Le football à La Garenne-Colombes a une histoire riche, marquée par des personnalités influentes et des développements significatifs. Cet article explore l'histoire du club de football local, son évolution et son impact sur la communauté.
L ' HISTOIRE DU FOOTBALL FÉMININ
Françoise Allain et la Naissance du Football Féminin
Le nom de Françoise Allain est intimement lié à l'histoire du football féminin à Colombes. Elle a fondé, dans les années 1980, le Football Club Féminin de Colombes (FCFC), marquant les jeunes années de centaines de footballeuses. En reconnaissance de sa contribution, une rue du nouveau quartier de l'Arc-Sportif porte son nom.
Fondatrice du Football Club Féminin de Colombes (FCFC) en 1983, Françoise Allain, décédée en janvier 2013, aura une rue à son nom dans le nouveau quartier de l'Arc-Sportif. La célébrité locale l’a emporté sur les personnalités nationales et internationales. Le nom de Françoise Allain est arrivé premier de la consultation lancée par la ville de Colombes pour féminiser les noms de rues de la commune. Huit nouvelles voies du quartier de l’Arc sportif seront prochainement nommées. Une d’elles prendra donc logiquement le patronyme de l’ancienne présidente du Football Club Féminin de Colombes (FCFC).Et pas seulement parce que son fils Cédric a largement relayé l’information sur les réseaux sociaux.

Françoise Allain, fondatrice du Football Club Féminin de Colombes
L'UA16: Un Pilier du Football Parisien
L'histoire du football dans la région est également marquée par l'UA16, un club omnisports parisien avec une forte section football. Voici un aperçu de son évolution :
Les Débuts Difficiles
La première guerre mondiale vient de s’achever et une grande partie de la jeunesse fut fauchée par cinq ans de conflit. Dans ce club se pratiquait le football surtout, mais aussi l’athlétisme et accessoirement un peu de gymnastique et de tir.
Monsieur Jacques avait obtenu de la municipalité de Paris un terrain vague situé sur les anciennes fortifications qui ceinturaient Paris, à la hauteur de l’actuelle rue de Maurois. Deux ans plus tard, il obtenait une concession sur la promenade de Bagatelle, et les joueurs connaissaient les charmes du transport des buts (à pied s’il vous plait) de la Porte de Saint-Cloud au Pont de Puteaux (aller et retour !).
Quelques années plus tard, vers 1925, Monsieur Jacques obtenait un terrain sommairement aménagé (mais avec des buts fixes) situé à la limite de Paris et Boulogne-Billancourt (Porte de Saint -Cloud) et jouxtant l’actuel Parc des Princes et le stade Géo André. Ce terrain situé sur les anciennes fortifications était très dangereux puisqu’il était bien fourni en pierres de tout genre ! Une clôture de bois délimitait le terrain et le séparait d’un autre terrain vague (celui de la jeunesse de Boulogne) tracé alors sur l’actuel stade Géo André.
L’UA16 fonctionnait bien malgré des conditions difficiles et atteignit dès 1926 le niveau de la Promotion d’Honneur de la ligue de Paris Île de France. Nul ne sait aujourd’hui pourquoi ces couleurs avaient été choisies.
Les années passent. L’UA16 prend de l’importance, ses effectifs s’accroissent et nous arrivons en 1931.
L'Amélioration des Infrastructures
La ville de Paris décide d’aménager les anciennes fortifications suivant un plan baptisé « la ceinture verte de Paris » et décide de doter les clubs du 16ème d’un stade moderne avec un terrain de football, deux terrains de basket-ball, quatre courts de tennis, deux terrains de boules lyonnaises. Cette installation comprend naturellement une tribune avec des vestiaires spacieux et des douches bien aménagées. Pour compléter le tout, un stand de tir de quarante mètres est installé au sous-sol des tribunes. L’histoire nous dit d’ailleurs qu’il ne fut jamais utilisé et à ce jour, personne n’a jamais su pourquoi !
Les travaux durèrent plus de deux ans et l’UA16 dut trouver une solution pour tenir et subsister.
Monsieur Jacques se mit en quête d’une solution et se mit en rapport avec le Club Athlétique des Sports Généraux (CASG) qui était en fait le club sportif de la Société Générale. Il obtint de ce club de jouer ses matchs de championnat sur leur terrain annexe au Stade Jean Bouin et de pouvoir entrainer ses équipes premières et réserves le jeudi soir. Cette heureuse solution permit à l’UA16 de se maintenir, et surtout d’envisager la reprise avec beaucoup d’espoir.
En 1935, le terrain de football et sa pelouse étaient enfin prêt et le résultat était remarquable. l’UA16 est alors un vrai club omnisports ! Sa section football comprend quatre équipes séniors, des équipes jeunes de pupilles aux juniors. Une section de basket-ball est également créée.
Les Figures Clés de l'UA16
Pour leur rendre hommage, donnons les noms des présidents qui se succèdent à la tête de l’UA16 : le frère de Monsieur Jacques, puis Fernand Laurent (à qui nous devons la création de la piscine Molitor), Monsieur Morand (pharmacien Avenue de Versailles), Monsieur Hannebique qui quitta l’UA16 pour assurer la présidence du Tennis Club du 16ème, puis Monsieur René Du Raget.
La section football, bien conduite par Fernand Laruelle, se renforce chaque année. Il faut retenir la performance majeure de l’équipe séniors en 1928 qui disputa les 32ème de finale de la Coupe de France contre la fameuse équipe professionnelle du Stade Rennais. L’UA16 est réputé à l’époque pour la qualité de son jeu et la technicité de ses joueurs.
La Guerre et la Reconstruction
Les années passent vite et en 1939, c’est une nouvelle guerre qui éclate. Les joueurs rejoignent les armées. Maurice Jacques, lui-même est mobilisé et pendant cinq ans le club survit tant bien que mal.
En 1945 (année de la libération), les joueurs rentrent. Certains ont bien grandi. Une nouvelle dynamique s’instaure. La présidence est alors assurée par Monsieur Caron, un ancien champion de hors-bord…(!) ; le secrétariat est assuré par Maurice Jacques assisté de René Savy, la direction sportive est confiée à Francis Bluet et l’entraineur principal est Pierre Quédec. De fait, la situation se dégrade dans cette catégorie au contraire de la section jeune qui progresse constamment et rivalise alors avec les grands clubs de Paris que sont le Racing, le Stade Français et le CO Joinville.
Le Renouveau des Années 1950
En 1953, la section séniors descend en première division de ligue. Il faut réagir. Un nouveau dirigeant se manifeste, père de deux jeunes joueurs qui ont fait leurs classes au CASG : Monsieur Jack Barthélémy. Il est lui-même membre du Comité Directeur du CASG. Sportivement muni des pleins pouvoirs et financièrement soutenu par le CASG, il prend des décisions efficaces :Il confie à Jo Trapon (un ancien du club) la fonction d’entraineur-joueur.
Il assure un arrivage massif de joueurs. Parmi ceux-ci, citons Monsieur Langumier (petit gabarit et technicien hors pair), Messieurs Jacquelin et Darnet (deux puissants arrières qui stabilisent la défense), Monsieur Rouillac (milieu aussi ardent que volontaire) et Monsieur Mac Grave (attaquant écossais à l’adresse diabolique).
D’autre part, Monsieur Jack Barthélemy renouvelle l’organisation du club et lui donne un niveau supérieur aux autres clubs voisins.
Sur ces nouvelles bases, l’équipe fanion retrouve immédiatement sa place en Division d’Honneur.
Au même moment, monsieur Pierre Quédec (chargé des jeunes à l’UA16 et professeur EPS au lycée Jean-Baptiste Say) s’est mis en rapport avec des jeunes lycéens de Janson de Sailly et s’assure la collaboration de deux garçons : Messieurs Hugues André et Michel Cosar. Les minimes remportent le championnat de Paris et la Coupe de Paris. Au concours du jeune footballeur, le club figure au premier plan et remporte avec Yvon Quédec les finales nationales.
Les Couleurs et les Succès
En 1955, Monsieur Barthélemy demande à Pierre Quédec de reprendre les séniors et d’intégrer dans cette catégorie les joueurs formés au club. Les couleurs du CASG sont le bleu et le blanc. Celui-ci devient grenat cerclé bleu et blanc. Le short est noir, et les bas rouges avec revers bleu et blanc.
Ces nouvelles couleurs se font rapidement connaitre dans le cadre des compétitions de la ligue de Paris. L’équipe fanion tourne bien. Ses performances régionales et en Coupe de France sont excellentes. Les jeunes figurent au premier plan et le joyau est constitué par la formation junior qui dispute la Coupe Gambardella.
Sur les onze joueurs de cette équipe, huit ont été formés au Club. Il s’agit de Messieurs Salembier, Bondin, Durior, Bluteau, Cedon, Pauli auxquels viennent s’ajouter les frères Samper et Muller, transfuges du Racing.
Cette équipe franchit victorieusement les obstacles en Coupe Gambardella en éliminant Quevilly et Lille. Elle élimine ensuite en ½ finale au Parc des Princes la prestigieuse équipe du Stade de Reims mais échoue en finale contre l’équipe de Saint-Etienne après avoir fait trembler les « Verts ».
Les Difficultés et la Fin du Stade
Mais tous ces succès n’évitent pas les problèmes de la vie, fut-elle sportive. L’accord avec le CASG cesse brusquement et le club manque rapidement de moyens. Le président Barthélemy passe alors la main.
D’autre part, il est question de construire un boulevard périphérique autour de Paris, celui-ci sonnera la fin du stade municipal du 16ème.
La Renaissance de l'ES16
En 1971, les premières équipes de compétition voient le jour et en Juin 1971, l’UA16 qui est devenu entre temps l’ES16 (Ecole des Sports du 16ème) engage trois équipes en championnat de ligue de Paris : les poussins (U9), pupilles (U11) et minimes (U13).
Afin de démarrer dans les meilleures conditions, le club demande à Pierre Quédec de reprendre du service. L’année suivante, huit équipes sont engagées et en 1974, le club compte onze équipes sous la responsabilité d’Yvon Quédec qui assure également l’organisation technique. En 2005, l’histoire se poursuit avec la présidence assurée par Christophe Lafarge.

Stade Jean-Bouin, un lieu important dans l'histoire de l'UA16
Le Football Corporatif: Une Influence Discrète
Le football d’entreprises s’appelait auparavant football corporatif. Celui-ci naquit au début du 20ème siècle en profitant d’une conjoncture regroupant essor industriel et apparition du football. Le football en ce début de siècle est simplement considéré en France comme un loisir attractif par une immense majorité de la population qui découvre ce sport venu d’Angleterre.
Des premières tentatives de professionnalisme à l’image de ce qui se faisait déjà en Angleterre sont étouffées dans l’œuf, les clubs civils sous amateurisme participent donc à des championnats.
Engagés dans la course aux transferts, aux primes et à la victoire, les clubs voient rapidement croître leurs besoins financiers. Les premières foules entraînent déjà publicité et produits dérivés. Logiquement, ce sont de riches mécènes ou des sociétés désirant assurer leur promotion ou aider un spectacle prisé par ses ouvriers, qui prennent en main le contrôle des clubs.
De plus, à cette époque, le lien qui peut exister entre l’individu et son employeur est beaucoup plus fort, parce que plus dépendant qu’actuellement. Le but avoué pour l’individu est d’accéder à la pratique du sport de la façon la plus simple, celui de l’entreprise étant de fidéliser son personnel. De cette façon, bien que non officiel, des critériums régionaux qui n’en ont pas encore l’appellation s’instituent au fil des années. Des équipes nées d’entreprises ou de sociétés à envergure suffisantes sont les ancêtres de nombreux clubs libres actuels.
Exemples de Clubs Issus du Football Corporatif
À l’origine club corporatif de la grande banque, le CASG change de statuts après la 1ère guerre mondiale, en gardant ses initiales mais en modifiant son nom pour devenir le Club Athlétique des Sports Généraux. Autre exemple moins connu, celui de l’AS Saint Etienne, le club le plus titré du football français qui naît en 1919, sous le nom d’AS Casino. Les établissements Casino avaient créé, en 1912, afin de permettre à leurs employés de se détendre par la pratique sportive, une Amicale des employés qui bientôt, compterait plusieurs sections : athlétisme, football, basket-ball… Mais pour cause de guerre, les statuts du club ne sont déposés qu’en mars 1920. Pour se conformer aux règlements fédéraux qui interdit un intitulé commercial, le club est rapidement rebaptisé Amicale Sporting Club, pour en garder les initiales. En 1927, elle deviendra l’Association sportive stéphanoise. Le club corporatif de l’entreprise Casino, sous l’impulsion de son patron Pierre Guichard, obtiendra de justesse ensuite le statut professionnel en 1933, et commencera sa carrière en D2.
La Marée Sportive est devenu le FC Lorient,… C’est en 1925, que la famille Cuissard crée “la Marée Sportive”, équipe “corpo” qui affronte d’autres équipes corporatistes de Lorient. Le 2 avril 1926 dans la salle d’un bar de la rue Carnot, la Marée devient le Football Club Lorientais un véritable club amateur. Les Cuissard, originaires de Saint-Etienne, sont patrons d’un magasin de marée.
Ce sont trois exemples mais bien d’autres clubs, dont certains renommés ont bâti leur existence sur des fondations corporatives, notamment durant le premier quart du 20ème siècle.

Logo de l'AS Saint-Étienne, un club issu du football corporatif
Ceci, pour dire que le football corporatif était un élément actif du football français à ses débuts.
Tableau Récapitulatif des Clubs Corporatifs
| Club d'Origine | Nom Actuel | Année de Fondation | Particularités |
|---|---|---|---|
| CASG (Club corporatif de la Société Générale) | CASG (Club Athlétique des Sports Généraux) | Début du 20ème siècle | A changé de statuts après la Première Guerre mondiale |
| AS Casino | AS Saint-Étienne | 1919 | Créé par les établissements Casino pour leurs employés |
| La Marée Sportive | FC Lorient | 1925 | Équipe corporatiste créée par la famille Cuissard |