L'Histoire du Handball à Forbach: Un Parcours Passionnant

Depuis la fin des années 80, c’est au gymnase de Bellevue que s’écrit l’histoire de l’US Forbach Handball. Mais l’aventure a débuté au lycée Jean-Moulin, il y a un demi-siècle. La salle est minuscule, mais l’ambiance est parfois bouillante.

« Certains soirs de match, c’était la folie. Les spectateurs étaient massés tout autour du terrain, juste derrière les lignes », se souvient Romain Ney, ancien gardien de but et ancien président du club. « Les gens étaient dans les appareils de gym », sourit encore Bernard Betker, actuel président.

L'aventure du Handball à Forbach débute en 1964 grâce à des passionnés tels que TYRAKOWSKI, GRUY, PEJNOVIC, MAISETTI et FOLSCHWEILER. Messieurs PFORTNER et KORINEK, en tant que promoteurs, ont permis au Comité Omnisport de Forbach (C.O.F.) de voir le jour avec l'aide des membres des différents clubs.

En effet, entre 1966 et 1971 le club évoluera au niveau Promotion. Les saisons 1971/1972 (Honneur) et 1972/1973 (Excellence) ont été avalées à l'énergie pour atteindre la tant convoitée Promotion Fédérale, tremplin pour le Championnat de France. Fort heureusement, les jeunes continuent à faire parler d'eux en brillant dans leurs championnats respectifs.

La saison 1976/1977 a vu apparaître un changement de génération au sein de l'équipe première. Les jeunes issus directement du rang du club ont réussi à se maintenir en Excellence. Ces résultats positifs ont été obtenus grâce à une méthode certaine, une bonne dose de volonté qui laisse entrevoir une grosse lueur d'espoir !!!

1977/1978, quelle sacrée saison, ou encore, saison consacrée à la naissance d'un groupe qui fait honneur aux illustres fondateurs du club. L'équipe technique va axer tous ses efforts sur les équipes de jeunes; cette politique va s'avérer payante puisque la saison 1977/1978 voit le club réussir pratiquement sur tous les tableaux. L'équipe séniors, avec une moyenne d'âge de 19 ans termine Championne de Lorraine.

Les juniors (- de 20 ans) qui ont constitué l'ossature de l'équipe première ont réussi une saison absolument exceptionnelle, ils sont allés bousculer les grands clubs en Coupe de France (Challenge Sabatier). Cette équipe a acquis le respect de tous, en laissant le jeu l'emporter sur les querelles ou les divergences d'opinion.

Les Figures Emblématiques du Club

Bertrand Sauder: Un Formateur dans l'Âme

L’US Forbach Handball a été fondée en 1966. Mais la discipline se développe depuis deux ans déjà, grâce à l’implication d’enseignants des différents quartiers de la ville : MM. Pfortner, Bensousan ou encore Folschweiler. Un premier club, le Comité omnisport de Forbach (Cof), voit le jour, avant l’intégration à l’USF.

Jean-Marie Folschweiler est le premier président, et Bertrand Sauder « l’entraîneur emblématique de cette période , dixit Romain Ney. Il a formé tous les jeunes. »

Rappelons que celui qui a été le principal artisan de la réussite de cette période de 15 ans (1966 à 1982) et à qui il faut ici rendre hommage pour sa disponibilité, sa présence et son charisme, des plus jeunes à l'école jusqu’aux séniors, j'ai nommé Bertrand SAUDER. Il a dirigé l'équipe fanion jusqu'à sa première accession au niveau national...

L'équipe senior gravit un à un les échelons du handball régional. « On avait la chance d’avoir un gymnase. Mais quand on se déplaçait, on jouait souvent en extérieur », raconte Pascal Duflot, ancien joueur et actuel trésorier.

Dans les années 70, les spectateurs forbachois vibrent aussi au rythme des matchs de gala, grâce aux relations du deuxième président, Richard Jolas. « On a joué contre les Yougoslaves de Banja Luka, les Hongrois de Szeged ou encore des équipes sarroises, qui fournissaient alors beaucoup d’internationaux allemands », rappelle Romain Ney.

Les saisons 1978/1979 à 1982/1983 en Promotion Fédérale, vont être axées sur la formation des "jeunes du pays" afin d'assurer la pérennité de notre club. Les efforts dans tous les domaines auront payés, de belles joutes sont livrées en symbiose totale entre les jeunes et les plus anciens.

La brève incursion durant la saison 1982/1983 en Nationale 3 restera également marquée dans les annales du club. Elle n'aura pas été inutile, bien au contraire, elle aura permis à tous les acteurs de notre association de se remettre en question et de constater que rien n'est définitivement acquis.

Les AMANN, BEHR, BRANCO, EYNIUS, MARCHAL, SCHUBENEL, ZITO... "Malheur", les blessures et la fatigue vont avoir raison de nos gladiateurs. En effet, après un début de saison euphorique, l'infirmerie va se remplir petit à petit. La "bande à Léon" va attaquer la deuxième partie de la saison sur les chapeaux de roue.

Ce n'est qu'a l'issue de la dernière rencontre d'un championnat fertile en rebondissements que les forbachois apprenaient avec amertume qu'ils échouaient sur le fil et à cause d'un léger relâchement, manquant la montée en Nationale 2.

Cette politique nécessite une attention particulière et permanente à la recherche de jeunes gens ayant des dispositions particulières pour la pratique de ce sport. Malgré le départ de Didier BEHR pour l'A.S.P.T.T METZ, l'équipe dirigeante va miser sur l'expérience et envisager la montée en Nationale 2.

Cette saison aura été marquée par des temps forts et par quelques temps faibles survenus aux moments où il fallait être dans le coup. Après une pause de quelques semaines, le handball reprend ses droits et la saison 1988/1989 s'annonce passionnante.

Le retour de Didier BEHR redonne du baume au cœur et, avec l'association de jeunes prétendants tels que SCHOENDORF, BICANIC, BELOFF, JANYSZEK, SPELTHAHN, CASPAR, BOUMEDIENNE ou encore les frères BOSLE... 1989/1990 s'annonce haletante, la marge de progression est encore large.

La revue d'effectifs mise en scène par Vincent SCHUBENEL laisse présager de quelques passes d'armes entre aînés et jeunes "chiens fous" tout cela dans une cordiale amitié car les handballeurs forbachois sont pleinement conscients des sacrifices qu'ils ont fait pour pouvoir jouer à ce niveau. Ils vont garder la tête froide et jouer leur carte match après match.

Hélas nos "bleus et blancs" ne vont pas pouvoir limiter les dégâts et engranger un maximum d'expérience. 1990/1991, il faut terminer 1er ou 2ème de sa poule pour pouvoir rester en Nationale 3. Cette saison fût explosive et se passe de tout commentaire avec 18 victoires sur les 22 possibles.

1991/1992, restructuration fédérale par un nivellement vers le bas. La nationale 3 correspond donc à la Nationale 4 qui vient d'être créée. Cette saison s'annonce difficile car la Nationale 3 sera constituée principalement d'équipes ayant évolué en Nationale 2 la saison passée.

Le bilan à mi-parcours est rageant pour des garçons qui ne déméritent pas, car toutes les défaites ont été concédées de justesse. Le combat livré par les bleus a été héroïque mais les 5 victoires obtenues n'ont malheureusement pas suffit pour se maintenir à ce niveau.

L'odeur de poudre qu'annonce cette saison sera détonante, en effet, les jeunes bleus vont s'attaquer à ce championnat comme des morts de faim. En 1993/1994, les hommes du Président Romain NEY ont affiché leurs ambitions avec le retour de Martial SGRAZZUTTI, l'enfant du pays.

A plein régime et sur la lancée de la saison 1992/1993, les forbachois vont gagner leur ticket pour la Nationale 2 à la force du poignet : "ce fût époustouflant" ! Pour l'équipe fanion, rien n'est écrit mais tous savent qu'il va falloir se battre sur tous les fronts.

Les instances de la ville, les sponsors, sans lesquels notre sport favori ne pourra se développer. Le parquet restera malgré tout seul juge. La saison aura été épuisante et le "train fou" de la Nationale 2 sera passé sur notre petit club sans oublier de bien lui faire comprendre que le combat ne fait que commencer.

Le visage de l'équipe fanion s'en trouvera changé avec le départ de JESSEL et SCHEIDT et l'arrivée de quatre nouveaux joueurs. Le maître mot restera, construire et encore construire une structure solide avec la promotion de jeunes de l'équipe réserve. Donc pas de folie cette saison.

La montée n'est pas envisagée. Il s'agit avant tout de faire plaisir et de se faire sur le parquet ainsi que dans la vie du club. L'objectif pour notre club est la remontée en Nationale 2; pour cela il lui faudra trouve l'alchimie parfaite entre les joueurs expérimentés et les nouveaux jeunes joueurs, afin d'aborder la saison 1997/1998 en toute confiance.

L'équipe de SGRAZZUTTI est une formation très expérimentée avec une moyenne d'âge de 28 ans. Elle compte dans ses rangs de véritables artistes. Durant cette saison ils n'ont pas trouvé leur pareil pour transformer un simple match de handball en véritable spectacle.

Nicolas TRIEM et son extraordinaire bras gauche, les fantastiques relations entre Jean-Jacques JESSEL et Frédéric SCHMITT, pour ne citer que ceux-ci, ont maintenu en haleine un grand nombre de spectateurs. Nouvelle saison, nouvelles ambitions, avec la Nationale 2 en ligne de mire.

La version 1998/1999, avec Mr Didier CASTELLS, le nouveau président du club sera essentiellement axé vers une équipe jeune mais talentueuse et déjà aguerrie au Championnat de France.

Notre club doit mener en parallèle l'éternel "autre combat" : celui d'une grande adhésion de partenaires, qui ont beaucoup de mal à investir dans notre structure en particulier et dans les autres en général. En effet, une région qui ne fait plus qu'en porter le nom ou encore le nom de "grandes batailles" !

Il plane donc comme un air de révolte, nous voulons bien faire, mais sans l'aide et le soutien extérieur, fidèle, notre club ne pourra faire mieux que ce qu'il a déjà fait, 2 saisons en Championnat Départemental, 9 saisons en Championnat Régional, 11 Saisons en Championnat Pré-National, 1 Saison en Championnat de France Nationale 4, 13 Saisons en Championnat de France Nationale 3 et 5 Saisons en Championnat de France Nationale 2.

Carte de la Moselle, situant Forbach dans son contexte régional.

La Saison 2003/2004 va voir partir d'excellents joueurs comme Claude DOLIC, Martial BETKER ainsi que les frères PAPKE. Le rouleau compresseur de cette saison sera fatal. Les rudes combats, les sacrifices et le sentiment de ne pas être soutenu va contraindre notre club à la relégation en Championnat Pré-National.

L'Aventure Nationale

Pour accueillir un public de plus en plus nombreux, une nouvelle salle est indispensable : ce sera le Cosec du collège du Wiesberg. C’est là que les handballeurs forbachois découvrent le championnat de France, en Nationale 3, avec l’entraîneur Léon Erguy. L’équipe est alors formée de Amann, Behr, Branco, Eynius, Schubenel ou encore Zito.

Romain Ney est le président : « Si le club en est arrivé là, c’est surtout grâce au travail au niveau des jeunes, rien que des gars du cru. Pendant trois ou quatre ans, on est même allés très loin en championnat de France avec les cadets et les juniors. »

Après le Wiesberg, l’USF déménage dans un nouveau gymnase, à Bellevue. Nouveau lieu, nouvelle étape : dans les années 90, les seniors grimpent en Nationale 2, sous la houlette de Martial Sgrazzutti. « On a eu les moyens de nos ambitions, sans jamais avoir eu à rémunérer nos joueurs », indique Romain Ney.

La période dorée dure une dizaine d’années, avant que les finances n’aient raison du destin national des Forbachois.

Tentative de retour au premier plan

« Le comité a demandé à descendre en championnat régional, pour repartir sur des bases saines », explique Bernard Betker. Les présidents se succèdent et, sur le parquet, Didier Behr poursuit le travail de formation des jeunes.

Cette saison, l’équipe première, coaché par Gilles Ehrman, a évolué en Prénationale, le plus haut niveau régional. L’accession en Nationale 3 n’est pas passée loin. « C’est l’objectif pour la saison prochaine, avec Vivien Desumer comme entraîneur. Il faut que Forbach retrouve sa vraie place dans le hand lorrain, tout en restant un club formateur », conclut Bernard Betker.

Un président décidé à écrire un nouveau chapitre de l’histoire.

Contexte : L’AS Folschviller Handball est une place forte du handball en Moselle. Le club, historique en Moselle, a connu de belles heures en Nationale 1, avant de redescendre volontairement de plusieurs divisions. Aujourd’hui de retour au troisième échelon français, Folschviller rêve de professionnalisme.

Un Forbachois d'adoption au Panthéon du Handball

Savez-vous qu’un monument du handball a habité à Forbach ? Un triple champion olympique, le seul de l’histoire du handball, a habité rue de Verdun à Forbach. Ce n’était pas il y a si longtemps, à peine une vingtaine d’années. 13 déc.

L’immense Thierry Omeyer est souvent considéré comme le plus grand gardien de but de l’histoire du handball. Mais un Forbachois d’adoption peut postuler au même titre. Il s’agit d’Andreï Lavrov, également gardien de but, et tout aussi immense, par la taille (1,98 m), par le talent et par son palmarès.

Le Russe a participé à cinq Jeux Olympiques et a remporté trois médailles d’or : en 1988 à Séoul (avec l’Union soviétique), en 1992 à Barcelone (avec la CEI, émanation de l’ex-URSS) et en 2000 à Sydney (avec la Russie). Il est le seul triple champion olympique de l’histoire du handball, et a aussi glané le bronze en 2004 à Sydney. Rajoutons enfin qu’il est double champion du monde, en 1993 et 1997.

Andreï Lavrov et sa médaille de bronze, décrochée aux JO d’Athènes en 2004.

Mais comment est-il arrivé à Forbach ? C’est en raison de la proximité avec l’Allemagne. De 1996 à 1999, Andreï Lavrov joue pour le club sarrois de Niederwürzbach, près de Blieskastel, qui évolue alors en Bundesliga. Il sort alors d’une expérience de trois ans en France, à Livry-Gargan et Ivry, et décide donc de s’installer avec sa famille juste avant la frontière, à Forbach, rue de Verdun précisément.

Avec Niederwürzbach, il viendra même jouer un match au gymnase de Bellevue, pour les 30 ans de l’US Forbach Handball. Où un de ses fils est licencié, tandis que l’autre pratique le tennis. Il reste vivre à Forbach même après avoir quitté le club sarrois.

Il est important de noter également le succès du handball féminin français, avec Metz Handball jouant un rôle clé dans l'ascension de l'équipe de France sur la scène mondiale. L’histoire des Messines est intimement liée depuis les années 90 à l’accession des tricolores aux meilleures places mondiales.

Le premier titre de championnes de France en 1989 est gagné notamment grâce à Corinne Zvunka, l’épouse d’Olivier Krumbholz. Ce dernier arrache un premier trophée, suivi de quatre autres jusqu’en 1995. Olivier Krumbholz a quitté l’ASPTT Metz pour se consacrer à l’équipe de France junior, puis à l’équipe senior en 1998 et les résultats ont suivi la courbe de progression de Metz.

Au début des années 2000, alors que ses cadres partent tenter leur chance à l’étranger, l’ASPTT réussit à maintenir son niveau et au coude à coude avec Besançon, engrange de nouveaux titres : entre 1999 et 2009, les Messines n’en laissent échapper que deux. À leur tête, un autre messin, Bertrand François, qui a pris la suite d’Olivier Krumbholz sur le banc mosellan.

Hormis une parenthèse en 2003, Bertrand François poursuit la moisson de titres jusqu’en 2010. Devenu Metz Handball la même année, le club remercie Bertrand François qu’il estime responsable de nombreux échecs à l’échelle continentale.

L’équipe de France traverse une décennie difficile : en dehors du titre de champion du monde en 2003, la France ne ramène que du bronze et de l’argent de ses campagnes européennes et mondiales. Le handball continental moderne se déplace progressivement vers l’Est.

En 2017, la dynamique collective est relancée : Metz enchaine les titres de championnes de France, et conforte sa place parmi les meilleurs clubs européens. L’équipe de France devient presque invincible : titres mondiaux en 2017 et 2023, européen en 2018 et olympique en 2021.

Olivier Krumbholz tire sa révérence après les Jeux olympiques de Paris 2024 et une nouvelle médaille d’argent. L’équipe de France est confiée à son ancien adjoint, Sébastien Gardillou lui aussi passé par Metz en 2010-12 ! La belle histoire entre le Metz Handball et l’équipe de France se poursuit, puisque l’équipe actuelle mosellane compte cinq internationales françaises dans son collectif.

Pour retracer cette formidable épopée du sport français, une exposition retrace l’histoire du club et son parcours au musée de la Cour d’or à Metz du 12 mars au 26 mai.

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