Le football universitaire au Québec, au sein du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), est une discipline qui attire un large public et suscite un vif intérêt. Cet article explore l'histoire, les équipes, les joueurs clés et l'impact de cette ligue sur le développement des jeunes talents.

Les clubs de football universitaires au Québec évoluent dans la ligue du RSEQ (Réseau du sport étudiant du Québec). Les équipes qui se qualifient pour les play-offs jouent contre des équipes du reste du Canada. Il faut également noter qu’il s’agit de football canadien, et non de football américain.
Les Origines et l'Évolution du Sport à Montréal
Le sport a pris racine en Angleterre au XVIIe siècle, où l'aristocratie et la bourgeoisie anglaises ont codifié des pratiques corporelles telles que les courses de chevaux, la course à pied, la boxe et le cricket, créant ainsi une véritable culture sportive. Après 1760, les officiers militaires et les administrateurs anglais, souvent issus de l'aristocratie, ont importé leurs institutions et leur mode de vie au Québec, introduisant le sport dans la ville de Québec, puis à Montréal.
L'industrialisation et l'urbanisation de Montréal au milieu du XIXe siècle ont conduit de nouvelles classes sociales, en particulier la petite bourgeoisie anglophone, à s'intéresser au sport. Ces nouveaux acteurs étaient plus attirés par l'aspect compétitif que par l'aspect social des activités sportives. Les années 1870-1890 ont vu naître la forme moderne du sport, avec des limites spatiales et temporelles, des règlements codifiés, un équipement spécialisé et les premiers organismes nationaux.
Durant cette période, le développement du sport-spectacle, la multiplication des équipes de crosse, de base-ball, de football et de hockey, et la formation de ligues ont été les phénomènes les plus marquants. La Montreal Amateur Athletic Association (MAAA), fondée en 1881, a été la première association regroupant plusieurs disciplines sportives. Pendant longtemps, elle a été la plus importante institution du genre au Canada, servant de modèle à de nombreuses autres associations.
Le Sport chez les Canadiens Français avant 1890
Avant les années 1890, le phénomène sportif était marginal dans la société francophone. Entre 1800 et 1890, ce sont généralement des Anglais et des Écossais, issus de l'aristocratie et de la bourgeoisie, qui créent, organisent et administrent les clubs et les associations sportives. Les courses de chevaux semblent avoir été le vecteur qui a inoculé le goût du sport dans le tissu de la société canadienne-française, aidé en cela par les autorités britanniques. Dès le début du XIXe siècle, le gouverneur Craig, voulant encourager l'amélioration des chevaux canadiens, organise des courses et offre des bourses.
Alors que les francophones sont pratiquement absents du sport organisé, les organisateurs de courses de chevaux sont souvent des Canadiens français. Dans les autres disciplines sportives, la présence des Canadiens français est beaucoup plus discrète. Cependant, quelques-uns pratiquent divers sports bien avant les années 1890. Le monde du sport organisé demeure le fief des anglophones, surtout des Écossais et Anglais, auxquels se joignent les Irlandais après la Confédération.
L'Institutionnalisation du Sport chez les Canadiens Français (1890-1894)
Dans les années 1890, l'urbanisation et l'industrialisation de Montréal s'accélèrent. Une bourgeoisie canadienne-française se développe, exerçant généralement un pouvoir local. Pour défendre ses intérêts, elle crée ses propres organisations ou relance d'anciennes institutions. La fondation des premières associations omnisports par des Canadiens français s'inscrit dans ce mouvement de "différenciation ethnique des réseaux institutionnels" que connaît Montréal dans les dernières décennies du XIXe siècle.
Ainsi, dans la première moitié des années 1890, l'intérêt pour le sport se développe chez les francophones de Montréal. Des associations omnisports tentent, péniblement, de s'organiser. De nouveaux clubs sportifs se créent. Un journalisme sportif émerge lentement et publicise ces nouvelles activités.
En 1890, l'Académie d'Escrime et de Gymnastique du professeur David Legault existe à Montréal.
Les Carabins de Montréal: Une Équipe Phare du RSEQ
Les Carabins de l'Université de Montréal suscitent l'admiration et le respect au sein du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). L'équipe a été fondée en 1965 et a rapidement fait ses preuves dans le paysage sportif. Au cours des années 1970, les Carabins ont commencé à se faire un nom dans la Ligue universitaire de football du Québec (RSEQ). Ils ont remporté leur premier championnat provincial en 1974, marquant ainsi le début d'une ère de succès.
Depuis leur création, les Carabins ont remporté de nombreux titres et distinctions, notamment plusieurs championnats de la RSEQ et la prestigieuse Coupe Vanier, le championnat national de football universitaire canadien, en 1999 et 2014. Les Carabins ont développé de nombreuses rivalités, principalement avec d'autres universités du Québec, dont la plus notable est celle avec les Laval Rouge et Or.
Les Carabins continuent d'être une force dans le football universitaire canadien. Au cours des dernières années, ils ont régulièrement participé aux séries éliminatoires et ont atteint les demi-finales et finales du championnat national.

Comme beaucoup d'équipes universitaires, les Carabins sont confrontés à des défis financiers. Le financement des programmes sportifs, la recherche de sponsors et la nécessité de maintenir des installations modernes sont des enjeux cruciaux. Le niveau de compétition dans le football universitaire canadien ne cesse d'augmenter.
Joueurs Clés des Carabins
Les Carabins de Montréal sont une équipe universitaire et comptent dix-huit joueurs en tout. Voici quelques joueurs clés :
- En défense: Sow, qui allie des interventions rugueuses à un marquage de tous les instants ; Noireault, qui réconcilie les spectateurs avec la tradition des latéraux offensifs ; et Safari, dont la mobilité permet à Kreim et Jarras de s'exprimer dans leur style.
- Au milieu de terrain: Omar, qui continue son travail tout en humilité au sein de la formation Carabins, sacrifiant néanmoins ses habiletés de percussion au profit d’un travail de sape défensif.
- En attaque: Essomé Penda, qui brille par sa disponibilité lors des phases de transitions offensives ; et Hugo, qui a travaillé à l’hiver pour pouvoir réciter sa partition cet automne.
L'Importance des Études et les Valeurs de l'Équipe
Sans surprise, cette équipe a déclaré que l'important pour eux, c'est les études. Ils ont aussi dit que leur but était de gagner, mais en équipe.
Les Carabins se distinguent par leur forte identité. L'équipe incarne des valeurs telles que la solidarité, le respect et l'engagement. Les entraîneurs jouent un rôle crucial dans le développement des jeunes talents au sein de l'équipe. Des personnalités comme Marco Iadeluca, qui a pris les rênes de l'équipe en 2014, ont été déterminantes dans la construction d'une culture gagnante.
Les matchs des Carabins attirent un large public, et l'ambiance qui y règne est incomparable. Les supporters, souvent vêtus des couleurs de l'équipe, créent une atmosphère électrique qui pousse les joueurs à donner le meilleur d'eux-mêmes.
L'Avenir des Carabins
Pour assurer leur avenir, les Carabins mettent un accent particulier sur le développement des jeunes joueurs. Des programmes de formation et de détection des talents sont mis en place pour repérer les futurs joueurs dès leur plus jeune âge.
Les Carabins s'investissent activement dans leur communauté. L'équipe participe à diverses initiatives locales, notamment des programmes de mentorat pour les jeunes et des événements caritatifs. Les anciens joueurs des Carabins jouent un rôle essentiel dans la promotion de l'équipe et dans le développement du programme. Beaucoup d'entre eux restent impliqués, que ce soit en tant qu'entraîneurs, mentors ou sponsors.
Les performances des Carabins ont également un impact positif sur l'image de l'Université de Montréal. En remportant des titres et en participant à des compétitions nationales, l'équipe contribue à renforcer la réputation de l'université sur la scène sportive canadienne.
Les Rouge et Or de Laval : Une Dynastie du Football Universitaire
Les Rouge et Or de Laval ne font pas de la figuration dans le football universitaire canadien. C’est même le plus titré.
Les Rouge et Or jouent au stade Telus-Université Laval. Il est situé 2380 rue du Peps à Québec. En transport en commun ou en voiture, il est facilement accessible. Personnellement, je suis venu à pied. Le stade est grand. Le record d’affluence pour un match de football des Rouge et Or est de 19 381 spectateurs ! Pour le premier match auquel j’ai assisté, il y avait 13 500 spectateurs.
Le stade est assez vieux. Il rappelle, en plus petit évidemment, des enceintes de la NFL comme celles des Bills ou des Packers. Une petite partie des tribunes possède des sièges avec un dossier, tandis que le reste se compose de bancs en bois. Le confort n’est pas au rendez-vous, mais entre nous, je m’en fiche totalement.
Dans ce cas, je vous conseille de trouver une place à mi-hauteur au plus près du milieu du terrain. Essayez d’éviter les places à côté des escaliers. Vous avez constamment du passage de personnes arrivant en retard ou allant acheter à boire et à manger. Si vous avez un budget réduit, il est possible de prendre des places pour se tenir debout autour du terrain.
Cependant, j’ai essayé cet endroit quelques minutes en fin de match et la visibilité est réduite par rapport à une place en tribunes. Les places « debout autour du terrain » sont à 19$ pendant la saison régulière. Les photos de cet article ont été prises dans le haut de la section 106. Je précise que les prix changent pour les play-offs et entre le moment où j’écris ces lignes et votre venue, une évolution tarifaire a peut-être eu lieu.
Pour être plus serein et avoir la meilleure vue possible, je compte même m’abonner l’année prochaine. Avant de me rendre au stade, j’avais lu partout que l’ambiance était exceptionnelle. Mais, sur place, j’ai été mitigé. Ne vous attendez pas à la folie du soccer de haut niveau (comme c’est dur pour moi de m’habituer à dire « soccer » pour qualifier le football européen…) ou d’un match de la LNH.
Il faut noter que le cadre est quasi professionnel. L’écran géant diffuse des ralentis et des statistiques sont régulièrement affichées. Si vous êtes un Français ou un Africain qui émigre au Québec, vous allez être surpris par le sport nord-américain. Les arrêts sont fréquents et longs. Cela permet notamment de diffuser de la publicité (les matchs de football universitaire sont retransmis en direct sur TVA Sports). Si vous n’êtes pas un vrai fan de football, cette durée peut sembler longue.
Des sodas sont disponibles à la buvette, ainsi que de la bière. Des vendeurs de bières passent aussi dans les tribunes durant tout le match. Si vous aimez les festivités, je vous conseille d’arriver avant le match pour profiter des fameux « tailgates ». En Amérique du Nord, un tailgate est une sorte de fête d’avant-match. Bien sûr, le public est à majorité étudiant, mais l’ambiance est bonne. Cela n’a rien à voir avec les ambiances bizarres et tendues du soccer européen. Vous pouvez venir sans crainte en famille.
Si je compare aux quelques championnats amateurs de football américain en France, c’est le jour et la nuit. Certains joueurs finiront professionnels dans la LCF (Ligue canadienne de Football). Ce ne sont pas des adolescents, mais des hommes de 20 à 25 ans. Si vous êtes à Québec durant l’automne, allez voir les Rouge et Or. La saison est très courte et dure de septembre à novembre. L’ambiance est au rendez-vous et le niveau de jeu est supérieur à ce que j’imaginais.
Actuellement, les plus grands rivaux québécois des Rouge et Or sont les Carabins de Montréal. Sur l’ensemble du territoire, les rivaux sont l’université Western située à London, en Ontario.
Une Culture Sportive Riche
L’institution des Carabins regroupe près de 400 athlètes de haut niveau dans une douzaine de disciplines sportives différentes (athlétisme, badminton, cheerleading, football, golf, hockey, natation, rugby, ski alpin, soccer, tennis).
La ville de Québec est célèbre pour son public fidèle dans les compétitions de jeunes. Que ce soit pour voir l’équipe de football ou les Remparts en hockey sur glace, les tribunes se remplissent de plusieurs milliers de supporters.

Le Football Universitaire: Un Tremplin vers le Professionnalisme
Maxime Rouyer : « J’ai découvert le football tard à 16 ans lorsque mes amis avec qui j’étais en cours ont commencé cette discipline. J’ai toujours fait du sport en grandissant, surtout du soccer et un peu de judo, donc j’ai suivi.
Mon parcours se résume comme suivant: 2 ans aux Pygargues de Troyes, ensuite j’ai eu l’opportunité de partir au Cégèp de Jonquière dans la province du Québec. J’ai aussi joué deux ans pour cette école avant d’obtenir un bourse d’études grâce au Football à l’Université McGill à Montréal. Après avoir obtenu un diplôme en éducation, j’ai été éligible pour participer à la première édition de la draft « global » en CFL. J’ai été drafté 4ème par les Elks d’Edmonton.
Je pense que j’ai été repéré pour participer au combine CFL, parce que j’évoluais dans le championnat de la RSEQ qui est une des conférences de Football au Canada. Les recruteurs de chaque équipe de la CFL observent de près les matchs universitaires avant de trouver les meilleurs canadiens. J’ai eu la chance d’avoir un rôle important dans la défense et les unités spéciales à McGill ce qui m’a donné de la visibilité.
En pratiquant un sport au niveau universitaire, la plupart des gens cherchent à aller au prochain niveau. Et le prochain niveau pour moi c’était d’arriver à devenir professionnel. Sachant que tout au long de mon parcours universitaire, je savais qu’il y avait vraiment peu de chances qu’on me donne une opportunité mais j’ai continué de travailler pour n’avoir aucun regret.
Je trouve que le football français à beaucoup évoluer depuis que je suis parti et je trouve ça fantastique. La création du programme Global en CFL, l’international pathway de la NFL, l’arrivée des Musketeers à Paris en ELF permet de rajouter de la motivation pour tous les joueurs du territoire français afin de devenir pro. Il y aussi beaucoup de joueurs qui sont parti en Amérique du Nord ( Canada ou USA) et qui sont revenu avec des connaissances afin de les transmettre dans les clubs français.
Pour tous les jeunes français qui aimeraient jouer au plus haut niveau, il n’y a pas de recette secrète. Le travail et l’engagement vont toujours être la base de tout succès. Mais un conseil que je peux donner: ne vous comparez pas aux autres. Inspirez-vous, utiliser le succès des autres comme motivation mais ne faites pas l’erreur de jalouser ou d’envier quelqu’un. Chacun a un parcours différent, donc faites vous confiance et persévéré.
Le Hockey Universitaire et le RSEQ: Une Discussion
Il y a un certain problème au niveau du développement des joueurs élites au Québec depuis plusieurs années et j'ai une proposition pour améliorer le système de hockey mineur dans notre belle province. En fait, ce n'est pas vraiment mon idée, mais plutôt basé sur le modèle américain des ''prep school'' et de la NCAA en général.
La meilleur façon de développer ces jeunes est de copier le modèle américain, c'est-à-dire d'envoyer nos étudiants-athlètes dans le système scolaire où ils pourront marier école, pratique, entraînement et matchs plus aisément.
Il y a déjà en place une certaine structure pour y envoyer nos joueurs juniors élites. Car oui il y a au Québec une excellente alternative à la LHJMQ et qui s'apparente drôlement au système américain: la ligue de hockey collégial AAA (RSEQ).
La ligue collégiale est très bien établie avec ses 12 clubs, une saison et un championnat très bien structuré, d'excellents gérants et entraîneurs et déjà plusieurs personnes dévoués entourant la ligue. Qui plus est, c'est une ligue qui développe déjà d'excellents jeunes joueurs, car même si ce n'est que rarement la ''crème de la crème'' qui s'y rapporte, à chaque année, plusieurs joueurs finissent par faire le saut vers la LHJMQ, et aussi, vers la NCAA division 1.
Si la plupart des tops LHJMQ se rapporteraient dans le niveau collégial, le calibre de jeux s'approcherait au final de celui de la LHJMQ, bien sur. En prenant la plupart des meilleurs québécois (incluant ceux partis aux USA, et les meilleurs du junior AAA) on peut facilement aligner 12 clubs de haut niveau, en plus du fait qu'il n'y aurait pas de limite sur le nombre de 20 ans par équipe.
Voici en quelques points les avantages à envoyer nos meilleurs joueurs vers la RSEQ:
- Moins de temps passer sur la route
- Pas de voyage dans les maritimes
- Plus de temps pour pratiquer, s'entraîner, étudier et se reposer
- Toutes les ressources à un même endroit (salle d'entraînement, patinoire, professeurs, entraîneurs, personnes ressources)
- Moins de pression de faire ''vendre'' des billets et d'aller chercher des sponsors
- Aucun risque de se faire échanger
- Liberté de choisir le cégep qui répond le mieux à ses besoins
- Accent sur le développement des joueurs d'origine québécois
- La RSEQ pourra faire ses propres règlements et prendre ses propres décisions sans rien devoir à la CHL
- Moins de raison pour les Thomas Bordeleau et cie de partir aux États-Unis
- Garder son admissibilité à la NCAA
- Être éligible à la AHL avant 20 ans
Il y a seulement la question des 16 ans qui reste à régler, car ces joueurs ne sont pas encore d'âge collégial. Cependant, il pourrait y avoir un réglement stipulant que chaque club peut faire entrer un 16 ans à chaque année et ce, même si celui-ci est toujours au secondaire (il se joindrait au cégep l'année suivante). Ce serait seulement pour les 16 ans élites, évidemment. Pour les autres, il vaut souvent mieux de rester au niveau midget de toute façon. Encore là, c'est le développement qui prime.
Il faut se rappeler que le SEUL but d'une ligue junior (que ce soit LHJMQ ou RSEQ) devrait être de développer le jeune au hockey et à l'école. Malheureusement, la LHJMQ s'apparente trop à une ligue professionnelle, orienter vers le ''business'' avec ses profits, les échanges de joueurs, les calendriers trop charger, etc
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