Football Féminin vs. Football Masculin : Comprendre les Différences

La comparaison entre le football féminin et masculin est un sujet récurrent, surtout lors de grands événements comme l'Euro féminin. Bien qu'il s'agisse du même sport, des spécificités importantes méritent d'être soulignées. Cet article explore les différences physiques, tactiques et sociales entre le football féminin et masculin, en s'appuyant sur des études et des témoignages d'experts.

Différences Physiologiques et Performances

Une étude de l'Université norvégienne de Trondheim parue en 2019 a mis en lumière les inégalités biologiques entre les athlètes masculins et féminins. Cette étude a “déterminé comment un match de football devrait être modifié pour neutraliser les avantages biologiques [et morphologiques] masculins”, comme les atouts en matière de “vitesse”, d’“endurance” ou de “taille”, explique le journal suisse 24 Heures. L'étude souligne que les différences de niveau entre hommes et femmes sont basées sur des inégalités physiques plutôt que sur la tactique ou la technique.

Pour illustrer ces différences, une émission de la Schweizer Radio und Fernsehen (SRF) a mené une expérience intéressante. Deux équipes de foot masculines se sont prêtées à l’expérience d’un match sur un terrain redimensionné, qui prend en compte les inégalités biologiques entre athlètes en raison de leur genre. Ce match redimensionné n’est pas le défi fou lancé par un coach exigeant : il s’agit d’une expérience menée par Einstein, une émission de la Schweizer Radio und Fernsehen (SRF), groupe audiovisuel public de la Suisse alémanique, à partir d’une étude de l’Université norvégienne de Trondheim parue en 2019.

Les chercheurs expliquent que si les joueurs se mettaient à la place des joueuses, pour neutraliser ces avantages physiques (vitesse, endurance, taille), les terrains devraient être beaucoup plus grands. Ballons plus lourds, distances rallongées et cages agrandies ont eu raison de leur endurance, montrant les défis physiques majeurs que doivent relever les joueuses. La radio/télévision publique suisse a mené une expérience pour faire réaliser aux hommes la performance des footballeuses. Elle les a fait jouer sur des terrains proportionnés selon leurs caractéristiques physiques, donc plus grands et avec un ballon plus lourd. "Un calvaire", racontent-ils.

L'Expérience de la SRF

La Schweizer Radio und Fernsehen a décidé de mener l'expérience, et a organisé il y a deux semaines un match entre deux équipes de jeunes joueurs de première division. La Schweizer Radio und Fernsehen a décidé de mener l'expérience, et a organisé il y a deux semaines un match entre deux équipes de jeunes joueurs de première division. Elle les a fait jouer sur un terrain 20% plus grand. Le seul qu'elle a trouvé aux bonnes dimensions était un terrain de polo. Le ballon était plus lourd, équivalent au poids d'un ballon de basket et les buts plus grands aussi, car si l'on continue de comparer les équipes de France professionnelles, Mike Maignan, notre gardien le plus grand, mesure 1,91m. C’est 11 cm de plus que Constance Picaud, notre plus grande gardienne. Enfin, le match a duré 22 minutes de plus qu'un match traditionnel. À l'issue du match, les joueurs se sont dits épuisés.

Ils ont dû courir en moyenne treize kilomètres, soit trois de plus que lors d'un match classique. Et ils ont eu malgré tout cette impression de jouer au ralenti. Les joueurs, tellement fatigués, ont préféré annuler la prolongation et sont passés directement aux tirs au but. L'un des joueurs, qui s'était donc mis à la place d'une fille, pour la science, conclut que c'était sa pire expérience de football. Quand la présentatrice lui demande s'il recommencerait, la réponse fuse : "Non jamais. Vraiment, respect aux filles !"

Les hommes approchent tous au moins 1,80m, et souvent dépassent 1,90m. Marcus Thuram : 1,92 m pour 88 kg de muscles. Côté femmes, beaucoup de joueuses mesurent plutôt entre 1,65 m et 1,70 m. Sandy Baltimore : 1,56 m. Donc sur un terrain aux mêmes dimensions que les hommes, les femmes doivent courir davantage et fournir plus d’effort.

Tableau comparatif des différences physiologiques :

Caractéristique Hommes Femmes
Taille moyenne 1,80m - 1,90m 1,65m - 1,70m
Masse musculaire Plus élevée Moins élevée
Vitesse Supérieure Inférieure
Endurance Supérieure Inférieure

Différences Tactiques et Techniques

Pour 20minutes.fr, Patrice Lair - l’homme derrière la victoire des filles de l’OL en Coupe d’Europe - explique les grandes différences entre football féminin et masculin. Sans oublier de bousculer quelques idées reçues au passage. Patrice Lair explique que «Dans le football féminin la qualité technique est primordiale. La femme reste moins puissante que l’homme. Je le constate quand on joue contre des équipes masculines. Les garçons ont un jeu plus direct alors que les filles développent un football plus collectif. Mais c’est en passe d’évoluer. A Lyon, on a beaucoup travaillé sur la puissance tout en conservant les qualités de base des joueuses.»

Sandrine Dusang, ancienne joueuse de l’équipe de France, multiple championne de France et vainqueure de la Ligue des Champions avec l’Olympique Lyonnais explique que “C’est le même sport. Il y le même temps de jeu, on essaye de pratiquer les mêmes choses, sur le plan technique comme sur le plan tactique”.

Elle détaille: “Les hommes vont peut-être aller plus vite, se rentrer plus dedans, aller plus au duel. Parce que c’est moins problématique pour eux. Alors que les femmes vont réfléchir en amont, éviter certains duels, répondre par la tactique.” “Je me souviens de Patrice Lair (un entraîneur emblématique de l’Olympique lyonnais pour lequel Sandrine Dusang a joué, ndlr) qui disait que ça lui faisait drôle parce que quand il donnait des consignes, les hommes appliquaient et basta. Alors qu’avec les femmes, elles cherchaient à comprendre pourquoi elles faisaient ça”, poursuit l’ancienne internationale. “On était beaucoup à poser des questions, on ne voulait pas faire les choses bêtement, on voulait comprendre ce que l’on faisait.”

“Tactiquement, j’ai toujours trouvé qu’elles étaient plus appliquées, plus respectueuses des conditions tactiques mises en place. Chez les garçons, on écoute les consignes, mais ça peut partir vite en live”, décrypte le journaliste Harry Couvin, qui couple cette donne à une qualité technique extrêmement élevée chez les femmes, de manière générale et en particulier pour ce qui est du toucher de balle, ce qui donne un football généralement propre et appliqué. “Elles ont une vision de jeu supérieure”, continue-t-il. “Leur gestion de l’espace est différente par rapport aux garçons, elles trouvent mieux et vite les joueuses qui partent dans le dos, elles le sentent beaucoup mieux.”

En clair, si vous découvrez le football féminin avec la Coupe du monde qui a débuté ce vendredi en France, ne vous attendez pas à voir des oppositions physiques entre deux blocs solides, mais davantage de jeu de passe, de tentatives de débordement, de courses dans le dos des défenseuses. Car à en croire Harry Couvin, le football féminin a relevé un grand défi: celui de se fonder d’abord sur les qualités des joueuses pour définir le système, à s’adapter à leurs points forts davantage qu’à une école tactique.

Enjeux Sociaux et Évolution du Football Féminin

Une différence notable entre le football amateur masculin et féminin est le niveau d’opportunités et de reconnaissance offert. Historiquement, le football masculin a reçu plus d’attention médiatique et de soutien financier. Il est indéniable que les attentes et les stéréotypes de genre jouent un rôle dans le football amateur.

Le football féminin a le potentiel d’atteindre les mêmes niveaux de popularité et de reconnaissance que le football masculin. L’avenir du football masculin et féminin semble prometteur. Avec une plus grande sensibilisation et un soutien accru, nous pouvons nous attendre à voir une croissance continue dans les deux domaines.

« Je n'ai jamais compris pourquoi on interdisait ce sport aux femmes », s'indigne Francis Jouniaux, le président du Comité Régional Midi-Pyrénées de Boxe. Peur de voir son corps (trop) changer, de ne pas apparaître comme une fille « sexy » si on avoue faire de la boxe... les idées reçues sur la boxe sont nombreuses et en 1er lieu dans la tête des femmes ! La bonne nouvelle c’est que c’est en train de changer.Certaines jeunes filles se mettent à la boxe parce qu’elles ont justement marre d’entendre que c’est un sport de garçons.On voit également de plus en plus de petites filles sur le ring qui, encouragées par leur papa, n’hésitent plus à enfiler les gants de boxe.On les retrouve adolescentes, boxant et disant que ça leur permet de se dépenser, de se mesurer aux autres et d’acquérir une certaine assurance.

Grâce à de grandes boxeuses comme Estelle Mossely qui montrent l'exemple, les femmes se font donc petit à petit une place dans cette discipline. Les Jeux Olympiques de Rio ont également fait beaucoup pour la boxe féminine après les médailles d'Estelle et de Sarah Ourahmoune.L’effet fut immédiat : de plus en plus de jeunes filles se sont renseignées pour s’inscrire dans les clubs de boxe de leur région. Gageons que les femmes ne sont pas prêtes de raccrocher les gants !

La plupart des sports collectifs proposent de légères variations dans la pratique homme-femme. Et en 1991, lors du premier Mondial féminin, les matchs se déroulaient sur 80 minutes, avec un ballon plus petit et plus léger. Variations éliminées au lendemain du Mondial, à la demande des joueuses.

« La Fédération internationale réfléchit à ces sujets, indique de son côté Emmanuel Orhant. Des évolutions seraient possibles sur deux points : la taille et le poids du ballon et le temps de jeu. Mais pour l’heure, les femmes refusent toutes modifications. »Car à l’heure de l’égalité, encore loin d’être acquise, pas question de revendiquer une différence de traitement, même pour faciliter la pratique. « Elles préfèrent dire : c’est à nous de nous adapter, reprend Emmanuel Orhant. Aujourd’hui, les filles commencent plus tôt, vers 7 ou 8 ans, et disposent de meilleures conditions d’entraînement. Des progrès seront réalisés. En attendant, inutile de multiplier les comparaisons inadéquates. Et profitons d’un jeu certes différent, mais agréable. »

Football féminin vs masculin : deux visions du jeu ?

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