Football Italien : Histoire de Bagarres et de Tensions

Le football italien, bien que réputé pour son talent et sa passion, a également été le théâtre de nombreux incidents de violence et de tensions. Des affrontements entre supporters aux altercations sur le terrain, en passant par les actes de racisme, cet article explore l'histoire tumultueuse du football italien.

Affrontements entre Ultras : Une violence Inouïe

Les groupes d'ultras, supporters les plus fervents et souvent les plus violents, ont été impliqués dans de nombreux incidents en Italie. Le 1ᵉʳ février, des ultras de l'Udinese ont attaqué un train transportant leurs rivaux de Venise, à l'issue d'un match de Serie A. L'incident a fait plusieurs blessés et a conduit à huit arrestations. Il est important de noter que des ultras du club autrichien de Salzbourg s'étaient mêlés à ceux de l'Udinese, auxquels ils sont alliés. Ils ont stoppé le train transportant les supporters adverses, près de la gare de Basiliano, non loin d'Udine, faisant plusieurs blessés.

Parmi les huit personnes interpellées pour "blocage ferroviaire, bagarre aggravée, résistance à des agents de police, utilisation d'engins pyrotechniques et de bâtons lors d'événements sportifs", cinq sont Autrichiens et un autre réside en Autriche. Ils seront frappés d'une interdiction de stade, ont déjà annoncé les autorités locales.

À l'issue du match classé à hauts risques, décision prise après les incidents du match aller à Venise, le 30 octobre dernier, une cinquantaine d'ultras de l'Udinese, masqués, ont pris d'assaut un train qui ramenaient 300 fans vénitiens vers leur ville, distante de 135 km. Ils ont contraint le conducteur à s'arrêter avec des fumigènes et en descendant sur la voie. Après avoir jeté des pierres sur le train régional transportant aussi des voyageurs, ils ont frappé avec des bâtons et matraques leurs rivaux, descendus sur les quais.

L'intervention de la police, avec notamment un hélicoptère, a rapidement permis de mettre fin à cette bataille rangée. Parmi les blessés, deux ont été hospitalisés, mais leur pronostic vital n'est pas engagé.

Tensions sur le Terrain : L'Exemple Juventus-Inter

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Même les matchs de haut niveau ne sont pas exempts de tensions. Lors d'une demi-finale aller de Coupe d'Italie entre la Juventus et l'Inter Milan, un penalty accordé à l'Inter a déclenché une série d'événements qui ont transformé le stade en un ring de boxe. Après plusieurs minutes de contestation, Romelu Lukaku, généralement infaillible dans cet exercice, a fini par le transformer. Puis le célébrer à sa manière, index de la main gauche sur la bouche et main droite sur le front comme pour mimer un salut militaire, le tout face aux ultras de la Juve. Entouré par ses coéquipiers, "Big Rom" a fini par les défier du regard, lançant probablement quelques noms d'oiseaux.

Déjà averti quelques minutes plus tôt, Lukaku a alors écopé du deuxième jaune, probablement pour avoir "provoqué" les supporters adverses. Le reste des joueurs est venu s'en mêler, créant un énorme entassement et obligeant les deux bancs à intervenir. André Onana, remplaçant mardi soir, a fini par prendre Lukaku sous le bras pour le ramener au vestiaire dans le brouhaha général.

Quelques minutes plus tard, après le coup de sifflet final, Juan Cuadrado et Samir Handanovic, pourtant de nature très calme, sont venus s'expliquer. Quand, subitement, cette discussion s'est transformée en altercation avec notamment une tentative de coup de poing du premier, ravivant des braises encore trop chaudes. Le feu est donc reparti, avec un énorme attroupement près du rond central pour tenter de calmer les esprits. Le Shérif, ou plutôt l'arbitre, a fini par dégainer deux nouveaux cartons rouges, un pour le Colombien, un pour le Slovène, eux aussi suspendus pour le retour à Milan prévu le 26 avril prochain. Le bouquet final ? Une nouvelle bagarre dans le couloir menant aux deux vestiaires. "Et même la sortie du stade n'a pas été sereine", précise La Gazzetta dello Sport dans son édition du jour.

Les journaux sportifs italiens ont qualifié cette rencontre de "Bagarre d'Italie" (Corriere dello Sport) et de "Coupe du Ring" (La Gazzetta dello Sport), soulignant l'atmosphère électrique et les incidents qui ont marqué ce match.

Racisme : Un Fléau Persistant

Le racisme est un problème récurrent dans le football italien. Lors du match Juventus-Inter, des cris racistes ont été proférés à l'encontre de Romelu Lukaku. "Les propos racistes envers Romelu Lukaku de la part des supporters de la Juventus sont plus que méprisables et ne peuvent être acceptés", a estimé dans un communiqué Michael Yormark, président de Roc Nation Sports International. "Avant, pendant et après le penalty, il a été victime d'insultes racistes hostiles et écoeurantes. Il a célébré de la même façon dont il avait déjà célébré des buts", a-t-il ajouté dans ce texte publié sur les réseaux sociaux. "Romelu mérite des excuses de la Juventus (...). Les autorités italiennes doivent se servir de cette opportunité pour lutter contre le racisme, plutôt que de sanctionner la victime", a-t-il conclu.

La Ligue de Serie A a condamné "tout épisode de racisme et toute forme de discrimination", invitant les clubs concernés à "exclure à vie les coupables". L'Inter a également réagi en affirmant : "On est avec toi Romelu (...) Nous sommes des frères et sœurs du monde. Depuis le 9 mars 1908, c'est notre histoire. Nous voulons réitérer fermement que nous sommes fermes contre le racisme et toute forme de discrimination."

Autres Incidents Notables

  • Agression de Nicolo Zaniolo : L'ancien joueur de l'AS Roma, Nicolo Zaniolo, a été accusé d'avoir agressé deux jeunes joueurs de la Primavera de la Roma (U20).
  • Violence lors des célébrations du Scudetto de Naples : Les festivités marquant le quatrième Scudetto du Napoli ont été ternies par une série d'incidents violents, notamment des blessures par arme blanche et des arrestations pour possession d'explosifs.
  • Affrontements à Naples lors d'un match de Ligue des Champions : Des supporters allemands de l'Eintracht Francfort ont violemment affronté les forces de l'ordre à Naples, en marge d'un match de Ligue des Champions.

Calcio storico

Le Calcio storico est un sport de balle traditionnel où deux équipes de 27 joueurs s'affrontent sur un terrain sablonneux. Répartis sur l'aire de jeu avec des positions similaires à celles du foot (gardiens de but, défenseurs, milieux de terrain, attaquants), ils ont pour objectif de marquer le plus de buts possibles en cinquante minutes. Si la balle entre dans le filet placé tout le long de l'extrémité du terrain, c'est un point pour l'équipe qui a tiré. En revanche, si le tir est manqué ou touche le poteau, un demi-point est accordé à l'équipe adverse. Le jeu se joue à la main, sans restriction de déplacement.

Ce qui rend cette pratique si particulière, c'est l'autorisation presque sans limite des contacts physiques. Concrètement, une très grande majorité de coups sont permis tant que deux adversaires se battent en un-contre-un. Ce qui donne une impression de chaos sur le terrain où la plupart des joueurs passent leur temps au sol ou les poings levés, prêts à envoyer un crochet à un membre de l'équipe adverse.

Le football italien, malgré ses moments de gloire, reste confronté à des problèmes de violence et de discrimination. Les efforts pour lutter contre ces fléaux doivent être intensifiés afin de préserver l'image et l'intégrité de ce sport passionnant.

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