Ce qui confère à la doyenne des compétitions son caractère si spécial, ce sont ces épopées attachantes qui se révèlent chaque année. Comme celle d’un club lové entre Sorgues et Rhône, qui pourrait bien écrire l’une des plus belles pages de l’édition en cours.
Le 13 septembre dernier, lors du 5e tour de la coupe de France, la commune de Pernes-les-Fontaines, bien connue des amateurs de cyclotourisme, a été le théâtre d’une surprise des plus inattendues. Elle est venue d’un pensionnaire de Régional 2, Saint-Didier Espérance Pernoise, né de la fusion de deux clubs des communes limitrophes, qui a réalisé l’exploit incroyable en éliminant l’ogre aubagnais, qui évolue quatre divisions plus haut (0-0, 4 tab à 1). C'est la belle histoire du week-end.

En coupe de France, le club de Saint-Didier Espérance Pernoise (Saint-Didier et Pernes-les-Fontaines) s'est qualifié dimanche 13 octobre pour le 6e tour de la compétition à la suite d'un exploit. Les joueurs ont battu Aubagne aux tirs au buts (0-0, 4 tab 1). Il y a quatre divisions d'écart entre les deux clubs.
Partageant le statut de petit poucet avec le Sporting Club Berrois, l’équipe vauclusienne se rendra à Arles dans l’espoir de poursuivre une aventure qui a déjà laissé une empreinte dans la jeune histoire du club. "Qu’importe l’adversaire, on voulait revivre une journée comme on a vécu face à Aubagne. C’est le seul bémol, regrette son coach, Raphael Caceres. Le sort en a décidé autrement il va falloir aller faire un exploit à l’extérieur."
Une Saga de Coupes : Saint-Didier Pernes et Son Parcours Exceptionnel
Entre Saint-Didier Pernes et les coupes, c’est une saga qui s’écrit au fil des ans. En seulement trois saisons, deux levées ont été réalisées, d’abord en 2022 avec la coupe du Grand Vaucluse, suivie l’année suivante par une victoire à la coupe Méditerranée.
Saint-Didier Espérance Pernoise a réalisé le gros coup cette saison en soulevant la coupe de Méditerranée face à Pégomas. Le club pensionnaire de Régional 2 remporte ainsi son premier grand trophée.
Alors que la Coupe Méditerranée n’était pas forcément un objectif pour le club, remporter ce trophée est devenu une option sérieuse au fur et à mesure du parcours,. « La Coupe Méditerranée n’était pas un objectif pour nous. C’était seulement un plus pour les joueurs », confirme le gardien, Louis Pavia. En effet, lors du premier tour, les joueurs de Raphaël Caceres ont éliminé le rival Monteux (4-1), qui évolue également en R2. Après cette première victoire, les Vauclusiens ont ensuite largement battu Autre Provence (R2) sur le score de 7-0. Saint-Didier Espérance Pernoise montre un beau visage en coupe et commence à faire de cette compétition, un objectif. Pour le troisième tour, les coéquipiers de Louis Pavia ont dû se défaire de Marignane-Gignac, 3-0, toujours sans prendre le moindre but. Avant de largement éliminer Mougins (R2) sur le score de 8-0.
Louis Pavia, a joué un grand rôle dans la demi-finale face à Saint-Zacharie. Après avoir longuement maintenu le 0-0 face au club de Régional 1, il a ensuite été décisif lors de la séance des tirs au but en détournant deux tentatives, permettant ainsi à son équipe de se qualifier pour la première grande finale de l’histoire du club.
Après avoir réalisé « l’exploit » en demi-finale de Coupe Méditerranée, Saint-Didier/Pernes avait donc rendez-vous avec l’US Pégomas en finale, le 3 juin. Face au club évoluant en Régional 2, le club a inscrit le seul but de la rencontre, synonyme de victoire. Il remporte alors son tout premier grand trophée.

Raphael Caceres : L'Homme Derrière le Succès
À la tête de la formation vauclusienne, un homme pour qui les charmes de Dame coupe de France n’ont plus de secret : Raphael Caceres, l’enfant du pays, a décidé de prendre les rênes de l’équipe première de son club d’enfance après avoir mis un terme à sa carrière professionnelle. Après avoir évolué à Dijon, Troyes et Arles-Avignon entre autres, il garde un souvenir ému de son expérience au FC Sochaux, alors en Ligue 2.
La demi-finale contre l’OM (0-1) en 2016 a été un moment marquant, bien que malheureux, avec la Vieille Dame. "À cette époque, nous jouions le maintien avec Sochaux. La coupe nous avait apporté un bol d’air, confie-t-il. Cette demi-finale à la maison, c’était un grand moment de fête malgré la courte défaite face à l’OM. Avant ça, nous avions sorti des équipes de Ligue 1, Nantes, Monaco, et en termes d’émotions, c’est assez similaire que face à Aubagne."
Si, sur le papier, le rapport de force penche en faveur de l’équipe arlésienne, les Vauclusiens peuvent s’appuyer sur l’expérience professionnelle de leur coach dans la gestion d’un tel évènement. "On ne s’attend pas à un match plus simple que face à Aubagne. Au contraire dans la tête des joueurs c’est très clair et précis, ça va être aussi, voir plus compliqué que le tour précédent, prévient le coach saint-didierois. Les Arlésiens vont avoir autant envie que nous de se qualifier. Ça va être une belle bataille, un beau match et le meilleur l’emportera."
Depuis sa qualification retentissante, le SDEP joue désormais à découvert.
À la veillée d’arme, les Vauclusiens demeurent concentrés sur leur objectif, loin de l’adrénaline et de la tension qui se feront sentir au moment opportun. "À l’entraînement je n’ai pas senti d’émulation particulière, mais entre les joueurs, ça doit parler, souligne Caceres. Ils se languissent d’être sur le terrain pour renouveler l’exploit. C’est certain." Après avoir affronté Endoume et Aubagne, c’est l’AC Arles qui se présente à eux, ajoutant un troisième grand club bucco-rhodanien à leur parcours déjà mémorable.
Saint-Didier-Pernes s'est enfin lancé, ce dimanche, contre Hyères au terme d'un match maîtrisé du début à la fin.
Après un début de saison loin des attentes placées en eux, ainsi qu'une maigre 12e place avant la rencontre, les Vauclusiens se devaient de gagner, ce dimanche, pour éviter de s'enfoncer dans la crise.
Après un début de match rugueux, haché par des fautes et du jeu physique, les occasions ont commencé à arriver vers la demi-heure de jeu. Au retour des vestiaires, tout s'est vite accéléré des deux côtés, avec un jeu plus fluide et des espaces de plus en plus grands. Et dans cette histoire, ce sont les Vauclusiens qui s'en sont le mieux sortis avec un doublé de Savona (2-0, 58), avant la libération définitive de Damien Dumont sur penalty dans les arrêts de jeu (3-0, 90).
Face à une équipe de l’EUGA Ardziv, invaincue jusque là, les Pernois avaient fort à faire en terre Marseillaise.
Après un début de championnat tambour battant avec deux succès d’affilés sur le même score (4-1), l’ESP Pernes a baissé le pied en concédant trois matchs sans victoire. Comme si cela ne suffisait pas, le buteur maison, Adrien Brusetti, très impressionnant depuis le début de la saison et auteur de trois buts lors des deux premières rencontres, viendra remplir l’infirmerie avec une blessure toujours délicate à soigner. En effet, une pubalgie se réveille et risque d’éloigner le buteur Pernois pendant plusieurs semaines.
En face par contre, l’adversaire a « le vent en poupe » comme le précise Charles Decorzent. Et sans son attaquant, le coach Pernois s’attendait à un déplacement compliqué face à cette belle équipe que l’Espérance redoute.
Charles Decorzent, disait plus tôt dans la semaine, qu’un résultat ferait le plus grand bien au groupe, en essayant de les gêner au maximum. Avec une composition classique, à commencer par l’inévitable Caillaud pour garder les cages pernoises, la défense se composait de quatre éléments solides. Doche et André sur les côtés et une défense centrale athlétique avec Traoré et Amisi. Le milieu récupérateur se composant de Lescouet et Zuccaro, accompagnés par Boutier dont c’était le retour après plus de 2 semaines d’arrêt, du capitaine Medini et de la technicité de Faggion. Juste avant la pause, ça sera son triplé et l’ESP Pernes rentre aux vestiaires avec 4 buts d’avance au tableau d’affichage (0-4)… Personne n’aurait pu prédire un tel score à la pause.
Aux retours des vestiaires, un sursaut d’orgueil des joueurs de l’EUGA Ardziv, piqués au vif par les Pernois, réduiront le score à la 60ème minute (1-4). Inévitablement l'homme du match.
Une performance de très haut vol pour les joueurs Pernois, surtout lorsque l’on connaît la difficulté de s’imposer face à la formation Marseillaise.
Les joueurs de Decorzent ont montré de très belles choses lors de cette rencontre, profitant de tous les espaces, sérieux dans la récupération, appliqués dans les transmissions et efficaces devant les buts.
Bref une très belle victoire qui fait énormément de bien au groupe et permet d’accumuler de la confiance avant les échéances à venir, à commencer par la réception de l’ES Fos ce Dimanche à Rame, puis un déplacement face à l’AS Gardanne et à nouveau deux matchs coup sur coup à la maison face à de solides prétendants à l’accession, le SC Toulon et l’EFC Fréjus St Rapahel 2.
Sylvain Boutier, milieu de terrain de l’ESP Pernes, nous confirme les bonnes impressions laissées par cette rencontre :"Pour être honnête, c’était un très bon match de l’équipe. Présents et solides dans les duels avec un pressing efficace ce qui nous emmène ce super match. Je suis content car on renoue avec la victoire et le fait de voir l’équipe aussi performante fait du bien, mais il faut continuer à travailler car les prochains matchs sont importants pour nous. Personnellement, j’ai eu du mal à finir mon match, j’étais cuit physiquement mais c’est normal car cela faisait plus de deux semaines que j’étais blessé et que je n’ai repris l’entrainement qu’en début de semaine. Ensuite avec une équipe compacte, bien organisée et regroupée, nous n'avons pas fait de détails.
Sur une frappe de Maxime Faggion je suis à la retombée pour conclure (2-0). Par la suite, nous marquons 3 autres buts dans cette rencontre, bien souvent en contre attaque. Nous avons été dominé en seconde mi temps, mais sous sommes restés solides malgré un but encaissé.
Je suis évidemment satisfait car je marque 4 buts et j'ai contribué à la victoire de l'équipe grâce à l'aide de mes coéquipiers.