La Coupe d’Afrique des Nations Féminine est bien plus qu’une simple compétition. Depuis sa création, elle a contribué à écrire les plus belles pages de l’histoire du football féminin africain. Longtemps dominée par le Nigeria, la CAN Féminine a révélé, au fil des éditions, de nouvelles forces, bousculant la hiérarchie établie et favorisant l’émergence d’un football féminin plus compétitif sur le continent.
Le Nigeria, avec ses Super Falcons, a régné sans partage pendant plus d’une décennie. Mais cette domination a été progressivement contestée. La Guinée équatoriale est l’une des premières nations à briser l’hégémonie nigériane en s’imposant en 2008 et 2012, toutes deux fois, devant l’Afrique du Sud.
A l'image de la Coupe d'Afrique des Nations féminine 2022, organisée au Maroc et qui a connu un engouement populaire inédit, le football féminin en Afrique se développe. Plus de moyens, plus de matchs, plus de surprises.
La Coupe d'Afrique des nations féminine 2026 se disputera finalement à 16 équipes. La Confédération africaine de football (CAF) a annoncé que la Coupe d'Afrique des nations féminine 2026, qui se tiendra au Maroc du 17 mars au 3 avril, se disputera à seize équipes au lieu des douze initialement prévues.
« Cette décision s'inscrit dans la vision stratégique de la CAF visant à renforcer la compétitivité et le développement du football féminin sur le continent ».
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Les Super Falcons : Pionnières et Reines d'Afrique
Depuis 1991, le Nigeria a mis sur pied une équipe féminine de football. Très rapidement, elle a su gagner une place importante sur le continent. Elle soulève le trophée de la CAN dès la première édition, battant en finale le Ghana. Et c'est parti pour une domination sans partage.
Entre 1991 et 2006, les Super Falcons, n'ont laissé aucune chance aux adversaires, avec 7 titres de championne d'Afrique de rang. Le Nigeria a le plus gros palmarès au football féminin en Afrique. Nation la plus titrée, cette équipe a participé 9 phases finale de Coupe du monde dont un quart de finale en 1999 aux Etats-Unis.
En 2021, les basketteuses nigérianes avaient interpellé les autorités à cause de primes de match qui ne leur avaient jamais été versées. Ce que l’administration nigériane a simplement justifié par une erreur administrative, indique TV5 Monde. Rebelote cette année : lorsque les Nigérianes ont remporté le championnat d’Afrique de basket en août dernier face au Mali, le président Bola Ahmed Tinubu a promis à ces dernières… 100 000 dollars et un bel appart.
Il faudra compter avec le Nigeria à la CAN Féminine 2024. Cette sélection se donne tous les moyens avec une préparation de taille pour briller de nouveau sur la scène continentale. Elle est d'ailleurs en très grande forme avec un nul (0-0) face au Portugal et une victoire (3-1) face au Ghana en amical.
Le Nigeria partage le Groupe B de la CAN Féminine 2024 avec l'Algérie, le Botswana et la Tunisie.
Dans le Groupe B, le Nigeria entre en lice à la CAN Féminine 2024 face à la Tunisie le dimanche 6 juillet à 16h GMT au Stade El Arbi Zaouli à Casablanca.
Bien que connaissant un essor spectaculaire, symbolisé par l’ouverture de la Coupe d’Afrique des nations féminine à Rabat, la situation du football féminin n’est pas homogène sur l’ensemble du continent et repose en bonne partie financièrement sur des aides publiques.

Les Équipes Nationales Africaines qui se Distinguent
Le football féminin en Afrique a fait des progrès considérables ces dernières années, avec des équipes nationales de plus en plus compétitives qui se frayent un chemin sur la scène internationale. Chaque équipe a sa propre histoire et ses propres points forts. Ces dix équipes nationales représentent le meilleur du football féminin en Afrique, mais il est fort probable que de nouvelles équipes continueront de progresser et de faire leur marque sur la scène continentale et internationale.
- Nigeria: L’équipe nationale féminine du Nigeria, surnommée les « Super Falcons », domine le football féminin en Afrique depuis des années. La finale de la CAN féminine 2018 entre le Nigeria et l’Afrique du Sud a été un moment historique. Les Super Falcons ont remporté le titre à la suite d’une séance de tirs au but épique, confirmant leur suprématie en Afrique.
- Côte d'Ivoire: Les Éléphantes ont atteint la finale de la CAN féminine 2015, où elles ont affronté le Nigeria. Bien que l’Ivoire ait perdu, ce match a montré leur montée en puissance.
- Mali: Le Mali a fait une impression notable lors de la CAN féminine 2018. Leur match de groupe contre le Ghana a été intense, se terminant par un résultats match foot feminin nul 2-2.
- Afrique du Sud: Les « Banyana Banyana » ont progressé rapidement ces dernières années et sont devenues une équipe incontournable en Afrique. La Coupe du Monde Féminine 2019 a été une vitrine pour les Banyana Banyana. Leur quart de finale contre l’équipe foot feminin france a été un moment inoubliable, même s’ils ont été éliminés.
- Ghana: L’équipe nationale féminine du Ghana, surnommée les « Black Queens », est l’une des équipes les plus talentueuses d’Afrique. Les Black Queens du Ghana ont atteint les demi-finales de la CAN féminine en 2006, où elles ont affronté le Nigeria. Ce match feminin foot a été intense, mais le Ghana s’est incliné 4-3 aux tirs au but.
- Cameroun: Le quart de finale de la Coupe du Monde Féminine 2015 a vu les Lionnes Indomptables affronter la Chine. Ce match a été un moment charnière pour le Cameroun, qui est passé tout près de la demi-finale avant de s’incliner.
- Sénégal: Le Sénégal a vu son équipe nationale féminine foot monter en puissance, avec des talents émergeant régulièrement. L’équipe féminine du Sénégal a participé à la Coupe du Monde Féminine U-20 en 2018. Leur match de groupe contre les Pays-Bas a été un moment fort malgré la défaite.
- Niger: Le Niger a pris part à la CAN féminine 2018, marquant ainsi sa présence sur la scène continentale. Leur match foot de groupe contre le Mali a été un moment important, bien qu’ils aient subi une défaite.
- Zimbabwe: Le Zimbabwe a fait ses débuts à la Coupe du Monde Féminine U-17 en 2010. Bien que le tournoi ait été difficile, leur participation a été historique.
- Égypte: L’Égypte a progressé ces dernières années, grâce à des investissements dans le football féminin. L’Égypte a participé à la CAN féminine 2018, où elles ont affronté le Nigeria. Bien que ce match de foot feminin se soit soldé par une défaite, les Pharaonnes ont montré de la détermination.
Asisat Oshoala : Une Figure Emblématique du Football Féminin Africain
Asisat Oshoala, la footballeuse nigériane renommée, a tracé un parcours remarquable dès son enfance. Née le 9 octobre 1994 à Lagos, au Nigeria, et passionnée par le football dès son plus jeune âge, Oshoala a souvent dû faire face à l’opposition de ses parents, qui préféraient qu’elle se concentre sur ses études. Sa performance exceptionnelle lors de la Coupe du Monde Féminine U20 de la FIFA en 2014, où elle a été la meilleure buteuse et élue meilleure joueuse du tournoi, a attiré l’attention sur la scène internationale.
Asisat Oshoala a eu une enfance unique et marquante qui a façonné son parcours vers le succès dans le football. Née dans une famille musulmane au Nigeria, elle a grandi dans un milieu où elle devait respecter strictement les principes de sa foi, y compris la pratique quotidienne des prières et le port du hijab.
Son père, conscient de l’engouement croissant de sa fille pour le football, sport le plus populaire du pays, lui a interdit de jouer. Cette décision n’a cependant pas découragé Oshoala. Dans les rues de Mushin, Oshoala trouvait une échappatoire et un terrain pour exprimer son amour pour le football.
Ces matchs improvisés dans la rue n’étaient pas seulement un moyen de jouer au football, mais aussi une affirmation de sa résilience face aux normes sociales et familiales. Le fait qu’elle ait dû jouer en secret révèle les défis auxquels les jeunes filles peuvent être confrontées lorsqu’elles aspirent à des carrières non conventionnelles, en particulier dans des contextes culturels où certaines activités sont considérées comme inappropriées pour les femmes.
Durant son enfance, Oshoala n’avait pas de grandes attentes de rejoindre un club professionnel, en partie à cause de l’opposition de ses parents. Ils la menaçaient parfois de la renvoyer ou de cesser de la nourrir après ses entraînements réguliers. En dépit de ces défis, son amour pour le football et son talent indéniable l’ont aidée à surmonter ces obstacles.
Après avoir terminé ses études secondaires, elle a passé plusieurs mois à convaincre ses parents de la laisser poursuivre sa carrière dans le football. Ses parents, bien que préoccupés, ont finalement remarqué son sérieux et son dévouement pour le sport, ce qui a finalement conduit à leur soutien, bien que réticents au début.
Elle jouait au football principalement avec des garçons dans son quartier. Cette pratique est typique dans de nombreuses communautés où le football féminin n’est pas aussi organisé ou répandu que le football masculin, surtout dans des contextes comme celui où Oshoala a grandi.
Après avoir été remarquée pour ses compétences exceptionnelles dans les matchs de rue, Oshoala a rejoint FC Robo. Au FC Robo, Oshoala a commencé à se distinguer par ses performances impressionnantes. Ses performances exceptionnelles au FC Robo ont conduit à son transfert aux Rivers Angels, un autre club féminin de premier plan au Nigeria.
Comme pour toute jeune joueuse faisant le saut au niveau professionnel, Oshoala a dû s’adapter à l’intensité, à la discipline et à la structure du football en club.
Au Dalian Quanjian, Oshoala a rapidement démontré son talent. Le football féminin en Chine a connu une croissance notable. Après une période réussie en Chine, Oshoala a fait le choix de retourner en Europe pour poursuivre sa carrière, signant avec le FC Barcelone. Le passage d’Oshoala en Chine a été bénéfique tant pour sa carrière personnelle que pour le football féminin chinois en général.
S’adapter à un nouveau pays et une nouvelle culture, ainsi qu’à un style de football différent, a été un défi pour Oshoala.
Oshoala est un exemple vivant que les jeunes filles africaines peuvent atteindre leurs objectifs, même dans des circonstances difficiles. Elle montre qu’avec détermination et travail acharné, il est possible de surmonter les obstacles et de réaliser ses rêves. Elle souligne l’importance de l’éducation en parallèle du sport. Malgré sa passion pour le football, Oshoala a également accordé de l’importance à ses études, démontrant qu’il est possible de combiner les deux. En tant que femme dans un sport principalement dominé par les hommes, Oshoala a brisé de nombreuses barrières et stéréotypes.
En dehors du terrain, Oshoala s’engage dans diverses initiatives sociales, notamment en encourageant le développement du football féminin en Afrique. Elle a créé la Fondation Asisat Oshoala, une organisation dédiée à l’autonomisation des jeunes filles à travers le sport et l’éducation. La fondation organise des tournois de football pour les jeunes filles au Nigeria, offrant une plateforme où elles peuvent montrer leurs talents et être repérées par des recruteurs. En partageant son histoire et ses expériences, Oshoala inspire directement les jeunes filles.
L’histoire d’Asisat Oshoala est celle d’une jeune fille qui, malgré des conditions difficiles, a suivi sa passion et a transformé les défis en tremplins vers le succès. Son parcours, depuis les rues de Lagos jusqu’aux plus grands stades du monde, est un témoignage de résilience, de talent et de persévérance. Elle représente non seulement l’excellence dans le football féminin, mais aussi l’importance de poursuivre ses rêves avec détermination.

Initiatives de la FIFA et de l'AFD pour le Développement du Football Féminin
Pour lutter contre les attitudes et les pratiques discriminatoires à l’encontre des femmes et des filles et les accompagner dans leur émancipation, la FIFA et l’Agence française de développement (AFD) financent le programme « Championnes », avec l’ONG Plan International France comme maître d’ouvrage. Le programme Championnes sera mis en œuvre au Bénin, au Togo et en Guinée, et ses différents projets visent à renforcer les capacités et l’estime de soi de 5 390 filles par l’expérimentation d’une bonne collaboration autour d’un objectif commun.
Les jeunes bénéficiaires de 12 à 24 ans vont avoir la possibilité de pratiquer le football dans des infrastructures modernisée et équipées de façon adéquate pour permettre la cohabitation harmonieuse quel que soit le sexe. Les fédérations guinéenne, togolaise et béninoise de football seront invitées à y participer.
« Chaque jour, le football démontre partout dans le monde qu’il permet de rapprocher les individus, en motivant les générations et en favorisant l’esprit d’équipe. Dans le cadre ce programme, la FIFA souhaite mettre cette force également au service du progrès social, et s’attaquer aux grands défis mondiaux de notre époque afin de contribuer de façon concrète aux Objectifs de développement (ODD) durable de l’ONU », souligne Véron Mosengo-Omba, directeur de la division Associations membres de la FIFA.
Le programme Championnes s’inscrit dans la stratégie de promotion du football féminin mise en place par la FIFA depuis octobre 2018. Le pouvoir d’émancipation et de développement personnel du football n’a pas échappé à l’AFD.
Matthieu Discour, directeur régional de l’AFD pour la région du golfe de Guinée, a pour sa part déclaré : « Le football est un langage universel inspirant qui réunit et fédère. Il est capable de transcender les frontières, les cultures, les croyances et les différences physiques. Le terrain devient pour chacune et chacun un espace pour s’émanciper, se dépasser, partager et créer du lien social. Outre le caractère remarquable et inédit de ce partenariat, le programme Championnes est en pleine adéquation avec les axes stratégiques de l’AFD en matière d’égalité entre les sexes et de cohésion sociale.
Cet ambitieux projet est aussi en droite ligne avec la mission de l’ONG Plan International France, qui est de faire progresser les droits de l’enfant, ceux des filles notamment, et l’égalité filles-garçons grâce à l’éducation. Son directeur Yvan Savy rappelle que « grâce à la pratique du football, les filles impliquées dans le programme Championnes vont contribuer à changer la manière dont leurs compétences, leurs capacités et leurs rôles est perçue. Elles vont devenir des modèles, des championnes du changement, capables de prendre leurs propres décisions et de contribuer à faire reculer les pratiques néfastes qui entravent encore le développement de leurs communautés.
En Afrique de l’Ouest, 30 % des jeunes filles âgées de 15 à 19 ans sont mariées, divorcées ou veuves. En parallèle, les attitudes et pratiques discriminatoires à l’encontre des femmes et des filles persistent.