Neuville-de-Poitou est une ville marquée par l’histoire et les traditions rurales. Autrefois carrefour stratégique pour les échanges agricoles, elle a vu son développement s’accélérer au fil des siècles grâce à sa situation géographique privilégiée. Les ruelles du centre ancien témoignent encore de ce riche passé, avec des maisons à colombages et des édifices remarquables. Même si la commune a connu de nombreuses transformations avec le déplacement de certains bâtiments comme l’église ou le cimetière, la ville a su garder une identité forte.

Église Notre-Dame de Neuville-de-Poitou.
Les débuts du football à Neuville
L'acte fondateur de l'actuel terrain de football et d'athlétisme remonte à une décision du 19 août 1923 du conseil municipal. Le maire, M. Rivière entouré de ses adjoints Couillault, Jarassé, Racinou, Jaudoin, Plaudin, demandait au conseil de se prononcer sur l'achat d'un terrain pour la Société Sportive Neuvilloise. Ce terrain proche de la gare et appartenant à Albert Boisson était mis en vente au prix de 131, 579 francs l'are soit 18.000 francs au total. La commune devait cependant obtenir des subventions de l'État et du département.
Par 10 voix pour, 4 contre et un blanc, la décision fut prise. Neuville disposerait d'un terrain de sports.
L'approbation du préfet intervint le 31 janvier 1924. Si le choix du terrain ne semble pas avoir posé de problème, la législation imposait au maire de faire réaliser une enquête par une personne n'appartenant ni au conseil municipal, ni à une administration municipale ou publique.
Le 28 décembre 1923, le maire de Neuville adressa au préfet une copie de la promesse de vente du terrain choisi, ainsi que le nom de la personne désignée comme commissaire enquêteur. Il s'agissait de Gabriel Michonneau, négociant en tissus. Le choix de cette personne avait été officialisé lors du conseil municipal du 10 novembre.
A l'issue de son enquête Gabriel Michonneau rédigea les conclusions suivantes : « Nous émettons un avis très favorable au projet d'acquisition d'une parcelle de terrain pour établir les sports », aucun habitant de la commune ne s'étant manifesté pour contester cette acquisition. Il concluait son enquête le 14 janvier 1924 en considérant que « le terrain n° 922 de la section I du plan cadastral, d'une contenance d'un hectare, 36 ares… est à sous-sol perméable, situé à 200 mètres des écoles communales de Neuville et qu'il est propice à constituer des terrains de sport ».
En outre, il indiquait que « la valeur d'acquisition n'est pas exagérée compte tenu de sa situation ». L'affaire était donc entendue et légalement validée, le terrain de sports pouvait être installé.
Gratuité… ou pas
Mais l'histoire n'est jamais un long fleuve tranquille. Le stade étant construit, des divergences apparurent en 1936 au sein du conseil municipal. Certains souhaitant, pour développer les activités physiques des jeunes, permettre l'accès gratuit du stade jusqu'à l'âge de 14 ans sauf les jours de fêtes ou de concours sportifs. Un certain Adonis Pauleau réclama, quant à lui, la gratuité pour tous les habitants. Hélas, la décision du 5 décembre 1936 refusa ce vœu à mains levées.
Par la suite, le club de football connut des réussites et des échecs et un certain temps fut supplanté par le club d'athlétisme. Au fil des ans, les terrains de football et d'athlétisme ont été complétés par un complexe sportif, des halles de tennis, une piscine, un gymnase, un skate park…
Aujourd'hui, Neuville-de-Poitou continue de vibrer pour le football, avec des équipes compétitives et des infrastructures modernes. Le club local, le CA Neuville, a connu une ascension remarquable ces dernières années, atteignant le niveau National 3.
COUPE DE FRANCE NEUVILLE HAUT POITOU vs ANGOULEME
Le CA Neuville en National 3
Leader du National 3 Nouvelle-Aquitaine après deux journées, le CA Neuville a parfaitement débuté sa première saison au niveau fédéral. Pour la première saison de son histoire en National 3, le CA Neuville-du-Poitou a parfaitement débuté son championnat en glanant un deuxième succès en autant de journées face à l’Aviron Bayonnais (1-0). C’est le seul club à compter six points, même si ce début de saison est tronqué par les reports, quatre en deux journées.
Samedi soir, pour son retour sur le terrain en herbe de René-Garnaud, les hommes de Badr El Brahmi sont venus à bout d’une jeune et talentueuse réserve girondine.
Le maintien est le leitmotiv de tous les discours, qu’ils soient présidentiel, du staff ou des joueurs à l’instar de Samir Chibah. « Nous sommes dans la continuité de la victoire de la semaine dernière face à Libourne. Nous allons tenter de surfer sur cette série car nous sommes une bonne dynamique. Notre objectif principal, c’est le maintien. Mais si on peut… »
L’ancien chauraisien enchaîne les performances. « Je suis en forme. Nous avons un bon groupe. J’ai la confiance du coach et ça donne des passes décisives et des buts. » À l’image de ce petit bijou de coup franc qui a permis de déflorer le score. « Depuis tout petit, je tire les coups francs, après c’est une affaire de confiance, quand on en marque un… »
Si après la défaite de Chauvigny (3-0) Badr El Brahmi avait assumé la défaite, le coach neuvillois a su rectifier le tir en ajustant la préparation de sa formation. « J’étais très en colère après moi. Nous avons rectifié et remis certaines choses en place. L’objectif reste le même, nous n’avons pas dévié d’une virgule. Chaque point de pris est un pas de plus vers notre objectif clair, net et précis qui est le maintien. »
Samedi prochain, le CAN ira défier en terres bocaines le dernier de la classe avec au menu trois points. Histoire de prendre un peu plus ses distances avec la zone rouge, histoire d’enchaîner pour la première fois de la saison une série de trois victoires consécutives, histoire de montrer que Neuville est un adversaire à prendre au sérieux.
Neuville : Sassatelli - Assignon (Ben Ichou 75e), Sarrazin, Cambrone, Matignon - Pintault, Soumah (Sagna 64e), Diaby, Clé. Grégoire, V. Grégoire, Chibah (Mathis-Marinho 85e).
Un derby passionnant
Parmi la bande des « ex », c’est l’un des jeunots. À 23 ans, Victor Pintault porte la tunique rouge depuis un peu plus de deux ans, après sept saisons dans le camp poitevin. Son histoire s’est brutalement arrêtée à l’été 2018. « On m’a fait comprendre que j’étais trop vieux… alors que j’avais 20 ans, sourit-il. Je n’en veux à personne, je restais sur une saison moyenne. »
Rien de comparable avec l’ascenseur neuvillois. « En signant ici, je ne m’attendais pas à grimper si vite en N3, et encore moins à défier Poitiers en position de leader. C’est drôle le football. »
« Le foot, ça va vite, dans tous les sens », complète Sébastien Drouet, 29 ans, 5e saison dans le Haut-Poitou et plusieurs à batailler en CFA 2 avec Poitiers sous les ordres de Polo, Leclerc ou Desmazeau. « Je suis arrivé en R2 à Neuville et le club a continué son ascension. On reste sur la même dynamique, on doit profiter de cette période faste. »
À René-Garnaud, personne ne s’enflamme, ni même ne rêve. C’est peut-être ça la clé de la réussite neuvilloise, entretenue par l’exigeant Badr El Brahmi.
« Si un club doit monter, c’est Poitiers, assure carrément Romuald Bébien, l’inusable capitaine de bientôt 36 ans, arrivé de Michel-Amand en 2014, alors que le CAN se débattait en PH (R3). On est devant mais ce n’est que la photographie après trois journées. Le Stade Poitevin réunit tous les critères (moyens, infrastructures…), je lui souhaite de retrouver le N2. Mais une accession se mérite ! » Une façon de mettre la pression sur le voisin qui n’a pas donné tous les gages d’assurance depuis le 29 août.
Charel Gangoué (30 ans), au moins quinze saisons de Stade Poitevin derrière lui, 3e année au CAN, confirme le sentiment général : « On ne dispute pas le même championnat, mais sur un match on peut regarder Poitiers les yeux dans les yeux. Il est prématuré de dire que nous avons le niveau, mais si on peut encore prendre nos distances sur les mal classés… » Jusque-là, le leader neuvillois respecte à la lettre la distanciation… sportive.
À écouter Charel, encore, l’émotion ne risque pas de submerger le promu. « Mon grand pote Amaury (Barritault) mis à part, je ne connais plus personne en face. C’est un match comme un autre avec trois points en jeu. » Pour y prétendre, Victor Pintault préconise de faire du Neuville, à savoir « garder notre ligne de conduite (solidité, solidarité et efficacité). Individuellement, on ne peut pas rivaliser avec les Poitevins. » « Mais un point serait déjà une grosse performance », prévient de son côté Romuald Bébien.
Le mot de la fin revient à Sébastien Drouet, dont l’analyse va au-delà du simple derby : « Avec quatre équipes en N3, la Vienne est plus forte. Et le Stade Poitevin y contribue largement grâce à sa formation, la meilleure du département, soutient l’ancien éducateur… de Poitiers durant huit ans. Du SOC à Chauvigny en passant par chez nous, les anciens Poitevins sont précieux. » Pas moins de 25 éléments ont été formés ou bonifiés avec bonheur à Michel-Amand (lire le chiffre). On ne voit guère que le dernier parti, Vincent Cambrone, pour voir ce rendez-vous comme une revanche.
L’immense défenseur neuvillois a peu goûté la façon dont on lui a montré la porte…
Gati-Foot: Une fusion réussie
Le club de Gati-Foot a vu le jour en Juin 2015 des suites d’une fusion entre l’ES Gâtinaise, club seniors regroupant les communes de Secondigny, Allonne et Vernoux, l’US Azay sur Thouet, club seniors du nom de la commune qu’il porte et Espace Gati-Foot, club uniquement de jeunes (des U6 aux U18) issu d’un regroupement des clubs dit « tuteurs » du canton de Secondigny en 2001.
L’objectif de Gati-Foot est de permettre aux jeunes de continuer à jouer ensemble au sein d’un même club, le leur, lorsqu’ils arrivent à l’âge adulte en facilitant le lien entre les jeunes, les séniors et les dirigeants.
Lors de la première saison 2015/2016, Alexandre Martin est choisit comme premier entraîneur Général pour mener a bien le projet de fusion. Après un début compliqué, la saison est finalement une réussite avec une deuxième place à la clé pour l’équipe première. A noter que les 4 équipes ont fait bonne figure dans leur championnat avec aucun forfait pour l’équipe 4 malgré un effectif parfois restreint.
Du côté des jeunes, l’esprit Gati-Foot perdure avec un effectif stable à 160 enfants, des équipes dans chaque catégorie et de plus en plus d’éducateurs diplômés. Le bémol réside dans la disparition de la section féminine.
La saison 2016/2017 débute avec de l’espoir comme en témoigne le bon recrutement et les jeunes issus du club qui passent senior ce qui permet d’étoffer un groupe de qualité. Cette saison restera un très bon souvenir pour le club avec un parcours quasi sans faute pour notre équipe première (19V 1N 2D = 80 pts) pour terminer à la plus haute marche synonyme d’accession en D2. Le dernier match de la saison face au dauphin St Maixentais ponctué d’une victoire 3-1 soutenu par un kop violet venu en nombre restera dans toutes les têtes.
Du côté de la réserve A, on note un bon parcours en coupe Saboureau (élimination 4-3 en 1/8ème de finale Niort St Florent) et une belle troisième place en championnat D4. La réserve B termine seconde en D5, la réserve C au niveau 2 ayant joué tous ses matchs sans contraintes d’effectif.
Du côté des jeunes aussi la saison fut belle avec deux satisfactions notamment l’accession des U13 au niveau U14 régionale pour la génération 2004 ce qui n’était plus arrivée depuis la génération 1989 et l’obtention du label « excellence » par la fédération reconnaissant le travail de qualité fournit par l’ensemble de la section jeunes et ses éducateurs bénévoles pour la plupart diplômés.
Pour la saison 2017/2018, du nouveau dans le staff puisque Loïc Richard (BEF) remplace Alexandre Martin pour la première. Jerôme Bacle prend les rennes de la réserve A. Pour son premier bail en D2, l'équipe première termine à la seconde place échouant de peu l'accession face à Bressuire 3 (défaite 2-1 lors de l'avant dernière journée). La réserve A termine à la 4ème place. La réserve B a quelques peu souffert en D5 Niveau 1.
Chez les jeunes, excellente saison avec une nouvelle accession des U13 en U14 R2 grâce à une très bonne génération 2005. Nous terminons 1er du critérium U12 qui nous assure une place en U13 D1 depuis de nombreuses saisons. Pour leur première saison en régional, les U14 se classe 8ème/10. Consécration pour notre belle génération 2000/2001 vainqueur de la coupe U18 pour terminer leur formation jeune, il devrait apporter au groupe seniors.
Au niveau associatif, deux jolis nouveautés avec la création d'un cabaret qui a réuni 350 spectateurs à la salle d'Azay sur 2 soirs. Création d'un stage foot pendant l'été avec la présence de 37 stagiaires.
Le Motoball à Neuville-de-Poitou
Cette discipline, qui allie football et moto, rassemble des passionnés de tous âges et bénéficie d’un véritable engouement local. Avec son équipe compétitive et des infrastructures adaptées, Neuville s’impose comme un acteur clé du Motoball en France. Les matchs, souvent spectaculaires, attirent un public fidèle et curieux. Ce sport unique, où la technique et l’audace des pilotes rivalisent avec la stratégie de jeu, contribue à la richesse sportive de la ville tout en renforçant le lien social.

Motoball.
Avec un palmarès incroyable, Neuville-de-Poitou domine la discipline. Parmi les distinctions notables, Neuville a été champion de France en 2024, mais également vainqueur de la coupe de France en 2017.
Autres aspects de Neuville-de-Poitou
Outre le football et le motoball, Neuville-de-Poitou offre d'autres attraits :
- L'église Notre-Dame: Une église à l'histoire particulière, dominée par un immense château d’eau construit dans les années 30 suite à un conflit entre le maire et le curé.
- L'huilerie: Depuis des générations, elle perpétue la production artisanale d’huiles, particulièrement de noix et de noisette, en utilisant des méthodes traditionnelles. Les visiteurs peuvent découvrir le processus de fabrication et repartir avec des huiles qui subliment toutes les cuisines.
- La Brasserie de Bellefois: Fondée en 2003, elle propose une gamme de bières artisanales. Les visiteurs peuvent explorer le site de production, participer à des dégustations et en apprendre davantage sur l’art du brassage.
- La marque « DD du Pwatoo »: Implantée à Neuville-de-Poitou, elle met en scène un petit baudet « Dédé », un emblème et le dialecte régional apposé sur divers supports.
Neuville-de-Poitou est une ville dynamique qui allie traditions et modernité. Son histoire riche et son engagement envers le sport en font un lieu unique et attachant.