Le Football Club de Nantes (FC Nantes) est l'un des clubs de football les plus emblématiques de France. Son histoire, riche et parfois controversée, est intimement liée à l'histoire de la ville de Nantes elle-même. Des origines durant l'occupation allemande à l'émergence d'un style de jeu unique, en passant par les succès nationaux et les moments difficiles, le FC Nantes a marqué le football français de son empreinte.

La Naissance du Club en Pleine Guerre (1943)
Le Football Club de Nantes a pour date de naissance le 21 avril 1943, durant l’occupation allemande. La naissance du FC Nantes suit un scénario finalement très classique. Si ce n’est que nous sommes en 1943, alors que toute la France est occupée par les Allemands.
Dans l’arrière-salle du Café des Alliés, rue de la Fosse à Nantes, une douzaine de dirigeants issus de différents clubs amateurs nantais se mettent d’accord pour œuvrer en commun à la naissance d’un grand club. Jean Le Guillou, entrepreneur en travaux publics, est nommé président. C’est lui qui suggère les couleurs du club. Il possède des chevaux de course et l’un d’eux le fascine particulièrement. Il gagne de nombreuses courses et son jockey court en jaune et vert.
Mais le véritable patron du club s’appelle Marcel Saupin. Président du club de la Mellinet, le "Lion", tel qu’on le surnomme, porte le projet depuis le début et multiplie les contacts entre les différents clubs.
On peut donc s’étonner que dans ce contexte de peur et de privations, quelques notables n’ont d’autre occupation (si l’on ose écrire) que de monter un club de football. Longtemps la légende a laissé entendre que les réunions dans les arrière-salles de bistrots se sont déroulées dans le plus grand secret, au mépris des couvre-feux imposés par l’occupant. Lorsque furent ouvertes les archives de la ville au début du siècle actuel, on ne fut qu’à moitié surpris d’apprendre que les deux principaux dirigeants du club, Marcel Saupin et Jean Le Guillou, adhéraient à Collaboration, un groupe politique on ne peut mieux nommé, qui défendait l’idée selon laquelle la France devait se soumettre à l’occupant allemand pour accéder à la modernité.
Si l’adhésion de Saupin semble rester du domaine de la collaboration passive, celle de son ami Jean Le Guillou, premier président du FC Nantes, dépasse largement le cadre des petits arrangements. Son entreprise de bâtiments publics est régulièrement sollicitée par l’occupant pour des travaux d’envergure. Le Guillou collabore activement et s’enrichit. La guerre lui permet d’acquérir des cabarets, des bijouteries et… ses chevaux de course.
À la Libération, Le Guillou décide d’aller se faire oublier en Suisse, laissant le poste de président du FC Nantes à Saupin. Il reviendra à Nantes quelques années plus tard à la faveur de la loi du 5 janvier 1951 qui amnistie les collaborateurs condamnés à de courtes peines. Il reprendra comme si de rien n’était l’activité de son entreprise, mise sous séquestre depuis 1945. Le nom de Marcel Saupin restera très présent dans la mémoire nantaise. Lorsque l’ancien patron du club meurt en 1963, la ville de Nantes donne aussitôt son nom au stade. Ainsi le grand FC Nantes jouera pendant plus de vingt ans dans une enceinte qui portera le nom d’un illustre collaborateur.
Aujourd’hui, le centre tertiaire qui a pris place à côté de ce qui reste du stade (un gazon et une unique tribune remise à neuf) porte le nom d’Espace Saupin sans déclencher la moindre polémique.
Le FC Nantes naît le 21 avril 1943 de la fusion de cinq clubs nantais, dont la Mellinet, présidée par Marcel Saupin.
Les Premières Années et l'Ascension (1946-1963)
Il faudra toutefois attendre près de vingt ans pour voir le FC Nantes monter dans l’élite du football français. De 1946 à 1963, le FC Nantes est un club de milieu de tableau en division 2.
L'Ère de Gloire et le "Jeu à la Nantaise" (1963-1986)
Le premier coup d’éclat des Canaris date de 1963 avec la montée attendue depuis 20 ans en première division. Avec des joueurs comme Jacky Simon, Philippe Gondet, Daniel Eon et Jean-Claude Suaudeau, le FC Nantes se mit à pratiquer un football chatoyant, offensif, joyeux à mille lieues du football physique alors pratiqué dans l’hexagone : le fameux jeu à la nantaise !
D’un seul coup, c’est le déclic, le décolage fulgurant de ce club qui en seulement un an après son accession en division 1, réussit l’exploite de terminer champion de France en 1965. Dès lors le FC Nantes ne quitta plus jamais les sommets du football français. Le FC Nantes gagne un second titre la saison suivante, et sera ensuite présent avec une régularité impressionnante dans le haut du tableau.
De 1964 à 1986, la plus mauvaise place du FC Nantes est 10ème ! En quarante ans, le FCNA ne s’est classé que quatre fois en dessous de la 10ème place. Cette régularité hors norme, le FC Nantes la doit peut-être à la qualité de sa formation et à ses principes techniques dans le jeu.
En 1966, les Jaunes conservent leur titre avec sept points d’avance sur Bordeaux, grâce à un buteur d’exception : Philippe Gondet (36 buts). Le règne de Saint-Etienne commence, mais Nantes reprend le titre en 1973, et échoue une deuxième fois pour le doublé.
Auparavant, les joueurs dirigés par Jean Vincent avaient remporté le titre en 1977, et avaient même récidivé en 1980. Jean-Claude Suaudeau remportera deux titres en tant qu’entraîneur, en 1983 -l’époque des grands noms Bossis, Halilhodzic et Touré- puis en 1995, grâce à une jeune équipe au talent fou.
2020/2021 CFC Reportage - Le jour où Nantes a ébloui la Ligue 1
Palmarès
Voici un résumé des principaux titres remportés par le FC Nantes :
| Compétition | Nombre de titres |
|---|---|
| Championnat de France de Ligue 1 | 8 |
| Championnat de France de Ligue 2 | 1 |
| Coupe de France | 4 |
| Finaliste de la Coupe de France | 6 |
| Finaliste de la Coupe de la Ligue | 1 |
Les Années Suivantes et l'Émergence de Nouveaux Talents
C’est en 1979, face à Auxerre, et grâce à un triplé d’Eric Pécout, que le FCN remporte sa première Coupe de France.
Très tôt, la formation des jeunes est un axe majeur de développement du club. La formation va également devenir la pierre angulaire du club. Dans sa structuration, le FCN est le premier à nommer en 1968 un directeur sportif, l’ancien défenseur international Robert Budzinsky et Jean-Claude Suaudeau, autre ancien joueur de la Maison jaune, pour encadrer les jeunes pousses du club.
Ils sont quatre Nantais à disputer la Coupe du Monde 1966 en Angleterre (Robert Budzynski, Jacky Simon, Philippe Gondet et Gaby de Michèle). Ils auraient même pu être six, si le gardien Daniel Eon ne s’était pas blessé gravement lors de la journée de championnat, et si Bernard Blanchet n’avait pas été désigne comme 23e homme lors du dernier stage avant la compétition. A l’époque, Henri Michel, Patrice Rio, Jean-Paul Bertrand-Demanes et Maxime Bossis sont sélectionnés pour le Mondial 1978 en Argentine, mais Loïc Amisse, Omar Sahnoun et Bruno Baronchelli ont aussi les faveurs de Michel Hidalgo. William Ayache et José Touré prendront leur relais dans les années 80, puis le trio Patrice Loko-Raynald Pedros-Nicolas Ouédec, dans les années 90. Figures de la formation à la nantaise qu’ils prennent soin de défendre à la moindre occasion, Didier Deschamps, Marcel Desailly et Christian Karembeu resteront pour l’éternité les trois Canaris champions du Monde 1998.
On pense au duo argentin champion du monde Burruchaga-Olarticoechea, à leurs compatriotes Angel Marcos ou Nestor Fabbri, ou encore à un premier buteur venu des pays de l’Est, Vahid Halilhodzic, avant un certain Viorel Moldovan.

Le Stade Marcel Saupin et l'Arrivée à la Beaujoire
Le FC Nantes a évolué longtemps au stade Marcel Saupin qui pouvait accueillir près de 28000 spectateurs (record 28504 pour un Nantes-Angers en 1970). Le 28 avril 1984, le FC Nantes joue son dernier match à Saupin. Puis, l’organisation de l’EURO 84, a permis la construction du stade de la Beaujoire. C’est le tout nouveau stade de la Beaujoire qui résonnera des clameurs et des chants des supporters. Le stade de La Beaujoire suivra 6 ans plus tard.
Le record de spectateurs du FC Nantes est battu en 1985 (et tient toujours) lors de la reception des girondins de Bordeaux le grand rival, 44285 personnes se rendent au stade. Le record absolu de la Beaujoire est de 51359 spectateurs pour le match France - Belgique de l’euro.
Les Années 1990 et le Renouveau
Grâce à la génération dorée emmenée par Makélélé, Karembeu, Loko, Ouédec et Pédros, le club renaît de ses cendres. En 1992, le FCN est sauvé in extremis du dépôt de bilan par l’intervention de la Ville, de la CCI et du Conseil général.
Après le titre de 1995 et l’incroyable parcours avec 32 matchs sans défaite - record inégalé - puis une demi finale de la Ligue des Champions en 1996 face à la Juventus de Turin, Coco Suaudeau jette l’éponge en 1997. Il laisse sa place à Raynald Denoueix.
Le titre de champion de France gagné par les Canaris en 1994-1995 porte en lui le sceau du beau jeu et de l’expression collective portée à son paroxysme sous la houlette de Coco Suaudeau, entraîneur hors du commun. Les acteurs de l’époque retracent les contours de ce moment de grâce.
Un chef-d’œuvre. C’est dingue de voir à quel point ce titre de 1995 a marqué les gens, raconte Serge Le Dizet, trente ans après. Ils savent qui a été champion cette année-là contrairement aux autres années. Comme un vin qui s’améliore avec l’âge, le millésime 1994-1995 du FC Nantes semble se bonifier avec le temps.
Le mythe qui entoure ce sacre de champion de France se renforce année après année, nourri par un record remis en jeu à chaque début de saison. Celui du nombre de matches sans défaite. Ce record, c’est la cerise sur le gâteau , sourit Christian Karembeu. On n’aurait jamais imaginé qu’il perdure aussi longtemps , abonde Nicolas Ouédec. Le PSG aurait déjà dû le battre depuis des années, pense Christophe Pignol.
Les Années Difficiles et la Descente en Ligue 2
Après 43 saisons consécutives de D1, le FC Nantes finit malgré tout par connaitre la descente en ligue 2, débute sans doute la période la plus noire de l’histoire du club avec une très médiocre 15ème place de ligue 2 lors de la saison 2009/2010.
L'éviction de Raynald Denoueix, en décembre 2001, marque une rupture dans l’histoire du club et l’amorce d’un déclin sportif, malgré une finale de la coupe de la ligue en 2004 au stade de France. Une première fois en 2005, le FC Nantes sauve in extremis sa place dans l'élite lors de la dernière journée. La descente en Ligue 2 intervient en 2007, après 44 saisons dans l’élite.
La Reprise et les Défis Actuels
Le club est racheté par l'homme d'affaires franco-polonais Waldemar Kita en 2007. Un an plus tard, le FC Nantes retrouve la Ligue 1 mais redescend en Ligue 2 à l'issue de la saison 2008-2009.
Alors que le FC Nantes a dépassé ses 80 saisons d’activité, il était temps de consacrer un Docu-BD à cette institution suivie par de nombreux fans. Si les Canaris peinent désormais à retrouver leur lustre d’antan, le club demeure une véritable institution. Longtemps réputé pour son centre de formation et son identité de jeu, le FC Nantes a vu passer des entraîneurs d’exception (Arribas, Suaudeau, Denoueix), mais aussi des joueurs extrêmement talentueux.
L'Équipe de Légende du FC Nantes
Pour composer ce onze de légende FC Nantes, nous avons dû faire un choix cornélien entre Jean-Paul Bertrand-Demanes et Mickaël Landreau. Nous avons finalement retenu le premier cité, qui possède un palmarès plus grand avec son club de toujours. Confronté à une cascade de blessures, le FCNA décide de recruter JPBD alors qu’il évolue au niveau régional. Deux jours plus tard, il dispute son premier match professionnel face à l’OM ! Pendant presque deux décennies, il gardera ensuite les buts des Canaris grâce à sa détente et son sang-froid.
En concurrence avec Thierry Tusseau pour intégrer notre onze de légende FC Nantes, William Ayache présente l’avantage de pouvoir jouer aussi bien à gauche qu’à droite de la défense. Formé au FC Nantes, il fait les beaux jours du club pendant 7 saisons grâce à sa solidité défensive et son endurance. Il devient international français durant son passage chez les Canaris, puis rejoint successivement le PSG et l’OM.
Recruté par le FCNA en 1970, Patrice Rio forme d’abord une charnière centrale avec Roger Lemerre avant de subir la concurrence d’Hugo Bargas. Il finit néanmoins par s’imposer au poste de libéro et forme même un duo complémentaire avec l’Argentin grâce à son calme et sa qualité de relance. Sa grande régularité lui permet de conserver sa place de titulaire chez les Canaris pendant une décennie. Il participe activement à la conquête des quatre titres de champion de France durant cette période.
Déjà trentenaire lorsqu’il rejoint le club des bords de l’Erdre, Nestor Fabbri fait rapidement l’unanimité autour de lui. Son charisme, son sens du placement et son expérience lui valent même le surnom d’El Presidente par les supporters nantais. Durant son passage à Nantes, l’international argentin se montre redoutable sur les coups de pied arrêtés et marque de nombreux buts.
Pur produit du centre de formation, Maxime Bossis devient très vite l’emblème du club et du jeu à la nantaise. A l’aise des deux pieds, le Grand Max se distingue par son élégance, sa lecture du jeu et sa qualité de relance. Il commence d’abord au poste d’arrière gauche avant de s’imposer en défense centrale. Champion de France à 3 reprises et demi-finaliste de la Coupe des Coupes durant son passage nantais, Maxime Bossis finit par quitter le club pour le Matra Racing.
Aujourd’hui encore, Henri Michel est considéré comme le plus grand joueur de l’histoire du FC Nantes. Milieu défensif de formation, il s’impose pourtant comme le véritable métronome de l’équipe grâce à sa qualité de passe, sa lecture du jeu et ses nombreux buts. Il est d’ailleurs le capitaine incontesté du club pendant plus d’une décennie. En fin de carrière, il redescend d’un cran et évolue au poste de libéro.
Surnommé le Brésilien en raison de sa technique, José Touré a longtemps régalé les supporters nantais grâce à ses gestes venus d’ailleurs et ses buts spectaculaires. On se souvient notamment de son but exceptionnel inscrit lors de la finale de Coupe de France perdue face au PSG en 1983. Talent précoce, il est présenté comme un immense espoir, mais connaîtra finalement ses meilleures années à Nantes.
Repéré lors d’un stage avec l’équipe nationale du Tchad en Loire-Atlantique, Japhet N’Doram signe au FC Nantes à l’âge de 24 ans. Cet illustre inconnu deviendra rapidement le sorcier de la Beaujoire, surnom que lui donnent les supporters en raison de sa qualité technique et de sa vision du jeu. Positionné derrière le trio Pedros-Loko-Ouédec pendant plusieurs saisons, il est le véritable métronome de l’équipe.
Ailier droit vif et technique, Bernard Blanchet a fait les beaux jours du FC Nantes pendant plus d’une décennie. Ses dribbles et son sens du but lui ont permis de devenir un élément essentiel du jeu offensif des Canaris. Il est d’ailleurs l’un des acteurs majeurs du premier titre de champion de France remporté par le FC Nantes en 1965.
Nous avons évidemment choisi Vahid Halilhodzic à la pointe de notre onze de légende FC Nantes. Bien avant de devenir Coach Vahid, le Bosnien a été l’un des attaquants les plus prolifiques du championnat de France. N’ayant pu quitter la Yougoslavie avant ses 28 ans, il finit par signer au FC Nantes et fait trembler les filets pendant 5 belles saisons. Meilleur buteur de première division en 1983 (27 buts) et 1985 (28 buts), il se montre redoutable à la finition tout en participant activement au jeu de son équipe.
Qui d’autre que Loïc Amisse pour occuper le poste d’ailier gauche de notre onze de légende FC Nantes ? Pendant presque deux décennies, le natif de Nantes régale le public de la Beaujoire avec ses débordements et ses centres millimétrés.
