L'US Pays de Cassel, club de Régionale 1, a réalisé un parcours exceptionnel en Coupe de France, culminant avec une affiche de rêve face au Paris Saint-Germain en 16e de finale.

Photo d'illustration de l'US Pays de Cassel.
Un Scénario de Qualification Épique
Pour l'US Pays de Cassel, le scénario de la qualification augmente encore le plaisir. Les Casselois pensaient s'être qualifiés une première fois sans même avoir joué, le match précédent (qui était déjà le 8e tour) entre Wasquehal et Reims Sainte-Anne ayant été annulé après des bagarres. Passons sur les recours et les réclamations mais vendredi, les Casselois apprennent finalement que le match va avoir lieu.
Le match de dimanche soir se joue à Hazebrouck, car le club de Régionale 1 n'a pas de stade assez grand. À huit minutes de la fin, on est toujours à 0-0. Cela sent bon les tirs au but et l'un des joueurs de Cassel, Corentin Ripaille, ne résiste pas à l'appel de la caméra de France 3 qu'il aperçoit sur le bord du terrain alors que le jeu, lui, continue.
"On a bien tenu devant une équipe de Wasquehal qui est supérieure à nous", explique le joueur mais pendant l'interview, Wasquehal marque ! Cruel en effet, Wasquehal mène 1-0 mais à la toute dernière minute, Cassel égalise. Aux tirs au but, les Casselois décrochent leur billet pour aller défier le Paris Saint-Germain lundi 23 janvier.
Une Histoire Humaine
Comme souvent, ces histoires de petits poucets de Coupe de France sont des histoires humaines. Le football amateur, déjà, repose sur très peu de gens. En appelant le club, je suis tombé sur le secrétaire, qui me disait que le téléphone n'arrêtait pas de sonner.
Sofiane Izeghouine, l'entraineur adjoint de Cassel jouait dimanche contre Wasquehal qui est entrainé par un de ses frères Medhi. Les deux ont commencé le football au club de Mouvaux, à 5 km de Wasquehal, dans un club dirigé par leur mère. "On s'est bien chambré surtout qu'on adore ça, plaisante Sofiane Izeghouine au micro de France Bleu Nord, et puis je lui ai expliqué que je connaissais son équipe par cœur parce que ça fait quatre à cinq ans que je suis Medhi à tous ses matchs."
"La relation avec Sofiane, elle est particulière parce que c'est mon grand-frère, confie Mehdi Izeghouine. On était ensemble au collège. Dès que j'avais un souci, j'allais me plaindre auprès de mon frère qui me défendait. "Je pense à mes parents. Ils sont hyper fiers.
Les Casselois ne vont pas seulement affronter le PSG. Ils vont jouer à Bollaert, le stade du RC Lens de 38 000 places. Quant à l'adversaire lui-même ? c'est le capitaine Alexis Zmijak, auteur du but égalisateur, qui en parle le mieux : "On représente la ruralité. S'ils prennent une carte, on espère qu'ils le feront, les joueurs du PSG verront un Mont Cassel parce que la commune est au sommet, 176 m, au milieu de la plaine des Flandres. Avec un moulin, très connu dans la région d'où l'on voit jusqu'à Dunkerque. Les Romains y avaient construit un château à cause de cette position très favorable justement. Il a été détruit en 1677 par Louis XIV quand il s'est emparé de la Flandre. Si vous connaissez la région, vous savez qu'en Flandres chaque commune a ses géants, pour le carnaval mais pas que. "Ce résultat, je le dédie à ma compagne"... "C'est fou"...
Un Match de Gala à Bollaert-Delelis
Un match de gala dans un stade bondé : Pays de Cassel, qui reçoit le Paris Saint-Germain lundi au stade Bollaert-Delelis (20h45), s'apprête à vivre le plus grand moment de sa jeune histoire. Le Petit Poucet nordiste, 4e de sa poule de Régional 1, le sixième échelon national, va affronter un adversaire qui domine la Ligue 1. Une sacrée mise en lumière pour un club qui a moins de cinq ans d'existence.
Née de la fusion d'Arnèke, Hardifort, Noordpeene-Zuytpeene et de Bavinchove-Cassel, six petites communes des Flandres qui cumulent 6.500 habitants, l'entité vit un quotidien très loin de celui des pros. "On a fait 12 matches sur 14 à l'extérieur parce que notre terrain en herbe ne correspondait pas à la division et qu'on n'a eu le synthétique qu'en janvier. Les deux à domicile, on les a disputés à Esquelbecq, une ville voisine, et Marcq-en-Baroeul, où j'ai joué et gardé de très bons rapports", explique à l'AFP l'entraîneur Samuel Goethals.
8 Montées en 15 Ans
L'adaptation permanente, qui passe également par la location de vestiaires temporaires, est la conséquence d'une croissance éclair : Arnèke, club auquel se sont joints les voisins pour former Pays de Cassel, est monté huit fois lors des quinze dernières saisons.
"Il faut le temps et les moyens de se structurer, les conditions ne sont pas forcément à la hauteur de notre niveau de compétition mais les gens sont très investis et impliqués", reprend le coach, qui a gardé le planning habituel malgré l'enjeu, ajoutant simplement une séance d'entraînement à Bollaert le dimanche.
"On le racontera à nos enfants" : L'US Pays de Cassel prêt à rêver face au PSG en Coupe de France
L'Entraîneur Samuel Goethals
A seulement 34 ans, il est jeune dans le métier mais possède déjà de l'expérience. Entraîneur de la réserve de Marcq-en-Baroeul, dans la banlieue lilloise, alors qu'il était encore joueur avec l'équipe première, il y avait également affronté Auxerre (2-6 en 2014) et Lens (0-3 en 2016) crampons aux pieds.
"Ils étaient en Ligue 2 et c'était déjà difficile dans le rapport de force. Les joueurs veulent affronter ce qui se fait de mieux, le staff se prépare comme si Mbappé, Neymar et Messi allaient être alignés mais, quoi qu'il arrive, il y aura une différence de niveau", reconnaît Samuel Goethals, qui avoue un mélange d'impatience devant "une occasion rarissime, peut-être pas le but d'une vie mais un accomplissement" et "l'appréhension d'un contexte totalement différent de d'habitude".
Pour l'instant, ses joueurs font comme si tout était normal. A l'entraînement, les contacts sont moins appuyés "par peur de se blesser" mais l'ambiance est détendue. Comme si la zénitude du gardien Romain Samson rejaillissait sur ses partenaires, lui qui a déjà affronté le PSG et Zlatan Ibrahimovic avec Wasquehal en Coupe (2016) et avoue n'avoir pris conscience du moment qu'une fois dans le couloir des vestiaires.
L'objectif : faire la meilleure performance possible, être transcendé plutôt qu'inhibé. Et tant pis si cette équipe qui aime construire prend cette fois moins de risques et se contente de défendre. "L'approche tactique est un grand sujet de discussion, les joueurs ont envie d'avoir le ballon et d'entreprendre mais il faudra programmer plusieurs scénarios car c'est difficile de savoir ce qu'on pourra faire le jour J", conclut Samuel Goethals.

La Coupe de France est reconnue dans le monde du football français pour sa magie.
Les Primes de la Coupe de France
La Coupe de France est reconnue dans le monde du football français pour sa magie mais aussi pour ses primes. Au total, la dotation de la Fédération française de football (FFF) envers les clubs participant à la Coupe de France s'élève à 11,9 millions d'euros. La Coupe de France met un peu de beurre dans les épinards des clubs amateurs. La compétition , ouverte à l'ensemble des équipes de football en France, touchent une dotation en fonction du stade atteint. Ce sont 7.500 euros qui sont attribués pour les perdants au 7e tour, 15.000 euros en 8e tour, puis 30.000 euros en 32e de finale. À chaque tour passé, ces sommes se cumulent. Pour les clubs qui ne jouent pas en Ligue 1 et sont parvenus à atteindre les 16e de finale, ce sont ainsi 102.500 euros de recettes qui sont assurés.
Éliminé par le PSG en 16e de finale, les amateurs du Pays de Cassel vont donc toucher l'énorme chèque de 102.500 euros. Un coup de pouce financier auquel le club peut ajouter la recette du match (billets vendus, buvette etc.). Et en bon samaritain, le Paris Saint-Germain a même décidé de laisser la totalité de celle-ci au club de Régional 1. Les joueurs du Pays de Cassel vont ainsi toucher une belle prime en récompense de ce beau parcours en Coupe de France.
Dotations par Tour
Le détail de la dotation en fonction des tours :
- 7e tour : 7.500 euros
- 8e tour : 15.000 euros
- 32e de finale : 30.000 euros
- 16e de finale : 50.000 euros
- 8e de finale : 70.000 euros
- Quart de finale : 135.000 euros
- Demi-finale : 280.000 euros
- Finaliste : 950.000 euros
- Vainqueur : 1.500.000 euros
En cumulé, le vainqueur de l'épreuve percevra 2 065 000 euros si c'est un club de Ligue 1, ou 2 087 500 euros si c'est un club d'une division inférieure. Cette saison, le total des dotations de la Coupe de France s'élève à 11 930 000 euros.
Plus de 2 millions d'euros au vainqueur et cette dotation devient très intéressante à partir des 8e de finale où la prime atteint 70.000 euros. C'est 135.000 euros en quarts, 280.000 euros en demi-finale, 950.000 euros pour le finaliste et enfin 1.500.000 euros pour le gagnant.
Parcours Précédents en Coupe de France
Initialement qualifiés pour ces 16es de finale après la décision d'éliminer Wasquehal et Reims Saint-Anne de la compétition en raison d'une bagarre générale, les Flamands avaient dû se préparer en urgence à affronter le vainqueur de ce match. Mal vécue, la décision du comité exécutif de la FFF, qui avait suivi une recommandation du CNOSF, de requalifier les deux formations n'avait pas empêché Pays de Cassel de sortir Wasquehal (N2) aux tirs au but la semaine dernière (1-1, 5 tab à 4).
Face au Pays de Cassel (N3), les joueurs de Quesnoy (D2) ont montré leurs valeurs et leur combativité, mais ont logiquement cédé sur leur pelouse (0-5). « Aujourd’hui, c’est un jour de récompense pour l’implication et le dévouement de mes joueurs et pour notre club. Nous sommes montés de la 6e division à la deuxième division de district en quatre années, je veux que vous continuiez de montrer nos valeurs face à une N3 qui va nous rendre le match compliqué », déclarait en avant match le coach de Quesnoy.
Et ces valeurs, les Quercitains les ont mises sur un terrain difficile en opposant une belle résistance aux joueurs du Pays de Cassel privé de nombreux titulaires blessés ou suspendus.
Samedi 27 et dimanche 28 septembre, l’US Pays de Cassel (N3) et l’AS Steenvoorde (R1) continuent leurs parcours en Coupe de France pour le 4ᵉ tour. L’US Pays de Cassel retrouve la Coupe de France samedi 27 septembre. En à peine trois tours, la Coupe de France a fait des dégâts en Flandre. Lors du dernier tour, le week-end du 14 et 15 septembre, ils étaient sept clubs à toujours représenter la Flandre. Désormais, ils ne sont plus que deux. Pour rappel, l’US Pays de Cassel et l’AS Steenvoorde faisaient leur entrée dans la compétition lors du 3ᵉ tour. L’équipe de National 3 s’était qualifiée sans difficulté face à Quesnoy-Le-Montant (D2) sur le score de 0-5 tandis que l’AS Steenvoorde faisait le job en s’imposant 3-0 sur la pelouse de Calais Catena (D1).
Ce dimanche, les deux équipes flamandes ont de quoi, sur le papier, espérer une qualification pour le 5e tour. En effet, l’USPC affrontera Roubaix Racing Club, évoluant en Régional 1, une division en dessous, samedi à 18 heures.
Samedi, en match avancé, le Pays de Cassel (N3) s’est imposé au RC Roubaix (R1). La Flandre intérieure aura au moins un club au 5e tour, ce qui n’était pas gagné d’avance vu qu’il n’y avait plus que deux représentants, pas spécialement gâtés par le tirage puisque le Pays de Cassel (N3) et Steenvoorde (R1) avaient des déplacements pas cadeaux à RC Roubaix (R1) et Saint-Martin lèz Tatinghem (R3), deux ambitieux.
Tout a donc bien commencé samedi en match avancé puisque le Pays de Cassel s’est tiré du piège en s’imposant dans la métropole lilloise (2-1) grâce à des buts de Clément Masson puis de Clément Victoor dans les toutes dernières minutes, un but décisif.
Cela continue ce dimanche. Saint-Omer et Aire, deux formations de Ligue, auront des déplacements de District à gérer avec respectivement sept et quatre divisions d’écart.