais, des smashes mal ajustés de Rouzier ou des blocks out ont permis au Brésil de recoller. Et d'empocher la mise (25-23). C'est donc par la petite porte que les volleyeurs français, champions d'Europe en titre, quittent Rio.

Les Bleus ont été battus 1 set à 3 (22-25, 25-22, 20-25, 23-25) par des Brésiliens qui jouaient aussi leur survie. La France a été éliminée dès le premier tour du tournoi de volley-ball olympique, dans l’ambiance extrêmement chaude du Maracanazinho de Rio, après une défaite 3-1 contre le Brésil (25-22, 22-25, 25-20, 25-23). Les Bleus sortent ainsi prématurément d’un tournoi dans lequel ils entretenaient de réels espoirs de médaille, dans la foulée d’un titre européen conquis en 2015.

Une élimination aurait été vécue comme une humiliation dans ce pays où le volley-ball est le sport national, le football étant considéré comme une religion. La France a laissé filer le premier set 25-22 par la faute de neuf services ratés. Les Bleus revenaient au contact en fin de set grâce à un service dehors de Wallace, mais l’analyse vidéo montrait que le ballon avait frôlé la ligne. L’entraîneur français Laurent Tillie contestait l’ace avec virulence, mais le set basculait du côté des hôtes, sur une nouvelle faute au service de Ngapeth.

Le Match Marathon Contre le Brésil

L'équipe de France de volley avait besoin de gagner deux sets pour décrocher sa qualification pour les quarts de finale des JO de Tokyo, dimanche contre le Brésil. Mission accomplie. Les Bleus verront les quarts de finale du tournoi olympique et c'est une première pour le volley français. Ils s'inclinent malgré tout contre le Brésil au tie-break (25-22, 37-39, 25-17, 21-25, 20-18), au terme d'un match à suspense.

Après avoir perdu le premier set, les Français se sont battus pour remporter la deuxième manche. Français et Brésiliens se sont rendus coup pour coup, et ont offert une fin de set irrespirable : 51 minutes d'échanges, conclues par un 39-37 pour les Tricolores. Les Bleus ont eu 11 balles de set avant d'enfin réussir à empocher la deuxième manche.

Suivra un troisième set plus expéditif (25 minutes), remporté par le Brésil. Pour aller en quarts, les Bleus n'ont alors plus eu d'autre choix que de gagner le set suivant. D'abord menés, ils ont réussi à revenir à 10-10 et à rivaliser avec leurs adversaires. Cette fois, ils ne mettront pas autant de temps à conclure (25-21). Deux sets remportés, la qualification en poche et le Brésil, champion olympique en titre, poussé au tie-break.

À l'image du reste de la rencontre, le cinquième set a été très accroché. Les Tricolores ont eu quatre balles de match, mais ont laissé échapper la victoire. Ils terminent la phase de poule avec un bilan de trois défaites (États-Unis, Argentine, Brésil) et deux victoires (Tunisie, Russie) et se classent donc 4es de leur poule.

L'Ambiance Électrique du Maracanazinho

Obligée de créer l'exploit face au Brésil pour se qualifier, l'Equipe de France de volley doit finalement dire au revoir aux Jeux Olympiques après sa défaite face au pays hôte 3 sets à 1 (25-22, 22-25, 25-20, 25-23). Le Maracanazinho n’avait pas besoin de ça pour bouillonner.

Mais surtout, ce revers rendait ce choc entre la Team Yavbou et la bande à Bruno plus tendu que jamais puisque l’équipe vaincue devait dire adieu à ses rêves de médaille olympique. Un enjeu qui a fait trembler l’enceinte carioca comme jamais, entre sifflets pour les Bleus et encouragements nourris pour les Brésiliens. Une ambiance qui a finalement fait basculer le match du côté Auriverde, la sélection Brésilienne brisant les rêves de la Team Yavbou en s'imposant trois sets à un.

Malheureusement, le rêve de rapporter la première médaille olympique de l'histoire du volley français s'arrête plus rapidement que prévu, dès les phases de poules. Malgré un Antonin Rouzier toujours aussi précieux, les Bleus ont commis beaucoup trop de fautes pour espérer faire tomber le pays hôte.

Le rêve était pourtant permis après le gain de la deuxième manche (22-25), et malgré la perte de la troisième (25-20), les Bleus étaient à deux points de s'offrir un set décisif à 23-21 dans la quatrième manche. Mais dans l'enfer du Maracanazinho, les Brésiliens ont trouvé les ressources nécessaires pour recoller et empocher la mise (25-23).

Un Point Décisif et Mémorable

Jenia Grebennikov est hilare. Tellement heureux qu'il enlace Trévor Clevenot, tandis que celui-ci, le regard noir, se frappe le front de son poing droit. Le même qui vient de conclure l'échange le plus fou de ce match collector entre la France et le Brésil, poussant le ballon dans les mains du block brésilien, qui n'a pu que l'envoyer mourir au pied de la chaise de l'arbitre.

Les deux équipes jouent déjà depuis plus d'une heure, et les acteurs, en nage, cherchent leur souffle. Le Brésil vient de laisser passer une troisième occasion de conclure le deuxième set, après avoir remporté le premier (25-22). Le champion olympique en titre menait 33-32 et les Français, qui jouaient leur survie dans la compétition, avaient manqué sept balles de set.

Du service de Wallace à cette action fatale du block brésilien, le ballon aura été touché vingt-neuf fois. On a vu Grebennikov tomber à la renverse sur la réception, Earvin Ngapeth se coucher par terre, la main en sandwich entre la balle et le terrain, Benjamin Toniutti se jeter à plat ventre, Grebennikov, encore, user d'une manchette à la passe... De l'autre côté, Wallace a envoyé des pralines, Bruninho a inlassablement tenté de trouver la combinaison gagnante, Thales, le libéro, a joué les sauveteurs.

Au jeu de celui qui laisserait sa peau plutôt que de voir le ballon tomber de son côté du terrain, l'équipe de France a fini par l'emporter sur ce coup-là. Peu importe la beauté du geste, seul le résultat comptait, quitte à basculer dans l'irrationnel.

« Quand on n'a pas la solidité brésilienne au block ou à l'attaque, on a besoin de l'irrationnel pour faire déjouer l'adversaire, nous mettre en confiance et changer le rythme en notre faveur », explique Laurent Tillie, sélectionneur des Bleus.

Physiquement, mentalement, ce deuxième set a rincé les joueurs. « Ça a brûlé ! », lançait Trevor Clevenot entre deux gorgées d'eau. « C'est dur, confirmait Earvin Ngapeth, serviette autour du cou. On n'a pas eu beaucoup de repos parce qu'on a joué très tard (face à la Russie, victoire 3-1 vendredi). Ce sont vraiment les tripes et le coeur qui sont allés chercher ce set, ce qui a commencé à les faire douter. On sait que contre les équipes comme ça, c'est le moment où tu mets le doute qu'il faut pousser. »

Les Bleus ont dû pousser leur créativité légendaire à son paroxysme pour venir à bout du talent brésilien.

39-37. Laurent Tillie pouvait serrer les poings, les remplaçants se précipiter vers leurs héros comme s'ils avaient gagné le match. Délivrés après 51 minutes d'une manche irrespirable, terminée à 20 actions de défense de chaque côté (dont 8 pour le seul Grebennikov), 76 points inscrits, dont 10 pour Earvin Ngapeth et Jean Patry.

Parcours de l'équipe de France de volley aux Jeux Olympiques (1988-2020)

Année Ville Résultat
1988 Séoul Phase de poules
1992 Barcelone Phase de poules
2004 Athènes Quart de finale
2016 Rio de Janeiro Phase de poules
2020 Tokyo Vainqueur

tags: #france #bresil #volley #jo