Club de Rugby Lourdes XV Hautes-Pyrénées: Une Histoire de Passion et de Détermination

L'histoire du Club de Rugby Lourdes XV Hautes-Pyrénées est riche et complexe, marquée par des moments de gloire et des périodes de défis. À Lourdes, on joue au rugby depuis 1905, à l'Étoile sportive lourdaise. Le club n'est officiellement fondé que le 24 avril 1911, sous le nom de Football Club Lourdais.

Les Débuts et l'Ascension (1905-1945)

Maumus - Toulet - Cazeaux - Louis Castay (cap) - F. tentent en 1907 et 1909 des essais de formation d’un club. Les frères Castay, MM. Club Lourdais était né. figurait au Journal Officiel sous la paternité de M. paraissait trop ambitieux. fut porté à la Présidence et tout le monde se mit au travail.

En 1933, le FC Lourdes descend en 2e division. En 1939, il affronte Bourg-en-Bresse en finale du championnat de France 2e division (alors appelée « Honneur »). Le Championnat s'interrompt durant la Seconde Guerre mondiale, et ne reprend officiellement qu'en 1942. Le FC Lourdes retrouve la 1re division.

L'Âge d'Or (1945-1968)

Le club s'illustre dans l'élite de 1945 à 1968, et particulièrement de 1948 à 1958. Il dispute onze finales du championnat de France, remportant huit fois le titre : en 1948, 1952, 1953, 1956, 1957, 1958, 1960 et 1968. Il remporte deux fois la coupe de France et six fois le challenge Yves du Manoir. Le FC Lourdes dispute, de 1945 à 1968, onze finales du championnat de 1re division.

Le 20 avril 1945, il dispute la finale contre Agen, qu'il perd 3 à 7. Le 24 mars 1946, il est à nouveau en finale, contre Pau cette fois. Finale du championnat Pau-Lourdes au parc des Princes, en 1946. Il faut attendre le 18 avril 1948 pour que le FC Lourdes devienne champion de France, en battant le RC Toulon en finale par 11 à 3. Lourdes champion de France 1948 rate le doublé. par 6 à 0 au parc Lescure de Bordeaux. Toutefois, c'est le début de l'époque glorieuse, qui s'étend de 1948 à 1958.

En 1959, le FC Lourdes est éliminé par le Racing club de France en demi-finale du championnat (3-19), ce qui provoque une grave crise au sein du club. Jean Barthe, Pierre Lacaze, Henri Rancoule s'en vont. Jean Prat raccroche les crampons. Il devient entraîneur. L'équipe, renouvelée à 40 %, est championne de France en 1960.

Les Finales du Championnat de France

Voici un aperçu des finales disputées par le FC Lourdes :

Année Adversaire Résultat
1945 Agen Défaite 3-7
1946 Pau -
1948 RC Toulon Victoire 11-3
1952 USA Perpignan Victoire
1953 Mont-de-Marsan Victoire
1956 US Dax Victoire 20-0
1957 Racing Club de France Victoire
1958 SC Mazamet Victoire
1960 AS Béziers Victoire
1968 RC Toulon Victoire (2 essais à 0)

Déclin et Tentatives de Renouveau (1969-2023)

Mais le retrait du président Antoine Béguère en septembre et sa mort en octobre viennent s'ajouter au départ de la génération de joueurs qui a fait la gloire du club. Un lent déclin s'amorce. Durant la saison 1968-1969, un conflit éclate entre l'entraîneur Roger Martine et sa ligne de trois-quarts (Latanne, Halçaren, Arnaudet, Campaes), qui fait bloc contre sa décision de se passer de l'ailier Latanne pour incorporer Jean-Pierre Mir au centre. Cette fronde est la première manifestation d'une crise qui va devenir récurrente. On va voir chuter un club miné par des luttes intestines où la politique s'invite dans le sport.

À la fin des années 1970 et durant les années 1980, le club obtient quelques résultats. Il est finaliste du challenge Yves du Manoir en 1977, et le remporte en 1981. Le FC Lourdes quitte l'élite : il est relégué en groupe B en 1992 après un match de barrage perdu contre Mont de Marsan. Champion de France du groupe B en 1995, il ne remonte pas pour autant dans l'élite, qui est resserrée de 32 à 20 clubs. En novembre, une tentative de fusion avec le Stadoceste tarbais échoue.

En juin 1998, l'ancien troisième ligne et capitaine Michel Crauste est appelé à la présidence du club. Ce dernier évolue maintenant en Nationale 1 (qui va devenir en 2000 la Fédérale 1), et se trouve dans un état financier catastrophique : accusant un passif de 5,2 millions de francs (l'équivalent d'1,2 million d'euros en 2023), il est au bord de la cessation de paiement. En juillet, une procédure judiciaire est décrétée. En janvier 1999, rassuré par les efforts consentis par le club pour rendre ses comptes visibles, confiant dans sa volonté de retrouver une situation financière saine, le tribunal de grande instance de Tarbes annule la procédure judiciaire. L'idée d'un club départemental est relancée. Bagnères et Lourdes refusent. Tarbes et Lannemezan fusionnent en 2000, donnant naissance au Tarbes Pyrénées rugby.

En 2005, l'objectif des dirigeants lourdais est atteint : les dettes sont réglées. Le FC Lourdes n'en a pas fini pour autant avec les difficultés, qu'elles soient d'ordre financier ou sportif. La « valse » des entraîneurs dans les années 1990 et les années 2000 traduit le désarroi général. À partir de 2007, le club ne réussit plus à accéder aux phases finales du championnat de Fédérale 1.

Le Stade Antoine-Béguère

En 2013, le Stade Antoine-Béguère (12 000 places) n'accueille plus que 600 spectateurs en moyenne, et à peine plus de 1 000 pour un derby. Pour assurer le maintien, la recherche de nouveaux sponsors est constante. Toujours en butte à des problèmes d'argent, le club néglige la formation, se montre incapable de retenir ses « grosses pointures » ou ses meilleurs juniors, ou de les remplacer. « Nous avons essayé de trouver les meilleurs joueurs et les meilleurs entraîneurs possibles, dit Michel Crauste en mars 2014, mais le rugby est le sport qui, par excellence, demande de la cohésion.

À la fin de la saison 2016-2017, le FC Lourdes est promis à la Fédérale 3. Le sauvetage (le « miracle », ironisent les médias) se reproduit trois ans plus tard. La saison 2019-2020 est, selon la maire adjointe aux sports Patricia Sayouns, « la plus noire de l’histoire du rugby lourdais » : 16 matchs, 16 défaites, près de 500 points encaissés, 30 points de retard sur l'avant-dernier. La descente en Fédérale 3 se profile une nouvelle fois, lorsque, fin mars, l'épidémie de coronavirus stoppe le championnat. Quelques jours plus tard, la Fédération française décide qu'il n'y aura pas de relégations sportives au terme de la saison, laissant le choix aux clubs de se maintenir ou non.

Saison Récente et Perspectives d'Avenir (2023-2024)

Lors de la saison 2023-2024, les Lourdais finissent premier de leur poule et se voient donc directement qualifiés pour les seizièmes de finale. Après une défaite 23-18 contre Aramits au match aller, les Pyrénéens s’imposent 16-7 au match retour, et se qualifient pour les huitièmes. Grâce à leurs victoires 19-18 (au match aller) et 17-10 (au match retour) contre Coarraze Nay, le club octuple champion de France remonte en Fédérale 1, dix ans après sa relégation. Les Lourdais s’imposent contre Gujan-Mestras en quarts de finale mais perdent contre le quatrième de leur poule, Rugby Grenade en demi-finales.

Personnalités Emblématiques

La domination lourdaise éveille l'intérêt des sélectionneurs de l'équipe de France. Le troisième ligne aile Jean Prat, « un des plus grands joueurs de l'histoire », est dans l'équipe qui, en 1951, bat pour la première fois les Anglais à Twickenham. Il marque un essai, réussit une transformation et une pénalité. Plein de vitalité, technicien rigoureux, stratège lucide, Jean Prat sait tout faire : plaquer, courir, passer, déplacer le jeu au pied, buter, passer des drops. En 1953, le capitanat lui est confié.

Le jeu lourdais, et notamment le jeu très collectif des lignes arrière, influence de plus en plus celui du XV de France. Durant les saisons 1953-1954 et 1954-1955, neuf Lourdais sont internationaux. En 1955, toujours menée par Jean Prat, elle gagne pour la deuxième fois à Twickenham. C'est un journaliste anglais, Pat Marshall, qui, au soir du match, donne à Jean Prat son surnom de Mister Rugby (« Monsieur Rugby »). Le 2 janvier 1956, Jean Prat, discuté, déclare qu'il renonce à la sélection. C'est la fin de sa carrière internationale. Douze jours plus tard, lors de France-Écosse, on s'aperçoit qu'il n'y a pas un seul Lourdais sur le terrain. La déroute (0 à 12) permet à Barthe et Domec de revenir en troisième ligne.

Mais, tandis que le FC Lourdes s'achemine vers un triplé (bouclier de Brennus en 1956, 1957 et 1958), le XV de France traverse une période difficile, due à une composition hasardeuse du pack. En 1957, il perd tous les matchs du Tournoi. En 1958, il subit une lourde défaite face à l'Angleterre (0-14). Deux Lourdais seulement ont joué : les troisième ligne Barthe et Domec. Les sélectionneurs sont en plein doute. Jean Prat leur suggère alors de faire appel aux arrières de Lourdes. Huit jours plus tard, le 9 mars 1958, contre l'Australie, on voit pour la première fois sept joueurs d'un même club en équipe de France. Sept Lourdais sont sélectionnés : Barthe et Domec, qui conservent leur place ; Antoine Labazuy à l'ouverture ; et toute la ligne de trois-quarts (Rancoule, Martine, Maurice Prat et Tarricq).

En 1960, le troisième ligne lourdais Michel Crauste, dit « Le Mongol », joueur « d'une vitalité étourdissante », devient capitaine du XV de France. Il va l'être 22 fois.

Match Récent: Lourdes vs. Soustons

Un match récent entre Lourdes et Soustons a mis en évidence l'importance de chaque rencontre pour les deux équipes. Lourdes 17 - Soustons 13MT : 14-7 ; arbitre : M. Pujo Aizpuru (Occitanie)Vainqueurs : 2E Darbo (20), Piccioli (37), 2T, 1 P (76) DarboVaincus : 1E Magne (29), 1T, 2P (52, 64) MagneLourdes : Adazhynk ; G. Feuillerat, Lang, Cabanne, Barreau ; (o) Darbo (cap.), (m) Rixens ; Seguret, Piccioli, Abadie ; Ricart, Gogidze ; Sito-Alvarado, Cazenave, Gailhanou. Sont entrés : Cazaubon, Pedarregaix, Bérot, Coudrais, Ducos, Heins, Laborde, P.-G. Sont entrés : Narbey, Lasserre, Faure, Perusin, Thorin, Daugareil, Malassagne

Les deux équipes ont du mal à rentrer dans la partie et si les visiteurs bénéficiaient d’une pénalité pour une faute lourdaise dans un regroupement (9e), le buteur landais ratait son coup de pied. Le centre Chabat prenait un carton jaune (12e) pour un acte d’antijeu, laissant son équipe à 14, qui, sur une attaque suicidaire voyait Darbo réussir une interception et filer au milieu des poteaux. Neuf minutes plus tard (29e), l’ailier Magne, au terme d’un des rares beaux mouvements offensifs de la partie, remettra les pendules à l’heure. Alors que la mi-temps se profilait sur ce score de parité, les Lourdais, à l’attaque, renversaient le jeu sur le petit côté. Piccioli, en position d’ailier, débordait puis tapait un coup de pied à suivre.

Les deux formations mal classées ne se livreront guère en début du deuxième acte. Chaque équipe use du jeu au pied et capitalise sur les fautes adverses. C’est ce qui permettra aux Landais de revenir sur les talons des Bigourdans par l’intermédiaire du buteur Jeanjean, replaçant son équipe sur les talons des Lourdais, en convertissant deux pénalités (52e, 64e). Soustons, mené d’un seul point, va jouer son va-tout face à un FCL crispé mais qui va rassurer les siens en occupant le terrain. Clément Darbo échoue dans sa tentative de pénalité des 48 m (66e), puis sur drop (75e), mais passe le coup de pied qui donne un surplus d’air à son équipe (76e) pour terminer plus sereinement la partie. Un match qu’il ne fallait pas perdre : l’espoir demeure !

Malgré l’étroitesse du score, la victoire lourdaise ne souffre d’aucune contestation. Avec un peu plus d’application, en gommant des fautes facilement évitables, les coéquipiers de Darbo et Picciomo auraient dû se faciliter la tâche et ne pas craindre un hypothétique retour des Landais. Avec quatre nouveaux points dans sa gibecière, le FCL quitte la dernière place de la poule à Tulle, et même s’il est encore en position d’éventuel relégable, il reste en contact avec Soustons et Layrac.

Qui eût cru, en début de saison, que l’issue de ce Lourdes-Soustons, programmé un 8 mars, aurait une importance capitale pour les deux équipes ? Si les Landais, récemment promus dans la division, pouvaient s’attendre à une acclimatation difficile, pour les Lourdais, ayant raté la qualification de peu la saison dernière, ils sont confrontés aujourd’hui au besoin impérieux de l’emporter. Les récents résultats des visiteurs n’incitent pas à une quelconque euphorie. S’ils baissaient pavillon de peu à Sarlat (23-32), ils viennent d’ajuster tour à tour Oloron (40-15), Peyrehorade, le leader (31-30), et Layrac (32-29).

Pendant ce même laps de temps, les Lourdais prenaient des points en s’imposant devant Layrac et Bergerac, accrochant un point de bonus défensif à Tulle avant de s’incliner dans le derby bigourdan.Pour continuer à espérer, les Lourdais doivent absolument vaincre Soustons sur la pelouse du stade Antoine-Béguère. Dans le cas contraire, la situation deviendrait difficile quand on sait que le calendrier du FCL propose trois déplacements (Cahors, Nafarroa, Sarlat) pour la seule réception des 4 Cantons. À trois points de Soustons, les "rouge et bleu" surveilleront de près les deux clubs qui les précèdent au classement de la poule, Tulle et Layrac, qui ont l’avantage d’avoir deux points d’avance sur eux et un calendrier plus favorable (2 réceptions, 2 déplacements).

Les Lourdais compteront, encore, sur leurs valeurs refuges pour galvaniser la motivation de leurs coéquipiers sur le sentier de la victoire. Darbo, Cabanne et Adazhynyk, derrière, ainsi que Sito-Alvarado, Piccioli et Ricart, devant, seront les détonateurs pour permettre aux Bigourdans de continuer à croire en leur bonne étoile.

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